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dimanche 15 décembre 2024

Retour à Underbaum

Le soir tombe tandis que les deux groupes d'aventuriers se mettent en route, l'un par le fleuve, entassés dans le canoé restant, les autres à cheval. Ceux-ci sont rapidement distancés par l'embarcation qui file sur le courant rapide. Ils se retrouvent sur une petite berge, près du second canot échoué et du cadavre du fuyard, qui n'a pas été bien loin. 

L'endroit est tout sauf accueillant, le vent porte continuellement au nez de Sariel des effluves de corruption, mais puisque tous les assaillants et les choses rats ont été mises hors d'état de nuire, puisque la visibilité est plus que réduite, rendant la chevauchée ou la navigation encore plus périlleuse, les aventuriers décident de camper sur place, en établissant un tour de garde pour éviter que le prisonnier ne fiche le camp. 

Ce n'est cependant pas le prisonnier qui s'avère une menace mais le cadavre du fuyard qui se relève sur ses avant-bras et fonce sur le garde. Et alors qu'on le taille difficilement en pièce, d'autres assaillants émergent dans la lueur des braises, d'un pas titubant, certains exhibant des blessures noires de sang caillé, sourds à toutes menaces ou avertissement. 

Il y a (presque ?) autant de mort-vivants bipèdes qu'il y avait d'assaillant autour du cratère, et ils sont insensibles aux coups mortels qu'on leur porte, puisqu'ils sont déjà morts. Taillé en pièces ou broyés de coups, les restes des morts-vivants sont jetés au feu pour les empêcher de revenir une nouvelle fois. 

Finalement, lorsque les vagues d'assaillants semblent s'être taries pour de bon, le ciel blanchi doucement, annonçant l'aube prochaine, dans deux heures au maximum. Malgré l'odeur de chair carbonisée et la dévastation du camp, les aventuriers préfèrent tenter de se reposer durant le peu de nuit restante que de se remettre en route immédiatement.

dimanche 27 octobre 2024

Les Collines Stériles - l'expédition d'Etelka

 

Maintenant que leurs opposants sont tous tombés, les aventuriers s'intéressent à ce qui se passe dans la dépression au centre du cercle de menhirs où leur proie - le groupe d'Etelka - est au prise avec d'autres rongeurs monstrueux. 

L'homme aux robes d'érudit tient un livre ouvert devant lui et est adossé à un mégalithe qui le dissimule, les deux hommes de mains devant lui sont en première ligne et font face à cinq monstres.  

Corrobreth saigne abondamment de plaies à la tête, aux bras et au corps et Reubke veut bander ses plaies pendant ce bref répit, mais la présence du fantôme fait trembler ses mains et se relâcher ses entrailles. Il échoue lamentablement à bander le scalp du prêtre qui saigne abondamment. Puisqu'il n'est bon à rien en temps que soigneur, il relève son arbalète et entreprend de la recharger, tout comme Albi. Mieux vaut rester à distance. 

Corrobreth admoneste le docteur-apothicaire-capitaine ; c'est de la folie d'avoir attaqué ainsi ces créatures, vous n'avez donc aucune idée de ce que c'est ? Vous en avez tués trois, la belle affaire ! Ces choses sont innombrables !

Gerolf fonce se mettre à couvert des arbres morts et examine les rochers. Il repère, entre les racines, un début de tunnel qui s'enfonce dans l'obscurité et estime préférable d'éviter de s'y aventurer.

Sariel n'entend par rester en arrière et fonce pliée en deux pour contourner les tentes, s’accroupir entre les bagages et observer de son nouveau point de vue l'affrontement autour de la pierre dressée. Mais un des monstres l'a repéré et se détourne du groupe acculé pour sauter sur la mage armée d'un bâton ferré. Il lui porte un vicieux coup d'épée et la lame s'enfonce dans la cuisse de l'elfe. Sariel tombe à terre, les mains serrées autour de son fémur pour contenir le sang qui gicle. Elle tourne de l’œil en touchant le sol. 

Voyant cela, Gerolf bondit au secours de la belle magicienne et repousse la créature qui saute entre les tentes mais ne peut éviter d'être percée au torse par la rapière du bretteur. Ensuite il se jette à genoux et entreprend de répliquer sur la femme évanouie les gestes de secouriste qu'il a vu mainte fois appliquer sur lui-même par Reubke.

Dans la cuvette, un des deux garde s'effondre sous l'assaut conjoint de deux des hommes-bêtes et sous le regard impuissant de son compagnon qui ferraille contre deux autres, l'un cependant un peu moins vindicatif après qu'il a été touché par le carreau d'Albi. L'homme se défait du monstre blessé et recule en implorant les aventuriers de faire cause commune avec lui, alors que son compagnon est mis en pièce, une des créatures le déchirant même de grands coups de dents. Le magicien recule également, suivi par un des humanoïdes, qui sont maintenant en ligne de mire des arbalétriers et de Corrobreth qui répond à l'appel à l'aide et s'avance pour frapper de coup d'épée.

La chance de tireur du répurgateur miniature prend brutalement fin alors qu'il tente de recharger son arme et que la corde lui échappe, lui cingle les doigts et détruit le carreau encoché. Quelques torons de la corde sont tranchés, Albi comprend que son arbalète va devoir faire l'objet d'une révision ultérieure, si toutefois la corde ne claque pas au prochain tir !  

L'érudit maladif lance enfin un sort, une flèche d'énergie fuligineuse qui frappe le rat géant le plus proche avant de rebondir contre un second tandis que la première cible se recroqueville et s’effondre. Il n'a guerre le temps de savourer son avantage car Albi, délaissant son arbalète, se saisi de son lasso et le lance sur l'homme, ceinture sa cible et le menhir et lorsqu'il tire sur le nœud coulant, il réduit l'étudiant en art occulte à l'impuissance.

Les bons soins de Gerolf remettent suffisamment d'aplomb Sariel pour qu'elle se redresse. Elle clopine pour prendre à revers les créatures, rejointe par Gerolf qui veille sur elle et à deux ils viennent à bout d'un monstre puis de leur chef. 

Voyant cela, le dernier en lice s'enfuit à grand bonds vers le cratère. Il patine sur les rochers à demi-immergés, se rétablis et sautille plus loin. Malgré sa maladresse, il est très vif et il ne lui faut que quelques instant pour être hors de portée de l'arbalète de poing d'Albi. 

Celui-ci court vers Reubke qui a braqué son arbalète sur l'érudit et le garde en leur ordonnant de lever les mains, de s'éloigner d'Etelka et de plus faire un zeste. Albi lui arrache l’arbalète des mains, murmure une prière et tire sur le rat. Il faut absolument l’empêcher de s'enfuir et rameuter ses semblables. Le carreau s'enfonce à la base de son crane et il s'effondre dans la sphaigne. 

Le garde est ramené contre le menhir et ligoté à son tour. 

Corrobreth s'agenouille auprès d'Etelka, tâte ses plaies, cherche le pouls et se redresse, secouant la tête. Il n'y a plus rien à faire, elle est morte. L'autre mage a un mouvement d'agacement en entendant cela. Reubke le regarde attentivement, son visage lui est vaguement familier. Et il regarde en retour Reubke, semblant penser la même chose... L'évidence les frappe en même temps 

- F'était vous, à l'auberge-relais sur la route d'Altdorf ! Qu'est-ce que vous foutez ici, vous nous fuivez?

- Pardon ? Je ...Moi, je vous suis ? Je sais même pas qui vous êtes, c'est vous qui nous êtes tombé dessus, c'est vous qui nous suivez!

- Non mais faites pas l'innofent, vous étiez bien avec Etelka, non ? Qu'est-ce que vous favez de Bögenhafen ? 

- ...Bögenhafen ? La foire ? J'y ai jamais mis les pieds !  Tout ce que je sais, c'est qu'il y a eu une sorte d'émeute à la Schaffenfest mais c'est tout ! Je ne sais rien de plus sur Bögenhaffen, je suis resté à Altdorf puis je suis descendu à Grissenwald pour retrouver ma... pour retrouver dame Herzen.

-  ...pour pratiquer la forcellerie et la nécromanfie, ze parie, alors que vous vous faisiez paffer pour un étudiant en médefine ! C'est pas de la tromperie, ça peut-être ? 

- Ah mais pas du tout, j'étais bien un étudiant en médecine mais... Haha, non vraiment, j'ai très bien fait d'abandonner ces études ! Passer des années à servir de larbin à un vieux pédant, faire ses commissions, passer le balais, récolter de temps en temps une bride de leçon en lui tenant le pot de chambre, se ruiner la santé en broyant ses poudres et en mélangeant ses potions tout ça pour devoir ensuite, PEUT-ÊTRE, payer une fortune pour avoir le droit d'exercer et examiner la pisse et la merde de bourgeois gouteux. Vous savez de quoi je parle, non, vous aussi, vous êtes étudiant en médecine ?

Reubke opine du chef, la rancoeur de l'homme lui est bien compréhensible. Leur discussion est interrompue par le bon de Sariel qui plaque la tête de son baton contre la pomme d'adam de l'étudiant défroqué 

- Silence ! Vous êtes un nécromant aux ordres d'une sorcière, avouez !

- Oui, et alors ?

- Et un mutant ? Vous êtes un mutant aussi ?

- Un quoi ? Non, mais quand bien même ? 

- Reubke, vérifie !

L'expression de défi de l'homme, qui lui donne un vague air de parenté avec les rats bipèdes - s'efface quand Reubke se saisi de l'ourlet de ses robes pour les soulever jusqu'à sa taille, dévoilant deux jambes maigres, blanches, aux genoux cagneux, aux poils noirs, qui flottent dans des sous-vêtements presque trop grands. 

- On ne m'aura vraiment épargné aucune indignité...

Gerolf se joint à son tour à l'interrogatoire qui porte maintenant sur les motifs de la présence du groupe dans les Collines Stériles : pourquoi sont-ils venu ici ? Qu'est-ce qu'ils cherchaient ? Est-ce qu'ils ont trouvé ce qu'ils cherchaient ? C'est dans le cratère ? Il sait nager ? Comment sont-ils venus ? A quoi leur servent les chevaux ? Ils n'ont rien trouvé vraiment ? Si on fouille leur tente et qu'on trouve ce qu'ils ont trouvés, c'est qu'il a menti et va y avoir du vilain... Déjà qu'il se fait passer pour un médecin... L'homme a du mal à suivre le feu nourri de question.

- Dame Herzen, c'est dame Herzen qui a dit qu'il fallait venir ici, elle cherchait l'expédition de Dagmar von Wittegenstein, on dit qu'il cherchait une météorite de Morslieb mais on sait pas... Non, on l'a pas trouvé, on venait à peine de se mettre à chercher, on s'est perdu dans les bois pendants des jours, ces sales demeurés des bois sont pas capables de distinguer la gauche de la droite, j'en sais rien si c'est dans le cratère ou pas, je vous dis qu'on a... Comment ça je sais nager, j'ai l'air d'un athlète de foire peut-être ?!? On est venu par la route, on... Les chevaux ? ...Sérieusement, à quoi vous voulez qu'ils nous servent ? ...Oui ben vous pouvez fouiller nos tentes si vous voulez, puisqu'on je vous dis qu'on a rien trouvé, pourquoi je me fatigue à vous répondre puisque vous me croyez pas ? Non, j'ai pas menti, si vous trouver quelque chose, moi je suis pas au courant que c'est là et...Non, touchez pas à ma malle, ya mes médicaments dedans,  c'est précieux, j'en ai besoin, j'en ai vraiment besoin ! Je suis malade, c'est vital que je prenne mes médicaments tous les jours ! Haha, oui, ben soignez-moi, tient ! Soignez-moi, si vous pensez que j'ai pas songé à consulter des médecins avant vous !

Le garde terrorisé est l'objet de quelques vagues menaces plus que de question mais c'est principalement le lettré qui est interrogé.

Les tentes sont retournées, ainsi que les bagages et dedans on n'y trouve pas grand chose d'autre qu'une collections de fioles de toutes formes. Huit contiennent un liquide rouge vif que Reubke ne parvient pas à identifier et d'autres, plus petites, emplies d'un liquide huileux que Sariel ne parvient pas à identifier à travers le verre et qu'elle se garde d'ouvrir. Simple précaution. 

Gerolf se désintéresse de l'interrogatoire lorsque la raison première de sa traque lui revient à l'esprit : retrouver Shanna ! Il s'éloigne en faisant des bruits de bouche et en tendant l'oreille et se précipite lorsqu'il entend un renâclement familier : les chevaux sont un peu plus loin, dans les hautes herbes entourant la petite colline, et parmi eux, sa jument ! (et le poney qui doit être Marguerite, la monture du halfelin). 

Si Reubke collectionne les livres d'anatomie trouvés dans la malle du prisonnier qui regarde d'un air mécontent le pillage de ses possessions, Sariel n'entend pas conserver les grimoires impies qu'elle a réuni et jette au feu celui qu'elle a ramassé dans la tour d'Etelka comme celui qu'elle a arrachés aux mains du sorcier. Il assiste impuissant à la destruction d'un trésor de science magique. 

Le fantôme s'est tenu à l'écart tous le temps du combat et sa silhouette translucide danse au-dessus du chaos de rochers où Gerolf a repéré l'entrée d'une grotte. Quand elle voit Albi se diriger vers elle, elle revient au sol et l'invite à la suivre dans la grotte. Albi allume sa lampe à huile et trouve rapidement les restes de la morte. Son squelette n'a même pas fait l'objet d'une véritable inhumation. Le petit homme hésite, se tourne vers le fantôme et questionne

- Où tu veux être enterrée ? 

Le fantôme reste interdit un instant et répond en pensée LE SOL

Albi accuse le coup et insiste "Oui, mais où ? Ici ? Chez toi ? Au bord du Reik ? Ou ça ?"

- CIMETERRE !

Il regrette déjà sa question et entreprend de rassembler les pauvres os dans son sac. Mais la morte n'en a pas fini avec lui. Elle indique le fond de la salle : MES COMPAGNONS

Albi soupire devant la tâche qui l'attend : ses compagnons ? Mais c'est un mur de pierre ! Il est beaucoup trop petit, lui. Il ressort, se réjouit de voir Marguerite, la flatte, pose son sac sur son dos (le fantôme reste immobile à coté du sac, le couvant d'un regard plein d'adoration) et attrape Gerolf par la manche.

- J'ai besoin de toi, il faut m'aider, il y a les compagnons de Brunhilde qu'on a promis d'enterrer en terre consacrée.

Gerolf attrape une pelle abandonnée par les fouilleurs et va s'attaquer aux rochers du fond de la grotte. Le fantome reste auprès de Marguerite, couvant ses os d'un regard plein d'adoration. Le gros bloc qu'il fait basculer roule et lui écrase la main gauche. Il sort de la grotte, furieux, en tenant ses doigts gourds contre lui. Reubke diagnostique sans peine une fracture, heureusement bénigne, et lui ficelle une attelle de fortune.

Albi continue seul de dégager les rochers qui bloquent l'accès aux compagnons d'infortune de sa malheureuse amie, en s'aidant de sa pelle pour faire levier sur les rochers. Enfin, un petit trou est percé dans le haut de l’éboulis. Le halfelin s'avance pour évaluer la profondeur avant de reculer d'un bond lorsqu'une main squelettique jailli du trou. Il fait passer son arbalète de poing dans ses mains et appelle à l'aide 

- LES AMIS ? J'AI UN PROBLÈME ICI ! YA DES SQUELETTES QUI BOUGENT !

Un squelette a en effet rampé hors du trou et s'avance. Verdâtre, encore vêtus de lambeaux de cuir et de mailles rouillée, il clopine d'un pas mal assuré tout en brandissant une arme ébréchée. Le temps que Sariel et Corrobreth arrivent dans le tunnel, un second a commencé à s'extirper de la chatière, dans un état de délabrement comparable. Cette vision effroyable fige Corrobreth sur place et fait détaler Albi (avec la lampe). Entendant les appels à l'aide et voyant Albi jaillir en panique, Gerolf comprend que Sariel est donc seule aux mains d'une horde de morts sans repos et oublie sa main douloureuse pour bondir dans la grotte. Reubke reste en arrière, "pour surveiller les prisonniers" Son attention s'est cependant un peu relachée et il est surpris de voir le garde ligoté au menhir soudain tomber en avant, à quatre pattes, avant de se redresser fébrilement

- Comment ça, des morts-vivants ? ya des morts-vivants là-dedans ? Oh non, non, non. Moi j'reste pas là, non, non, vous m'frez pas rester là ! 

Il détalle sans prêter attention aux arbalètes de Reubke et d'Albi. Ceux-ci n'ont pas le cœur à lui décocher un carreaux dans le dos et se désintéressent du fuyard pour reporter leur attention l'autre prisonnier détaché. 

- Laissez-moi vous aidez ! Vous voulez qu'on y passe tous ? Vous avez bien vu ce dont je suis capable, si vous voulez survivre, laissez-moi faire ! 

Reubke obtempère et regarde le sorcier se redresser, prendre un air important, lever les mains... Et blêmir, se plier en deux puis s'écrouler au sol en haletant. Reubke connait bien ce phénomène, il a déjà vu Sariel en être victime à plusieurs reprises - chose qui n'arrive jamais avec la science banale ! Il le pousse de l'arbalète, vaguement satisfait de voir le magicien dans cette posture peu avantageuse

- Allez hop, relevez-vous !

...Mais le mage peut à peine se redresser sur les mains et reste assis, peinant à reprendre son souffle. Reubke le hisse par le bras pour le faire s'assoir sur une malle et lui fourre d'autorité une de ses fioles de médicament dans le bec

- Buvez-fa, vous avez l'air d'en avoir besoin

Quand à Albi, il a eu une idée : les os secs, ça doit pouvoir bruler facilement et il a une lampe à huile. Il retourne dans la grotte où il y a maintenant quatre ou cinq squelettes différents qui avancent droit vers les vivants pour les frapper de leurs armes. Les tirs et les coups qui pleuvent sur eux brisent les os secs, font éclater les cranes mais ils n'en ont cure et continuent d'avancer et de frapper. La face squelettique de l'un a éclaté sous un coup de bâton ? Il frappe en aveugle. Les genoux d'un autre ont été sectionnés d'un coup d'épée ? Il rampe sur ses moignons et pique du tronçon de sa lance. Sariel parvient à mettre à profit son avantage tactique et reculer mais Corrobreth est rapidement acculé par trois squelettes différents et il faut venir à son secours dans le boyau étroit. Heureusement les morts se gênent mutuellement et plus d'une fois un coup visant un vivant s'abat sur les os d'un pair. Chaque coup porté aux morts est accueilli par une vague de jubilation ! Car les morts supplient qu'on les détruisent et qu'on leur donne la paix tout en frappant sans relâche ! Albi crie à ses compagnons de faire place pour qu'il puisse les incendier mais encore faut-il pouvoir reculer ! Finalement, Albi n'aura pas à mettre son plan à exécution, les squelettes sont réduits en miette tour à tour, les tendons calcifiés retenant les os en connexion se défont, les os s'effondrent et roulent au sol lorsque l'énergie qui les anime les quitte. 

Un soupir heureux accompagne chacune des secondes morts. 

Albi utilise le linge de corps trouvé dans les bagages d'Etelka Herzen pour réunir les ossements en petits fagots individuel et les portes religieusement aux fontes de Marguerite tandis que Sariel explore la cavité d'où sont sorti les compagnons de Brunhilde. Dedans, elle trouve les restes d'un ancien campement : couvertures mitées, sac racornis, une vieille bouteille de vin à moitié évaporée, une potion encore scellée, de la monnaie oxidée et enfin une tige en métal d'une vingtaine de centimètre : la fameuse sixième clé qu'ils ont cherché en vain à la tour à signaux !

Il est temps de lever le camp maintenant. Tant pis pour l'évadé, qu'il aille se perdre dans les Collines.
Après quelques discussions sur qui voyage en coracle et qui voyage à dos de cheval, les groupes se font. Et tant pis pour les morts plus frais ; une fois les corps dépouillés de leurs possessions, on les abandonne à la lande alors que leurs bagages sont hissés sur les selles des chevaux. Mais lorsqu'ils arrivent à l'endroit où ils ont laissé les deux embarcations, c'est pour faire la désagréable découverte qu'il n'y a plus qu'un seul canoé. L'autre a disparu. Le fuyard, probablement. 

...Peu importe. 

 ***

 

 

L'arbalète d'Albi va-t-elle lui claquer entre les mains ? Vont-ils rattraper le fuyard ? Vont-ils se remettre de leurs blessures ? L'étudiant maussade est-il réellement mourant comme il le prétend ? La sixième clé leur permettra-t-elle de rentrer dans la salle scellée de la tour de Dagmar ? Brunhilde va-t-elle aimer le cimetière qu'on lui propose ?




lundi 21 octobre 2024

Unterbaum, Unterbaum, mornes plaines...


Durant la convalescence de Messire...

Gerolf garde la chambre sur ordre de son médecin personnel. Comme il regagne vite assez de conscience pour s'emmerder comme un rat mort, il devient insupportable exige qu'on lui tienne compagnie pour le distraire. Il fait le paon auprès de tous, roule des mécaniques avec les hommes, se fait plaindre auprès des femmes, tente de temps en temps d'apprendre ce que l'on sait des Collines Stériles, ce qui généralement rappelle à chacun qu'ils sont attendu, qu'ils ont un travail à faire et qu'ils doivent y aller de suite. Les gens ont peur de l'endroit et personne n'y va ou ne veut reconnaitre qu'il y va.

Reubke est parti à la cueillette des simples; concocte potions et pilules et exploite sa toute nouvelle patente de médecin pour proposer des soins à qui en a besoin. Gratuitement. Il examine les poumons, les yeux, les oreilles, les dents... Se fait payer la goutte et récolte quelques histoires locales : 

"ya eu du rif-raf à Kemperbad, un n'attentat sur une grosse huile de l'Empire et du coup, rack, à la potence ! L'indépendance de la Ville-Franche, ça agace la noblesse, pour sur, tout les prétextes sont bon... Pis à l'aut'bout aussi, ça s'agite : ya l'grand duc d'Ostland qu'est en brisbille avec l'grand duc du Talabecland parce que l'fils du premier l'est mort dans les Montagn'Grise...
- .....
AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH -
...ouais, j'disais qu'tout ça c'est magouille et compagnie pour piquer des terres, j'vous en tape mon carton. Les quoi ? Colline Stériles ? Par Sigmar mais qu'esse qu'vous m'posez là comme question, qu'esse-vous z'avez à voir avec ça ? Bon, faut qu'je file maintenant, r'voir et merci"

A force, on fini tout de même par lui concéder du bout des dents que si quelqu'un connait quelque chose sur les Collines Stériles, c'est les Baumevolks - le Peuple Ancien - dans la forêt, et leur prêtre Corrobreth. Des gens bizarres, un peu à part, mais pas méchants, non non ! Ils commercent avec l'auberge mais vivent selon leurs propres lois.

Albi et Sariel décident d'aller à Unterbaum faire l'emplette de matériel de campement puisque les Collines Stériles se trouvent quelque part le long de la Narn et que le Meudefleuh ne pourra pas naviguer sur ce court d'eau. 

Mais d'abord, traverser la Narn : vu que traverser à gué est périlleux et qu'Albi est vite tossé par la force du courant, Sariel attrape Albi et le soulève du sol puis se soulève du sol en incantant Envol et se propulse au-dessus du court d'eau en tenant fermement Albi extatique qui glapit d'enthousiasme. Après deux heure de marche et la cueillette d'aspérule et de mauves des bois, l'elfe et le halfelin arrivent en vue d'un village atypique, formé de maisons longues constituées quasiment uniquement d'un toit de chaume couvrant une seule pièce au sol de terre battues. Les gens sont curieux et les conduisent volontiers au doyen - occupé à curer le pied d'une vache rustique - qui les accueille sous son toit et leur offre à manger et à boire avant d'aborder le sujet qui les amène au village. Quand ils mentionnent qu'ils souhaitent du matériel de voyage parce qu'ils doivent se rendre aux collines stériles, le doyen se raidit

- Ces terres sont maudites ! Pourquoi voulez-vous vous y rendre ?
- Voyez-vous, nous ne souhaitons pas vraiment nous y rendre, nous voulons retrouver la cousine de Messire von Kerkher - notre compagnon
(le titre du noble ne déclenchant pas l'habituelle marque de déférence)
- Ah, une cousine...

Albi remarque une certaine réticence à parler de la cousine et met les pieds (velu) dans le plat

- Vous ne l'aimez pas beaucoup on dirait ? Nous non plus. C'est une mauvaise femme, mais on doit la retrouver, Justice de l'Empire

Ce qui dégèle Vorster, bien qu'il repousse la patente de répurgateur avec un sourire, ce qui en retour crispe légèrement Albi. 

- Ah, on ne prie pas votre dieu ici. Mais oui, on connait cette femme. Elle est passé ici il y a presque une Lune avec un compagnon et deux guerriers. Non, on ne l'a pas aimée, elle avait de mauvaises manières et on ne l'a pas renseignée. On l'a envoyé se perdre dans les bois. 

Albi et Sariel réfléchissent un moment et avec Vorster arrivent à la conclusion que Eterlka voulant se rendre aux Collines Stériles, c'est donc là qu'il faut aller pour la retrouver. Mais au fait, pourquoi ce nom de Collines Stériles ? 

Corrobreth a été prévenu entre temps et est venu rencontrer les deux étrangers. 

 - Ah mais jadis, c'étaient les Bois Verts, couvert d'une forêt aussi belle qu'ici. Cela n'a pas toujours été une terre désolée et morte. Ca s'est produit il y a bien longtemps, bien des vies - enfin, peut-être pas à vos yeux d'elfe - quand le grand père de mon grand père était encore tout enfant. Un jour, le malheur s'est abattu sur la terre et des hordes de monstres, ni homme ni bête, démons, hors nature, ont tout ravagé. Mon peuple a connus de terribles pertes alors. Le ciel lui-même était contre nous, couvert de nuées rouges, et la Lune Verte crachait sur nous sans s'interrompre. Là ou sa salive est tombée, la vie est partie. Elle a craché dans les collines et les collines sont mortes. Nos prêtres ont lancé des protections, ils ont levés des pierres pour endiguer le mal. Ca a à peine suffit. Le mal est contenu, mais les Collines sont mortes. Plus personne n'y va, plus personne n'en vient. Sauf des monstres. Et c'est là-bas que vous voulez aller ? 

Devant l'air résolu des deux compagnons, qui protestent encore qu'ils ne veulent s'y rendre que parce qu'une femme mauvaise qu'ils cherchent y va, les deux Baumevolks s'inclinent. Ils vont tenir conseil et s'ils le peuvent, ils aideront. 

Albi et Sariel retournent à l'auberge des Cascades Grondantes, avec un adolescent dépêché pour leur servir de guide. Sur le chemin, Sariel asticote le jeune homme à propos de la "cousine". Il ne l'a pas vu, mais on lui en a parlé : elle était dérangeante, elle sentait vraiment mauvais, comme des fleurs et du pourri et elle avait le visage tout peint. Et l'homme maigre avait une tête malade. Et les deux autres des têtes de brutes. 

La traversée à gué de la Narn se fait sans mal mais pas sans peur. 

On part en expédition

Après 4 jours, Messire le baron est retapé et impatient d'en découdre. On prépare des sac à dos avec l'essentiel : des armes, de la nourriture, des médicaments, du matériel de cuisine... Et Timmy le mouton. L'idée initiale était de tenter d'en faire une bête de bât. Le bélier étant toujours aussi nerveux et sauvage, il est impossible de lui mettre quoi que ce soit sur le dos, difficile de le faire tenir dans la barque et stressant de le faire monter à l'escalier, donc l'idée est d'en faire cadeau aux Baumevolks, en remerciement de leur accueil généreux. 

Et pas question de retraverser la Narn à gué : on prend la barque du Meudefleuh, on descend le chemin éclusier, on la met à l'eau et traverse le lac et on la laisse dans l'abri sous roche avant de monter à pied l'escalier de pierre. 

Au village, les quatre compagnons sont à nouveau reçu avec une curiosité joyeuse et affable et conduit à la hutte de Vorster qui les salue tour à tour (très malaisant pour Messire von Kerkher : on le salue après Reubke, un paysan le regarde dans les yeux et lui sert la main d'égal à égal) et on rompt le pain avant de traiter des affaires sérieuses. 

Corrobreth a décidé d'accompagner les aventuriers et il se prépare devant l'autel de la Mère Rhya. Il est impressionnant, avec ses joues marquées de trois profondes scarifications sous chaque oeil et le corbeau qui se pose ou s'envole de ses épaules à sa guise. On leur donne des couvertures et des tentes ainsi que deux coracles pour naviguer sur la Narn. le cadeau de Timmy - un beau bélier reproducteur, pas pour manger - surprend agréablement le peuple des bois. 

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Tu seras heureux ici, petit Timmy

Le départ du prêtre et des aventuriers est surveillé avec gravité par les villageois. Il faut un peu de temps pour saisir le rythme des coups de pagaye et lutter contre le courant. Graulich le corbeau va et vient. Il faut un jour pour que les aventuriers remarquent que quand Corrobreth fait signe de s'arrêter pour aller ramasser des mousses, des champignons, des écorces, c'est après un retour du corbeau.

Après le second jour, le paysage change. Le ciel est couvert en permanence de nuages gris jaune. Les arbres sont de plus en plus rares, gris, morts, tordus. Des herbes d'un vert bizarres couvrent la terre, agitées par un vent imperceptible. Sariel sent ce vent, c'est celui de la magie putride qui imprègne le pays.

Etelka est repérée

Au quatrième jour, alors que la Cuvette du Diable - là où la Lune Verte a craché - est tout proche, Sariel et Graulich ressentent la présence d'Etelka. Le groupe met pied à terre, tire les coracles sur la berge et avance prudemment pour ne pas se faire repérer de leur proie.

Entre le pierres levées qui entourent une dépression, quatre personnes sont debout. Une femmes, trois hommes, l'un maladif, deux nerveux : c'est Etelka et sa suite. 

Une silhouette bleue, éthérée, apparait soudain devant eux. Elle semble parler mais on n'entend pas ce qu'elle dit, seulement les réponses furieuses et les cris apeurés du groupe. 

- CHARGEZ ! 

Gerolf, qui n'y tient plus et tire sa rapière. Les appels à la prudence et à la discrétion de Corrobreth et Reubke n'y font rien, il veut foncer et en découdre. 

Le fantôme disparait et réapparait soudain, dix mètres plus proche, juste devant Gerolf. Squelette aux orbites vides à peine couvert de lambeau de peau racornie un instant, c'est un cadavre mutilé l'instant d'après, une jeune femme en habit de forestière ensuite. Elle tend les bras, suant le désespoir et le chagrin, et supplie sans dire un mot. 

Sariel est saisie de peur et frappe du bâton en réflexe

AIDEZ-MOI !

Le cri a résonné dans sa tête, elle l'a entendu comme on entend le son de sa propre voix. Elle se jette en arrière et quand elle rompt le contact, la voix s'éteint. 

Comme elle tend les bras, Albi lui tend la main en retour et la touche à son tour. Et comme Sariel, il entend la voix de la morte sous son crâne et pire, il vit ses souvenirs. 

C'est pas juste. C'est incompréhensible. Il m'a tué. Je suis... Je ne sais plus. Je suis  Brunhilde. Je suis l'éclaireuse. Je vis au château. (Oh la fierté de servir au château, la vue depuis les remparts, la caresse du soleil d'une fin d'après-midi, le Reik qui coule indolent si loin en-dessous) mais plus longtemps, à l'automne il y aura le mariage (Oh mon amoureux, le cœur me pince d'impatience de te revoir, et de te marier et de vivre avec toi et... et je suis morte, je suis morte, je suis morte, je suis morte, tu me manque mon amour !)

Albi est à peine conscient de lui-même, perdu dans les souvenirs et les émotions de la morte, mais il garde encore les orteils dans la boue. Par sa volonté, il oriente les souvenirs du fantôme sur le voyage dans les collines et qu'est-ce qu'elle est venue faire ici, et pourquoi ?

...c'était l'été. Le Maitre vit dans son observatoire sur le Reik et il étudie le ciel. Il nous a rassemblé pour l'escorter dans les Collines Vertes pour le protéger. Les Collines Vertes sont pas vertes, elles sont mortes et sombres et on est arrivé ici. Et on a campé. Et l'érudit si sage, il nous a tué ! Il nous a tué ! Il m'a frappé, moi, il m'a frappé, ça fait si mal, si mal si mal si mal si mal je n'ai plus mal, j'avais mal je ne sens plus rien. On est tous morts. Pour rien. Pour. Rien. Je ne comprends pas pourquoi.

Encore une fois le fantôme se transforme en un torrent d'émotion brutes et Albi bataille pour garder le cap. Elle veut de l'aide, qu'est-ce qu'on peut faire pour l'aider, exactement ?

S'il vous plait, je voudrais dormir. Je voudrais juste dormir. Je voudrais une tombe. Et puis le silence et marcher dans les Jardins de Morr. Dormir. Donnez-moi juste une tombe. Et puis la paix.

 En réponse, Albi promet de tout son cœur, de tout ses vœux que oui, oui, elle aura une tombe, elle aura la paix, c'est juré, c'est promis, et les pleurs fantomatiques s'interrompent. Est-ce de l'espoir ? 

...Quand Albi lâche les mains de la jeune morte vieille de cent ans et pleine d'espoir, le murmure assourdit qui formait une tapisserie sonore se transforme en hurlement sauvages et chocs de métal contre acier.

Roll for initiative - again

Pendant qu'Albi communique avec la morte, voila ce qui s'est passé : 

D'un coté, nous avons Gerolf et Sariel, la lame au clair et bien envie d'en découdre. Et Reubke suit le mouvement parce qu'il le faut bien, l’arbalète à la hanche. Corrobreth est sidéré et implore d'être discret. Trop tard. Ca a juste ralenti la charge de Gérolf qui marche au lieu de courir.

De l'autre, nous avons quatre personnages alertées par les hurlements, dont deux nerveux comme des chats à cause de ce sac à couilles de fantôme de merde de fion pelé d'putain, on est pas payé assez pour ces conneries !!! 

Rien n'est normal dans les Collines Stériles, même pas les hommes-bêtes

...Et puis surgissent de terre - littéralement ; hop, de la terre, une motte, un monstre - un groupe d'homme-bête à tronche de taupe : des armes, des grandes dents de rongeur, une pelure grisâtre, une longue queue grisâtre, des pieds démesurés... Et Etelka est pris à parti par le plus grand d'entre eux qui l'attrape par le bras et lui siffle au visage des questions trop syncopées pour que les aventuriers comprennent 

Pendant que ça palabre entre les pierres levées, Reubke a soigneusement visé Etelka et décoché un tir. Encore mieux qu'à la foire ! Le projectile frappe la femme en plein visage. Le fer pénètre dans la joue, ressort à coté du nez tandis que l'empennage reste coincé contre les molaires. Elle tombe dans un concert de glapissement d'effroi - ceux de ses compagnons - et d'excitation - ceux des bêtes que le sang affole. 

Les choses se ruent pour tailler en pièce les hommes qui parent les coups avec difficulté.

Reubke se tasse sur lui-même et entreprend de recharger l’arbalète, Gérolf et Sariel avançant de concert, le glaive vengeur et le bras séculier. Mais leur effet de surprise est gâché par l'attaque surprise de trois autres bestioles jusque là planquée en embuscade. Corrobreth vacille sous leurs attaque tandis que Sariel et Gerolf ferraillent contre le troisième qu'il taillent en pièce avant de plonger à l'aide du sage..

La surprise a figé Albi un instant. Quand il reprend ses esprits c'est pour lancer ses bolas en réflexe vers le rongeur géant qui affronte ses amis. Malheur, ce n'est pas la bête qu'il touche mais Messire Gerolf. Le bouclier immobilisé contre son torse par les liens qui l'entravent ne gênent qu'à peine l'escrimeur - on a vu pire durant l'entrainement - et de la lame il pare les attaques de la bête tandis que Sariel le prend en tenaille. A deux, ils viennent à bout de la créature.Et c'est ensemble qu'ils font face au dernier monstre. 

...Celui-ci vivait un moment de joie malsaine, sa victime acculée ployait des genoux, ses compagnons glapissant à ses cotés et soudain il est tout seul face à des ssssssssales zhumains ! Il tourne les talons et détalent, couinant quand la rapière de Gerolf lui entaille la fesse et s'éloigne à grands bonds, galvanisés par la douleur et la peur. 

Albi n'a plus d'arme mais il a une amie. Une amie qui compte sur lui pour lui donner une tombe sanctifiée. Alors il attrape la main fantomatique de son amie - il passe presque à travers et sens le froid lui mordre les doigts mais c'est pas grave, il a retissé le contact avec l'esprit et lui envoie sa peur de mourir ici, sa peur de voir ses amis tomber là où elle est morte avant eux, sa peur de ne pas pouvoir lui donner de tombe...

La chasseresse sort de sa stupeur. La fureur l'envahi. C'est maintenant l'écho de la pisteuse qu'elle était, une jeune femme athlétique avec une grande arbalète jailli du néant qu'elle épaule. Un trait jailli, blanc comme un os et silencieux comme la tombe. Et le rat mutant s'écroule dans les herbes. 

Et maintenant, tournons-nous vers le cratère... 

 


lundi 14 octobre 2024

Adieu, Vox Pholk

 Pendant les trois jours que dure la convalescence de Gerolf von Kerkher, Vox Pholk annonce qu'il ne continuera pas plus loin. 

Il n'a rien à reprocher à ses compagnons de route, vraiment, rien de personnel... Mais son peuple lui manque et il aimerait passer plus de temps avec les siens qu'à courir après les chevaux de ses amis. 

Après avoir réuni ses affaires - dont toutes les armes à feu - et fait ses adieux de façon un peu expéditive, il embarque dans une barque de patrouilleurs qui redescend le Stir et une fois à Kemperbad, il se débrouillera pour remonter le Reik jusqu'à Grissenwald et Khazid Slumbold. Il a l'intention de se joindre à leurs efforts pour rebâtir leurs mines, maintenant que la sorcière en a été chassée. 

Si jamais vous passez dans le coin, faites lui le bonjour. 

Après son départ, on se rendra compte que s'il a laissé la forge portative sur le bateau, il a emporté toutes les armes à feu (mais après tout, il était le seul à savoir les manier) mais également la moitié de l'or.

De Grissenwald aux Colines Stériles

De Grissenwald à Kemperbad :

...Rien à signaler. Le groupe a mis les voiles rapidement en laissant Boulette Piéfoin derrière eux.
Porté par le courant, le Meudefleuh ne met que quelques jours à atteindre Kemperbad. 

A Kemperbad, Vox Pholk et messire von Kerkher descendent à terre, Vox souhaitant se rendre chez un armurier pour remplacer son tromblon explosé. La vision d'une demi-douzaine de cadavres pendant mollement au gibet érigé au-dessus de la falaise n'émeut absolument pas le nain, qui poursuit sa route. Gerolf n'en est pas très sûr mais il lui semble que certains pendus portent le même genre de livrée de serviteur que le personnel de l'auberge où le plénipotentiaire impérial a manqué se faire enssouper. 

Il attend à la porte que Vox fasse ses emplettes et remarque un quidam qui le dévore du regard. Il l'invite à s'approcher d'un grand sourire engageant. Aux questions que pose l'inconnu, Gerolf comprend que celui-ci fait partie des grimaceurs en violet. 

- Qu'est-ce que tu fiche, Kastor ! T'as pas oublié que tu dois remettre l'argent au maitre ?
- L'argent...
- Fait pas l'innocent, l'argent ! L'argent de l'héritage de Boggenhaffen ! T'étais sensé le récupérer et le rapporter, tu nous ignore... T'essayerais pas de te débiner avec le magot ?
- Bien sur que non, mais il y a eu des développements... J'ai une piste pour récupérer plus d'argent ! Deux fois plus d'argent !
- ...Deux fois plus d'argent ? 40.000 couronnes ?
- Absolument ! Alors voila ce qu'on va faire, tu appelles tous le groupe et on se retrouve après l'écluse, au bateau... 

La sortie de Vox avec une nouvelle arquebuse flambant neuve mets fin à la discussion, l'inconnu s'esquive dans la foule. Une fois sur le bateau, Gerolf informe ses compagnons du plan qu'il a brillamment improvisé. Le groupe n'est pas aussi enthousiaste que lui. 

De Kemperbad aux Doubles Chutes

A l'écluse, un homme seul insiste pour monter sur le bateau et s'approche de Gerolf en tapinois pour poser des questions sur le groupe et proposer de leur faire un sort en assaisonnant la soupe de poison... Il est rapidement poussé à fond de cale pour un interrogatoire musclé : Kastor Lieberung était chargé de récupérer un héritage pour le compte d'un groupe de conjurés, désormais persuadés que Kastor tente de prendre le large avec l'argent. L'idée que Kastor puisse ne pas être Kastor parait tout à fait invraisemblable à l'homme et une fois qu'il a livré tout ce qu'il savait - c'est à dire pas grand chose de plus, les aventuriers décident de s'en débarrasser en le jetant au Stir avant de lever l'ancre...

Le Stir est profondément encaissé entre des falaises, son débit est rapide et la navigation beaucoup plus difficile que sur le Reik. Il y a également moins de trafic que sur le Reik. Le voyage prendra quatre jours, principalement occupés à garder le cap. 

- Avez-vous vu ma cousine ? Une femme blonde, bien faite de sa personne..." 
Gerolf pose la même question à tout ceux qu'il croise, sans succès.

Première nuit : arrêt dans un tout petit hameaux. Les patrouilleurs fluviaux sont assez désinvoltes et dépenaillés et les habitants invisibles. Le lendemain, les patrouilleurs sont plus hargneux, les habitants toujours invisibles, les maisons semblent même désertes. Le Meudefleuh repart sans que ce mystère n'ait été éclairci. 

Deuxième journée : le Meudefleuh croise des pécheurs de brochet du Stir. Gerolf est enthousiasmé par le spectacle des harponneurs qui ferrent une bête de presque trois mètres de long et veut leur acheter un harpon. Devant leur refus, il décide de se bricoler un harpon de fortune pour tenter sa chance. Après tout, les œufs de brochets valent une fortune en crème de beauté. 

Dans l'après-midi, le Meudefleuh passe entre deux falaises se faisant face, gravées de pictogrammes anciens. Sariel recopie les pictogrammes pour tenter d'en comprendre le sens. 

Troisième journée : Gerolf harponne un poisson. ...Poisson qui s'avère être la carcasse gonflée d'un cheval, qui pourrait être - ou ne pas être - sa Shana. Dans les fontes, on trouve quelques vêtements et une carte de la région où sont notés deux points. L'un pourrait correspondre à la tour des nains et l'autre une région au nord de la Narn qui pourrait être les Colinnes Stériles. 

Doubles Chutes - l'auberge des cascades grondantes

On les entend bien avant de les voir et elles emplissent l'air d'une brume de gouttelettes glacées. Deux cascades impressionnantes se font face, de part et d'autre d'une large étendue d'eau. D'un coté, les remous ont creusés un large porche qui abrite un petit débarcadère. Deux jeunes femmes s'affairent sur une petite barque de peau tendue sur une ossature légère. Elles sont vêtues de façon simple, avec des vêtements ornés de broderies paysannes, troussés haut pour ne pas mouiller le bas de leur robe ou salir leur manche avec la résine bouillante qu'elles appliquent sur les coutures. Astrid explique en riant que le bateau est celui de son amie Birgit qui s'est faite surprendre par la force du courant et a été poussé du haut de la chute. Le bateau, pas Birgit, bien sûr. Elle a eu le temps de nager jusqu'à la rive. Personne survit à une chute pareille.

Elles non plus n'ont pas vu la "cousine" de Gerolf mais elles ne sont pas du coin. Elles conseillent de s'adresser à l'auberge, au-dessus de l'écluse. Le bateau est laissé à l'amarre au pied du chenal, les voyageurs vont d'abord tater le terrain avant de payer l'écot pour emprunter les quatre écluses successives.

Bien que l'auberge soit très accueillante, elle est également déserte. Aucun bateau n'y est accosté, aucun voyageurs attablé dans la grande salle. La patronne fait grise mine quand on l'interroge. Y a comme qui dirait une petite tension depuis que ça a pété à la dernière diète. Ya eu des mots d'échangés, ça s'regarde en chien d'fusil d’faïence, espérons que ça va se détendre parce que ça s'ra mauvais pour les affaires, trop d'calme. Une cousine ? Désolé, ça m'dit rien. 

Après plusieurs jours dans la promiscuité du bateau, le groupe profite du confort de l'auberge : Albi et Gerolf prennent chacun un bain, commandent des chambres et un copieux repas. Pendant qu'Albi vide sa troisième assiette d’œuf et de saucisses, Sariel et Gérolf décident de se dégourdir les jambes pour admirer le panorama sur les chutes. Et de tenter la traversé à gué de la Narn, pour aller admirer le beau et grand chêne qui se dresse sur l'autre rive. 

La troisième chute

- Dis-moi que je suis à la fenêtre et que j'entends ça, s'il te plait !

 La Narn - surtout à proximité de la cascade, n'est pas très profonde mais elle est glacée et le courant est très vif. Rien qui ne gène Sariel mais Gérolf a encore une fois surestimé ses capacités et oublié le lumbago qui l'afflige depuis Grissenwald. Il trébuche et s'étale dans l'eau, est entrainé vers les chutes, loin des bras tendus de Sariel, tente sans succès de s'agripper aux larges pierres qui forment le bec de la cascade et bascule pour heurter le lac, 20 mètres plus bas, et disparaitre sous la surface de l'eau. 

Sariel continue sa traversée du gué pour se diriger vers le chêne où est attaché un petit attelage - s'il y a un attelage, il y a des gens. Elle trouve un escalier usé qui descend au fond du grand abris sous roche et descend aussi vite que possible en appelant à l'aide. Elle rejoint Birgit et Astrid, qui ont entendu le plat mais pas compris la gravité de la situation. Les trois femmes sont de l'autre coté du lac, et Gerolf reste invisible.

Dans l'auberge, Reubke et Albi entendent les appels à l'aide et reconnaissent un prénom. Ils se ruent au bac pour retraverser le Stir. Le temps semble long avant qu'ils ne mettent pieds à terre et ne puisse descendre au galop le petit chemin le long des écluses successives. Mais ils sont à l'opposé de la chute, et Gerolf reste invisible. 

Sur le Meudefleuh, Renata profitait d'un peu de solitude pour faire l'inventaire de sa balle, au son du marteau de Vox, affairé à sa forge. L'arrivée au déboulé de Reubke et Albi les tirent de leurs occupations.

et soudain Gerolf fait surface.

Sariel commence à chanter pour rassembler les vents de magie et lance un sort. Ses orteils ne touchent plus le sol, elle vole au-dessus de l'eau vers Gerolf, mais si lentement, et Gerolf est inconscient. 

Birgit et Astrid se saisissent. Elles regardent bouche bée et pieds dans l'eau l'elfe qui plane. 

Reubke et Renata mettent à l'eau le canot du Meudefleuh et sautent dans celui-ci. Ils tirent sur les rames de toutes leurs forces.

Sariel atteind Gérolf la première. Elle l'attrape mais au lieu de le tirer de l'eau, c'est elle qui tombe. Renata et Reubke arrivent et les hissent dans la barque. Messire est toujours inconscient et il a bu la tasse, alors on mène la barque vers l'abri sous roche pour l'étendre près du feu où Reubke lui donne les premiers soins, jusqu'à ce qu'il reprenne conscience et titube de lui-même à la barque. 

Il faudra trois jours de lits et de boissons chaudes pour que Gerolf von Kerkher se remette.

mardi 1 octobre 2024

Fouille de la Tour - Retour à Grissenwald

Une fois le calme retombé, les aventuriers fouillent méthodiquement la tour.

La plus part des pièces ont été saccagées et le mobilier réduit en pièces, mais dans ce qui était un bureau, ils trouvent les restes d'une correspondance entre Etelka et Teugen, entre Etelka et un mystérieux grand-maitre, des morceaux du journal personnel de Etelka où celle-ci mentionne une expédition aux Colines Stériles. Sariel empoche un grimoire afin d'étudier les formules magiques qu'il contient plus tard au calme. L'argenterie est pillée et le dernier homme-bête déniché de la tour, interrogé et finalement exécuté. 

La porte de la cuisine est forcée et la cuisinière extirpée de sous son lit : Boulette Piéfoin, une halfeline terrorisée qui se répand en bénédictions à ses sauveurs et les pries de la faire sortir de ce cloaque, avec sa batterie de casseroles personnelle, s'il vous plait !

Une fois qu'ils ont pillés tout ce qui avait encore un peu de valeurs, les aventuriers entreprennent de mettre le feu au reste et de quitter les lieux pour rejoindre la ferme. 

Les fermiers les attendaient avec impatience. Le nain laissé à leur soin a survécu et retrouve même un peu de ses couleurs. Aucun patrouilleurs n'a pointé le bout de son nez. 

Une fois aux portes de la ville, la raison de l'absence de toute patrouille s'explique rapidement ; la tension entre humains et nains de Khazid Slumbold est à son paroxisme, on est au bord de la guerre civile. L'arrivée des aventuriers, flanqués des nains et des fermiers, désamorce la situation. 

Les aventuriers décident de partir sur la piste de Etelka, pour purger l'Empire d'une menace et surtout pour récupérer Marguerite et Shana. Mais d'abord, on attend quelques jours que la barque commandée au chantier naval soit terminée. 

dimanche 2 juin 2024

On monte à la tour des bois de Grissenwald

Après conciliabule, l'équipe décide unanimement de monter à la tour. 

Un solide déjeuner est avalé, Reubke vérifie la santé de Durak, dont la fièvre est retombée, donne une pièce d'or à la fermière et deux sous aux gamins en leur disant que s'ils mettent des linges humides sur le front de Durak, ils en recevront une nouvelle... (devant la lueur cupide s'allumant dans le regard des mouflets, il revient vite sur cette consigne et leur ordonne de ne pas toucher au blessé). Grompf et Kiza, les mâchoires serrées et la détermination d'airain, accompagnent tous deux les aventuriers pour venger la mort de Martok.

Arrivé en vue de la tour, le groupe tient conseil. Sariel s'avance en éclaireur et grimpe la pente, en restant à l’abri du couvert végétal pour ne pas être vue tout en observant les alentour. Bien qu'elle n'ait pas le meilleur point de vue sur l'entrée de la mine, il lui parait évident que durant la nuit l'on s'est activé autour du portail désormais effondré : les rails sont tordu, le wagonnet git maintenant plus loin. Elle ne s'y attarde pas et continue à grimper jusqu'à arriver en vue de l'entrée de la tour, qu'elle contourne prudemment pour avoir la meilleur vue sur l'entrée du bâtiment de deux étages. Aucun signe d'activité, la porte est fermée, des barbouillages maculent les murs, un totem de bois, plumes et os est planté de guingois à coté de l'entrée et l'elfe ne parvient pas à en comprendre la signification. Les murs du premier étages sont percés de quelques fenêtres et Sariel remarque quelques vitraux brisés. 

Gerolf tue le temps en déracinant un arbuste pour lui servir de camouflage. Après un quart d'heure environ, le noble, Vox, Reubke, Kiza et Grompf emboitent le pas à Sariel, en se faisant beaucoup plus remarquer - les nains et le halflin s'exhortant mutuellement bruyamment au silence. Personne ne réagit à leur approche peu discrète et ils s'enhardissent jusqu'à la porte. Elle n'est pas verrouillée et la sentinelle qui dort dans l'entrée ne s'éveille pas. Sariel lui lance un sort de Sommeil pour s'assurer que cet état continue et s'avance, Grompf arrive à hauteur de l'homme-bête endormi, se crache dans les mains, empoigne son marteau et lui fend le crane d'un large coup. 

Deux portes ouvrent dans ce couloir. Celle de gauche ouvre sur une petite pièce sombre et malodorante. Sariel lance un sort de lumière pour y voir plus clair et distingue des manteaux pendant le long des murs, deux personnes ficelées au sol et des traces suspectes indiquant que le placard sert désormais de latrines. Les deux prisonniers sont vivants, tuméfiés et terrorisés. Le couple de fermier a été capturé dans la ferme récemment attaquée, ils font le récit de leur calvaire la voix entrecoupée de sanglots et s'enfuient une fois libérés. Celle de droite semble verrouillée. 

Le couloir débouche sur un large vestibule dallé, éclairé par une verrière ouverte dans le toit. Trois portes s'ouvrent dans les murs de gauche et celui face a la porte de la tour, un escalier monte en colimaçon le long du mur de droite. Enhardit par le silence qui pèse sur les lieux, Gerolf tente de forcer la porte en frappant le bois à coup d'épée et comme il ne parvient qu'à faire sauter des échardes, enjoint à Grompf de la défoncer à coup de marteau. Le hall résonne sous les coups du nain qui défonce la serrure sans parvenir à défoncer la porte, et attire inévitablement l'attention des occupants de la tour.

les deux portes de droite s'ouvrent à la volée et huit hommes bêtes ensommeillés en surgissent. Albi et Sariel étant les plus proches, ce sont naturellement sur ceux-ci que les premiers monstres se ruent, leur infligeant de sévères blessures avant même qu'ils aient le temps de réagir. Un combat épique s'ensuit, huit humanoïdes bestiaux contre trois nains, une elfe, un halflin et deux humains. Malgré leur sous-effectif, ceux-ci finissent par l'emporter sans perte mais tout juste : Grompf, le nain de Khazid Slumbold, s'est effondré sous les coups de son opposant et Reubke se rue à son chevet pour lui faire avaler une potion et éponger le sang qui gicle de ses plaies. Puis il s'intéresse à Sariel et Albi qui ne sont pas non plus en très grande forme tandis que leurs compagnons achèvent les monstres agonisants. 

C'est alors que la porte en haut de l'escalier s'ouvre, une voix rauque pousse un aboiement interrogatif et un museau pointe par-dessus la rambarde. Grompf, remis sur pied, saute dans une des pièces inexplorées pour se cacher, Kiza et Albi se plaquent au mur sous l'escalier et Reubke se fige, terrorisé. Bien qu'il soit en ligne de mire, sa présence ne semble pas avoir été remarquée. Cet avantage vole immédiatement en éclat quand Messire Gerolf hurle son défi et se rue vers l'escalier, rapière au poing. Sorti de sa stupeur, Reubke lache le cran de son arbalète et carreau va se planter dans le mur sans toucher qui que ce soit. Alors que le noble grimpe les marches quatre à quatre, les monstres les descendent quatre à quatre et un second combat s'engage, dans un escalier trop étroit pour permettre à deux assaillants de combattre côte à côte. Dans les moments remarquables, citons le halflin qui parvient à immobiliser d'un tir de bolas l'homme-bête de tête, qui décide alors de plonger sur Gerolf pour l'immobiliser sous sa masse mais ne parvient qu'à s'empaler sur la lame du duelliste, les deux hommes-bêtes qui décident de sauter par-dessus la balustrade dans la mêlée, l'un des deux réussissant à retomber sur ses pattes, l'autre se cassant la figure et s'écroulant au sol et Sariel s'empressant de lui lancer un sort de sommeil pour qu'il y reste. Vox continue à décharger son pistolet à répétition en comptant sur les dégâts ravageurs de son arme et la terreur infligée par le fracas de la détonation jusqu'à l'accident tragique et l'explosion de cet instrument mortel dans sa main, alors qu'il ne s'est pas encore remis de la précédente explosion de son tromblon dans la tour à signaux. Albi qui immobilise au lasso le dernier homme-bête de la file pour l’empêcher de sauter à son tour, Vox, Sariel et Kiza qui le rejoignent pour tirer sur la corde et le faire basculer par dessus la balustrade et y parvenant finalement, ce qui malheureusement réveille l'endormi lorsque son compagnon d'arme s'écrase dessus. Heureusement à ce moment ils ne sont plus que deux, dont un solidement entravés et ils ne tardent pas à tomber pour ne plus se relever, non sans avoir à nouveau jeté le pauvre Grompf au sol. 

Quand les râles d'agonie des blessés s'interrompent, le silence ne semble plus devoir être brisé par quoi que ce soit. 

 

lundi 22 avril 2024

Enquête dans les Crètes Noires

J'ai pris du retard dans les comptes-rendu de partie - ici trois parties résumées en un article, en espérant ne pas avoir oublier trop d'éléments.

La Lorlei

Après avoir mis hors d'état de nuire un dangereux mort vivant, pris une bonne nuit de repos et soigné leurs blessures, les aventuriers ont repris le fleuve pour faire un arrêt rapide à la Lorlei. le rocher qui se dresse fièrement au milieu du fleuve est une destination touristique fort appréciée des classes aisées de l'Empire. Les façades de la petite ville de Stirgau reflètent l'aisance et les pêcheurs locaux ont vite ajouté une corde à leur ligne de pèche en proposant aux riches désœuvrés et aux jeunes mariés en voyage de noce des balades en bateau autour du fantastique rocher.
Le groupe en profite pour vendre sa cargaison de vin et d'alcool de contrebande acquis à Kemperbad avant de repartir en direction de Gissenwald dans l'après-midi. 

A l'approche de la soirée, ils décident de jeter l'ancre au bord du fleuve pour ne pas gaspiller de temps ni d'argent à la recherche d'un port et d'une auberge. Mal leur en prend car au matin, ils découvrent que la barge a dérivé et est partie s'échouer contre un haut-fond, sous les frondaisons de saules qui pendent sur le cordage. Lorsqu'ils secouent les branches pour les dégager, une pluie de grosses sangsues noires leur tombent sur les épaules et dans le cou, certaines ne perdant par de temps pour planter leurs ventouses dans les chairs à leur portée. Moult cris horrifiés sont poussés, les habits volent et commence une séance d'épouillage sur le pont du navire. Reubke parvient à débarrasser tous le monde des passagers clandestins indésirables et à récolter quelques spécimens, cela pourra toujours servir plus tard. 

Grissenwald

Une fois à Grissenwald, Gerolf - tétu comme une moule - ne perd pas de temps et s'en va faire le tour des maquignons à la recherche de sa monture, la fière Shana, confiée à une écurie indélicate de Altdorf qui l'a revendue avec Marguerite le poney de Albi pour retard de paiement. Les autres décident d'aller s'en jeter un derrière le godet, de se restaurer, de refaire le plein de provision, payer les taxes, amarrage et autres joyeusetés administratives. 

Par hasard, ils remarquent une trace violette sur la coque du Meudefleuh : une emprunte de main marque le bois délavés du bateau. Le lien est rapidement fait avec la bande de curieux personnages amateurs de pied-de-nez qui leur tombe régulièrement dessus et ils concluent à un signe de reconnaissance, que Vox s'empresse de poncer avec soin, malgré son handicap temporaire et sa main bandée suite à une explosion de tromblon dans la tour à signaux hantée. 

De retour vers le navire et toujours dépourvu de son destrier qui reste introuvable, Messire Gerolf von Kercher se retrouve au milieu d'une rixe entre plusieurs nains de mauvaise allure et un tenancier qui les jette de son établissement de façon musclée. Les nains plus qu’éméchés s'en prennent à lui, une bagarre éclate, le guet fini par intervenir, par rosser les ivrognes et les emmener au poste de garde. Lorsqu'on lui demande s'il souhaite déposer plainte contre les trublions, le fils du baron von Kercher accepte la suggestion et fait une relation détaillée de l'incident, sans se douter encore que l'enregistrement de sa plainte lui coutera 4 couronnes, soit le même prix que la petite barque que Vox commande à un chantier naval. 

En discutant avec la garde, après avoir déboursé la somme demandée, Gerolf apprend qu'une communauté de nains cause régulièrement du tapage en ville, qu'ils avaient une mine mais l'ont revendue à une noble nulnoise appelée Herzen pour venir s'installer dans un faubourg et qu'une animosité certaine est en train de naitre entre humains et nains. Lorsqu'il rapporte ces faits à ses compagnons, Vox grommelle quelque chose à propos du nainisme des humains (le racisme anti-nain) quelques plaisanteries fusent, quelques menaces de représaille aussi et finalement les aventuriers estiment qu'ils serait intéressant d'aller poser des questions sur Etelka Herzen à la communauté naine. Après tout, ils enquêtent également sur cette dame pour son implication dans les affaires troubles de Bogenhafen.

Khazid Slumbold

Ils pourront nous donner des informations, nous révéler s'il y a un moyeu faible

Vu les tensions en ville et l'accrochage entre Gerolf et trois nains, la décision est prise que laisser Vox Pholk et Albi Piefané (soit le nain et le halfelin) partir à deux à la rencontre les nains de Grissenwald. Les deux compères découvrent un faubourg qui tient plus du bidonville que de la cité ouvrière, aux allées labourées par les pluies ruisselantes et aux cabanes branlantes occupée par une population naine désœuvrée qui les toise avec défiance. Après s'être présentés, ils sont conduit à la demeure du chef du clan, Gorim Grandmarteau, une masure plus large que les autres mais pas en meilleur état. Là, le conseil du clan les reçoit et les invite à prendre place autour d'un foyer qui crache plus de fumée qu'il ne répand de chaleur, sur des sièges dépareillés et branlants. Une choppe de bière maison, acre et noire, passe à la cantonade, les présentations sont faites et les politesses échangées et Vox s'enquiert prudemment de la situation de ses congénères en ville. Les nains ne font pas mystère de leur malheur : descendus des montagnes pour ouvrir de nouvelles mines, ils cherchaient de l'or mais n'ont trouvés que du charbon avant de se résoudre à vendre à une sorcière qui les a dupé et leur a proposé un prix ridicule pour leurs terres. Sans autre ressource, ils ont bien été obligés de prendre son or et même un peu plus pour lui construire une résidence avant de s'installer définitivement à Grissenwald dans l'espoir que la sorcière fasse un jour un faux-pas et que sa duplicité éclate au grand jour. Les humains ne veulent pas écouter leurs plaintes et maintenant répandent des rumeurs scandaleuses sur leur compte, les accusant de s'attaquer aux fermiers des environs comme de vulgaires bandits. L'idée même d'un tel déshonneur scandalise Vox qui propose au clans de les aider à faire éclater la lumière sur cette histoire. Cette proposition est accueillie avec surprise et joie par tous et Gorim Grandmarteau leur promet une garde rapprochée de nains pour les accompagner à leur ancienne propriété. 

Matinée - campagne de Grissenwald

Le lendemain matin, Gerolf, Albi, Reubke, Vox et Sariel se préparent à une expédition à pied dans la campagne de Grissenwald. Pour ne pas porter leur barda eux-même, ils font l'achat d'une mule (cela reviendra moins cher que de la louer) qui s'appelle Revient. Lorsqu'ils arrivent enfin aux portes de la ville, ils doivent se frayer un chemin dans une foule en émois. Albi joue des coudes et de sa patente de Répurgateur pour parvenir au premier rang et se faire expliquer la situation : une nouvelle attaque a eu lieu durant la nuit, les nains de Khazid Slumbold sont désignés coupables et les esprits sont fort échauffés. Il est lynchage moins quart. Gerolf et Albi jouent de leur autorité pour faire valoir qu'ils ne croient pas les nains responsables et qu'ils vont enquêter sur ces crimes eux-même. Lorsque le groupe arrive à Khazid Slumbold, ils découvrent la communauté naine également sur le pied de guerre, prête à faire face à une foule d'émeutiers. Les nains sont désagréablement surpris de voir revenir leurs deux nouveaux amis nain et halflins en compagnie d'humains et même d'une elfe, mais une parole est une parole et Gorim Grandmarteau désigne deux nains et une naine - Grompf, Ranulf et Kiza - pour les escorter. Ceux-ci se collent aux basques de Vox et le pressent de questions sur ses étranges compagnons de voyage, en particulier sur la présence d'une elfe à ses cotés. Vox improvise des explications : elle lui a sauvé la vie et il lui en est redevable - ou bien c'est lui qui lui a sauvé la vie et elle qui lui est redevable. Enfin, ils se sauvent mutuellement la vie quoi. 

Fermes fortifiées et ruines fumantes

La ferme la plus proche est tout de même à quelques heures de marches de la ville. Ses bâtiments sont ramassés autour d'une court intérieure et constituent une petite fortification de fortune. Les paysans refusent d'ouvrir le portail et une flèche malhabile vient même se planter devant les pieds du groupe accusé d'être des éclaireurs des brigands nains. Devant une telle mauvaise volonté, les aventuriers décident de tourner les talons et de ne pas s'attarder. 

La ferme suivante qu'ils croisent est celle qui vient d'être attaquée. Les ruines fument encore, les traces du massacre sont visible partout et un corps d'enfant est trouvé accidentellement dans le tas de fumier qui occupe le centre de la cour suite à un coup de fourche hasardeux donné par Messire. Le petit corps est enterré par Albi, Gerolf se remet de son émotion, les autres investiguent les lieux et découvrent une épée tordue qui est tout sauf de facture naine. Ils doivent ensuite convaincre Grompf et Ranulf de laisser sur place les sacs de provisions qu'ils ont pu sauver des restes, argumentant que réapparaitre en ville avec des biens pillés dans une ferme que leurs congénères sont accusés d'avoir brûlé fera du tord à leur réputation. Cela vexe les nains qui répliquent qu'il est idiot de laisser ces biens se perdre et qu'ils savent bien, eux, qu'ils n'ont tués personne et que prétendre le contraire est très insultant. Il faut négocier avec doigté pour ne pas envenimer la situation. 

Une seconde ferme pillée est découverte, l'attaque remonte à plus longtemps. On ne fera plus de détour vers les autres fermes qui sont soit également pillées soit probablement barricadées par des paysans hostiles aux nains, qui en retour se vexent rapidement de la moindre marque de défiance et ne font rien pour apaiser les sentiments des humains - pourquoi devraient-ils faire quoi que ce soit alors que c'est à leur réputation que l'on fait du tord ? Vox est loin d'être la pire tête de lard du tas, c'est dire le niveau.
Le groupe prend le chemin de l'ancienne mine. 

Un blessé 

T'es hypothécaire, non ? Tu peux pas le soigner ?
Bien sûr ! Et puis lui vendre des potions à crédit aussi...

Alors qu'ils avancent dans les bois, les aventuriers découvrent un nain très grièvement blessé qui agonise dans le fossé. Reubke lui administre les soins d'urgence et évalue ses blessures comme étant plus que sérieuses et nécessitant une intervention médicale urgente faute de quoi le nain ne verra pas le jour se coucher. Kiza le reconnait comme étant un éclaireur et chasseur de Khazid Slumbold et Albi et Grompf partent illico à la première ferme saccagée pour chercher une charrette. En attendant leur retour, Sariel et Gerolf font une reconnaissance dans les bois. Sariel découvre un petit charme fait d'os et de plume pendant à un arbre et ressent une aura désagréable qui en émane. Prévenu de ne pas y toucher, Gerolf le brise d'un coup d'épée. Plus loin, Sariel repère de grandes marques de griffades sur le tronc d'un arbre. Gerolf vient voir de quoi elle parle en soulevant de grandes brassées de feuilles mortes à chacun de ses pas. Lorsque Sariel le presse d'être plus discret, il repousse la réprimande d'un haussement d'épaule et rétorque "je suis là pour qu'on me remarque !". Sariel estime plus prudent de ramener Gerolf près du nain blessé et de Reubke et d'attendre le retour de la charrette.

Face à l'urgence, le groupe décide conjointement de se diriger vers la ferme la plus proche pour demander le gite, l'eau chaude, les linges propres et tout ce qu'il faut pour sauver la vie d'un nain !
Les quatre nains restent en retrait dans les bois, invisibles de la ferme et Reubke négocie d'arrache-pied avec les paysans pour se faire admettre à l'intérieur. C'est une famille élargie qui vit là, composée d'un couple de vieillard, un couple d'age mur et leurs enfants d'une dizaine d'année et ils se sont armés d'outils agricoles variés : faux, faucille, fourche, battoir... Armes improvisées peut-être mais capables d'infliger de méchantes blessures néanmoins. Afin d'éviter toute explosion d'hostilité face à la nature naine du blessé, il balance des ordres plus vite qu'il ne respire, réclame de l'eau chaude, de la lumière, des linges propres... Il sait déjà de par son examens des blessures que celles-ci sont très sérieuses et nécessitent l'intervention d'un chirurgien - ce qu'il n'est pas - mais il sait aussi qu'il n'y a que lui de disponible aussi avale-t-il cul sec une bonne rasade de cordial et il entreprend de retirer les carreaux d'arbalète pour cautériser aussitôt les plaies avec une lame chauffée sur le foyer tandis que Gerolf et Willelm - un paysan d'age mur - pèsent sur les épaules du blessés pour l’empêcher de se débattre. Sa tension nerveuse est à son comble et il transmet son énervement à la paysanne qui l'assiste. Lorsqu'il extrait la dernière pointe et recoud les griffures du torse, son soulagement est intense et par effet miroir celui du couple de paysan également. Tous se congratulent de leur réussite - mais reste à voir si le blessé survivra à la nuit malgré tout - et la famille propose au groupe de passer la nuit dans l'enceinte de la ferme. 

Suite à un léger malentendu, la tension remonte illico lorsque les non-humains qui attendaient dehors se présentent au portail : les paysans s'attendent à accueillir une elfe, ils la voient s'avancer accompagner de quatre nains supplémentaires, qui patientaient en tapant la carte et ronchonnent un peu lorsqu'on leur demande de montrer patte blanche et de lever les bras en signe de paix. Il faut encore négocier et rassurer les paysans pour qu'ils acceptent de laisser rentrer les nains et concèdent que ceux-ci ne sont finalement peut-être pas responsables des attaques lorsque les aventuriers exhibent les armes trouvées dans les ruines des fermes attaquées. Albi propose de cuisiner pour tous le monde, le plantureux festin qu'il concocte fini d'apaiser les esprits et c'est l'occasion de poser des questions sur la vieille mine, la noble qui l'a rachetée (une dame très bien, très correcte, très honorable, toujours très polie, on ne la voit jamais) et sa maisonnée (une intendante halfelin appelée Patée qui vient toutes les semaines acheter des légumes et provisions, mais elle n'est pas passée cette semaine-ci) . Après cela, le ventre tendu et l'esprit en paix, tous vont se coucher. 

...Tous sauf Gerolf qui monte la garde en compagnie de Willelm le paysan. Pour tuer le temps, les deux hommes fraternisent en fantasmant sur le gibier qu'ils pourraient abattre. Lorsqu'un sanglier passe à portée de vue, Gerolf va s’emparer de l'arbalète d'Albi, laissée dans la charrette, pour lui décocher un carreau dans l'arrière-train. La bête blessée s'enfui dans la forêt, les deux hommes abandonnent leur poste de garde en réveillant au passage les nains qui imaginent partir à la traque du monstre qui a blessé leur ami. Vox se réveille à son tour, puis les autres aventuriers. Albi découvre que son arbalète a disparu. 

- Non, c'est quand même pas Messire qui l'a piqué ! Il ne pique pas des trucs, Messire ?
- Non, il prend
soupire Reubke. 

Le sanglier blessé charge Gerolf, le manque et touche Vox, que la mésaventure meurtrit dans sa dignité plus que dans ses chairs, tout est bien qui fini bien et plus de peur que de mal au final - la fermière et Albi accueillent respectivement l'époux et le noble avec une réprimande bien sentie pour leur inconséquence. 

La mine abandonnée

Le lendemain matin, après une nuit mouvementée mais sans attaque, les aventuriers repartent de bonne heure vers la mine. Ils ont laissé Revient la mule têtue à la ferme, ainsi que des consignes aux paysans pour prendre soin du blessé. 

La mine n'était pas très loin de l'endroit où ils se sont arrêté la veille. L'endroit est envahi d'orties et de fourrés, les herbes folles qui poussent sur le terril révèlent qu'elle n'est plus exploitée depuis longtemps, le charriot qui attend devant l'entrée rouille sur ses essieux et la grille qui sécurise l'entrée également. Les nains de Khazid Slumbold confirment que ce sont eux qui ont posé cette grille pour empêcher les accidents. Lorsqu'ils s'avancent pour en tester la solidité et tenter de la crocheter, Vox et Albi découvrent qu'elle n'est pas fermée. Et la terre semble piétinée, signe que l'on y passe encore régulièrement. Grompf, Kiza et Ranulf grommellent devant l'état de délabrement manifeste du couloir et Vox remarque très vite que les étais qui soutiennent murs et plafonds sont rongés de pourriture et qu'il suffirait d'un rien pour que tous s'effondre. Le groupe s'avance malgré tout sous terre, à deux de front, et se fait guider par les nains dans la direction approximative de la tour d'Etelka afin de pénétrer dans celle-ci par les sous-sols. 

- Mais il n'y a pas de communication entre la mine et la tour !" révèle un nain.
- Non, bien sûr que non !" renchéri l'autre. 

Un peu décontenancé par cette révélation, les aventuriers décident de poursuivre leur exploration de la mine. A l'odeur de terre humide et de fer rouillé s'ajoute un relent acide de chenil : ammoniaque et chien mouillé. Le couloir fini par déboucher dans une salle plus vaste et dans cette salle où l'odeur de fauve est plus présente que jamais, des paillasses de fortune sont occupées par des dormeurs. 

Malheureusement le peu de discrétion du groupe réveille l'une d'entre elle qui pousse un cri d'alarme...

Un combat débute. 

Heureusement bloqués par le goulet d'étranglement de l'entrée de la salle, les hommes-bêtes ne peuvent pleinement exploiter leur avantage numérique, Grompf, Kiza, Gerolf et Martok les maintiennent en respect. de là où il est, Reubke avise une traverse et, ayant retenu l'observation de Vox sur l'état de délabrement de la mine, tire un carreau d'arbalete dedans, ce qui fait voler un nuage de poussière de bois pourri. Une pluie de gravillon s'effondre sur les assaillants affrontés dessous. Le combat tourne doucement à l'avantage des aventuriers quand des invectives dans leur dos leur font réaliser qu'un autre groupe se rue pour les prendre à revers. 

Sans demander leur reste, les aventuriers rompent l'engagement pour se ruer vers la sortie tandis que la poutre de soutainement fini par céder et qu'une pluie de rocher s'abat sur les hommes bêtes, ceux qui ne sont pas mort dans l'avalanche étant très probablement pris au piège dans ce qui reste de la salle. 

Ils sont parvenus au couloir d'entrée alors que le second groupe d'hommes-bêtes jailli de l'autre couloir. Martok et Gerolf se ruent au corps à corps pour donner le temps à leurs compagnons de fuir à l'air libre et ensuite reculer pas à pas. Sariel, tenant son grimoire ouvert, incante d'une voix puissante un sort qu'elle teste pour la première fois et échoue à le lancer. Sans se démonter, elle recommence son incantation alors que Martok s'effondre sous la pression de ses opposants, que Gerolf jailli de la mine et que Vox et Albi se ruent sur le wagonnet abandonné pour le lancer vers la grille et coincer celle-ci sous le poids du véhicule. Les deux groupes font un assaut de force brutes, la tension est à son comble lorsque Sariel lance enfin le sort qui jailli de ses doigts, va frapper la poutre de soutènement du couloir qui éclate en échardes et que le plafond s'effondre, piégeant sous les rochers les hommes-bêtes et le malheureux Martok, dont le sort est désormais scellé. 

C'est en trainant la patte et un Grompf éperdu de chagrin que les aventuriers battent en retraite dans les bois pour rejoindre la ferme fortifiée dont ils sont partis le matin même, plus nombreux et plus vaillants. Sariel reste légèrement en retrait pour surveiller l'arrivée d'éventuels renforts. Deux monstres descendent du raidillon conduisant à la tour et se ruent à sa poursuite lorsqu'elle s'enfuit dans les bois pour les entrainer dans une autre direction que celle prise par ses compagnons, avant de leur lancer un sort terrifiant. Les monstres sont littéralement pris de panique, tournent les talons et fuient dans les bois sans demander leur reste.

Un retour en piteux état

Les fermiers guettaient avec espoir l'arrivée des aventuriers, espoir balayé au récit fait de l'escarmouche. Grompf et Kiza pleurent amèrement la perte de leur compagnon, les fermiers hésitent à fuir scéance tenante vers la ville, de peur d'être les prochaines victimes d'un nouveau raid de monstres. Ils y renoncent à l'idée de devoir traverser les bois et de rencontrer les créatures sauvages qui les hantent. Reubke fait le tour des blessés, dispensant cataplasme de fumier et conseils zozottant afin de retaper tant bien que mal ceux qui le peuvent, puis vérifiant l'état de santé de Durak, veillé avec un soin attentif par les deux enfants du couple de fermier et malgré tout bouillant de fièvre. 

Heureusement, la nuit se passe sans assaut sur les portes et murs à la solidité relative de la ferme...