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samedi 4 mars 2023

Le procès de Bögenhafen - interlude entre parties

Pour ses membres de bas rang, l'Ordo Septenarius est une association de  bienfaisance organisée par des membres des grandes familles marchandes et du conseil de la cité dans un but charitable, une occasion de faire le bien, de soigner leur réseau social et de participer à des team-buildings originaux en grande tenue fantaisie.

Pour ses membres de haut rang, l'Ordo Septenarius est une association secrète visant à établir la domination commerciale de la cité de Bögenhafen et de leurs famille sur le Reikland, au prix du sacrifice de quelques indésirables lors de cérémonies impies.

Pour son dirigeant, l'Ordo Septenarius était une façon de duper ses confrères marchants et de les pousser à participer volontairement à une cérémonie devant rompre le pacte qu'il avait passer avec une Puissance de la Ruine et libérer son âme au prix du sacrifice de celles des adeptes de haut rang.

Et enfin, pour la Puissance de la Ruine en question, le Seigneur du Changement, le véritable but de l'Ordo Septenarius était d'ouvrir un portail entre les dimensions au coeur de la ville de Bögenhafen au prix du sacrifice de tous ses habitants.

...Et les aventuriers sont intervenus juste à temps pour empêcher le bon déroulement de cette cérémonie!

Ils ont été arrêté par la garde et trainés en cellule pour la nuit pour le meurtre de Friedrich Magirius dont les accusait un domestique (introuvable depuis), le meurtre de Johannes Teugen devant de nombreux témoins (mais dont la majorités sont désormais accusés de pratiques hérétiques, de collusion avec le démon, de complot et de magie noire), coups et blessure ayant entrainé la mort d'un membre de la guilde des portefaix et dockers (mais on peut invoquer la légitime défense), pour incendie d'un atelier de cordonnier, l'incendie d'un entrepôt (accidentel, votre honneur), etc.

Mais d'un autre coté les victimes ou les accusateurs font tous partie de l'Ordo Septenarius qui se révèle ne pas être une simple organisation de bienfaisance légèrement irrégulière mais un véritable culte maléfique et les aventuriers disposent de suffisamment de preuves pour étayer leurs accusation : des lettres de Teugen à une certaine Herzen et de Herzen à Teugen où ils confessent sans détour être des adeptes d'un démonologue ou nécromant, les nombreux papiers que s'échangeaient les membres pour se donner rendez-vous, les restes du parchemin d'incantation, désormais à demi-brûlé et donc inutilisable mais qui ne ressemble définitivement pas à une innocente recette de bouillon de rutabaga du Moot !

...Et puis les membres de la guilde des dockers et les cultistes arrêtés sur place font des récits des évènements beaucoup moins cohérents que ceux des aventuriers et lorsqu'ils comprennent qu'ils sont dans de très vilains draps, ils commencent à s'accuser les uns les autres dans l'espoir d'une réduction de peine.

  • Jochen Hagen (guilde des marchands)
  • Frau Hildrun Dessauer-Hagen (ressemble à la matrone qui les suivait en souriant
  • Lothar Krantz (n'était pas présent à la 1ère réunion, remplaçant de Magirus ?)
  • Dr M. Artz (médecin )

...Et livrent les autres membres qui avaient réussi à fuir :
  • Adelbrand Stricker (tailleur)
  • Franz Steinhager (guilde marchand)
  • Ramona Knoerr (dame patronesse bien connue)

Malgré les lourdes accusations qui pèsent sur eux, les cultistes n'en sont pas moins des membres respectés de la ville de Bögenhafen quand les aventuriers ne sont que... Et bien des aventuriers ! De passage, sans attache, inconnus et qui ne manqueront à personne. Mais certaines personnalités de la ville vont témoigner en faveur des aventuriers, confirmer leurs version des faits ou témoigner de leur bonne moralité !

Greta Harboka : grande prêtresse de Véréna, elle ne fait pas partie du Conseil de la Ville mais ses avis sont toujours écoutés avec beaucoup d'attention... Et elle témoigne en faveur des aventuriers. Le Magistrat Richter a survécu à la maladie grâce aux soins administrés par Reubke et le diagnostic de ce dernier. Et il témoigne en faveur des aventuriers. Hieronymus Ruggbrauder, seul chef de famille marchande et conseiller qui ne faisait pas partie de l'Ordo, se porte garant de moralité des aventuriers, de façon un peu surprenante.

Les aventuriers restent donc sans trop de craintes en ville durant une petite semaine, comme les autorités - survivantes - de la ville le leur demande. Ils sont logés aux frais de la ville pendant ce temps, reçoivent finalement la récompense pour avoir retrouvé le gobelins à trois pattes ainsi qu'une seconde récompense de la part de Hieronimus Ruggbrauer. 

Ils en profites pour faire quelques emplètes, prendre un peu de repos, régler quelques dettes - et emporter ce somptueux costume taillé en prévision de la rencontre avec trois notaires qui n'existent pas - placer de l'argent en banque et chaque rencontre en ville est pour eux l'occasion d'être bombardés de questions sur leurs aventures mais également d'entendre moult suppositions, nouvelles et rumeurs. 

Gerolf von Kerkher est assis face à un homme en tenue de banquier (petite toque, pourpoint sombre) - livre de compte et pièces d'or étalées devant lui. Le banquier est plus intéressé par faire des suppositions sur les modifications que le scandale entrainera que par noter le dépôt de son client, et demande à celui-ci son opinion. Gerolf est assomé par le débit de parole de l'homme et répond un vague "heuuu"
Chez le banquier

mercredi 1 mars 2023

Backertag 3 Pflugzeit 2512 - Un pour tous et tous sur sa gueule !

La foire s’est achevée la veille et la ville se vide doucement de ses visiteurs annuels. Dès qu’il est levé, Messire Gerolf va chercher son mouton au Schaffenfest. Là aussi, les forains et les marchands replient leurs tentes et leurs étals et remballent la marchandise non vendue. Du terrain de foire, Gerolf remonte fièrement la Nulnweg et la Haffestrasse pour conduire le petit bélier au Bérébeli et le confier aux bons soins de Josef. Celui-ci, qui n’avait pas été prévenu, est légèrement contrarié. En chemin, Gerolf est interpelé par une bande de gros bras en habit de travailleurs manuels mais ne se laisse nullement désarçonner

Le reste des aventuriers se prépare en hâte et se demande où trouver de l’aide :

  • à Richter ? Il est tiré d’affaire désormais, mais il est toujours très vaseux et suggère de demander de l’aide au capitaine de la garde, sans réaliser que c’est au retour de sa visite à ce même capitaine qu’il est tombé gravement malade.
  • ...auprès des différents temples de la ville ? Il est bien trop tard pour nouer des relations avec le clergé local et Greta Harboka, aussi aimable qu’elle soit, n’a pas tout à fait la carrure d’un templier…
  • Chez Magirius ? Justement, celui-ci leur fait savoir par un domestique qu’il souhaite les voir immédiatement.

La demeure de Magirius est une belle maison s’élevant dans le quartier huppé de Addel Ring. Quand ils se présentent à la porte, un jeune domestique leur ouvre et, tout sourire, les conduit au bureau de Frederich Magirius où il les laisse devant la porte entrouverte. Curieusement (…non) le sourire enjoué du jeune garçon a brusquement crispé les aventuriers, qui ont hésité un moment entre le suivre dans la maison ou prendre leurs jambes à leur cou… Quand ils pénètrent dans le bureau de Magirius pour le découvrir effondré derrière sa table de travail, le visage baignant dans une marre de sang, la gorge tranchée et un poignard ensanglanté près de son visage, ils sont très sérieusement regretté de ne pas avoir suivi leur première impulsion. C’est à peine si Reubke prend le temps de relever le pouls – il n’y en a plus – avant que tous le monde ne batte en retraite vers la porte. Mais alors qu’il est agenouillé auprès du cadavre du marchand, il remarque que celui-ci sert dans une main quelques papiers froissés et que, de son autre main aux doigts trempés de sang, il a tracé des lettres : 

ENTRP 1* (*13? 17?) 

Alors qu’ils atteignent la porte du bureau, le jeune domestique surgit devant eux, toujours tout sourire :

- Vous auriez dû partir de la ville quand vous en aviez l’occasion !" dit-il d’une voix grave tout à fait inédite dans la gorge d’un garçon prépubère. Puis, d’une voix suraiguë qui correspond mieux à son apparence "A L’AIDE ! A L’ASSASSIN ! ON A TUÉ MON MAITRE !" et éclate d’un rire profond en se mettant à léviter et à se dématérialiser.

Portrait d'un Ecolier - Jan Van Scorel - 1531. Petit garçon blond aux yeux très sombre qui nous regarde, un léger sourire sur les lèvres.
Un inquiétant petit garçon

Personne ne reste pour admirer le phénomène et le groupe fuit à toute jambe. Une fois sorti de la propriété, ils ont l’idée de se séparer, se donner rendez-vous au bateau de Joseph et de partir chacun par une voie différente en espérant qu’un elfe, un nain, un hobbit et deux humains seuls attirent moins l’attention que leur groupe hétérodoxe.

Alors qu’ils courent, ils entendent des appels à l’aide venant du quartier artisan, et une fumée noire s’élève au-dessus des toits. Gerolf, qui se dépêche, a la surprise de croiser son bon Reubke, son apothicaire attitré, qui vient vers lui en courant ventre à terre, avec aux lèvres ce grand sourire narquois que les aventuriers ont désormais l’habitude de surprendre chez des gens de Bögenhafen. Derrière lui, une foule de gens en colère qui le suit… Et Gerolf leur cède le passage en désignant la direction prise par son domestique de la main. …Est-ce bien Wilfried ? Sans doute que non mais Gerolf va encore se poser la question quelques temps.

Bien qu’ils soient tous arrivés au port et au bateau de Joseph sains et saufs, ils ne sont pas tiré d’affaire pour autant. La milice fouille la ville et les bateaux à la recherche d’un groupe d’assassin et d’incendiaire et Joseph, cette fois, est bien prêt de les dénoncer à la garde. S’il n’obtient pas TOUT DE SUITE une EXCELLENTE explication, il n’y a plus d’amitié qui tienne, cela suffit ! Depuis qu’il les connait, il a été accusé de meurtre à Altdorf, il a été agressé à Weissbruck, il apprend qu’il doit maintenant conduire une apothicaire à Weissbruck, on lui livre un mouton et de nouveau, la garde veut fouiller son bateau à la recherche d’assassins ? Cela suffit !

Vox l’apaise et se décide à lui confier tout ce qu’ils ont vécu jusqu’à présent. Absolument tout. Et chacun de sortir les documents accumulés jusqu’à présent pour les faire examiner à Joseph, qui les croit. Quand la garde se présente à son bateau, il affirme avec conviction qu’il connait effectivement les personnes décrites mais ne les a plus revus depuis la veille et s’ils devaient se présenter, il ne manquera pas de prévenir les autorités…

Une longue journée d’attente s’ensuit.
La lecture des papiers trouvés chez Magirus est instructive : 

Etelka Herzen écrit des Crêtes Noires - Grissenwald / Nuln : 

Mon cher ami, 

Voici le parchemin dont vous avez besoin pour le rituel que vous avez mentionné dans votre dernière lettre. N'oubliez pas que le Temple pour une telle entreprise doit être correctement sanctifié avec du sang frais.

 Comme toujours, je suis remplie d'une admiration sincère devant les hauteurs , ou devrais-je plutôt dire les profondeurs, auxquelles votre savoir vous a permis d'accéder.

Il me semble que c'était hier encore que, dilettantes inexpérimentés que nous étions alors, nous implorions le Grand Maitre de nous accorder sa tutelle. Et maintenant… (blablabla) Peut-être un jour pourrais-je moi aussi suivre vos traces illustres ?- Etelka Herzen

La seconde lettre provient de la résidence Teugen et a été subtilisée visiblement après avoir été cachetée mais avant d'avoir été envoyée. 

Chère Etelka

J’ai bien reçu le parchemin et la lettre des mains de votre courrier. Je vous prie d’accepter les témoignages de ma plus sincère gratitude pour votre assistance.

Mes préparatifs sont maintenant presque achevés. J’ai persuadé les sept têtes des familles marchandes de premier ordre de la ville de prendre part au Rituel.

Ils sont de bien entendu complètement ignorants de sa véritable nature. Je les ai persuadés qu’il devait garantir le succès de nos entreprises commerciales.

Leur vénalité causera leur perte. 

Lorsque tout sera achevé, mon triomphe sera grandiose. Non seulement leurs âmes auront payé pour ma dette à Gideon mais j’aurai aussi vu la fortune de tous mes concurrents s’effondrer avec eux.

L’heure approche et je contiens à grand peine mon excitation. Je vous écrirais encore pour vous faire part du résultat du rituel

Johannes Teugen 

Le mal qui ronge Bögenhafen a des ramifications ailleurs ! Teugen a une complice, avec laquelle il a appris à à quoi ? (…invoquer des démons ? d'autres arts sombres?) et elle se trouve hors de la ville, du coté de Nuln !

Quant aux desseins de l'Ordo Septenarius, ils sont bien loin de l'œuvre de bienfaisance à laquelle croyait le défunt Magirius mais également bien loin du rituel pervers garantissant fortune et succès aux membres de l'ordre impliqué !

Le soir, la garde continue de patrouiller bien que de façon moins intensive mais des portefaix et des dockers s’assemblent autour d’un entrepôt précis. L’entrepôt n°13. Après quelques instant encore, voila qu'arrivent neuf personnes et quelques gardes privés, Johannes et Gidéon Teugen à leur tête.

Le groupe quitte le bateau en tapinois, après avoir négocié avec Joseph qui voulais les accompagner pour qu’il reste à bord du navire mais prêt à lever l’ancre immédiatement s’ils reviennent en catastrophe.

Ils s’approchent de l’entrepôt n°9 où une échelle permet de grimper jusqu’au toit et puis de là saute sur de toits en toits jusqu’à l’entrepôt n°13. Le bruit attire l’attention d’un garde, mais un lancer de bardeau (une tuile de bois) arraché au toit de l’entrepôt et jeté dans une allée latérale mène les gardes sur une fausse piste. Le plan est très simple : tout cramer. Ils se sont munis d’une lanterne sourde et de suffisamment de bouteilles d’huile ou d’alcool à cette fin.

Les aventuriers continuent d’agrandir le trou amorcé pour écouter les échanges entre les personnes présentes dans l’entrepôt. Ainsi, ils aperçoivent un grand cercle tracé à terre, avec une grande étoile en son centre, des chandeliers disposés autour, les membres de l’ordre en toge sombre formant un cercle et Teugen, impatient, tenant d’une main un poignard et de l’autre un rouleau de parchemin. Une charrette arrive en grinçant jusqu’à la porte et deux dockers en descendent un sac qui se débat faiblement et contient de toute évidence une personne peu consentante

Plus question d’attendre de voir ce qui va se produire ni de quelle façon le malheureux prisonnier de son sac va être écœuré par Teugen. Alors que les deux dockers trainent le sac vers l’entrepôt, Gerolf tire son épée et saute d’un bond du toit sur eux, initiant la grande Séquence de Combat Final !*

Des bouteilles enflammées sont lancées sur le cercle d’invocation (elles visaient Teugen en réalité) puis Albi entreprend de bombarder de balles de fronde Johannes et Gidéon. Sariel tente d’incanter un sort, quant à Wilfried, il apporte essentiellement un support moral – ou démoralisant – en hurlant aux cultistes qu’ils se sont fait berner, qu’ils vont tous périr, que Teugen veut invoquer des démons, qu’il n’y a pas de richesses et de prospérité… Et Vox saute du toit à son tour, marteau au poing, sur les dockers à l’extérieur. Celui qui le reçoit sur le coin du crâne ne s’en relèvera pas. Le sac se tortille vaguement et le prisonnier dedans tente de ramper pour se mettre à l'abris d'un combat qu'il ne voit pas mais entend.

Johannes Teugen ordonne à ses hommes qu’ils lui amènent la victime - qui n'a pas attendu patiemment qu'on se souvienne de son existence, Vox voit le sac se tortiller tandis que le prisonnier tente de ramper loin du combat qui fait rage autour de lui - et qu'on s'empare des aventuriers qui vont tout gâcher, mais ses ordres ne sont pas suivis avec beaucoup d'enthousiasme, encore moins d'efficacité. 

Gidéon incante des traits enflammés qu’il lance vers les assaillants sur le toit ou sur la rue… Albi a les poils de pieds sérieusement roussi et les poutres commencent à brûler, les autres esquivent les traits, par contre Sariel est déconcentrée dans son incantation et perd son sort et Gidéon a réussi à enflammer un de ses propres gros-bras, qui fuit en hurlant se jeter dans la Bögen. Albi, fatigué de rater ses lancers de fronde, décide de sauter à son tour du toit, par-dessus la troisième poutres, pieds en avant, sur Johannes Teugen pour lui éclater la face au sol et si possible dans les flammes ! Il parvient à lui arracher le parchemin et à le plonger dans le feu, brisant définitivement les espoirs de Teugen d’invoquer quoi que ce soit.

Les autres cultistes ne font pas grand-chose pour aider Teugen ou Gidéon. Se réunir la nuit en toge brodée de signes cabalistiques et sacrifier des crève-la-faim qu’on leur amène pieds et poings liés, c'est une chose ; devoir se battre contre des adversaires coriaces et déterminés en est une autre. Ils sont pas venu ici pour souffrir, que ce soit bien clair ! Et puis c’est quoi ces histoires de trahison et d’âme damnée ?

Dessin de la scène de combat décrite : des gens qui fuient, Gidéon Teugen lance des flammes, Albi écrase Johanness Teugen au sol dans les flammes qui avagent le pentacle, Sariel esquive le jet de flamme qui embrase un homme de main, Gerold et Vox entourés des autres hommes de mains distribuent de grands coups de rapière ou de marteau.
Une soirée qui tourne mal à Bögenhafen
Johannes Teugen ne répond à aucune de leurs questions. La barbe brulée et le visage écarlate, il se redresse en bredouillant, bouscule Albi et un cultiste et se rue droit devant lui vers la porte de l’entrepôt pour fuir le plus loin possible… Et tandis qu’il passe en courant à coté de Messire Gerolf von Kerkher, celui-ci volte pour le frapper aux genoux d’un large coup de taille, ce qui lui fauche les jambes aussi nettement qu’un moissonneur fauche les blés et le maitre de la guide des marchands et premier conseiller de Bögenhafen hurle son agonie dans la boue des quais, le sang jaillissant de ses moignons.

C’est au tour de Gidéon Teugen de craquer nerveusement. L’élégant sorcier aux allures de jeune dandy se métamorphose en une créature monstrueuse, au torse en barrique, aux visage grimaçant et difforme et aux ailes membraneuses. ...Mais de petite taille. À ce spectacle, des sphincters ont souffert et les derniers cultistes présents sur les lieux ont tenté de prendre la fuite ou se sont roulé en boule au sol en sanglotant d’horreur. Après la surprise initiale, les aventuriers se sont rapidement repris et ont bondis sur Gidéon pour la curée finale lorsqu’il a tenté de s’envoler. Jeté au sol, une aile percée, il a été mis en pièce par une pluie de coup s’abattant sur lui, une certaine elfe n’hésitant pas à plonger les mains dans ses plaies pour en arracher trippes et boyaux et accélérer sa décomposition finale…

Il est minuit et le rituel n’a pas eu lieu.

Alors que la garde – attirée par l’incendie de l’entrepôt – arrive, décompte les dégâts et les cadavres et projette d’arrêter tout le monde, une voix désincarnée s’élève « Gidééééééooooon ? Où est mon portail, Gidéon ? Tu m’avais promis un portail, Gidéon. REVIEEEEENS-MOI ! » - et le cadavre en miette de Gidéon disparait, happé par une main gigantesque qui sort un bref instant du cercle d’incantation avant de disparaitre.


Ainsi se dissipe l’Ombre qui planait sur Bögenhafen


 

*…Grande séquence de combat dans un entrepot qui brûle ou TOUT LE MONDE faisait des jets de merde, avec les règles de la V1 où un jet raté = une tape dans le vide, il était 2h du matin, un soir de canicule, c’est le fun ! Faut que j'en fasse un dessin !


 

vendredi 17 février 2023

Marktag 2 Pflugzeit 2512 - enquête chez les marchands de Bögenhafen

Le magistrat est hors d’état d’ordonner une enquête ou d’instruire un procès, et ce après avoir rencontré Johannes Teugen – dont le frère est mort jadis d’une maladie similaire. Teugen fait certainement partie du complot mais est une cible beaucoup trop dangereuse.

Friedrich Magirius de l’autre coté semble totalement inoffensif. Peut-être même trop inoffensif pour son propre bien. Soit il s’agit du meilleur comédien au monde, soit il pense très honnêtement faire partie d’une organisation charitable et n’a aucune idée des autres activités de son cercle.

Reste la piste du marchand Franz Steinhäger qu’on a vu jeter négligemment un papier signé de la main de Teugen (annonçant que tout était prêt et qui donnait rendez-vous à la fin de la foire), dont les bureaux se trouvent au-dessus de la cave secrète, dont le mouchoir a été retrouvé dans le temple et dont il s’agit maintenant de parvenir à tirer quelques renseignements !

Franz Steinhäger est un homme très occupé et il n’est pas possible d’obtenir un rendez-vous d’affaire de façon impromptue quand on ne figure pas déjà dans son carnet d’adresse et qu’on est attifé de façon banale… Cependant Heinrich, le frère de Franz, entend la plaidoirie de Albi et décide de faire entrer celui-ci et son compagnon Gerolf von Kerkher dans son propre bureau. Heinrich ne respire pas la joie de vivre, quelque chose l’a rendu fort amer et désabusé. Albi et Gerolf se présentent comme des marchands en quête de partenaires à Bögenhafen et pose diverses questions sur la santé financière de la famille. Ils apprennent ainsi que les Steinhäger possèdent différents entrepôts, dont celui où le cadavre du gobelin en fuite aurait été retrouvé : l’entrepôt n° 4.

L’entrepôt n° 4 est l’un des nombreuses halles de bois qui s’ouvrent sur les quais de Bögenhafen et où sont entreposées les marchandises trop encombrantes ou pas assez précieuses pour être stockées dans les locaux marchands en ville. Le groupe pressent qu’il s’agit du lieu du rituel et décide d’aller enquêter dessus ou plutôt dedans. Mais sur place, un gardien et son chien leur interdise l’entrée. Reubke pose quelques questions de pures formes et tourne les talons après s’être vu confirmer qu’il s’agit bien de l’entrepôt n°4.

- MAIS CE SONT MES MATELOTS !?"

Lorsqu’ils s’engagent sur la Hafen Strasse, les aventuriers sont rattrapé par Joseph Quartijn qui les salue avec entrain, beaucoup plus souriant que la soirée précédente, lorsque Morrslieb luisant au-dessus de la cité. Il s’en va rendre visite à son contact Hieronymus Ruggbrauder, d’une grosse famille marchande également, afin de discuter de futurs contrats de transport et proposent à ses amis de l’accompagner, et ensuite prendre un verre ensemble à la foire ? Les aventuriers acceptent, c’est là l’occasion de faire connaissance avec un autre notable de la ville.

Arrivé sur la place de l’Hôtel de Ville, les aventuriers ont à nouveau la sensation désagréable d’être épiés. Quelques coups d’œil discrets le confirment : un étudiant les observe avec un sourire cynique. Albi Piedfané n’y tient plus ! Les démons, c’est une chose, mais les Grands qui se paient sa tête, non. Albi, Halfelin de son état, voleur de bétail de sa profession, décide de renouer avec sa vocation initiale et de se saisir du taureau par les cornes. …bon, du bélier peut-être. Il s’écarte de ses compagnons et fait un très large détour sur la place, profitant de la foule de badaud pour se dissimuler à la vue de leur poursuivant et se positionner dans son dos. Ensuite, il se rapproche doucement, filant le fileur, et lorsqu’il se trouve tout proche, lui colle la pointe de sa dague dans les reins et lui souffle

- un mot, un geste t'est mort ! Avance on a des questions !"

- Je suis mort, vraiment ? Et si je hurle à l’agression, plutôt, tu vas faire quoi ?" s’esclaffe l’étudiant, nullement décontenancé.

- Fais donc ça, et je hurle que tu as piqué ma bourse" rage Albi, en joignant le geste à la parole et en jetant sa bourse entre leurs pieds.

- Chiche !" s’exclament-ils tout deux de concert.

Les gardes arrivent rapidement et embarquent l’étudiant et le halfelin qui se sont tous deux composé l’expression éperdue et désemparée de circonstance et bafouillent leurs version des faits à toute allure. Au Palais de Justice, gardes et suspects doivent patienter quelques instants dans le hall qu’un magistrat soit disponible. Quelque part, un administré hurle de rage sur un fonctionnaire de la ville : une sombre affaire de taxe foncière qui augmente de façon insensée d’année en année, due à la superficie de son terrain qui augmente également, alors qu’il jure n’avoir fait aucun travaux, ce qui attire l’attention du bureaucrate sur le fait qu’il n’a visiblement pas entré de demande de permis de construite… Mais pas du tout, ce sont ces foutus arpenteurs de mes deux, ces broute-gazon du Moot, ces… C’est une arrestation pour outrage à magistrat qui clôt la dispute et le pétitionnaire est entrainé entre deux gardes de la ville hors de la pièce.

Albi se sent de plus en plus mal à l’aise, un atavisme du à son ancien métier, et se tourne vers les gardes pour leur faire savoir qu’il a changé d’avis, qu’il ne souhaite de mal à personne, simplement récupérer son bien et c’est chose faite, qu’il ne veut pas les ennuyer plus longtemps et simplement repartir en laissant l’autre jeune homme repartir aussi.

Les soldats se laissent convaincre et libère tout le monde, l’étudiant sort en premier, Albi le suit et… une fois dehors, il constate qu’il l’a perdu de vue ! Il semble s’etre volatilisé au moment où il a passé les portes. Un mystère de plus !

Pendant ce temps, Joseph et le reste des aventuriers ont continué leur route. Lorsqu’il se rend compte que Albi manque, Joseph est un peu surpris mais Sariel le rassure : il n’est pas perdu, il a du faire une petite course mais il reviendra bientôt… Un peu surpris, Gerolf et Reubke acquissent pour afficher un front uni et ne pas laisser voir qu’ils ne sont au courant de rien et acceptent de rencontrer Ruggbroder avec Joseph mais sans Albi. S’il est surpris de voir Joseph se présenter avec une telle escorte, Ruggbroder ne s’en formalise pas et les laisse tous entrer dans son bureau de travail. Les aventuriers se tiennent sagement cois, laissant Joseph et Ruggbroder parler boutique et n’intervenant que pour acquiescer ou répondre brièvement aux questions qu’on leur pose. Jusqu’ici, c’était toujours Albi qui s’était fait passer pour le marchant jovial et entreprenant, et il manque furieusement. Mais s’ils ne disent rien, ils observent la pièce avec attention. Celle-ci est décorée comme on pourrait s’y attendre : une vaste table, quelques chaises de chêne, une armoire fermée pour stocker les livres et les documents, quelques peintures pour afficher sa réussite et son bon gout, pas de pentagramme aux murs, pas de signes cabalistiques, rien du tout. Mais cela ne veut rien dire, cela pourrait très bien être dissimuler sous le bois du la table et mieux vaut être prudent !

Lorsqu’ils ressortent de chez Ruggbroder, ils retrouvent Albi qui s’est fait indiquer sa route et abandonnent Joseph, perplexe, en déclinant finalement sa proposition de prendre un verre à la foire pour retourner surveiller les bureaux de Steinhäger…

En fin de journée, Heinrich Steinhager sort en premier, seul. Puis Franz et un jeune homme qui lui ressemble un peu sortent à leur tour et eux sont escortés d’un employé. Les aventuriers décident de suivre Franz avec toute les précautions d’usage pour ne pas être vu, et le suivent ainsi jusqu’à un quartier de demeures patriciennes formant un anneaux de belles batisses entourant une place ceinte d’une grille, plantées d’arbres et de parterres de buissons et fleurs entretenus avec soin : un jardin d’agrément public.

Il est encore tôt dans la soirée, aussi le groupe attend de voir ce qui se produit et, si rien ne se produit, que la nuit soit plus avancée pour prendre une initiative. Après une heure d’attente, Franz Steinhager ressort de sa demeure pour traverser le parc jusqu’à la maison d’en face.

…Et tandis que le crépuscule s’obscurcit, Morrslieb refait son apparition au-dessus des toits de la ville !

mercredi 15 février 2023

Mitterfrühl 2512 - Bögenhafen tout le monde débarque !

Quais de Bögenhaffen
Le jour de l'équinoxe de printemps - qui est également le premier jour du Schaffenfest, le Bérébeli arrive à Bögenhafen. 

En ville

Le port de Bögenhafen est encombré de barges, de dockers, de marchands évaluant la marchandise et curieusement de quelques Halfelins affairés qui font de grandes enjambées le long des quais. Josef soupire : "On a payé pour naviguer, maintenant faut payer pour s'amarrer. Allez, je vais aller donner à bouffer aux affreux mange-fric !" et s'en va régler la livraison de la cargaison auprès de son commanditaire Maitre Ruggbroder, promettant de payer les aventuriers à son retour. 

Ceux-ci pour leur part décident de ne pas abuser de l'hospitalité du Bérébelli plus longtemps - qui ne leur offre qu'un confort très relatif - et finissent par dénicher une auberge aux prix encore relativement raisonnable après avoir fait plusieurs établissement (dont certains très huppés où ils furent regardé d'assez haut). La ville est bondée de visiteurs. Certains viennent pour affaire, d'autres avant tout pour prendre du bon temps et pour quelques jours, les rues sont pavoisées de petits drapeaux, les étals débordent tandis que les rares Boggenhaffois qui ne vivent pas directement du commerce se repèrent très facilement à leur air excédé lorsqu'ils doivent traverser des rues encombrées de visiteurs lambinant le nez en l'air ou hésitant devant le choix de tourtes d'un marchands ambulant. 

Gerolf von Kerkher s'inquiète de parvenir à endosser correctement son rôle de Kastor von Lieberung et s'entraine à répondre à ce nouveau nom. Afin d'entrer dans la peau du personnage, il se mets en quête d'un tailleur qui pourra lui faire une garde-robe digne de l'héritier d'une baronnie, estimant que ses propres atours, aux couleurs de sa famille, ne conviennent pas. Il se fait accompagner par Sariel en avançant que le goût très sûr, le sens de l'esthétique et de la beauté naturel aux Elfes ne pourra que lui profiter... Malheureusement s'il est un don que les Elfes n'ont pas, et en tout cas certainement pas Sariel, c'est celui du négoce et les deux dépensent sans ciller une petite fortune en acompte au tailleur pour un habit qui sera prêts dans trois jours minimum. 

Sariel se rends chez deux orfèvres différents pour faire évaluer les bijoux "trouvés" précédemment, note soigneusement les prix proposés mais n'échange encore rien. 

Vox part à la recherche d'une forge et est assez surpris de se faire rembarrer par le maitre forgeron qui refuse de lui céder l'usage de sa forge, au motif qu'il n'est pas un artisan de la ville ! 

Personne ne semble connaitre la Garten Weg dont il était question dans la lettre du notaire, ni l'étude de Löcke, Stock et Barl. 

Au Schaffenfest

Albi Piedfané, renouant avec un vieil atavisme, décide de se rendre à la foire pour observer le bétail... Rien ne le tente, mais il parvient à prélever quelques belles poignées de duvets aux poules d'une paysanne mystifiée par la promesse de secrets du Moot pour élever des pondeuses de compétition. 

Il est rejoint par Vox, Wilfried, Sariel et Messire Gerolf et le groupe flâne de distractions en distractions: 

Au mat de Cocagne, Wilfried Reubke décroche un jambon. 


Chez Esmerta la Voyante, Sariel et Sir Gerolf se font prédire la bonne fortune : "...Des aventuRrres ! La Rrrichesses ! ...Je vois un homme  SombRrre qui n'est pas ce qu'il paRrrait êtRrre - Je vois un endrrroit sombrRrre, etrrrroits... Un marRrriaage... Le symbole de la Rose est rrRouge, elle ruisselle de sang. Je vois... Je vois... Je vois les Ténèbres autour de la ville. Une ombre plane sur Bogenhafen. Je vois le seigneur de la mort chevaucher sur le fleuve. Je vois un grand mal dissimule derrriere le Trône d'un Puissant ! Je vois l'Empire en Flamme ! Je... Je ne vois plus rien, cela fera 10 sous !"

Vox Pholk affronte Brogen la Brute à la lutte, appâté par la promesse de gagner 5 Couronnes s'il parvient à tenir 5 minutes, tout cela pour la modeste mise de 5 pistoles, mais tout ce qu'il y gagne, c'est une côte fêlée. 

Wilfried Reubke fait la connaissance d'une apothicaire fort séduisante et assez âgée pour être sa mère avec qui il discute métier et qui lui suggère de passer la voire à Wessbruck, à l'occasion.

Pour se remettre de leurs émotions, ils s'arrêtent prendre un godet à une taverne de toile. Le passage d'une femme furieuse hurlant des reproches à un camelot et trainant en remorque un bambin pleurant à chaude larme. Attiré par la promesse d'un bon scandale, ils la suivent jusqu'à la tente où siège le TRIBUNAL DES FÊTES où un magistrat local règles les conflits qui ne manquent pas de se produire et où une clerc prend la déposition de la mère de famille - un camelot qui aurait truqué son jeu de chambouletout en clouant certaines cibles… Elle a lâché la main de l'enfant et fait de grands gestes pour expliquer en détail ses griefs à la jeune clerc, et le bambin est parti se consoler de sa déception en rejoignant un groupe de gamins qui bombarde d'un choix de légumes le pilori, où est enchainé un nain à l'allure pitoyable. Bien sûr, les épluchures et les taches de jus de fruits blettes n'arrangent pas son allure mais cela n'explique pas tout...

Le nain avise Vox et fait appel à la solidarité de celui-ci, l'implore de venir au secours d'un frère nain et de bien vouloir payer son amende (...ivrognerie sur la voie publique ? ivrognerie ?). Vox regrette rapidement sa générosité car, une fois délivré, Gottri s'accroche à ses pas en vantant sa générosité qui irait peut-être jusqu'à lui offrir un peu de monnaie, peut-être ? Vox cède, à condition que Gottri ne boive pas cet argent ! Gottri le remercie chaleureusement, et après de grandes effusions il s'éloigne. ...En direction d'une guinguette de toile. 

De leur coté, Sariel, Albi, Wilfried et Messire Gerold ont été attiré par les cris d'un chaland en habit bigarrés vantant le Musée Zoologique du Doktor Malthusius et son spectacle incroyable de Monstres et Merveilles ! - Vox préfère s'intéresser au chambouletout truqué et, constatant qu'un garde semble faire remballer ses quilles au camelots, se rabat sur l'attraction voisine où il gagne une poupée de chiffon presque aussi grandes que lui. Et il part acheter un poussin également - Merveilleuse attraction, en effet ! Pendant le spectacle, le fabuleux gobelin à trois jambes des Montagnes du Bout du Monde parvient, les dieux savent comment, à se défaire de son collier et à s'enfuir ! 

Sariel s'est faufilée jusqu'au premier rang et se tient prête à intervenir au cas où quelque chose tournerait mal. Elle sert dans son poing le duvet qui lui permet d'incanter plus facilement le sort de Sommeil et incante doucement, en feignant de chantonner tout bas. Lorsque le gobelin passe ventre à terre à coté d'elle, elle projette le bras en avant pour le toucher à l'épaule tout en lançant le sort de Sommeil. ...Mais à sa grande surprise et peut-être un peu à son horreur, le sort reste sans le moindre effet sur la créature, qui zigzague entre les badauds et poursuit sa course jusqu'aux remparts de la ville... Et alors qu'il semble acculé, il disparait soudain dans un buisson !

La foule frémit d'horreur mais un examen du buisson révèle une explication toute prosaïque : il dissimulait une bouche d'aération dont la grille rouillée est maintenant défoncée. 


Albi hésite à passer derrière le gobelin mais la perspective d'une glissade dans l'obscurité la plus totale, dans des profondeurs où se cache on ne sait quel danger et où il se retrouverait tout seul, le dissuade. 

Sariel va chercher le magistrat du tribunal des fêtes pour l'informer de la fuite d'un gobelin. Le magistrat expédie séance tenante l'affaire en court pour suivre Sariel jusqu'au lieu du délit et offre d'emblée 50 couronne à qui ramènera le gobelin, mort ou vif !
Sur quoi Malthusius promet qu'il en offre 50 de mieux si on lui rapporte son gobelin bel et bien vivant !

100 couronnes d'or, c'est une belle somme et les cinq aventuriers se proposent illico… Pour peu qu'on leur fournissent de la corde, des cirés, des bottes d'égoutier et peut-être une nuit de sommeil pour permettre à Vox de se remettre de sa cote cassée ?