Après conciliabule, l'équipe décide unanimement de monter à la tour.
Un solide déjeuner est avalé, Reubke vérifie la santé de Durak, dont la fièvre est retombée, donne une pièce d'or à la fermière et deux sous aux gamins en leur disant que s'ils mettent des linges humides sur le front de Durak, ils en recevront une nouvelle... (devant la lueur cupide s'allumant dans le regard des mouflets, il revient vite sur cette consigne et leur ordonne de ne pas toucher au blessé). Grompf et Kiza, les mâchoires serrées et la détermination d'airain, accompagnent tous deux les aventuriers pour venger la mort de Martok.
Arrivé en vue de la tour, le groupe tient conseil. Sariel s'avance en éclaireur et grimpe la pente, en restant à l’abri du couvert végétal pour ne pas être vue tout en observant les alentour. Bien qu'elle n'ait pas le meilleur point de vue sur l'entrée de la mine, il lui parait évident que durant la nuit l'on s'est activé autour du portail désormais effondré : les rails sont tordu, le wagonnet git maintenant plus loin. Elle ne s'y attarde pas et continue à grimper jusqu'à arriver en vue de l'entrée de la tour, qu'elle contourne prudemment pour avoir la meilleur vue sur l'entrée du bâtiment de deux étages. Aucun signe d'activité, la porte est fermée, des barbouillages maculent les murs, un totem de bois, plumes et os est planté de guingois à coté de l'entrée et l'elfe ne parvient pas à en comprendre la signification. Les murs du premier étages sont percés de quelques fenêtres et Sariel remarque quelques vitraux brisés.
Gerolf tue le temps en déracinant un arbuste pour lui servir de camouflage. Après un quart d'heure environ, le noble, Vox, Reubke, Kiza et Grompf emboitent le pas à Sariel, en se faisant beaucoup plus remarquer - les nains et le halflin s'exhortant mutuellement bruyamment au silence. Personne ne réagit à leur approche peu discrète et ils s'enhardissent jusqu'à la porte. Elle n'est pas verrouillée et la sentinelle qui dort dans l'entrée ne s'éveille pas. Sariel lui lance un sort de Sommeil pour s'assurer que cet état continue et s'avance, Grompf arrive à hauteur de l'homme-bête endormi, se crache dans les mains, empoigne son marteau et lui fend le crane d'un large coup.
Deux portes ouvrent dans ce couloir. Celle de gauche ouvre sur une petite pièce sombre et malodorante. Sariel lance un sort de lumière pour y voir plus clair et distingue des manteaux pendant le long des murs, deux personnes ficelées au sol et des traces suspectes indiquant que le placard sert désormais de latrines. Les deux prisonniers sont vivants, tuméfiés et terrorisés. Le couple de fermier a été capturé dans la ferme récemment attaquée, ils font le récit de leur calvaire la voix entrecoupée de sanglots et s'enfuient une fois libérés. Celle de droite semble verrouillée.
Le couloir débouche sur un large vestibule dallé, éclairé par une verrière ouverte dans le toit. Trois portes s'ouvrent dans les murs de gauche et celui face a la porte de la tour, un escalier monte en colimaçon le long du mur de droite. Enhardit par le silence qui pèse sur les lieux, Gerolf tente de forcer la porte en frappant le bois à coup d'épée et comme il ne parvient qu'à faire sauter des échardes, enjoint à Grompf de la défoncer à coup de marteau. Le hall résonne sous les coups du nain qui défonce la serrure sans parvenir à défoncer la porte, et attire inévitablement l'attention des occupants de la tour.
les deux portes de droite s'ouvrent à la volée et huit hommes bêtes ensommeillés en surgissent. Albi et Sariel étant les plus proches, ce sont naturellement sur ceux-ci que les premiers monstres se ruent, leur infligeant de sévères blessures avant même qu'ils aient le temps de réagir. Un combat épique s'ensuit, huit humanoïdes bestiaux contre trois nains, une elfe, un halflin et deux humains. Malgré leur sous-effectif, ceux-ci finissent par l'emporter sans perte mais tout juste : Grompf, le nain de Khazid Slumbold, s'est effondré sous les coups de son opposant et Reubke se rue à son chevet pour lui faire avaler une potion et éponger le sang qui gicle de ses plaies. Puis il s'intéresse à Sariel et Albi qui ne sont pas non plus en très grande forme tandis que leurs compagnons achèvent les monstres agonisants.
C'est alors que la porte en haut de l'escalier s'ouvre, une voix rauque pousse un aboiement interrogatif et un museau pointe par-dessus la rambarde. Grompf, remis sur pied, saute dans une des pièces inexplorées pour se cacher, Kiza et Albi se plaquent au mur sous l'escalier et Reubke se fige, terrorisé. Bien qu'il soit en ligne de mire, sa présence ne semble pas avoir été remarquée. Cet avantage vole immédiatement en éclat quand Messire Gerolf hurle son défi et se rue vers l'escalier, rapière au poing. Sorti de sa stupeur, Reubke lache le cran de son arbalète et carreau va se planter dans le mur sans toucher qui que ce soit. Alors que le noble grimpe les marches quatre à quatre, les monstres les descendent quatre à quatre et un second combat s'engage, dans un escalier trop étroit pour permettre à deux assaillants de combattre côte à côte. Dans les moments remarquables, citons le halflin qui parvient à immobiliser d'un tir de bolas l'homme-bête de tête, qui décide alors de plonger sur Gerolf pour l'immobiliser sous sa masse mais ne parvient qu'à s'empaler sur la lame du duelliste, les deux hommes-bêtes qui décident de sauter par-dessus la balustrade dans la mêlée, l'un des deux réussissant à retomber sur ses pattes, l'autre se cassant la figure et s'écroulant au sol et Sariel s'empressant de lui lancer un sort de sommeil pour qu'il y reste. Vox continue à décharger son pistolet à répétition en comptant sur les dégâts ravageurs de son arme et la terreur infligée par le fracas de la détonation jusqu'à l'accident tragique et l'explosion de cet instrument mortel dans sa main, alors qu'il ne s'est pas encore remis de la précédente explosion de son tromblon dans la tour à signaux. Albi qui immobilise au lasso le dernier homme-bête de la file pour l’empêcher de sauter à son tour, Vox, Sariel et Kiza qui le rejoignent pour tirer sur la corde et le faire basculer par dessus la balustrade et y parvenant finalement, ce qui malheureusement réveille l'endormi lorsque son compagnon d'arme s'écrase dessus. Heureusement à ce moment ils ne sont plus que deux, dont un solidement entravés et ils ne tardent pas à tomber pour ne plus se relever, non sans avoir à nouveau jeté le pauvre Grompf au sol.
Quand les râles d'agonie des blessés s'interrompent, le silence ne semble plus devoir être brisé par quoi que ce soit.