Derniers articles

jeudi 18 décembre 2025

Au sein d'un campement de rebelles.

Reikland - forêt de Wittgendorf 

Le dernier voyage de Gerolf 

Au coeur de la forêt noire de Wittgendorf, il y a une petite poche de verdure au milieu des ronces et des troncs moussus. Dans cette poche verdoyante bénie de Rhya, quelques dizaines de paysans rebelles tentent de survivre tant bien que mal et d'échapper à la fois aux bêtes du chaos et aux gardes du chateau. Et dans cette petite communauté, un groupe de nouveau venus a trouvé refuge. 

Ce matin, ils sont rassemblés autour d'un bucher. Reubke contemple pensivement les flammes, Sariel sanglote dans sa manche tandis que se consumment les restes mortels de Gerolf von Kerker. Grièvement blessé en chargeant seul quatre gardes du chateau dans le petit port privé du chateau, il n'a du son salut qu'à un coup de chance incroyable. Ramené au village, il a repris suffisament de force pour partir à pied à la recherchere du campement de rebelles dont Hilda la meunière leur a signalé l'existence. La marche éprouvante a pris son dû sur le chevalier, mais ce qui l'a finalement terrassé fut un excès de confiance en sa mémoire : il s'est servi d'autorité dans les provisions médicale de Reubke pour remédier à sa condition. Mauvaise pioche. Au matin, l'apothicaire n'a pu que constater le décès de son patron.  

Dans ce lieu où les morts ne restent jamais longtemps dans le sol, la coutume veut désormais que l'on incinère les défunts. Les rebelles n'ont pas le temps de faire connaissance avec Gerolf mais certains matinaux sont venus assister au dernier voyage du noble d'Ubbersreik. 

 https://blog.sevenponds.com/wp-content/uploads/2011/09/India-funeral-pyre.jpg

Les villageois réfugiés dans les bois se dispersent après quelques instant, laissant derrière eux les trois companions du Meudefleuh et Lothar, qui traine autour du groupe avec curiosité. 

Lothar est lui aussi arrivé dans les bois de Wittgenstein après une désagréable mésaventure à Wittgendorf et cela fait une semaine qu'il se remet de ses blessures tant physiques que morales en se demandant comment il pourra bien faire pour retrouver ses pénates.  

L'histoire de Lothar

Alors qu'il péchait du fretin dans les roselières, l'attention de Lothar a été attirée par les cris de deux hommes en barques échoués dans les racines. Il les a aidé à reprendre le large et en voyant leur incurie à manier les rames, il est monté à bord pour les guider vers une guide nautique qui a établi ses bureaux et son domicile dans l'épave d'un bateau échoué sur un banc de sable. Lothar n'est pas indiscret de nature mais Barke et Hure lui ont paru rapidement assez louche. Il a fini par découvrir que le soi-disant matériel médical contenu dans la caisse était en réalité un cadavre destiné à être revendu au premier médecin désireux d'approfondir ses connaissances en anatomie mais ne voyant pas de prétexte à s'emparer du corps pour lui offrir une sépulture, il les a finalement laissé poursuivre leur route. 

Le jour suivant, une escouade de patrouilleurs fluviaux apostrophe Lothar pour lui poser des questions sur les hommes qu'il a secouru. Lothar passe très près de l'arrestation pour association de malfaiteurs et ne doit qu'à son bagout et peut-être un pot de vin discrèt de ne pas se faire arrêter pour un méfait dont il ignore encore tout : le corps transporté par Hure et Barke n'a pas été récolté sur un gibet ou obtenus de façon consensuelle. C'est le cadavre de l'épouse Grüber, fraichement inhummée, et son époux Hans ainsi que ses beaux-frères, Hans, Hansel et Jan, fulminent.  

Incapable de trouver quelqu'un désireux de s'occuper des deux profanateurs de sépulture dans les tavernes du Reik, Lothar s'est finalement tourné vers la famille en deuil, qui étaient, eux, très disposés à retrouver le corps de leur morte et les deux salopards qui l'ont volés. Et ils loué une barque et recruté Lothar pour les guider sur le fleuve. Fleuve qui les a conduit jusqu'à Wittgendorf. 

Le village était tout sauf engageant et Lothar serait bien reparti sur le champ si les mendiants goitreux n'avaient pas laissé échappé que deux hommes s'étaient arrêté quelques jours avant pour rencontrer le médecin... Médecin qui a effectivement acheté le cadavre pour étude. Bousculé par les Grüber, le médecin a fuit sans demander son reste alors que les trois moissonneurs retrouvaient leur morte dans la cave du cabinet, dénudé et découpé en part comme une carcasse à l'abatoir. Alors qu'ils revenaient vers leur barque en transportant les pauvres restes dans des sac de fortune, ils ont été chargé par un cavalier lourdement armuré qui a piétiné sans merci l'un des frères, embroché un autre d'un carreau d'arbalète tandis que le troisième disparaissait entre les maisons en ruines et que Lothar sautait à l'eau... Il se serait probablement vidé de son sang dans la vase de Wittgendorf si des mains secourables ne l'avaient sorti de l'eau croupie et ne l'avaient conduit auprès des rebelles où la vieille Mamie Goussedail l'a entouré de soins jusqu'à ce qu'il retrouve assez de forces. 

Présentation des rebelles

Sigrid est la chef du camp. Femme d'une petite quarantaine d'année, elle puise dans sa colère contre le chateau l'énergie suffisante pour organiser la vie quotidienne des familles qui se partagent quelques huttes ainsi que les patrouilles qui sécurisent la zone. 

Mamie Goussedail est une vieille femme épuisée qui fait office de cantinière, de rebouteuse et de sage. Elle entoure de soins les poupées de paille dressés sur de petits autels et marmonne en permanence des prières à Rhya - protégeant ainsi le camp des influences corruptrices de la forêt. 

Les Patrouilleurs sont des hommes et femmes d'allure farouche, semblant habitués aux bois et aux armes. Ils vadrouillent armés d'arbalètes et veillent à l'entretient des pièges qui sécurisent le périmètre mais ne ramènent que de rares prises. 

Gabriel a une trentaine d'année. Blond roux, les sourcil fournis, il présente un air de famille avec les Wittgenstein. Et pour cause, c'est un demi-frère issus des amours ancillaires d'un homme de la famille avec une servante du chateau qui s'est réfugié au sein des hors-la-loi après le meurtre de sa mère par son demi-frère. 

Les Familles restent dans le périmètre protégé par la bénédiction de Rhya et des chevaux de frise de ronce et de pieux. On y compte des artisans, des mères s'occupant des enfants trop jeunes pour être laissés sans surveillance, de l'entretient des huttes et de la cuisine et ceux trop affaiblis pour courrir les bois.  

La Vanière est une femme discrète, perpétuellement souriante, qui tresse en permanence des joncs entre ses longs doigts sans repos pour en faire des cordes, des panniers, des cloisons.  Et ses doigts sont vraiment, vraiment longs. 

le Moineau est un gamin anonyme aux grands yeux rond (vraiment rond) qui trotine pied nus, trop innocent pour songer à tenter de dissimuler les plumes qui poussent au-dessus de ses pieds d'oiseau. 

La Glu est une gamine joyeuse et indiscrète fascinée de dépasser Albi d'une demi-main. Le halfelin répurgateur l'a trouvé subitement moins sympathique quand elle a comparé ses propres pieds écailleux aux pieds velus du semi-homme qui s'en débarrasse en l'envoyant tourner autour de Reubke.

En dépit de la bénédiction de la Mère des Moissons, les rebelles ne sont pas totalement préservé des influences corruptrices. 

Tous les enfants ne sont pas pareillement diformes. L'Angelot par exemple est un enfant exquis, aux cheveux blond comme l'or, à la peau de lait, aux joues de roses et si gracieux qu'on le dirait descendu des fresques de la grande cathédrale de Sigmar à Altdorf. Ses parents l'entoure d'une surveillance jalouse.   

Représailles sur Rousseau

Comme la présence de mutants dans les rebelles met les nerfs d'Albi à rude épreuve, que les remarques condescendantes de Reubke vexent Mamie Goussedail et ses aides et que Lothar s'est trouvé une animosité commune avec Reubke, Albi et Sariel contre Rousseau, les quatre compagnons d'infortune décident de s'éloigner du camp et de retourner au village faire une petite visite au bon docteur. Sigrid accepte de les guider, avec deux patrouilleurs. 

En route, ils surprennent une patrouille de gardes de Wittgenstein, accompagné d'une creature mi-homme mi-bouc qui fait office de chien de guerre et renifle le vent, mais l'effet de surprise joue en faveur des hors-la-loi qui exterminent les soldats, l'homme-bête et leur officier. L'idée de revetir les armures des gardes pour passer inaperçu est vite abandonnée après avoir retiré son casque à l'un des soldats et découvert les chairs tuméfiées en putréfaction de l'homme. Seul un des patrouilleurs préfère le blindage d'un plastron à l'hygiène élémentaire et endosse l'armure. Les aventuriers le surveillent d'un oeil inquiet.  

Arrivé à la lisière des bois en fin de journée, le groupe trouve refuge dans le temple de Sigmar pour attendre la nuit noire. Ils se faufillent dans les ruines en évitant les rodeurs, forcent le portail du jardin puis la porte arrière, récupèrent leurs affaires et pillent le cabinet (élixir et vin de Bretonnie, correspondance avec la baronne) puis la cave où ils mettent la main sur la réserve de poudre de malepierre, conservée dans un flacon de verre que personne n'ose ouvrir. Rousseau est proprement égorgé et Albi assouvi enfin ses pulsions purificatrices en mettant le feu à la demeure du médecin. Que la vieille et le jardinier se débrouillent ou périssent dans les flammes ! 

Retour au temple pour passer ce qui reste de la nuit avant de rejoindre le camp au petit matin.