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dimanche 2 juillet 2023

De Altdorf à Chateau Reikgard (en passant par Fielbach, Prieze et les Marais Reiker)

Schweinefleischstadt

Au matin, le MeudeFleu quitte le petit village des porchers dans un temps pluvieux et venteux. Renata, contrairement à Wilfried Reubke, n'est pas bien réveillée et dirige le bateau droit vers un banc de sable. La coque racle le fond, surprenant tout le monde qui parvient néanmoins à conserver son équilibre. Tous sauf Sariel, qui tombe à l'eau. Messire Von Kerkher se rue pour tenter de la rattraper avant son plongeon et non seulement échoue à la retenir mais il bascule également. Aucun des deux ne sait nager. Gerolf reste cependant calme et patauge pour maintenir sa tête hors de l'eau tandis que Sariel panique et boit la tasse. Elle coule, elle remonte, elle crie, elle panique totalement et plus elle se débat, plus elle se noie. 

Pendant ce temps, sur le bateau, Albi sort de la cuisine en galopant pour vérifier l'état de la coque dans la calle. Il esquive le mouton Timmy par miracle, alors que celui-ci donne libre court à sa furie affolée en chargeant la porte de la cuisine, tant lorsqu'il descend que lorsqu'il remonte de la calle, avec Siegfrida sur les talons. 

Reubke tente de calmer Renata, affolée par son erreur, et de garder la direction du navire.

Vox Pholk a vu le noble et l'elfe tomber à l'eau et se saisi d'une corde qu'il lance entre eux ; si Gerolf s'en saisi, Sariel en est totalement incapable, pas plus que Gerolf ne peut se porter à son secours. Le temps est compté pour l'Elfe des Mers qui étouffe de plus en plus à force d'inhaler de l'eau, 

Albi attrape son lasso et doit s'y reprendre à deux fois pour parvenir à cibler Sariel, la seconde fois aidé des conseils impérieux de Siegfrida qui lui commande où viser et, une fois que la boucle est passé autour du torse de Sariel, se campe fermement derrière lui pour hisser l'elfe avec lui. 

Une fois les deux naufragés hissés sur le pont, il est temps de s'intéresser aux animaux : Timmy rue de droite et gauche dans les caves, recouvrant tout de crottins. Les trois porcelets, toujours dans la chambre de Messire, en font de même et la literie est à nouveau souillée. Gerolf est à deux doigts de les passer par la fenêtre mais s'il l'aurait fait sans hésiter s'il avait été seul, le regard mouillé de Isabelle, la porchère de Schweinefleischstadt l'en empêche. 

Quand à Siegfrida, l'accident lui a donné une nouvelle raison d'être et de donner libre court à ses remarques acides : materner l'elfe endolorie et s'introniser chaperon pour éviter à Sariel d'hypothétiques assauts impudiques d'un certain personnage qui ne recule devant aucune bassesse ! 

Fielbach

Genaro Pérez Villaamil - vue d'une cité
Fielbach sur Reik

En fin de matinée, un port se dessine sur la berge. Et un port de belle taille qui plus est, alors que la carte achetée par Vox à Altdorf n'en fait aucune mention. Vox prend mal la chose. Occasion de manger chaud dans une taverne du port, de tenter quelques affaires - et se débarrasser des trois petits cochons - mais aussi d'apprendre les dernières nouvelles. L'Edit sur les Mutants est très mal accueilli et des buveurs se montent mutuellement la tête en même temps qu'ils éclusent des godets. L'objet de leur animosité, ce n'est pas seulement l'Empereur et les officieux, mais avant tout le dispensaire du temple local de Shallya, où les prêtresses accueillent chacun sans discrimination aucune. Albi, se considérant comme le bras armé du clergé de Sigmar depuis qu'il a été reconnu répurgateur patenté, entraine ses compagnons vers le temple de Shallya pour prévenir les Colombes. Ils découvrent bien vite qu'elles sont au courant : le bâtiment est claquemuré, une gravure grossièrement maculée est clouée sur la porte et voix tremblante répond à leurs coups sourds. 
Jean de Cirey, Collecta privilegiorum ordinis cisterciensis, Dijon, imprimeur Petrus Metlinger, 1491
Shallya protégeant les nécessiteux
LES MUTANTS

Les religieuses qui les laissent entrer sont terrifiées, la nature de leur vœux leurs interdit de lever la main contre qui que ce soit, pas d'avoir peur pour leur propre sécurité ou celles de leurs protégés : quelques malades qui se pelotonnent dans les lits de la salle des malades, dont une femme présentant une mutation évidente et un petit bambin abandonné qui trottine joyeusement sur ses trois jambes au devant des nouveaux venus - tu es mon nouveau papa ? - et de craindre l'inaction des soldats civils. Toujours torturé entre son devoir de respect du crédo sigmarite qui impose de respecter les édits impériaux et sa haine des mutants, Albi tranche et décide d'en appeler aux initiés de Sigmar. Reubke et Gerolf sont très soulagés de quitter l'établissement de soin et les risques de contagions pour suivre Albi au temple, avant de retourner au bateau, où Sariel grelotte, malade d'avoir avalé et inhalé l'eau contaminée par le lisier de porc. Au lieu de repartir de suite, ils attendent que Gerolf récupère son linge, déposé chez des lingères, et qui sera propre en fin d'après-midi. Ensuite ils repartent tandis que Vox digère ses dix pains saucisse qui devraient lui valoir le titre de Halfelin Honoraire (et surtout une indigestion carabinée. Non humain de toutes tailles, unissez-vous sur les latrines). 

Quand le navire s'éloigne de Fielbach, Vox a son attention attirée par une haute construction qui se détache à l'horizon ; une haute tour surmontée de deux bras mécaniques qui s'agitent et qui lui remet en mémoire une discussion avec deux ingénieux nains à Altorf, qui ont évoqué le grand chantier de construction d'une ligne de tours à signaux d'Altdorf à Nuln. Celle-ci est déjà entièrement achevée. 

En fin de journée, ils arrivent en vue d'une seconde ville qui n'apparait toujours pas sur la carte, la cité de Prieze, où des bateliers leur indique qu'il est possible d'emprunter le canal de Grünberg qui relie le Reik à Grünburg sur la Teufel en évitant les dangereux marais Reiker. 

Marais Reiker

Roselières du lac Bourget

Après une nuit à l'ancre au large de Prieze et après avoir décliné l'offre d'un premier nautonier qui leur propose de les diriger dans les bras morts et chenaux des marais, le Meudefleuh repart au matin vers les roselières où, espèrent-ils, ils retrouveront la trace de Boris Landsmann. On leur conseille de ne surtout pas s'approcher du Château Reikgard où personne n'est autorisé à accosté et où est reclus le Prince Héritier du Reikland pour des raisons obscures. En effet, une fois en vue des murailles étincelantes du chateau, ils comprennent rapidement qu'ils ne sont pas bienvenus et passent au large. Un autre bateau se dirige droit vers eux, pretextant avoir été accueilli d'une volée de grenaille par les gardes du château. Méfiants, ils gardent leurs armes à portée de main et grand bien leur prend car une douzaine d'hommes sont accroupis sur le pont, se dissimulant tant que le bateau n'est pas à portée. Boris se trouve parmi eux et se redresse soudain quand il entend sa soeur l'appeler et se rue sur le pont du Meudefleuh Les retrouvailles sont larmoyantes et pleines d'émotions jusqu'au mot de trop "tu manques à tous le monde, tu manques aux cochons". Submergé par la rage, Boris pousse un hurlement de rage tandis que deux défenses porcines lui percent les joues... Et que Albi et Vox déchargent respectivement arbalete et tromblon tandis que Gerolf et Sariel se ruent pour repourser le bateau à coup de perche et que Reubke manoeuvre pour éloigner le Meudefleuh. 

Rapidement, le bateau prend le large et distance ses poursuivants, le cadavre de Boris est repoussé à l'eau tandis qu'Isabelle, brisée, se laisse couler sur le pont en pleurant son frère... 

Sur le corps de Boris, une étrange petite amulette de bois ornée d'une couronne teintée de rouge retient l'attention d'Albi, juste avant qu'il ne fasse basculer le cadavre dans l'eau. 

Sur le rivage, la silhouette d'une seconde tour à signaux se dessine... (à suivre)

vendredi 17 février 2023

Marktag 2 Pflugzeit 2512 - un malade, un cultiste qui s'ignore et des visions divines

 TOUS AU CHEVET DE RICHTER

Après délibération matinale, tout le monde décide de rendre visite au Magistrat Richter pour prendre des nouvelles de sa santé et savoir si une enquête a été lancée ou non. Jusqu'à présent, c'est la seule personne qui semble leur avoir donné un peu de crédit - tant à leur histoire que financièrement - et qui aurait suffisamment de poids dans cette ville pour mettre fin aux agissements d'une bande de cultistes maléfiques qui assassinent des gens et invoquent des démons dans les égouts. Et puis ce n'est pas comme s'ils avaient le choix : Joseph ne part pas avant la fin du Schaffenfest et la diligence est hors de leurs moyen. 

Tous le monde se rend à l'Hôtel de Ville où le Magistrat Richter occupe un petit appartement de fonction, à l'étage, avec sa gouvernante. C'est elle qui leur ouvre la porte et les fait entrer. Elle est totalement désemparée, très inquiète, et il suffit de lui montrer un peu de sympathie et de compassion, lui tapoter la main d'un air compréhensif et quelques questions judicieuses pour qu'elle ouvre son cœur : 

- Impossible de le voir, Maitre Richter n'est absolument en condition ! Il ne s'est pas réveillé, si on peut appeler ça dormir ! C'est incroyable ça, il n'est jamais, jamais malade ! Il a une santé à toute épreuve, et jamais il n'a manqué son devoir pour rester alité ! …Mais hier, il est revenu du Tribunal des Fêtes avec une migraine affreuse, il a annoncé qu'il allait se coucher, qu'il avait été voir le conseiller Teugen et que ça l'avait épuisé - Ah je ne me suis pas étonnée plus que ça, le conseiller Teugen est… Enfin je ne l'aime pas beaucoup, je trouve... Il se prends pas pour de la crotte de chèvre  ! Toujours à toiser les gens de haut depuis qu'il est revenu en ville !"

Alors bon, voila qu'il part s'étendre, moi je me dis 'Bon. C'est pas courant' mais voila, je peux comprendre ! Mais puis il se relève pas, il se relève pas, moi j'attends pour apporter le repas… Alors je vais voir ! Ah miséricorde de Shallya, il était bouillant de fièvre, le visage rouge, mais rouge ! Là j'ai immédiatement appelé un docteur en médecine - assermenté, attention hein - il est passé hier soir mais j'ai peur qu'il ne sache pas trop que faire pour soigner mon pauvre maitre ! Il a dit qu'il n'était pas trop certain de la maladie et qu'il devait encore faire des recherches mais qu'il allait repasser aujourd'hui. Quand vous avez frappé, j'ai cru qu'il était revenu »

Wilfried Reubke suggère à la gouvernante de le laisser jeter un œil aux symptômes du malade, faisant valoir sa formation d'apothicaire et la possibilité qu'il puisse suggérer un traitement soulageant les symptômes à défaut de le soigner, sans empiéter sur les prérogatives de la Guilde des Médecins (et sans risquer le pilori ou autre) et comme elle reste un peu réticente, Sariel et Albi l'attirent dans sa propre cuisine avec la promesse d'une bonne tasse de thé et une écoute compatissante afin de laisser le champ libre à l'apothicaire.

Au chevet du malade, Reubke identifie les symptômes comme ceux d'une maladie plutôt rare et qui frappe surtout dans la péninsule Tiléenne : fièvre, visage enflammé, yeux et bouche tuméfiés sont caractéristiques de la fièvre cérébrale pourpre. Une affection fort heureusement peu contagieuse …mais mortelle. Faire baisser la fièvre peut éventuellement ralentir la progression de la maladie mais pas le sauver, il faut trouver le bon remède - recherches à faire dans ses ouvrages - et trouver quelqu'un d'assermenté qui puisse lui prescrire le remède.

Peinture ancienne : un médecin examine les urines d'un patient, d'un air pénétré d'importance, en la tenant levée devant la fenêtre. Face à lui, une femme le regarde avec un air moitié dubitatif, moitié patient, moitié pleine d'espoir
Je ne suis pas bien sûre que ce médecin sait ce qu'il fait

Wilfried Reubke et Gerolf von Kerkher attendent le passage du médecin

Gerolf et Wilfried décident d'attendre le passage du médecin pour discuter directement avec lui et - espèrent-ils - le convaincre de la justesse du diagnostic de Reubke ainsi que les laisser chercher un remède dans la bibliothèque de la Guilde. Le médecin, flatté par l'un et par l'autre, se plie de bonne grâce à leurs demande et se laisse aller au bavardage. Il se souvient avoir déjà vu des symptômes similaires à ceux du magistrat Richter il y a de cela plusieurs années : Hans Teugen - l'ancien héritier de la famille Teugen, le frère ainé de l'actuel chef de famille - est tombé malade et est décédé d'une fièvre identique. 

Vu qu'il ne peut participer aux discussions scientifiques de l'apothicaire et du médecin, Gerolf von Kerkher est envoyé aux commissions: il y a une apothicaire au Schaffenfest, peut-être qu'elle a avec elle certains ingrédients nécessaires à un remède contre la Fièvre Cérébrale Pourpre ? 

- 40 pistoles et j'achète ce mouton !"

Sur le champ de foire, Gerolf traverse une vente aux enchères de bétail et plutôt que de se faufiler en jouant discrètement des coudes et en s'excusant de marcher sur les pieds, il surrenchérit de façon ahurissante. Le voici maintenant l'heureux propriétaire d'un bélier à l'air obstiné répondant au nom de Timmy, ainsi que de plantes médicinales exotiques qu'il rapporte à son domestique avec empressement. 

Un bélier l'air pas trop patient
Ne lui tournez jamais le dos

Vox prie pour un bon rétablissement

Vox, lui, applique une méthode de guérison plus traditionnelle : il se rend au temple de Shallya prier pour le rétablissement de Richter. La vision d'un démon-gardien a persuadé le nain pragmatique que dieux et démons peuvent bel et bien répondre aux commandements humains pour peu qu'on le leur demande avec assez de persuasion et - qui sait - exhausser des vœux simples tels que "Pitié, Shallya, faites que j'arrête de me chier dessus"  ou encore "guérissez ce malade". S'étant fait expliquer les coutumes par une jeune prêtresse, à qui il a laissé un don substantiel bien malgré lui (quand on tend une pistole pour un cierge et qu'on ne réclame pas la monnaie de retour avec virulence, c'est considéré comme un don), il s'agenouille et prie... 

Il n'est pas le seul malade - la ville est souffrante"

Sariel, Albi, rejoints par Vox dans les bas quartiers - autre rive

De leurs coté, Sariel et Albi décident de repartir à la recherche d'Ulthar et le croisent dans un park de la ville où il hurle des avertissements à propos du Chaos qui menace la ville, de signes évidents qui sont là, des chiffres dont il convient de se méfier ? ( les 7 et les 9...) et puis d'un homme qui n'est pas un homme... Sariel et Albi jouent des coudes pour se rapprocher et ils sont rejoint par Vox, qui les croise en sortant du temple de Shallya. Quand l'homme avise Vox, il hurle d'effroi, tourne les talons et par à toute jambes. Arrivé aux quais, Albi et Sariel le voient debout sur le bac qui se dirige vers l'autre rive. Albi s'époumone pour persuader le nautonnier de faire demi-tour mais celui-ci ne l'entend pas. Alors il saute dans une barque et intime au pêcheur : « Suivez ce bac! » Le pecheur s'échine sur ses rames et rattrape l'écart. Ulthar saute à l'eau quand il voit cela. Sariel, Albi et Vox le perdent de vue dans le labyrinthe de ruelles. Tout le monde connait Ulthar dans le quartier et ils se font indiquer sans difficulté l'immeuble où il vit. >

...où il vivait. Devant la maison, le groupe hésite un peu sur la meilleure approche et élabore un stratagème où ils se font passer pour de généreux bienfaiteurs venus distribuer des repas aux pauvres pour se faire ouvrir la porte et indiquer la chambre d'Ulthar. Quand ils se décident à ouvrir la porte, ils le découvrent baignant dans une marre de sang, la gorge ouverte. Rien n'explique ce crime, ni comment il a pu se produire pendant la courte avance qu'Ulthar avait sur eux. Le seul objet d'un peu de valeur, dans cette pièce minuscule qui sent la chaussette sale, c'est une petite bague ornée d'un chaton représentant une fleur à quarte pétales. 

La Rose Sanglante évoquée par Esmerta la voyante ? 

Alors qu'ils reviennent sur leur pas, leur attention est attirée par une distribution de charité organisée devant les portes de la caserne Feu-Noir, le poste de garde chargé de surveillé le quartier malfamé. Des dames patronnesses et un homme en habit bien trop e pour l'endroit organisent une file, sourient aimablement, échangent quelques mots aimables et tendent une pièce de vêtement et un bol de soupe… Albi tente de s'incruster : après tout, l'estomac n'a pas d'œil et une soupe reste une soupe… Les gardes semblent escorter les notables, Albi et Sariel pensent rester à proximité pour profiter de l'escorte des notables et des gardes pour retrouver les quais sans risquer d'être dépouiller dans une ruelle. Alors Albi sympathise avec les généreux bienfaiteurs.  L'homme est Friedrich Magirius, un conseiller municipal, un marchand imminent et également un membre de l'Ordo Septenarius, dont il porte le symbole en broche ! 

- L'Ordo Septenarius ? Vous avez entendu parler de nous ? Chuuuuut, pas si fort ! C'est... Enfin non, ce n'est pas secret. Disons que c'est discret voila tout. Une association de bienfaisance ...Mais le lieu n'est pas le mieux choisi : je mange ce midi à la Truite Dorée, c'est un établissement très bien et nous seront tranquille pour en discuter !" 

Tous ensemble - midi - On est suivi ?

Tous se retrouvent devant l'Hotel de Ville de Bögenhafen et ils échangent leurs découverte quand ils ont la sensation désagréable d'être observés par une femme d'allure respectable, habillé comme une bourgeoise ou une dame de la petite noblesse. Quand ils s'arrêtent, elle passe devant eux sans même se dissimuler, en leur adressant un large sourire narquois avant de tournée dans une allée latérale. Quand ils tentent à leur tour de la suite, elle a disparu sans laisser la moindre trace. 

Albi et Gerolf à la Truite Dorée

Albi, Gerolf, Sariel et Wilfried se rendent à la Guilde des Marchands pour répondre à l'invitation de Friedrich Magirius. La Guilde est un bâtiment imposant dont l'aménagement exprime non seulement la réussite financière et sociale mais aussi le sentiment de cette réussite et la volonté d'en faire étalage : boiseries sculptées et peintes dehors, abondamment cirées à l'intérieur, vastes tables, murs tendus de cuirs, et surtout une armée de commis qui s'affairent entre les vénérables marchands membres de la guilde. Alors qu'ils attendent que Magirius les rejoignent, les quatre aventuriers voient passer un élégant jeune homme qui semble être traité avec encore plus de déférence que les autres marchands. ...Où peut-être que l'on s'écarte de son passage pour une autre raison : il croque une gousse d'ail ostensiblement et avec une délectation affichée, comme d'autre goberaient un quartier de mandarine. 

- C'est Maitre Gidéon Teugen, le cousin du Maitre de notre Guilde" leur explique-t-on. 

Albi entraine le marchand dans un repas gargantuesque, comptant sur la digestion et le vins pour endormir toute méfiance du marchand et le faire parler de l'Ordo Septenarius : 

Magirius n'en démord pas : il s'agit d'une société de bienfaisance, fondée par les riches marchands de Bögenhafen pour aider les pauvres de la ville. 

…Voyez-vous, nous pensons qu'en tant que bourgeois privilégiés par le sort, il n'est que justice de redistribuer un peu à ceux à qui la fortune n'a pas sourit… Ce n'est que justice ! Et puis aussi, cela ne peut que profiter à la ville et à la société à long terme : les affamés ne font pas de bon travailleurs, une cité où les plus riches gardent tous pour eux et les plus pauvres ne reçoivent rien est en proie aux incivilités et aux troubles et ainsi de suite… Et en tant que marchands et que conseiller municipaux, c'est doublement notre responsabilité, n'est-ce pas ? 

Mais voila, il se trouve que nos... hum... nous comptons certaines… hum… Personnalité de Bögenhafen dans nos rang et non, je ne peu trahir leurs nom, voyez-vous, et c'est pour cela que nous devons garder le plus grand secret sur nos activités ! Les gens sont jaloux, mesquins, toujours prêts à voir des machinations et des complots partout : si la liste de nos membres devenaient publique, on serait aussitôt accusés de népotisme, de corruption ou de tenter de créer un contre-pouvoir au conseil municipal par nos ennemis politiques ! Si nous restons discrets, au contraire, nul ne peut nous accuser de trafic d'influence puisque nous ne faisons aucune publicité de nos actions ! 

...Oui, je l'avoue, nous cédons un peu à l'amour du décorum et du théatre ! Mais n'y voyez aucune malice : ce n'est que des tralalas de foire pour fluidifier nos échanges et puis aussi avouons-le pour flatter notre imagination, rien de plus ! Mais c'est nécessaire, c'est nécessaire ! Ca a été un coup de génie de Teugen, Oh par Bögenhauer ! Vous n'avez rien entendu n'est-ce pas ? Enfin je disais que cela a été un coup de génie de notre Premier : cela enflamme l'imagination, cela attire les nouveaux venus, cela donne un sentiment d'appartenance, un sentiment de secret, c'est finalement assez drôle ! Et totalement inoffensif, je vous le promet !"

En sortant de la Truite Dorée, ils aperçoivent le marchand Franz Steinhager que Albi a déjà aperçu lorsqu'il est a tenté de le rencontré dans ses bureaux. Steinhager sort la main de sa poche, défroisse un papier pour le lire, avant de le rouler en boule et de le jeter dans la rigole. Albi passe derrière et l'empoche. Il demandera plus tard à se le faire lire. 

"Tout va bien, le temple est prêt à être utilisé. Bientôt nous serons tous riches, après la fin du Schaffenfest, au son de la douzième cloche, notre plan se réalisera.  Johannes Teugen"

Reubke & Sariel - Retour au Schaffenfest

Sariel n'est pas très enthousiasmée par le menu de la Truite Dorée et préfère partir de son coté au Schaffenfest, pour retrouver la voyante Esmerta et lui poser des questions sur la bague. La voyante prend l'argent, inspire profondément et annonce : "Un homme qui n'est pas ce qu'il parait... Un grand danger... Pierre qui roule n'amasse pas mousse... Qui veut aller loin ménage sa monture..." Dépitée, Sariel comprend que la voyante tente de noyer le poisson et de gagner sa consultation en égrenant des proverbes. 

Wielfried retourne voir l'apothicaire et lui propose de repartir avec eux en bateau pour Weissbruck quand la foire sera fini. Elvyra accepte volontier. Joseph n'est pas encore au courant, mais Reubke en fait son affaire. 

 Vox - Bienfaits de la prière

Vox Pholk non plus n'est pas intéressé par le menu, il a toujours les intestins fragiles. Il décide de retourner au Temple de Shallya, de prier un coup et d'exiger des éclaircissements sur l'illumination du matin. Ah oui, et prier aussi pour le rétablissement de son système digestif. 

Il se perds dans la contemplation de la grande fresque de Shallya qui couvre tous le murs derrière l'autel, la représentant en Dame de Compassion : des larmes abondantes roulent sur ses joues, un sourire compatissant flotte sur ses lèvres, elle incline la tête vers ses fidèles et leurs ouvre les bras, paumes tendues vers l'assistance, en un geste d'accueil. Et des colombes aussi blanches que sa robe voletent autour d'elle. Au début, il ne se rend pas compte du changement dans la fresque, puis il se dit qu'il a oublié de cligner des yeux trop longtemps quand il remarque que l'arrière-plan a changé de teinte. Mais lorsque la silhouette de la Dame de Compassion se dédouble, qu'une seconde silhouette se forme progressivement, il doit constater qu'il y a quelque chose d'autre à l'oeuvre ! Aux cotés de la Dame de Compassion se dresse une autre Dame. Sa robe est sombre et stricte, aussi sévère que son expression. Une chouette est perchée sur son épaule et elle brandis une balance à plateau dans l'une de ses mains. Il faut un moment à Vox pour identifier l'apparition comme étant la déesse Verena. Dans le panthéon humain, elle est la déesse de la Justice, qui juge les vivants. Son époux Morr, juge les défunts. Elle est également la déesse de la connaissance. 

un Nain contemple extatique une fresque de Shallya la Miséricordieuse - jeune fille en pleurs entourée de colombes et ouvrant des bras accueillants - derrière laquelle apparait la figure sévère de la déesse Véréna La Très-Sage femme tenant une balance dont les plateaux sont des crânes enflammés, une chouette sur l'épaule
Shallya et Verena apparaissent à Vox

Vox se rend au temple de Verena et demande à parler à la grande prêtresse de Verena. Greta Harboka l'écoute avec attention, l'interroge méticuleusement pour établir s'il se moque d'elle, s'il affabule, a des hallucinations dues à la fièvre, à une intoxication, une drogue ou l'abus de boisson. Et comme cela ne semble pas être le cas, elle lui fait expliquer par le menu tout ce qu'il a vécu jusqu'ici qui pourrait expliquer que Shallya puis Verena lui adressent des mises en garde. Vox parle de tous, sauf du démon qui est apparu dans la cave des égouts et achève en parlant de Morrslieb apparue la veille et qui semblait les regarder. 

Ensemble, ils écument les rayonnages à la recherche de tout ce qui concerne Morrslieb... Ils trouvent un extrait prédisant l'arrivée du Seigneur du Changement qui s'empifera d'humain, annoncée par une pleine lune verte. Mais également quelqes notes volantes sans signature, que Greta Harboka ne se souvient pas d'avoir déjà vues. Elle laisse Vox faire une copie des passages qu'il lit ensuite à ses compagnons, une fois rassemblés à l'auberge.