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vendredi 24 mars 2023

Festag 15 & Wellentag 16 Pflugzeit 2512 - à Altdorf

Le 'Meudefleuh' entre dans Altdorf et remonte lentement le Reik, passant entre les piles de ponts impressionnants, le long de quais occupés par d'énormes vaisseaux de haute mer de toutes origines derrière lesquels se dressent les tours du quartier de l'université et des collèges de magie d'un coté, les tours des temples et du palais de l'autre, jusqu'à ce que la barge atteigne les quais d'un quartier plus populaire au confluent du Talabec et du Reik. 

Là, le navire est bien vite abordé par les agents portuaires venus prélever des taxes en tout genre. Le Halfelin arpenteur qui monte a bord dévisage un long moment l'équipage du Meudefleuh, s'attardant plus particulièrement sur Sariel, Gerolf, Wilfried, Albi et Vox. Cela laisse les aventuriers assez perplexe. 

La laine est vendue un très bon prix à un marchand d'Altdorf, le groupe est maintenant assis sur une petite fortune : pas moins de 150 couronnes de bel or blond ! 

Avec cet or, Gerolf va pouvoir aller payer les frais supplémentaires d'écurie pour Shana (sa belle monture) et Marguerite (le poney de trait de Albi). Celles-ci avaient été laissées une semaine en pension le 26 Jahrdrung, ils auraient du venir rechercher leurs chevaux le 1er Pflugzeit, cela fait presque deux semaines de retard ! Il y va donc sans attendre. 

Dans l'écurie, il ne voit Shana nulle part. Le gamin qu'il interpelle ne sait pas plus lui répondre et va chercher son patron tandis que Gerolf tape du pied d'impatience. Quand il comprend qui est Gerolf et quelles sont les montures qu'il vient rechercher, le maître d'écurie choisi d'attaquer en premier : "QUOI ? C'est MAINTENANT que vous vous pointez ? DEUX SEMAINES DE RETARD, vous entendez !?! Je m'en suis débarrassé, de vos bêtes, fallait bien que quelqu'un paye puisque VOUS, vous y avez pas pensé !" Mais cela n'impressionne absolument pas Gerolf, qui fait Le Scandale Du Siècle  en retour, insulte le palfrenier, exige que celui-ci lui récupère son cheval… "Mais c'est impossible, l'est plus à Altdorf ! je l'ai vendu à un type à face de fouine qui voulait des ch'vaux à envoyer à Grissenwald". La fureur de Gerolf grimpe encore d'un cran et il est à deux doigts d'écraser la face du vendeur de chevaux à coups de poings. L'homme, sentant que les choses sont sur le point de mal tourner, se retranche dans ses bureaux et chasse Gerolf en menaçant d'appeler la garde. Le gamin est tout autant tétanisé, mais son regard va de Gerolf à un panneaux où sont épinglés des annonces. Gérolf suit le regard du gamin, avise l'affiche que le gamin regarde et l'arrache pour l'examiner : 

- Avis de recherche, pour voie de fait et meurtre... AH ! Regardez moi ces gueules d'endives! Et celui-là, une vraie tête d'imbécile!" Et il s'en va après avoir fait une boule du papier qu'il lance dans la rigole.

Avis de Recherche - Altdorf
Un ou une Elfe - Age inconnu - cheveux blancs et court. 
Homme, la trantaine - cheveux et barbe blond, habits de qualité
Homme jeune, cheveux bruns bouclés, grandes oreilles. 
Halfelin age inconnu. Patit chapeau
Nain age inconnu, barbes et cheveu brun ou roux
Homme ou Nain géant - âge mur. Longue barbe

Sariel et Albi partent une fois de plus ensemble rechercher le Poney Fringant où le commanditaire de l'enlèvement d'Elvyra Kleinestun attend ses hommes de main. Ils doivent se faire indiquer le chemin à chaque coins de rue mais finissent par identifier l'établissement. Et à l'entrée de celui-ci, ils repèrent la même affiche qu'avait remarqué Gerolf mais contrairement à Gerolf, ils identifient également les six personnes représentées sur celle-ci. Très ennuyés, ils décrochent discrètement l'annonce, entrent séparément dans l'établissement et, après avoir commandé quelque chose et consommé, s'en retournent rapidement à quai.

En chemin, il leur semble être suivi par une personne avec un chapeau orné d'une plume fantaisie assez remarquable. Albi lui fait le pied de nez particulier des Altdorfois bizarres, signes auxquels cet homme au chapeau ne répond pas.

Dans la cuisine du bateau, le groupe tient conseil. Sigfrieda n'y participe pas, Renata et Elvyra écoutent avec attention : après tout, si les aventuriers sont arrêtés pour meurtre, cela pourrait avoir des répercussions sur elles également.

Et puis, l'idée géniale : "Bon, ben il n'y a qu'une chose à faire : allez éclaircir ce malentendu au poste de garde !" L'idée ne séduit pas immédiatement mais Gerolf sait se faire convainquant. Renata suggère qu'il serait peut-être bon de faire un effort de présentation, paraitre sous un jour avantageux peut aider dans ces circonstances... Gerolf abonde dans son sens et disparait dans sa chambre. Sigfrieda y est toujours, cela ne l'embarrasse pas outre mesure ; il pourra ainsi lui demander son avis sur ses choix vestimentaires, et ce sera rapide, il promet qu'il n'en a que pour deux heures ! 

Pendant que le groupe se prépare puis attend que Gerolf finisse de s'apprêter, on les appelle depuis la berge. Un groupe d'individus aux allures d'ouvriers attend. Plusieurs exhibent des tatouages de poissons sur les avants-bras, et ils observent le bateau avec des sourires patelins, l'air de préparer des répliques du genre "beau bateau que vous avez là, ce serait dommage qu'il prenne feu...". Ils se se présentent comme la Ligue Populaire de Soutient aux Travailleurs et réclament la taxe d'amarrage… Oui, bien entendu ils l'ont payé hier, mais ça c'était celle pour la noblesse, eux viennent réclamer la seconde, pour le peuple. Albi ne se laisse pas impressionner et leur répond avec hargne qu'ils sont en train de marcher sur les plates-bandes de Gros Tony du Moot et qu'ils vont s'attirer d'énormes ennuis ! Les extorqueurs battent en retraite, incertains de ce qu'il convient de faire. Il est probable que lorsqu'ils auront décider que faire, ils reviendront en force et avec encore plus de détermination. 

Par précaution, ils cherchent la protection de la garde du port, qui estime qu'ils ont été bien inconscients de ne pas payer ce qu'on leur demandait ! La garde n'est pas non plus très enthousiasmée par leur demande de monter la garde sur leur bateau qui implique un risque de devoir affronter le groupe de gros Poissons. Mais un dédommagement substantiel les fait changer d'avis et cinq gardes veilleront sur le bateau jusqu'à leur retour. 

Lorsqu'ils arrivent au poste de garde du quartier aristocratique - plus huppé que là où ils sont amarrés et donc où ils seront mieux reçus, pensent-ils - le soldat qui les accueille les reconnait rapidement et les invite immédiatement à rentrer et à se diriger tout droit, vers le couloir et d'avoir l'amabilité de bien vouloir attendre dans la pièce qu'il leur ouvre que le capitaine de la garde soit disponible. 

Après un moment d'attente, les aventuriers finissent par s'interroger ; quand arrive le capitaine ? Ils sont désappointés d'apprendre que le capitaine dort chez lui et qu'ils doivent maintenant attendre en cellule jusqu'au lendemain le retour du capitaine. Et il n'y a qu'une couchette et un pot de chambre ! 

En prison à Altdorf
En prison

Le lendemain, le capitaine arrive en compagnie d'un homme tout de noir vêtu, aux longs cheveux blancs, au visage en lame de couteau, qui les salue avec politesse et les invites, un par un, à bien vouloir le suivre pour une discussion sur les raisons de leurs présence dans les geôles de la garde. Il les interroge bien entendu sur leurs activités le fameux soir du meurtre d'un gentilhomme mais s'attarde ensuite bien d'avantage sur les évènements de Bōgenhafen, relevant les contradictions entre les témoignages des uns et des autres, réinterrogeant ensuite les aventuriers déjà entendu pour pointer les divergences entre leurs récits et celui de leurs compagnons. Lorsqu'il est interrogé, Albi commence par feindre l'innocence la plus pure, jouant de son physique potelé qui lui donne un air enfantin et de son talent pour faire trembler sa lippe comme s'il allait fondre en larmes... Cela ne prends guère, l'interrogateur soupire qu'il connait les halfelins et ne se laisse pas prendre au jeu, et Albi a une illumination : cet homme est un confrère ! (...officiel, reconnu et ayant du succès, certes. Question de temps) et il laisse tomber le masque pour parler de tout ce qu'il a traversé à Bögenhafen, leur enquête, Teugen, Etelka Herzen... Ce nom fait tressaillir l'enquêteur, il le connait. Après encore quelques heures d'interrogatoire (qui ont fait grandir une légère aversion pour Sariel qui s'est révélée peu disposée à coopérer voir dissimulatrice - mais les elfes ont la mémoire qui va et vient, c'est connu!) l'enquêteur revient pour annoncer qu'ils sont libres. L'assassinat du jeune nobliaux était déjà résolu et le coupable arrêté, ils sont lavés de tout soupçons à ce sujet. Et si d'aventure ils passaient à Grissenwald et que leur route croisaient celle de Etelka Herzen, qu'ils se montrent prudent ! ...Et qu'ils lui fassent parvenir tout ce qu'ils ont appris sur cette dame.

Mystérieux enquêteur

Cependant il n'a jamais décliné son identité, même lorsqu'elle lui fut demandée. Il s'est contenté de sourire en répondant qu'on le connaissait bien, ici, et qu'ils n'avaient qu'à demander l'Enquêteur. 

A la sortie du poste de garde, on remet leurs armes et autres possessions aux aventuriers et chacun constate qu'il lui manque désormais quelques couronnes : pour les frais de bouches, d'hébergement et l'administratif ! Sur le chemin des docks, Sariel surprend une conversation entre deux badeaux à propos d'une vente aux enchères de pendules et horloges. Elle sait qu'il s'agit d'une marotte de son mentor humain qu'elle souhaite revoir et pense y faire un tour afin de trouver une curiosité qui pourrait l'intéresser. Et Vox décide de la suivre car la belle ingéniérie, ça le fascine et il est curieux de voir ce que les humains seraient capables de produire en ce domaine. Elle et Vox s'y rendent directement, Albi, Wilfried et Gerolf rentrent au bateau, Gerolf comptant prélever une partie du trésor du Meudefleuh pour pouvoir renchérir à la vente.

La garde des docks a bien tenu parole et cinq soldats se grattent le nez quand Gerolf, Albi et Reubke arrivent. Immédiatement, ils tendent la main pour recevoir leur dû et s'esquiver. Comme le bateau n'a effectivement pas brûlé, Gerolf les paye. Une fois parti, Renata sort de la cuisine où elle s'était retranchée. 

- Ils sont enfin parti ? Quelle bande de pique-assiette ! ...De rapaces !" 

- Comment cela de rapace ?"

- Ils exigés d'être payé d'avance sinon ils restaient pas sur le bateau"

- Vous les avez payé ?"

- Ben oui, qu'est-ce que je pouvais faire d'autre ? ...Vous aussi ?"

Gerolf évalue la quantité d'or qui pourrait être nécéssaire pour remporter une enchère. Il n'a aucune idée de la valeur des montres qui seront proposée ni de la fantaisie des éventuels acheteurs, alors, dans le doute, il prend tout l'or du Meudefleuh avec lui. Toujours vêtu de ses habits (très) élégants achetés à Bögenhafen et portant devant lui une petite cassette, il attire rapidement l'attention. Trois dépouilleurs le suivent d'assez prêts, une personne avec une toque fantaisie suit à une plus grande distance. Chic, une bagarre !

Gerolf se met soudain à courir, zigzagant dans la foule pour tenter de semer ou décourager ses suiveurs (on ne sait jamais, des fois qu'ils aient de l'asthme), mais ceux-ci se mettent en chasse également. Si l'effet de surprise a donné à Gerolf un peu d'avance, elle est rapidement comblée. Les arsineurs le rattrape en dépit du conseil extradiégétique (la voix off) d'Albi : Cours ! Cours comme un halfelin dont la mère a fait des gaufres !" Donc Gerolf change de tactique et se dirige vers une contre-allée moins fréquentée ou il fait soudain face. Lorsque les quémandeurs insistants se rapprochent, Gerolf n'attend pas qu'ils agissent et balance d'un bloc la cassette dans le visage du premier. PAR CHANCE, il ne lâche pas la cassette et celle-ci reste bien fermée. Ensuite il se carre la cassette sur la hanche tout en tirant son épée tandis que le premier des tire-goussets, plié en deux, tient ses mains plaquées sur le bas de son visage en pestant de façon inintelligible. Les deux autres sont armés de surins classique. Des armes rapides, longues et vicieuses mais avec une allonge bien moindre que la rapière de Messire. Une esquive, une parade, une attaque et il porte une botte touchant au coude l'un des deux agresseur, la lame pénètre dans l'articulation, tranche tendons et artères puis fend les chairs en se retirant et l'homme s'écroule, le bras inutilisable, crispant sa main sur la plaie pour tenter d'arrêter le flot de sang et Gerolf met à profit la crainte qu'il inspire désormais pour se retirer et reprendre sa route vers la halle aux enchères...

Vox et Sariel ont eu un peu de difficulté à se faire admettre à la vente étant donné qu'ils ont l'apparence que l'on a lorsqu'on sort d'une nuit en cellule et que la vente est supposée accueillir des personnes de la bonne société, mais ils ont franchis les domestiques et circulent maintenant dans une salle d'exposition d'horloges tiquetantes avec une petite douzaine d'autres personnes qui, comme eux, se penchent sur les rouages et observent les marqueteries d'un air connaisseur ou intéressé. Vox en tout cas est intéressé, connaisseur mais pas impressionné outre mesure. 

- Sariel ?"

Hieronymys Blitzen, les cheveux éternellement en bataille, se tient derrière l'elfe, avec un sourire étonné. Le jeune homme qui l'accompagne semble un peu moins heureux de la rencontre et toise Sariel d'un air boudeur. Le sorcier de Delbrez est de passage à Altdorf et évidemment n'a pas manqué la vente aux enchères d'horloges. Évidemment, il demande à Sariel un compte-rendu de ses activités depuis la dernière fois qu'ils se sont vus, tout en continuant de déambuler entre les présentoirs. Lorsque Sariel évoque le culte de Bögenhafen invoquant des démons, Blitzen se désintéresse complètement des montres et entraine Sariel dans un coin un peu plus isolé de la pièce pour discuter sans être dérangé. Le jeune homme - un apprenti humain de Blitzen - suit en trainant les pieds. Hieronymus écoute Sariel avec beaucoup d'attention et la met en garde contre Etelka Herzen : cette femme est dangereuse, elle pratique la magie et sans doute une magie sombre, que Sariel se méfie d'elle ! Il transmet à Sariel une bague, qui protégerait contre les morts sans repos, et deux manuscrits. Si elle restait un peu plus longtemps il aurait pu l'entrainer d'avantage mais vu les circonstances, c'est tout ce qu'il peut faire pour elle ! 

Vox laisse l'elfe et le magicien discuter entre eux et prend des notes des engrenages. Il est rapidement abordé par deux naingénieurs qui, comme lui, observent d'un air un peu suffisant les réalisations humaines et se présentent rapidement comme engagé au Services des Tours de Signalisation, un système révolutionnaire de transmission de messages par les airs qui reliera bientôt les différentes villes de l'Empire ! 

Sur ces entrefaites, Gerolf arrive, cassette d'or sous le bras

...À Suivre !

Dans le prochain épisode : 

  • Le dilemne de Sariel : rester auprès de son maitre pour suivre sa formation en magie ou reprendre le fleuve de suite ? 
  • Le dilemne de tous le monde : reprendre directement le voyage pour aller chercher les pauvres petits chevaux à Grissenwald ou bien prendre un peu de temps pour se préparer au voyage (synonyme de : dépenser des thunes et des XP)
  • Une encombrante passagère : que faire de Siegfrida la Dueliste malchanceuse qui se prélasse dans la cabine de Gerolf ? 

 

lundi 20 mars 2023

Du 13 au 15 Pflugzeit 2512 - Départ de Weissbruck et remontée du canal

Konistag, c'est le jour du départ ! 

Achat d'un stock de bois de construction car la rumeur annonce qu'on fait des travaux dans une auberge du canal. 

Adieu à Josef, Wolmar et son épouse car le Berebelli continue sur la Bögen vers Carroburg. 

Achat de cirés chauds et Elvyra passe chez elle faire ses paquets et emporter tout ce qui est encore sauvable. 

La barge s'engage dans le canal de Weissbruck qu'elle descend lentement vers Altdorf, devant faire des pauses fréquentes dans les bassins prévus pour que les bateaux les plus larges puissent se croiser, en attendant le passage des bateaux en sens inverse. Comme l'attente aux écluses, c'est l'occasion de discuter et d'échanger des nouvelles : 

  • Ya quand même beaucoup d'attaques d'hommes-bêtes et de mu... de ces trucs qui soi-disant existent pas !
  • L'Empereur est en quarantaine, personne ne sait ce qu'il a attrapé mais ça doit pas être glorieux parce que sinon, on en parlerait!
  • Il parait qu'il y a eu une "situation" à la dernière Schafenfest de Bogenhafen. Les Halfelins auraient empêché un culte démoniaque de détruire la ville, le conseil municipal tombe, le roi épouse le perroquet et les halfelins prennent le pouvoir !
  • Il va y avoir une bulle spéculative sur les charrois.
  • dans le Nord du Middenland, des fanatiques Ulricains harcèlent les fidèles de Sigmar. Ca irait même jusqu'au pogroms. C'est ce que disent les réfugiés en tout cas.
  • Il faudrait plus de patrouilleurs ruraux et fluviaux pour lutter contre les hommes-bêtes et les mut... pirates, mais que fait l'Empereur ? Et les patrouilleurs c'est de la graine de brigands

Il ne se passe rien de bien remarquable pendant le trajet… Sinon que le Meudefleuh doit attendre à une écluse / pont tournant le passage d'une cohorte de pauvres diables - hommes, femmes, enfants et quelques animaux - l'air épuisé et hagard. Quelques uns tirent des charrettes à bras, d'autres portent des sacs et des paniers où ils ont entassés leurs possessions, mais la plus part ont l'air bien démunis. L'éclusier explique aux bateliers qu'il s'agit de Middenlanders sigmarites qui ont fuit leurs terres, harcelés par des fidèles de Ulric, et qui sont venu chercher refuge aux Reikland. Visiblement, la qualité de l'accueil laisse un peu à désirer. Les paysans déplacés semblent épuisés et malheureux, et ils sont encadrés de soldats à cheval qui les guident. La cote d'arme des soldats est blanche, jaune et noir 

...Mmmh, ce sont les couleurs des abeilles ! Une baronnie d'apiculteur, me semble-t-il." affirme Gerold d'un air connaisseur en se remémorant les leçons de héraldique reçues au manoir familiale

Perdu - Reikland

A l'auberge mentionnée, les aubergistes accueillent avec un peu d'impuissance la livraison de bois. C'est pas pour eux, c'est pour les nains : douze nains ont en effet pris possession des lieux et ont transformé le bâtiment en chantier. Venu des Montagnes Grises, ils suivaient une quête mais ils se sont enivrés dans cette auberge, se sont laissé prendre dans une bagarre et ont saccagé l'endroit. Alors, en expiation, ils réparent les lieux afin de réparer leurs torts. Vox Pholk leur prête main forte et s'attire leur reconnaissance. Tous lui serrent cérémonieusement la main et tous lui répètent, l'un après l'autre, en le regardant dans le blanc des yeux: "Ce fut un PLAISIR de travailler avec vous" - et si d'aventure Vox passait à Karak Azkarak, qu'il vienne donc, ils seront enchantés de le revoir.

Avant qu'ils ne repartent de l'auberge, les aventuriers sont accrochés par l'aubergiste et sa femme. Ils ont compris qu'il y avait des médecins dans le groupe... Ah un chirurgien peut-être ? Un apothicaire ? Bon. ...Et ils aimeraient lui faire examiner une cliente de l'auberge. ...Et s'ils avaient l'amabilité de bien vouloir la prendre comme passagère pour la ramener chez sa famille, à Altdorf par exemple ? Contre quelques pièces évidemment ! Très aimable de votre part ! La cliente en question s'appelle Sigfrieda Junker, une jeune héritière noble de Nuln amatrice de duel qui en fait des caisses sur le grandiose duel qu'elle mena à l'aube, sur le quai de l'auberge - et qu'elle a perdu de toute évidence - pour une question d'HONNEUR ! Les grands gestes pleins d'emphase qu'elle fait pour appuyer ses démonstrations ne font rien pour aider sa guérison ou faciliter la tâche à Reubke qui doit fréquemment refaire ses bandages. Par contre, elle fascine Gerolf qui accepte illico de la convoyer jusque Altdorf - et, grand seigneur, lui cède sa cabine* - tout en venant régulièrement à son chevet s'abreuver d'histoires de duel et de conseils sur l'art et la manière de prendre la pose, arme au poing.

 

Pont basculant à vapeur, de la belle ouvrage naine, ça !

Le 15 Pflugzeit, en fin de journée, le groupe parvient à la fin du canal de Weissbruck et s'engage sur le Reik.

Ils sont abordés par un navire de patrouilleurs fluviaux pour une inspection de routine. Gerolf, en capitaine sur de lui, leur fait l'inventaire des marchandises transportées par le vaisseau et explique qui sont leurs passager. Il ne remarque pas qu'un des gardes l'observe avec une attention soutenue, mais Sariel et Albi le remarque et le font savoir à Wilfried et Vox. Tous observent avec attention le garde, qui se fait fuyant comme une anguille. Albi, par curiosité, lui adresse les curieuses grimaces des huluberlus de Altdorf. Le garde n'y répond pas mais il n'est pas impossible qu'il ait tressailli. 

Enfin, la patrouille les laisse, et le bateau entre dans Altdorf...


* Cabine successivement cédée à Sariel, puis à Sariel et Renata, puis à Elvyra et Lisa et maintenant à Sigfrieda. A chaque nouvelle proposition, la précédente bénéficiaire de la cabine foudroie du regard la nouvelle chanceuse, en se demandant si elle doit lui faire une place, dégager les lieux ou s'il s'agit d'une autre cabine qui est cédée. Cela devient dur à jouer puisque j'interprête désormais quatre des cinq femmes (et fillette) à qui Gerolf a successivement cédé libéralement ses quartiers

samedi 18 mars 2023

Bezahltag 12 Pflugzeit 2512 - Escale à Weissbruck

Escale à Weissbruck avant d'emprunter le canal de Weissbruck (qui mène à Altdorf)

Bateaux voquant sur une rivière sous un soleil pale qui pointe entre les nuages. Un moulin à vent et d'autres batiments se devinent sur la berge
Vue d'artiste

Première chose à faire : trouver le poste de Patrouille Fluviale et annoncer l'attaque d'une famille de bateliers, la découverte de leur bateau abandonné et la prise de celui-ci. Alors que les aventuriers s'attendent vaguement à être félicités pour leur bravoure ou admirés pour leur courage voire un peu craint pour leur férocité, le Patrouilleur les regarde sans ciller, nullement impressionné, en suçotant sa moustache blanche :

- Vous z'êtes donc pas au courant ? Ca existe plus, les Mutants, par décret de l'empereur. Et ça pourrait vous attirer un joli paquet d'ennui de vous vanter d'avoir tuer des Mutants-qui-n'existent-pas, comprennez ?"

Et pour appuyer sa déclaration, qui stupéfie les aventuriers, il désigne une affiche tout ce qu'il y a de plus officiel. Et rit doucement devant l'air absolument scandalisé des aventuriers. S'il ne renchéri pas sur les suppositions iconoclastes sur la santé mentale de ceux qui ont signé cet édit, il ne semble pas non plus se formaliser de ces propos outrageant la dignité impériale

- …Entendons-nous bien : les mutants ça existe p'tet plus. Soi-disant. Parait-il. 'Fin, bon. Voila. …Ca existe p'tête plus, mais j'ai rien entendu dire à propos des bandits de grands chemin ni des pirates par contre. Donc vous disiez : vous avez découvert le bateau qu'est là dans le port attaqué par des pirates, c'est ça ?"

C'est ainsi que Gerold et Wilfried règlent les questions administratives et deviennent capitaines du bateau (l'un sur papier, l'autre à la barre).

Gerolf décide de vendre une caisse de vin pour se faire des liquidités afin de payer leurs achats à Weissbruck (des vivres non-périssables achetés par Albi, des matériel de constructions pour à la forge portative dont Vox dessine les plans et qu'il projette de placer à la proue du bateau) et il demande de livrer ceux-ci aux Meudefleuh.

Quand ils sont interrogés par les curieux de Weissbruck sur les affaires de Bögenhafen, les aventuriers se font un plaisir de raconter ce qu'ils savent, dont ils se souviennent ou ce qu'ils ont compris :

  • Un Halfelin courageux a sauvé à lui tout seul Bögenhafen des puissances de la ruine. Les Halfelins sauveront l'Empire. Les guides marchandes de Bögenhafen ? Couic ! .(via Albi) …ce qui a amené l'auditoire weissbruggois à conclure (après je ne sais plus quelles déformations) en : Les Halfelins font une OPA sur Bögenhafen, remplacent les anciennes familles marchandes destituées, dans cinq ans, Böggenhafen est une cité franche mootlandaise. 
  • Ecoutez, c'est très compliqué, mais si je peux vous donner un conseil, investissez dans le charron. Dans le charron, tout est bon ! Le transport routier, c'est l'avenir. (via Gerolf)Dans une auberge, deux bateleurs cauteleux proposent à Gerolf de lui faire des tours de cartes et s'esquivent sans demander leur reste juste après lui avoir serré la main. Gerolf est un peu surpris de leur départ soudain et mets quelques minutes à réaliser que sa paume est recouverte d'une encre violette.

Deux fois, Wilfried va toquer à la maison qu'on lui désigne comme celle de l'apothicaire, mais elle ne répond pas et personne ne sait dire si elle est là ou non. Ses voisins ne sont pas très curieux ou pas très bavard.

A sa seconde tentative, en soirée, Wilfried s'étonne un peu et fait le tour de la maison. Il découvre ainsi un volet d'une fenêtre latérale battant et le carreau de la fenêtre cassé. L'intérieur semble avoir été saccagé. Il retourne prévenir ses compagnons qui viennent voir également. Albi se glisse à l'intérieur, en faisant attention à ne pas se blesser les pieds sur le verre brisé tandis que ses compagnons hésitent, peu désireux d'être confondus avec des cambrioleurs. Albi ramasse un morceau de papier chiffonné avec une écriture hachée. Il ne sait pas lire mais quelque chose dans l'allure du papier lui fait penser que ce n'est pas une liste de course ou une recette de médicament. Et puis il se dissimule dans l'ombre d'un meuble de cuisine car il entend un craquement de bois. Il voit une étagère pivoter doucement et une petite silhouette, à peu prêt sa taille, se glisse par la porte dissimulée derrière l'étagère et s'avance avec précaution... Albi bondi sur la créature, la plaque au sol et lui fait tater de la pointe de sa dague en lui intimant l'ordre de rester silencieux où bien… Par précaution, il la bâillonne de la main et récolte en échange une belle morsure, puis l'intrus glapit et fond en larme.

- ...C'est un enfant ?"

Un enfant humain, effectivement, faisant à peu près la taille d'un Halfelin adulte, qui était resté dissimulée dans la cave et que les bruits dans la maison avait attiré dehors. La fillette, en robe-chemise et pied nu, pleure maintenant à chaude larme de terreur rétrospective. Wilfried se précipite en entendant les pleurs et, de crainte que les voisins ne soient attirés par les pleurs et qu'on ne vienne leur demander des comptes, ils font passer la fillette par la fenêtre brisée et l'emporte à quelques rues de là où ils tentent de la rassurer, puis au bateau pour la mettre à l'abris, au chaud et la nourrir.

Un adversaire à la taille d'Albi

Wilfried réussi le mieux à rassurer l'enfant, et même à la faire rire en faisant des grimaces et en plaisantant sur la taille de ses oreilles, et elle confie en reniflant ses larmes, ce dont elle a été témoin :

- Des vilains monzieux sont venus chez Tatie Vivie, Ils ont criés beaucoup, ils voulait quelque chose et Tatie Vivie a crié dessus aussi. C'était y a deux zours. Et après Tatie Vivie m'a dit que ze devait zamais m'approsser du Zoyeudrïe alors z'ai dit oui d'accord z'approche pas du zoyeuxdrïe. ...Je sais pas ce que c'est un zoyeuxdrïe, ma Tatie elle dit que c'est pas un endroit pour les zeunes filles alors voila..." Relancée sur la disparition de sa tatie, elle reprend "Et puis... Et puis... hier les monsieurs méssants ils sont revenus et ils se sont battu avec ma Tatie, z'ai tout entendu ! Mais moi ils m'ont pas trouvé parce que z'était à la cave... Oui, ma tatie elle m'avait punie à la cave parce que z'ai zoué avec ses poudres mais z'ai pas le droit parce que c'est pas des zouets... et c'est danzereux, ma tatie elle dit... Mais moi ze comprends pas pourquoi elle elle peut y toucher mais moi c'est danzereux, c'est pas logique, si ? ...Oui, alors ze suis restée cassée dans la cave parce que j'avais trop peur et zusque auzourd'hui j'ai pas ozé sortir, voila..."

La hargne de Albi s'envole quand il comprend que l'enfant est cachée dans la cave depuis deux jours sans avoir fait un repas décent et il entreprend de lui cuisiner rapidement un petit quelque chose de reconstituant puis elle est laissée aux soins de Renata Hauser tandis que les aventuriers vont prévenir les autorités d'abord et ensuite leur prêter un coup de main dans leurs recherches.

Wilfried passe au poste de patrouille avertir que l'apothicaire a été enlevée. Quand il arrive, il surprend trois gardes, dont l'un maintient une compresse sur son visage, tavelés de meurtrissures. L'histoire d'enlèvement est accueillie avec réserve :

- Ah, oui, l'APOTHICAIRE je vois... Ecoutez, j'ai vraiment pas le temps pour ça maintenant, ni les hommes. Vous voyez mon gars ? C'est jour de paye des mineurs, ils descendent en ville pour se distraire et ça fini toujours en bagarre. Alors vos histoires d'enlèvement Je la connais, votre Elvyra. Pas très recommandable et les ennuis qu'elle mérite. Je suis sûr qu'elle va bien, elle va revenir dans quelques jours en prétendant qu'il ne s'est rien passé. Sinon, revenez me voir à ce moment."

Bon, très bien, on a pas cinq jours et on a une gosse sur les bras. Les aventuriers décident de partir chercher eux-mêmes Elvyra. Deux pistes : La Grange Rouge mentionnée sur le papier ramassé par Albi où Elvyra devait se rendre et le Zoyeudrïe dont il ne faut pas s'approcher, sans doute parce que les méssants s'y trouvent.

…Le Joyeux Drille est une taverne dont la clientèle est constituées de dockers, de travailleurs, de vagabonds et généralement de personnes assez désargentées. Celles qui ont les moyens préfèrent aller ailleurs, où on ne sert pas de vinaigre en guise de vin et je ne parle même pas de ce qui fait office de bière ! En route, Sariel doit empêcher Messire Gerolf de suivre un groupe de mineurs déjà éméchés et en goguette qui a commencé par lui chercher noise avant de l'intrôniser "le rupin le meilleur amis du travailleur" après qu'il ait proposer de payer une tournée à tous le monde et distribuer généreusement de la monnaie.

Il faut graisser des pattes aux serveurs du Joyeux Drille pour leur raviver la mémoire : "oui, en effet, il y a bien un groupe de plusieurs personnes qui ont pris une chambre il y a cinq jours. Ils attendaient le bateau d'un ami qui devait arriver... Ah, ma mémoire me joue des tours, c'était quand encore ? ...Ca me revient, c'était demain que le bateau allait arriver ! Mais ils sont plus ici. Hier ils ont ramassés toutes leurs affaire et dit qu'ils partaient déjà. ...Ils ont dit qu'ils allaient passer la nuit... Ah ma mémoire me joue des tours ! ...Ah oui, à la Grange Rouge ! ...Si je connais une grange rouge dans les environs ? Vous savez, à partir d'ici, c'est quasiment la campagne, des granges yen a partout, reste à savoir si elles sont rouges... Voyons voir, ma mémoire... Ah ben vous devriez p'tet voir de l'autre coté du canal, ya la grande grange de l'ancien Brauer qui est p'tet bien peine en rouge ?"

Avec les indications du serveur et celle de l'éclusier du canal, la grange rouge est rapidement retrouvée. Les aventuriers ouvrent précautionneusement une porte et tombent face à face avec un homme très surpris qui s'adresse à eux avec un accent paysans digne d'une comédie de bateau-théâtre : "Allons vindiou, mais kassvousfaite donc dans ma grange, Morbleu, j'm'en vais allez vous botter l'train si vous dégagions pas de suite de chez moé, sacristi !" etc. Puis il fait un bon derrière la charrette dans laquelle il ronflait pour hurler - en ayant perdu son accent cette fois - "DEBOUT, ON NOUS ATTAQUE !". Trois autres larrons et larronnes apparaissent, dans la mezzanine qui servait à stocker le foin, et l'un tient une arbalète. Les aventuriers sautent à l'abris, le faux paysan court se mettre à l'abris dans une stalle vide, Gerolf sort sa rapière, Albi se saisi de son lasso, Vox se saisi de son tromblon, Sariel prend sa respiration pour incanter, Wilfried… Je crois que Wilfried se planque, et oui c'est une séquence de combat qui débute !

…Celui-ci s'achève à l'extérieur de la grange, dans un tas de paille pourrie où les larrons de la mezzanine ont jetés Elvyra Kleinestun ligotée à une chaise avant de bondir à leur tour, suivi par Gerolf von Kerkher qui voulait réitéré l'exploit de l'entrepôt de Bögenhafen mais hélas cette fois n'a pas atterri sur le larron mais dans la paille (ai-je mentionné qu'elle était pourrie ?), rejoint dehors par Sariel et Albi puis enfin par Reubke et Vox. Gerolf met du temps à se redresser et de dégager de la paille, Sariel se débat avec les conséquences d'une incantation ratée, Albi tente d'attraper au lasso un des malandrin mais à la place capture Sariel qui proteste énergiquement mais de façon totalement incompréhensible et inintelligible, Wilfried attrape la chaise à laquelle est ligotée Elvyra, l'arrache des mains du larron et la fait pivoter sur un pied pour s'interposer entre le kidnappeur et sa prisonnière dans un mouvement qui tient plus de la danse acrobatique que de la bonne vieille bagarre AOC, et les deux autres malandrins décident qu'il vaut mieux battre en retraite, rejoints dans leur fuite par le troisième, quand Vox apparait à son tour en braquant son tromblon, prêt à faire feu, sur les malandrins.

A la fin de l'affaire, il leur reste un prisonnier sous la main (le faux paysan qui avait fini saucissonné par un lancer de lasso d'Albi et ligoté avec ses propres lacets avant qu'ils ne sortent s'occuper de ceux qui détenaient Elvyra). Albi entreprend de l'interroger. Albi a eu une illumination à Bögenhafen et Albi a décidé de prendre une nouvelle orientation professionnelle, et il a maintenant l'occasion de faire ses premiers pas dans ses nouvelles bottes - c'est une métaphore, les Halfelins ne portent pas de bottes.

- Pitié, on sait rien ! On a juste été engagé pour faire un job, notre patron voulais qu'on lui ramène l'apothicaire de Weissbruck, parce qu'elle lui doit quelque chose, ou il lui doit quelque chose, je sais pas, on faisait juste le job qu'on nous avait demandé, c'est tout ! On devait la ramener à Altdorf, au Poney Fringant, dans trois nuit ! Le commanditaire ? ...C'est un homme ! Heu… grand, enfin à peu prêt comme vous, quoi - il parle toujours au Halfelin - avec une barbe… Et des cheveux... Fourchu ! La barbe, pas les cheveux ! Enfin, je crois…"

Elvyra est libérée et enchantée de reconnaitre Wilfried à qui elle colle deux énorme baisers sur les joues, en lui tenant le visage à deux mains. Elle est moins locace quand il s'agit d'expliquer pourquoi elle a été enlevée. "Fuyante" est l'adjectif qui convient, et elle détourne rapidement la conversation vers un autre sujet

"Je suis tellement CONTENTE de vous voir ! Je pouvais pas laisser Lisa plus longtemps, mais si j'avais pu, je serais resté pour savoir la fin… Oh oui, quelques petits ennuis ici, HEUREUSEMENT que vous êtes arrivé à temps, vraiment! Non, mais ne vous inquiétez pas, rien de grave, juste *hum* une vieille histoire. Je pense juste que je vais devoir déménager à nouveau, c'est pas un drame, juste un petit contretemps… Maintenant pardonnez-moi mais je dois aller retrouver ma nièce… ELLE EST AVEC VOUS, C'EST MERVEILLEUX !!!"

Le malfaiteur est ramené au poste de garde de Weissbruck, la soirée se termine sur le Meudefleuh où les aventuriers proposent à Elvyra de les accompagner, au moins jusqu'à ce qu'elle trouve un autre endroit où s'installer, vu qu'elle compte quitter Weissbruck. Elle pourra continuer à vendre ses potions depuis le bateau, Lisa sera gardée par tous le monde et puis elle pourra apprendre deux trois choses à Reubke. Et peut-être à d'autres aussi ?

Gerolf, grand seigneur, propose de céder sa cabine à Elvyra et la petite Lisa.

samedi 11 mars 2023

Marktag 10 Pflugzeit 2512 - départ de Bögenhafen - encore une péniche attaquée !

En descendant la Bögen en direction de Weissbruck

Les aventuriers ont été retenu une petite semaine à Bögenhafen pour "éclaircir la situation" : accusés de meurtre et de pas moins de deux incendies, ils sont également les héros du jour au cœur d'un énorme scandale local car ils dévoilé l'existence d'une secte de cultistes dont les adeptes se recrutaient dans le gratin de la ville !

Mais finalement on les a laissé repartir, ce qu'ils ont fait sans attendre d'avantage l'issue d'un procès qui risque d'entrainer de gros changements dans l'organisation des pouvoirs de la cité marchande.
Josef est revenu après sa livraison d'oies et a proposé aux aventuriers de les emmener jusqu'Altdorf. Il fera un arrêt à Wessbruck où il est possible que le groupe recroise Elvyra Kleinestun, la sympathique (et quelque peu roublarde) apothicaire croisée à la foire de Bögenhafen, qui avait fait d'intéressantes promesses de formation médicale à Wilfried Reubke.

Étant donné les rumeurs persistantes d'attaques d'hommes-bêtes sortant des forêts, le fleuve paraissait plus sûr... Jusqu'à ce qu'un pêcheur ne mette en garde de la présence de mutants hantant également les eaux de la rivière ! Toujours aussi peu formés aux manœuvres batelières, le premier jour de voyage a été riche en péripéties mais Bogenhauer est clément, personne n'a été blessé et le bateau n'a pas été abimé.
Au second jour de navigation, tandis que la brume se levait sur le fleuve, une forme sombre pile droit devant la barge a entrainé un freinage d'urgence lorsqu'enfin les aventuriers ont compris qu'il s'agissait d'une souche à laquelle s'accrochait la malheureuse victime de pas moins de trois traits d'arbalète plantés dans le dos et que la proue du bateau n'apprécierait pas trop de heurter de plein fouet les racines tordues de l'arbre !

Échaudés par cette triste rencontre, les aventuriers se sont préparés au pire et ont abordé avec beaucoup de prudence la barge échouée en travers du fleuve découverte un peu plus loin en aval. Bien leur en a pris car une créature ailée leur a foncé dessus depuis les hautes branches d'un saule pour être cueillie en plein vol par une rafale de tromblon de Vox Pholk tandis que les trois créatures surgissant des entrailles de l'épave echouée ne tenaient pas d'avantage la ligne devant la puissance de frappe incroyable de Messire Von Kerkher, plus habile de son épée qu'en mondanités ou travaux manuels !

Les trois créatures envoyées dans un monde meill... un Autre Monde, reste à savoir que faire de cette barge.

A l'exception de deux autres cadavres de mutants et trois d'humains, la barge est en bon état, pleines de ballots de laines, de quelques caisses de vin et d'une passagère prudemment planquée dans une caisse de la calle : Renata Hauser, colporteuse aux habits colorés et voyants. Le groupe décide donc de s'approprier le navire anonyme suivant le principe du droit d'épave et de sauvegarde.

Josef Quartijn est ravi de les voir changer de bord ; il ne supporte plus l'agressivité de Timmy qui a le coup de boule facile et l'aurait volontiers passé à la broche, mais Messire Gerolf le considère comme la mascotte de leur groupe et Albi ambitionne de l'apprivoiser pour en faire une monture à sa hauteur, donc c'est non pour le méchoui. Il donne des leçons de navigation durant une après-midi aux nouveaux bateliers et Renata reste à bord pour assister les aventuriers dans leurs manœuvres et profiter gratuitement du transport en échange. Après les premières leçons de manœuvres, les moniteurs du bateau-école sont légèrement crispés mais confiants.

Il y a deux cabines individuelles, l'une avec un grand lit et l'autre avec deux lits jumeaux. Dans la pièce commune une table, un four - réchaud - poêle et de grandes banquettes qui peuvent être rabattues le long de la coque pour faire de la place ou servir de couchage la nuit. Gerolf, grand seigneur, cède la cabine qu'il AURAIT PU occuper selon les prérogatives de son rang à Sariel et Renata afin que l'intimité de ces dames soit respectée.

Et au fait, comment l'appeler ce bateau ? Dans le livre de bord, il ne porte aucun nom. Sur la coque, la peinture écaillée laisse deviner quelques lettres séparées par beaucoup de lacunes : "...ME.D..FL....". Son nom sera "Le Meudefleuh", ça ne veut rien dire mais c'est original.

samedi 4 mars 2023

Le procès de Bögenhafen - interlude entre parties

Pour ses membres de bas rang, l'Ordo Septenarius est une association de  bienfaisance organisée par des membres des grandes familles marchandes et du conseil de la cité dans un but charitable, une occasion de faire le bien, de soigner leur réseau social et de participer à des team-buildings originaux en grande tenue fantaisie.

Pour ses membres de haut rang, l'Ordo Septenarius est une association secrète visant à établir la domination commerciale de la cité de Bögenhafen et de leurs famille sur le Reikland, au prix du sacrifice de quelques indésirables lors de cérémonies impies.

Pour son dirigeant, l'Ordo Septenarius était une façon de duper ses confrères marchants et de les pousser à participer volontairement à une cérémonie devant rompre le pacte qu'il avait passer avec une Puissance de la Ruine et libérer son âme au prix du sacrifice de celles des adeptes de haut rang.

Et enfin, pour la Puissance de la Ruine en question, le Seigneur du Changement, le véritable but de l'Ordo Septenarius était d'ouvrir un portail entre les dimensions au coeur de la ville de Bögenhafen au prix du sacrifice de tous ses habitants.

...Et les aventuriers sont intervenus juste à temps pour empêcher le bon déroulement de cette cérémonie!

Ils ont été arrêté par la garde et trainés en cellule pour la nuit pour le meurtre de Friedrich Magirius dont les accusait un domestique (introuvable depuis), le meurtre de Johannes Teugen devant de nombreux témoins (mais dont la majorités sont désormais accusés de pratiques hérétiques, de collusion avec le démon, de complot et de magie noire), coups et blessure ayant entrainé la mort d'un membre de la guilde des portefaix et dockers (mais on peut invoquer la légitime défense), pour incendie d'un atelier de cordonnier, l'incendie d'un entrepôt (accidentel, votre honneur), etc.

Mais d'un autre coté les victimes ou les accusateurs font tous partie de l'Ordo Septenarius qui se révèle ne pas être une simple organisation de bienfaisance légèrement irrégulière mais un véritable culte maléfique et les aventuriers disposent de suffisamment de preuves pour étayer leurs accusation : des lettres de Teugen à une certaine Herzen et de Herzen à Teugen où ils confessent sans détour être des adeptes d'un démonologue ou nécromant, les nombreux papiers que s'échangeaient les membres pour se donner rendez-vous, les restes du parchemin d'incantation, désormais à demi-brûlé et donc inutilisable mais qui ne ressemble définitivement pas à une innocente recette de bouillon de rutabaga du Moot !

...Et puis les membres de la guilde des dockers et les cultistes arrêtés sur place font des récits des évènements beaucoup moins cohérents que ceux des aventuriers et lorsqu'ils comprennent qu'ils sont dans de très vilains draps, ils commencent à s'accuser les uns les autres dans l'espoir d'une réduction de peine.

  • Jochen Hagen (guilde des marchands)
  • Frau Hildrun Dessauer-Hagen (ressemble à la matrone qui les suivait en souriant
  • Lothar Krantz (n'était pas présent à la 1ère réunion, remplaçant de Magirus ?)
  • Dr M. Artz (médecin )

...Et livrent les autres membres qui avaient réussi à fuir :
  • Adelbrand Stricker (tailleur)
  • Franz Steinhager (guilde marchand)
  • Ramona Knoerr (dame patronesse bien connue)

Malgré les lourdes accusations qui pèsent sur eux, les cultistes n'en sont pas moins des membres respectés de la ville de Bögenhafen quand les aventuriers ne sont que... Et bien des aventuriers ! De passage, sans attache, inconnus et qui ne manqueront à personne. Mais certaines personnalités de la ville vont témoigner en faveur des aventuriers, confirmer leurs version des faits ou témoigner de leur bonne moralité !

Greta Harboka : grande prêtresse de Véréna, elle ne fait pas partie du Conseil de la Ville mais ses avis sont toujours écoutés avec beaucoup d'attention... Et elle témoigne en faveur des aventuriers. Le Magistrat Richter a survécu à la maladie grâce aux soins administrés par Reubke et le diagnostic de ce dernier. Et il témoigne en faveur des aventuriers. Hieronymus Ruggbrauder, seul chef de famille marchande et conseiller qui ne faisait pas partie de l'Ordo, se porte garant de moralité des aventuriers, de façon un peu surprenante.

Les aventuriers restent donc sans trop de craintes en ville durant une petite semaine, comme les autorités - survivantes - de la ville le leur demande. Ils sont logés aux frais de la ville pendant ce temps, reçoivent finalement la récompense pour avoir retrouvé le gobelins à trois pattes ainsi qu'une seconde récompense de la part de Hieronimus Ruggbrauer. 

Ils en profites pour faire quelques emplètes, prendre un peu de repos, régler quelques dettes - et emporter ce somptueux costume taillé en prévision de la rencontre avec trois notaires qui n'existent pas - placer de l'argent en banque et chaque rencontre en ville est pour eux l'occasion d'être bombardés de questions sur leurs aventures mais également d'entendre moult suppositions, nouvelles et rumeurs. 

Gerolf von Kerkher est assis face à un homme en tenue de banquier (petite toque, pourpoint sombre) - livre de compte et pièces d'or étalées devant lui. Le banquier est plus intéressé par faire des suppositions sur les modifications que le scandale entrainera que par noter le dépôt de son client, et demande à celui-ci son opinion. Gerolf est assomé par le débit de parole de l'homme et répond un vague "heuuu"
Chez le banquier

mercredi 1 mars 2023

Backertag 3 Pflugzeit 2512 - Un pour tous et tous sur sa gueule !

La foire s’est achevée la veille et la ville se vide doucement de ses visiteurs annuels. Dès qu’il est levé, Messire Gerolf va chercher son mouton au Schaffenfest. Là aussi, les forains et les marchands replient leurs tentes et leurs étals et remballent la marchandise non vendue. Du terrain de foire, Gerolf remonte fièrement la Nulnweg et la Haffestrasse pour conduire le petit bélier au Bérébeli et le confier aux bons soins de Josef. Celui-ci, qui n’avait pas été prévenu, est légèrement contrarié. En chemin, Gerolf est interpelé par une bande de gros bras en habit de travailleurs manuels mais ne se laisse nullement désarçonner

Le reste des aventuriers se prépare en hâte et se demande où trouver de l’aide :

  • à Richter ? Il est tiré d’affaire désormais, mais il est toujours très vaseux et suggère de demander de l’aide au capitaine de la garde, sans réaliser que c’est au retour de sa visite à ce même capitaine qu’il est tombé gravement malade.
  • ...auprès des différents temples de la ville ? Il est bien trop tard pour nouer des relations avec le clergé local et Greta Harboka, aussi aimable qu’elle soit, n’a pas tout à fait la carrure d’un templier…
  • Chez Magirius ? Justement, celui-ci leur fait savoir par un domestique qu’il souhaite les voir immédiatement.

La demeure de Magirius est une belle maison s’élevant dans le quartier huppé de Addel Ring. Quand ils se présentent à la porte, un jeune domestique leur ouvre et, tout sourire, les conduit au bureau de Frederich Magirius où il les laisse devant la porte entrouverte. Curieusement (…non) le sourire enjoué du jeune garçon a brusquement crispé les aventuriers, qui ont hésité un moment entre le suivre dans la maison ou prendre leurs jambes à leur cou… Quand ils pénètrent dans le bureau de Magirius pour le découvrir effondré derrière sa table de travail, le visage baignant dans une marre de sang, la gorge tranchée et un poignard ensanglanté près de son visage, ils sont très sérieusement regretté de ne pas avoir suivi leur première impulsion. C’est à peine si Reubke prend le temps de relever le pouls – il n’y en a plus – avant que tous le monde ne batte en retraite vers la porte. Mais alors qu’il est agenouillé auprès du cadavre du marchand, il remarque que celui-ci sert dans une main quelques papiers froissés et que, de son autre main aux doigts trempés de sang, il a tracé des lettres : 

ENTRP 1* (*13? 17?) 

Alors qu’ils atteignent la porte du bureau, le jeune domestique surgit devant eux, toujours tout sourire :

- Vous auriez dû partir de la ville quand vous en aviez l’occasion !" dit-il d’une voix grave tout à fait inédite dans la gorge d’un garçon prépubère. Puis, d’une voix suraiguë qui correspond mieux à son apparence "A L’AIDE ! A L’ASSASSIN ! ON A TUÉ MON MAITRE !" et éclate d’un rire profond en se mettant à léviter et à se dématérialiser.

Portrait d'un Ecolier - Jan Van Scorel - 1531. Petit garçon blond aux yeux très sombre qui nous regarde, un léger sourire sur les lèvres.
Un inquiétant petit garçon

Personne ne reste pour admirer le phénomène et le groupe fuit à toute jambe. Une fois sorti de la propriété, ils ont l’idée de se séparer, se donner rendez-vous au bateau de Joseph et de partir chacun par une voie différente en espérant qu’un elfe, un nain, un hobbit et deux humains seuls attirent moins l’attention que leur groupe hétérodoxe.

Alors qu’ils courent, ils entendent des appels à l’aide venant du quartier artisan, et une fumée noire s’élève au-dessus des toits. Gerolf, qui se dépêche, a la surprise de croiser son bon Reubke, son apothicaire attitré, qui vient vers lui en courant ventre à terre, avec aux lèvres ce grand sourire narquois que les aventuriers ont désormais l’habitude de surprendre chez des gens de Bögenhafen. Derrière lui, une foule de gens en colère qui le suit… Et Gerolf leur cède le passage en désignant la direction prise par son domestique de la main. …Est-ce bien Wilfried ? Sans doute que non mais Gerolf va encore se poser la question quelques temps.

Bien qu’ils soient tous arrivés au port et au bateau de Joseph sains et saufs, ils ne sont pas tiré d’affaire pour autant. La milice fouille la ville et les bateaux à la recherche d’un groupe d’assassin et d’incendiaire et Joseph, cette fois, est bien prêt de les dénoncer à la garde. S’il n’obtient pas TOUT DE SUITE une EXCELLENTE explication, il n’y a plus d’amitié qui tienne, cela suffit ! Depuis qu’il les connait, il a été accusé de meurtre à Altdorf, il a été agressé à Weissbruck, il apprend qu’il doit maintenant conduire une apothicaire à Weissbruck, on lui livre un mouton et de nouveau, la garde veut fouiller son bateau à la recherche d’assassins ? Cela suffit !

Vox l’apaise et se décide à lui confier tout ce qu’ils ont vécu jusqu’à présent. Absolument tout. Et chacun de sortir les documents accumulés jusqu’à présent pour les faire examiner à Joseph, qui les croit. Quand la garde se présente à son bateau, il affirme avec conviction qu’il connait effectivement les personnes décrites mais ne les a plus revus depuis la veille et s’ils devaient se présenter, il ne manquera pas de prévenir les autorités…

Une longue journée d’attente s’ensuit.
La lecture des papiers trouvés chez Magirus est instructive : 

Etelka Herzen écrit des Crêtes Noires - Grissenwald / Nuln : 

Mon cher ami, 

Voici le parchemin dont vous avez besoin pour le rituel que vous avez mentionné dans votre dernière lettre. N'oubliez pas que le Temple pour une telle entreprise doit être correctement sanctifié avec du sang frais.

 Comme toujours, je suis remplie d'une admiration sincère devant les hauteurs , ou devrais-je plutôt dire les profondeurs, auxquelles votre savoir vous a permis d'accéder.

Il me semble que c'était hier encore que, dilettantes inexpérimentés que nous étions alors, nous implorions le Grand Maitre de nous accorder sa tutelle. Et maintenant… (blablabla) Peut-être un jour pourrais-je moi aussi suivre vos traces illustres ?- Etelka Herzen

La seconde lettre provient de la résidence Teugen et a été subtilisée visiblement après avoir été cachetée mais avant d'avoir été envoyée. 

Chère Etelka

J’ai bien reçu le parchemin et la lettre des mains de votre courrier. Je vous prie d’accepter les témoignages de ma plus sincère gratitude pour votre assistance.

Mes préparatifs sont maintenant presque achevés. J’ai persuadé les sept têtes des familles marchandes de premier ordre de la ville de prendre part au Rituel.

Ils sont de bien entendu complètement ignorants de sa véritable nature. Je les ai persuadés qu’il devait garantir le succès de nos entreprises commerciales.

Leur vénalité causera leur perte. 

Lorsque tout sera achevé, mon triomphe sera grandiose. Non seulement leurs âmes auront payé pour ma dette à Gideon mais j’aurai aussi vu la fortune de tous mes concurrents s’effondrer avec eux.

L’heure approche et je contiens à grand peine mon excitation. Je vous écrirais encore pour vous faire part du résultat du rituel

Johannes Teugen 

Le mal qui ronge Bögenhafen a des ramifications ailleurs ! Teugen a une complice, avec laquelle il a appris à à quoi ? (…invoquer des démons ? d'autres arts sombres?) et elle se trouve hors de la ville, du coté de Nuln !

Quant aux desseins de l'Ordo Septenarius, ils sont bien loin de l'œuvre de bienfaisance à laquelle croyait le défunt Magirius mais également bien loin du rituel pervers garantissant fortune et succès aux membres de l'ordre impliqué !

Le soir, la garde continue de patrouiller bien que de façon moins intensive mais des portefaix et des dockers s’assemblent autour d’un entrepôt précis. L’entrepôt n°13. Après quelques instant encore, voila qu'arrivent neuf personnes et quelques gardes privés, Johannes et Gidéon Teugen à leur tête.

Le groupe quitte le bateau en tapinois, après avoir négocié avec Joseph qui voulais les accompagner pour qu’il reste à bord du navire mais prêt à lever l’ancre immédiatement s’ils reviennent en catastrophe.

Ils s’approchent de l’entrepôt n°9 où une échelle permet de grimper jusqu’au toit et puis de là saute sur de toits en toits jusqu’à l’entrepôt n°13. Le bruit attire l’attention d’un garde, mais un lancer de bardeau (une tuile de bois) arraché au toit de l’entrepôt et jeté dans une allée latérale mène les gardes sur une fausse piste. Le plan est très simple : tout cramer. Ils se sont munis d’une lanterne sourde et de suffisamment de bouteilles d’huile ou d’alcool à cette fin.

Les aventuriers continuent d’agrandir le trou amorcé pour écouter les échanges entre les personnes présentes dans l’entrepôt. Ainsi, ils aperçoivent un grand cercle tracé à terre, avec une grande étoile en son centre, des chandeliers disposés autour, les membres de l’ordre en toge sombre formant un cercle et Teugen, impatient, tenant d’une main un poignard et de l’autre un rouleau de parchemin. Une charrette arrive en grinçant jusqu’à la porte et deux dockers en descendent un sac qui se débat faiblement et contient de toute évidence une personne peu consentante

Plus question d’attendre de voir ce qui va se produire ni de quelle façon le malheureux prisonnier de son sac va être écœuré par Teugen. Alors que les deux dockers trainent le sac vers l’entrepôt, Gerolf tire son épée et saute d’un bond du toit sur eux, initiant la grande Séquence de Combat Final !*

Des bouteilles enflammées sont lancées sur le cercle d’invocation (elles visaient Teugen en réalité) puis Albi entreprend de bombarder de balles de fronde Johannes et Gidéon. Sariel tente d’incanter un sort, quant à Wilfried, il apporte essentiellement un support moral – ou démoralisant – en hurlant aux cultistes qu’ils se sont fait berner, qu’ils vont tous périr, que Teugen veut invoquer des démons, qu’il n’y a pas de richesses et de prospérité… Et Vox saute du toit à son tour, marteau au poing, sur les dockers à l’extérieur. Celui qui le reçoit sur le coin du crâne ne s’en relèvera pas. Le sac se tortille vaguement et le prisonnier dedans tente de ramper pour se mettre à l'abris d'un combat qu'il ne voit pas mais entend.

Johannes Teugen ordonne à ses hommes qu’ils lui amènent la victime - qui n'a pas attendu patiemment qu'on se souvienne de son existence, Vox voit le sac se tortiller tandis que le prisonnier tente de ramper loin du combat qui fait rage autour de lui - et qu'on s'empare des aventuriers qui vont tout gâcher, mais ses ordres ne sont pas suivis avec beaucoup d'enthousiasme, encore moins d'efficacité. 

Gidéon incante des traits enflammés qu’il lance vers les assaillants sur le toit ou sur la rue… Albi a les poils de pieds sérieusement roussi et les poutres commencent à brûler, les autres esquivent les traits, par contre Sariel est déconcentrée dans son incantation et perd son sort et Gidéon a réussi à enflammer un de ses propres gros-bras, qui fuit en hurlant se jeter dans la Bögen. Albi, fatigué de rater ses lancers de fronde, décide de sauter à son tour du toit, par-dessus la troisième poutres, pieds en avant, sur Johannes Teugen pour lui éclater la face au sol et si possible dans les flammes ! Il parvient à lui arracher le parchemin et à le plonger dans le feu, brisant définitivement les espoirs de Teugen d’invoquer quoi que ce soit.

Les autres cultistes ne font pas grand-chose pour aider Teugen ou Gidéon. Se réunir la nuit en toge brodée de signes cabalistiques et sacrifier des crève-la-faim qu’on leur amène pieds et poings liés, c'est une chose ; devoir se battre contre des adversaires coriaces et déterminés en est une autre. Ils sont pas venu ici pour souffrir, que ce soit bien clair ! Et puis c’est quoi ces histoires de trahison et d’âme damnée ?

Dessin de la scène de combat décrite : des gens qui fuient, Gidéon Teugen lance des flammes, Albi écrase Johanness Teugen au sol dans les flammes qui avagent le pentacle, Sariel esquive le jet de flamme qui embrase un homme de main, Gerold et Vox entourés des autres hommes de mains distribuent de grands coups de rapière ou de marteau.
Une soirée qui tourne mal à Bögenhafen
Johannes Teugen ne répond à aucune de leurs questions. La barbe brulée et le visage écarlate, il se redresse en bredouillant, bouscule Albi et un cultiste et se rue droit devant lui vers la porte de l’entrepôt pour fuir le plus loin possible… Et tandis qu’il passe en courant à coté de Messire Gerolf von Kerkher, celui-ci volte pour le frapper aux genoux d’un large coup de taille, ce qui lui fauche les jambes aussi nettement qu’un moissonneur fauche les blés et le maitre de la guide des marchands et premier conseiller de Bögenhafen hurle son agonie dans la boue des quais, le sang jaillissant de ses moignons.

C’est au tour de Gidéon Teugen de craquer nerveusement. L’élégant sorcier aux allures de jeune dandy se métamorphose en une créature monstrueuse, au torse en barrique, aux visage grimaçant et difforme et aux ailes membraneuses. ...Mais de petite taille. À ce spectacle, des sphincters ont souffert et les derniers cultistes présents sur les lieux ont tenté de prendre la fuite ou se sont roulé en boule au sol en sanglotant d’horreur. Après la surprise initiale, les aventuriers se sont rapidement repris et ont bondis sur Gidéon pour la curée finale lorsqu’il a tenté de s’envoler. Jeté au sol, une aile percée, il a été mis en pièce par une pluie de coup s’abattant sur lui, une certaine elfe n’hésitant pas à plonger les mains dans ses plaies pour en arracher trippes et boyaux et accélérer sa décomposition finale…

Il est minuit et le rituel n’a pas eu lieu.

Alors que la garde – attirée par l’incendie de l’entrepôt – arrive, décompte les dégâts et les cadavres et projette d’arrêter tout le monde, une voix désincarnée s’élève « Gidééééééooooon ? Où est mon portail, Gidéon ? Tu m’avais promis un portail, Gidéon. REVIEEEEENS-MOI ! » - et le cadavre en miette de Gidéon disparait, happé par une main gigantesque qui sort un bref instant du cercle d’incantation avant de disparaitre.


Ainsi se dissipe l’Ombre qui planait sur Bögenhafen


 

*…Grande séquence de combat dans un entrepot qui brûle ou TOUT LE MONDE faisait des jets de merde, avec les règles de la V1 où un jet raté = une tape dans le vide, il était 2h du matin, un soir de canicule, c’est le fun ! Faut que j'en fasse un dessin !