Au petit matin, tout le monde est gris de fatigue, sauf Reubke qui s'enfile ses propres décoctions médicinales pour se donner un coup de fouet digne de la diligence Nuln-Aldorf. Et qui en refile une autre à Corrobreth. Les deux embarquent dans un canoé, font monter Ernst le prisonnier dans l'autre.
Gerolf, Sariel et Albi mettent le pied à l'étrier pour longer la rive du fleuve tandis que Reubke et Corrobreth pagayent d'un bon coeur. Derrière eux, Ernst, morose, est a la dérive et son canot se coince dans les rochers. Reubke, galvanisé comme jamais, tranche la corde plutôt que de risquer le naufrage et abandonne le maigrichon sorcier à son sort. Albi refuse l'idée que le sorcier puisse s'échapper et l'attrape au lasso pour le tirer sur la berge et le faire monter en croupe.
Arrivés à Unterbaum bien avant les cavaliers, Reubke va mettre Corrobreth (épuisé et fievreux) au lit. Un homme du village est envoyé à la rencontre des cavaliers pour les guider vers le village. Sariel et Gerolf continuent vers l'auberge des Cascades Rugissantes en emmenant Ernst avec eux tandis que Albi traverse avec le coffre contenant les restes mortels de l'expédition de Dagmar, auxquels il a promis des funérailles dignes de ce nom. Ce sera dans le petit cimetière des Baumenvolks.
Sur le chemin, Gerolf sent soudain une piqure lui bruler l'arrière-train et par réflexe colle un coup de coude brutal dans la tronche de Ernst, l'accusant de lui avoir bruler les fesses. A l'examen, ses fesses ne portent aucune marque de flamme mais une petite trace blanche, puis rouge. Ernst jure qu'il n'a rien fait mais il est néanmoins bâillonné séance tenante.
Le noble et l'Elfe prennent une chambre à l'auberge, leur prisonnier dormant à leur pied. Dans la salle commune, un Patrouilleur Rural fait le beau et tente de convaincre son auditoire de s'engager dans la milice. Ils estiment cependant qu'il n'aura pas les épaules assez large pour gérer le sorcier prisonnier et décident qu'il est plus sage de l'emmener jusqu'à Kemperbad.
A Kemperbad, le garde auquel ils remettent leur prisonnier les écoute d'une oreille en soupirant d'avance à l'idée de la paperasse à remplir et leur demande de revenir l'après-midi. Les aventuriers prennent un repas dans une gargote le long du fleuve. Quand leur commande arrive, le serveur lache sur la table une lettre destinée à Gerolf. Lorsqu'il l'ouvre, une longue mèche de cheveux blond s'en échappe. Sans commenter le contenu, il demande d'où vient la lettre et le serviteur désigne un groupe qui se tient près de la porte : quatre portefaix patibulaires servant de garde-corps à une personne dissimulée sous un capuchon. Un capuchon orné d'un liseré violet. Et l'inconnu psalmodie à voix haute et intelligible...
Gerolf repousse violemment la table pour foncer sur les hommes et immédiatement deux hommes de mains bondissent pour intercepter sa charge avant que les deux autres ne s'avancent pour le bousculer et le faire reculer. Albi et Sariel se lèvent à leur tour - le reste de l'assemblée est pétrifiée de surprise - tandis que l'inconnu masqué achève son incantation et repasse la porte, sans que personne n'ait l'idée - ou l'audace, de l'arrêter. Les hommes de mains rompent l'engagement et reculent jusqu'à la porte également.
La lettre ramassée disait ceci :
En la retournant, Gerolf constate que la paume de ses mains s'est teintée d'une vive couleur de framboise écrasée.