Escale à Weissbruck avant d'emprunter le canal de Weissbruck (qui mène à Altdorf)
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| Vue d'artiste |
Première chose à faire : trouver le poste de Patrouille Fluviale et annoncer l'attaque d'une famille de bateliers, la découverte de leur bateau abandonné et la prise de celui-ci. Alors que les aventuriers s'attendent vaguement à être félicités pour leur bravoure ou admirés pour leur courage voire un peu craint pour leur férocité, le Patrouilleur les regarde sans ciller, nullement impressionné, en suçotant sa moustache blanche :
- Vous z'êtes donc pas au courant ? Ca existe plus, les Mutants, par décret de l'empereur. Et ça pourrait vous attirer un joli paquet d'ennui de vous vanter d'avoir tuer des Mutants-qui-n'existent-pas, comprennez ?"
Et pour appuyer sa déclaration, qui stupéfie les aventuriers, il désigne une affiche tout ce qu'il y a de plus officiel. Et rit doucement devant l'air absolument scandalisé des aventuriers. S'il ne renchéri pas sur les suppositions iconoclastes sur la santé mentale de ceux qui ont signé cet édit, il ne semble pas non plus se formaliser de ces propos outrageant la dignité impériale
- …Entendons-nous bien : les mutants ça existe p'tet plus. Soi-disant. Parait-il. 'Fin, bon. Voila. …Ca existe p'tête plus, mais j'ai rien entendu dire à propos des bandits de grands chemin ni des pirates par contre. Donc vous disiez : vous avez découvert le bateau qu'est là dans le port attaqué par des pirates, c'est ça ?"
C'est ainsi que Gerold et Wilfried règlent les questions administratives et deviennent capitaines du bateau (l'un sur papier, l'autre à la barre).
Gerolf décide de vendre une caisse de vin pour se faire des liquidités afin de payer leurs achats à Weissbruck (des vivres non-périssables achetés par Albi, des matériel de constructions pour à la forge portative dont Vox dessine les plans et qu'il projette de placer à la proue du bateau) et il demande de livrer ceux-ci aux Meudefleuh.
Quand ils sont interrogés par les curieux de Weissbruck sur les affaires de Bögenhafen, les aventuriers se font un plaisir de raconter ce qu'ils savent, dont ils se souviennent ou ce qu'ils ont compris :
- Un Halfelin courageux a sauvé à lui tout seul Bögenhafen des puissances de la ruine. Les Halfelins sauveront l'Empire. Les guides marchandes de Bögenhafen ? Couic ! .(via Albi) …ce qui a amené l'auditoire weissbruggois à conclure (après je ne sais plus quelles déformations) en : Les Halfelins font une OPA sur Bögenhafen, remplacent les anciennes familles marchandes destituées, dans cinq ans, Böggenhafen est une cité franche mootlandaise.
- Ecoutez, c'est très compliqué, mais si je peux vous donner un conseil, investissez dans le charron. Dans le charron, tout est bon ! Le transport routier, c'est l'avenir. (via Gerolf)Dans une auberge, deux bateleurs cauteleux proposent à Gerolf de lui faire des tours de cartes et s'esquivent sans demander leur reste juste après lui avoir serré la main. Gerolf est un peu surpris de leur départ soudain et mets quelques minutes à réaliser que sa paume est recouverte d'une encre violette.
Deux fois, Wilfried va toquer à la maison qu'on lui désigne comme celle de l'apothicaire, mais elle ne répond pas et personne ne sait dire si elle est là ou non. Ses voisins ne sont pas très curieux ou pas très bavard.
A sa seconde tentative, en soirée, Wilfried s'étonne un peu et fait le tour de la maison. Il découvre ainsi un volet d'une fenêtre latérale battant et le carreau de la fenêtre cassé. L'intérieur semble avoir été saccagé. Il retourne prévenir ses compagnons qui viennent voir également. Albi se glisse à l'intérieur, en faisant attention à ne pas se blesser les pieds sur le verre brisé tandis que ses compagnons hésitent, peu désireux d'être confondus avec des cambrioleurs. Albi ramasse un morceau de papier chiffonné avec une écriture hachée. Il ne sait pas lire mais quelque chose dans l'allure du papier lui fait penser que ce n'est pas une liste de course ou une recette de médicament. Et puis il se dissimule dans l'ombre d'un meuble de cuisine car il entend un craquement de bois. Il voit une étagère pivoter doucement et une petite silhouette, à peu prêt sa taille, se glisse par la porte dissimulée derrière l'étagère et s'avance avec précaution... Albi bondi sur la créature, la plaque au sol et lui fait tater de la pointe de sa dague en lui intimant l'ordre de rester silencieux où bien… Par précaution, il la bâillonne de la main et récolte en échange une belle morsure, puis l'intrus glapit et fond en larme.
- ...C'est un enfant ?"
Un enfant humain, effectivement, faisant à peu près la taille d'un Halfelin adulte, qui était resté dissimulée dans la cave et que les bruits dans la maison avait attiré dehors. La fillette, en robe-chemise et pied nu, pleure maintenant à chaude larme de terreur rétrospective. Wilfried se précipite en entendant les pleurs et, de crainte que les voisins ne soient attirés par les pleurs et qu'on ne vienne leur demander des comptes, ils font passer la fillette par la fenêtre brisée et l'emporte à quelques rues de là où ils tentent de la rassurer, puis au bateau pour la mettre à l'abris, au chaud et la nourrir.
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| Un adversaire à la taille d'Albi |
Wilfried réussi le mieux à rassurer l'enfant, et même à la faire rire en faisant des grimaces et en plaisantant sur la taille de ses oreilles, et elle confie en reniflant ses larmes, ce dont elle a été témoin :
- Des vilains monzieux sont venus chez Tatie Vivie, Ils ont criés beaucoup, ils voulait quelque chose et Tatie Vivie a crié dessus aussi. C'était y a deux zours. Et après Tatie Vivie m'a dit que ze devait zamais m'approsser du Zoyeudrïe alors z'ai dit oui d'accord z'approche pas du zoyeuxdrïe. ...Je sais pas ce que c'est un zoyeuxdrïe, ma Tatie elle dit que c'est pas un endroit pour les zeunes filles alors voila..." Relancée sur la disparition de sa tatie, elle reprend "Et puis... Et puis... hier les monsieurs méssants ils sont revenus et ils se sont battu avec ma Tatie, z'ai tout entendu ! Mais moi ils m'ont pas trouvé parce que z'était à la cave... Oui, ma tatie elle m'avait punie à la cave parce que z'ai zoué avec ses poudres mais z'ai pas le droit parce que c'est pas des zouets... et c'est danzereux, ma tatie elle dit... Mais moi ze comprends pas pourquoi elle elle peut y toucher mais moi c'est danzereux, c'est pas logique, si ? ...Oui, alors ze suis restée cassée dans la cave parce que j'avais trop peur et zusque auzourd'hui j'ai pas ozé sortir, voila..."
La hargne de Albi s'envole quand il comprend que l'enfant est cachée dans la cave depuis deux jours sans avoir fait un repas décent et il entreprend de lui cuisiner rapidement un petit quelque chose de reconstituant puis elle est laissée aux soins de Renata Hauser tandis que les aventuriers vont prévenir les autorités d'abord et ensuite leur prêter un coup de main dans leurs recherches.
Wilfried passe au poste de patrouille avertir que l'apothicaire a été enlevée. Quand il arrive, il surprend trois gardes, dont l'un maintient une compresse sur son visage, tavelés de meurtrissures. L'histoire d'enlèvement est accueillie avec réserve :
- Ah, oui, l'APOTHICAIRE je vois... Ecoutez, j'ai vraiment pas le temps pour ça maintenant, ni les hommes. Vous voyez mon gars ? C'est jour de paye des mineurs, ils descendent en ville pour se distraire et ça fini toujours en bagarre. Alors vos histoires d'enlèvement Je la connais, votre Elvyra. Pas très recommandable et les ennuis qu'elle mérite. Je suis sûr qu'elle va bien, elle va revenir dans quelques jours en prétendant qu'il ne s'est rien passé. Sinon, revenez me voir à ce moment."
Bon, très bien, on a pas cinq jours et on a une gosse sur les bras. Les aventuriers décident de partir chercher eux-mêmes Elvyra. Deux pistes : La Grange Rouge mentionnée sur le papier ramassé par Albi où Elvyra devait se rendre et le Zoyeudrïe dont il ne faut pas s'approcher, sans doute parce que les méssants s'y trouvent.
…Le Joyeux Drille est une taverne dont la clientèle est constituées de dockers, de travailleurs, de vagabonds et généralement de personnes assez désargentées. Celles qui ont les moyens préfèrent aller ailleurs, où on ne sert pas de vinaigre en guise de vin et je ne parle même pas de ce qui fait office de bière ! En route, Sariel doit empêcher Messire Gerolf de suivre un groupe de mineurs déjà éméchés et en goguette qui a commencé par lui chercher noise avant de l'intrôniser "le rupin le meilleur amis du travailleur" après qu'il ait proposer de payer une tournée à tous le monde et distribuer généreusement de la monnaie.
Il faut graisser des pattes aux serveurs du Joyeux Drille pour leur raviver la mémoire : "oui, en effet, il y a bien un groupe de plusieurs personnes qui ont pris une chambre il y a cinq jours. Ils attendaient le bateau d'un ami qui devait arriver... Ah, ma mémoire me joue des tours, c'était quand encore ? ...Ca me revient, c'était demain que le bateau allait arriver ! Mais ils sont plus ici. Hier ils ont ramassés toutes leurs affaire et dit qu'ils partaient déjà. ...Ils ont dit qu'ils allaient passer la nuit... Ah ma mémoire me joue des tours ! ...Ah oui, à la Grange Rouge ! ...Si je connais une grange rouge dans les environs ? Vous savez, à partir d'ici, c'est quasiment la campagne, des granges yen a partout, reste à savoir si elles sont rouges... Voyons voir, ma mémoire... Ah ben vous devriez p'tet voir de l'autre coté du canal, ya la grande grange de l'ancien Brauer qui est p'tet bien peine en rouge ?"
Avec les indications du serveur et celle de l'éclusier du canal, la grange rouge est rapidement retrouvée. Les aventuriers ouvrent précautionneusement une porte et tombent face à face avec un homme très surpris qui s'adresse à eux avec un accent paysans digne d'une comédie de bateau-théâtre : "Allons vindiou, mais kassvousfaite donc dans ma grange, Morbleu, j'm'en vais allez vous botter l'train si vous dégagions pas de suite de chez moé, sacristi !" etc. Puis il fait un bon derrière la charrette dans laquelle il ronflait pour hurler - en ayant perdu son accent cette fois - "DEBOUT, ON NOUS ATTAQUE !". Trois autres larrons et larronnes apparaissent, dans la mezzanine qui servait à stocker le foin, et l'un tient une arbalète. Les aventuriers sautent à l'abris, le faux paysan court se mettre à l'abris dans une stalle vide, Gerolf sort sa rapière, Albi se saisi de son lasso, Vox se saisi de son tromblon, Sariel prend sa respiration pour incanter, Wilfried… Je crois que Wilfried se planque, et oui c'est une séquence de combat qui débute !
…Celui-ci s'achève à l'extérieur de la grange, dans un tas de paille pourrie où les larrons de la mezzanine ont jetés Elvyra Kleinestun ligotée à une chaise avant de bondir à leur tour, suivi par Gerolf von Kerkher qui voulait réitéré l'exploit de l'entrepôt de Bögenhafen mais hélas cette fois n'a pas atterri sur le larron mais dans la paille (ai-je mentionné qu'elle était pourrie ?), rejoint dehors par Sariel et Albi puis enfin par Reubke et Vox. Gerolf met du temps à se redresser et de dégager de la paille, Sariel se débat avec les conséquences d'une incantation ratée, Albi tente d'attraper au lasso un des malandrin mais à la place capture Sariel qui proteste énergiquement mais de façon totalement incompréhensible et inintelligible, Wilfried attrape la chaise à laquelle est ligotée Elvyra, l'arrache des mains du larron et la fait pivoter sur un pied pour s'interposer entre le kidnappeur et sa prisonnière dans un mouvement qui tient plus de la danse acrobatique que de la bonne vieille bagarre AOC, et les deux autres malandrins décident qu'il vaut mieux battre en retraite, rejoints dans leur fuite par le troisième, quand Vox apparait à son tour en braquant son tromblon, prêt à faire feu, sur les malandrins.
A la fin de l'affaire, il leur reste un prisonnier sous la main (le faux paysan qui avait fini saucissonné par un lancer de lasso d'Albi et ligoté avec ses propres lacets avant qu'ils ne sortent s'occuper de ceux qui détenaient Elvyra). Albi entreprend de l'interroger. Albi a eu une illumination à Bögenhafen et Albi a décidé de prendre une nouvelle orientation professionnelle, et il a maintenant l'occasion de faire ses premiers pas dans ses nouvelles bottes - c'est une métaphore, les Halfelins ne portent pas de bottes.
- Pitié, on sait rien ! On a juste été engagé pour faire un job, notre patron voulais qu'on lui ramène l'apothicaire de Weissbruck, parce qu'elle lui doit quelque chose, ou il lui doit quelque chose, je sais pas, on faisait juste le job qu'on nous avait demandé, c'est tout ! On devait la ramener à Altdorf, au Poney Fringant, dans trois nuit ! Le commanditaire ? ...C'est un homme ! Heu… grand, enfin à peu prêt comme vous, quoi - il parle toujours au Halfelin - avec une barbe… Et des cheveux... Fourchu ! La barbe, pas les cheveux ! Enfin, je crois…"
Elvyra est libérée et enchantée de reconnaitre Wilfried à qui elle colle deux énorme baisers sur les joues, en lui tenant le visage à deux mains. Elle est moins locace quand il s'agit d'expliquer pourquoi elle a été enlevée. "Fuyante" est l'adjectif qui convient, et elle détourne rapidement la conversation vers un autre sujet
"Je suis tellement CONTENTE de vous voir ! Je pouvais pas laisser Lisa plus longtemps, mais si j'avais pu, je serais resté pour savoir la fin… Oh oui, quelques petits ennuis ici, HEUREUSEMENT que vous êtes arrivé à temps, vraiment! Non, mais ne vous inquiétez pas, rien de grave, juste *hum* une vieille histoire. Je pense juste que je vais devoir déménager à nouveau, c'est pas un drame, juste un petit contretemps… Maintenant pardonnez-moi mais je dois aller retrouver ma nièce… ELLE EST AVEC VOUS, C'EST MERVEILLEUX !!!"
Le malfaiteur est ramené au poste de garde de Weissbruck, la soirée se termine sur le Meudefleuh où les aventuriers proposent à Elvyra de les accompagner, au moins jusqu'à ce qu'elle trouve un autre endroit où s'installer, vu qu'elle compte quitter Weissbruck. Elle pourra continuer à vendre ses potions depuis le bateau, Lisa sera gardée par tous le monde et puis elle pourra apprendre deux trois choses à Reubke. Et peut-être à d'autres aussi ?
Gerolf, grand seigneur, propose de céder sa cabine à Elvyra et la petite Lisa.