Cinq personnages avancent à allure diverse et se rencontrent sur une route du
Reikland, à quelques dizaines de lieues de la capitale Altdorf. La nuit tombe,
la pluie aussi. Si le feuillage des arbres qui s'étend par-dessus la route
filtre la lumière, il ne filtre pas les goutes.
Fort heureusement le haut portail d'une Auberge-Relais annonce la possibilité
d'un repos au sec et en sécurité !
L'aubergiste rubicond les accueille avec empressement, leur ménage une place
auprès de la flambée pour qu'ils faffent feffer leurs fabots, prend leur
commande et fait porter leurs affaires dans les chambres - du moins pour les
deux aventuriers qui se décident pour une chambre, les tarifs ayant poussés
certains à préférer la chambre commune voir même le foin de l'écurie pour le
plus près de ses sous de tous, le nain - et tout cela sans cesser de jacasser
: il bombarde de questions les aventuriers, s'interrompant à peine pour
écouter leurs réponses s'il ne les fait pas lui-même, ou bavarde avec sa pie
apprivoisée, qui remporte un certain succès auprès des aventuriers.
Quelques personnes sont déjà présentes dans la salle de l'auberge, dispersées
aux différentes tables entre lesquelles Gustav l'aubergiste et son garçon de
salle renfrogné circulent pour déposer les commandes et reprendre la vaisselle
:
Deux cochers de diligences boivent leur paie en échangeant des
plaisanteries. Un jeune homme à la mine renfrognée ne fait pas mine de
lever la tête de ses lectures Deux dames, l'une jeune et gracile et l'autre
plus massive et à l'allure de duègne, semblent peu à leur place, ennuyée ou
peu à l'aise et elles ne tardent pas à se retirer dans leur chambre.
Accoudé au bar, un homme couve le groupe disparate du regard et ne tarde pas à
se rapprocher pour leur proposer une partie de carte, histoire d'occuper la
soirée, de faire connaissance, et de parier quelques pièces… Sa chance
insolente éveille la suspicion des aventuriers et Sariel met en évidence des
cartes dissimulées dans ses manches. Philippe Destrée s'indigne des soupçons
de tricheries et bat en retraite en laissant ses derniers gains sur
place.
La salle est dépeuplée, la nuit est maintenant tombée et les aventuriers
débattent toujours de la façon dont se rendre à Altdorf rapidement afin de
pouvoir se présenter à temps à l'annonce qui est affichée partout dans le
Reikland et les a attiré jusqu'à la capitale...
Trois prêtres de Morr, portant un cercueil et réclamant une chambre pour
veiller le défunt qu'ils escortent, achèvent de jeter un froid et bientôt tout
le monde trouve refuge dans sa chambre.
En pleine nuit, des bruits dans le couloir de l'étage éveillent Wielfried,
Albi, Sariel et Gerolf. Un cri étouffé achève de les persuader qu'il se passe
quelque chose et ils découvrent que les trois prétendu prêtres ont entrepris
de s'emparer de la jeune fille noble et ont assommé d'un coup au visage sa
duègne. Les efforts combinés de Sariel et de son sort de sommeil, Wilfried et
son lancer de pot de chambre, Albi qui joue du couteau et Gerolf - qui a une
vision fort biaisée des évènements et se vantera ensuite d'avoir terrassé les
malandrins à lui seul - alors que c'est l'intervention de Philippe Destrée
armé de ses pistolets qui calmera définitivement les trois agresseurs.
La jeune fille terrorisée raconte en pleurant les raisons de cette agression
aux aventuriers et à l'aubergiste : dame Isolde von Strudeldorf est mariée
depuis quelques mois à un homme absolument immonde qu'elle a finalement décidé
de quitter pour rentrer chez ses parents, sa duègne étant en réalité une
solide garde du corps. Son mari cependant n'accepte visiblement pas la
séparation imposée par son épouse et a engagé quelques gros bras pour la
ramener au domicile conjugal, qu'elle le veuille ou non. Ceux-ci sont jetés
dans une citerne ou cave vide dont l'aubergiste promet qu'ils ne sortiront que
pour être remis à la Patrouille Rurale lorsque celle-ci se représentera au
relais.

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