Le 'Meudefleuh' entre dans Altdorf et remonte lentement le Reik, passant entre les piles de ponts impressionnants, le long de quais occupés par d'énormes vaisseaux de haute mer de toutes origines derrière lesquels se dressent les tours du quartier de l'université et des collèges de magie d'un coté, les tours des temples et du palais de l'autre, jusqu'à ce que la barge atteigne les quais d'un quartier plus populaire au confluent du Talabec et du Reik.
Là, le navire est bien vite abordé par les agents portuaires venus prélever des taxes en tout genre. Le Halfelin arpenteur qui monte a bord dévisage un long moment l'équipage du Meudefleuh, s'attardant plus particulièrement sur Sariel, Gerolf, Wilfried, Albi et Vox. Cela laisse les aventuriers assez perplexe.
La laine est vendue un très bon prix à un marchand d'Altdorf, le groupe est maintenant assis sur une petite fortune : pas moins de 150 couronnes de bel or blond !
Avec cet or, Gerolf va pouvoir aller payer les frais supplémentaires d'écurie pour Shana (sa belle monture) et Marguerite (le poney de trait de Albi). Celles-ci avaient été laissées une semaine en pension le 26 Jahrdrung, ils auraient du venir rechercher leurs chevaux le 1er Pflugzeit, cela fait presque deux semaines de retard ! Il y va donc sans attendre.
Dans l'écurie, il ne voit Shana nulle part. Le gamin qu'il interpelle ne sait pas plus lui répondre et va chercher son patron tandis que Gerolf tape du pied d'impatience. Quand il comprend qui est Gerolf et quelles sont les montures qu'il vient rechercher, le maître d'écurie choisi d'attaquer en premier : "QUOI ? C'est MAINTENANT que vous vous pointez ? DEUX SEMAINES DE RETARD, vous entendez !?! Je m'en suis débarrassé, de vos bêtes, fallait bien que quelqu'un paye puisque VOUS, vous y avez pas pensé !" Mais cela n'impressionne absolument pas Gerolf, qui fait Le Scandale Du Siècle en retour, insulte le palfrenier, exige que celui-ci lui récupère son cheval… "Mais c'est impossible, l'est plus à Altdorf ! je l'ai vendu à un type à face de fouine qui voulait des ch'vaux à envoyer à Grissenwald". La fureur de Gerolf grimpe encore d'un cran et il est à deux doigts d'écraser la face du vendeur de chevaux à coups de poings. L'homme, sentant que les choses sont sur le point de mal tourner, se retranche dans ses bureaux et chasse Gerolf en menaçant d'appeler la garde. Le gamin est tout autant tétanisé, mais son regard va de Gerolf à un panneaux où sont épinglés des annonces. Gérolf suit le regard du gamin, avise l'affiche que le gamin regarde et l'arrache pour l'examiner :
- Avis de recherche, pour voie de fait et meurtre... AH ! Regardez moi ces gueules d'endives! Et celui-là, une vraie tête d'imbécile!" Et il s'en va après avoir fait une boule du papier qu'il lance dans la rigole.
Sariel et Albi partent une fois de plus ensemble rechercher le Poney Fringant où le commanditaire de l'enlèvement d'Elvyra Kleinestun attend ses hommes de main. Ils doivent se faire indiquer le chemin à chaque coins de rue mais finissent par identifier l'établissement. Et à l'entrée de celui-ci, ils repèrent la même affiche qu'avait remarqué Gerolf mais contrairement à Gerolf, ils identifient également les six personnes représentées sur celle-ci. Très ennuyés, ils décrochent discrètement l'annonce, entrent séparément dans l'établissement et, après avoir commandé quelque chose et consommé, s'en retournent rapidement à quai.En chemin, il leur semble être suivi par une personne avec un chapeau orné d'une plume fantaisie assez remarquable. Albi lui fait le pied de nez particulier des Altdorfois bizarres, signes auxquels cet homme au chapeau ne répond pas.
Dans la cuisine du bateau, le groupe tient conseil. Sigfrieda n'y participe pas, Renata et Elvyra écoutent avec attention : après tout, si les aventuriers sont arrêtés pour meurtre, cela pourrait avoir des répercussions sur elles également.
Et puis, l'idée géniale : "Bon, ben il n'y a qu'une chose à faire : allez éclaircir ce malentendu au poste de garde !" L'idée ne séduit pas immédiatement mais Gerolf sait se faire convainquant. Renata suggère qu'il serait peut-être bon de faire un effort de présentation, paraitre sous un jour avantageux peut aider dans ces circonstances... Gerolf abonde dans son sens et disparait dans sa chambre. Sigfrieda y est toujours, cela ne l'embarrasse pas outre mesure ; il pourra ainsi lui demander son avis sur ses choix vestimentaires, et ce sera rapide, il promet qu'il n'en a que pour deux heures !
Pendant que le groupe se prépare puis attend que Gerolf finisse de s'apprêter, on les appelle depuis la berge. Un groupe d'individus aux allures d'ouvriers attend. Plusieurs exhibent des tatouages de poissons sur les avants-bras, et ils observent le bateau avec des sourires patelins, l'air de préparer des répliques du genre "beau bateau que vous avez là, ce serait dommage qu'il prenne feu...". Ils se se présentent comme la Ligue Populaire de Soutient aux Travailleurs et réclament la taxe d'amarrage… Oui, bien entendu ils l'ont payé hier, mais ça c'était celle pour la noblesse, eux viennent réclamer la seconde, pour le peuple. Albi ne se laisse pas impressionner et leur répond avec hargne qu'ils sont en train de marcher sur les plates-bandes de Gros Tony du Moot et qu'ils vont s'attirer d'énormes ennuis ! Les extorqueurs battent en retraite, incertains de ce qu'il convient de faire. Il est probable que lorsqu'ils auront décider que faire, ils reviendront en force et avec encore plus de détermination.
Par précaution, ils cherchent la protection de la garde du port, qui estime qu'ils ont été bien inconscients de ne pas payer ce qu'on leur demandait ! La garde n'est pas non plus très enthousiasmée par leur demande de monter la garde sur leur bateau qui implique un risque de devoir affronter le groupe de gros Poissons. Mais un dédommagement substantiel les fait changer d'avis et cinq gardes veilleront sur le bateau jusqu'à leur retour.
Lorsqu'ils arrivent au poste de garde du quartier aristocratique - plus huppé que là où ils sont amarrés et donc où ils seront mieux reçus, pensent-ils - le soldat qui les accueille les reconnait rapidement et les invite immédiatement à rentrer et à se diriger tout droit, vers le couloir et d'avoir l'amabilité de bien vouloir attendre dans la pièce qu'il leur ouvre que le capitaine de la garde soit disponible.
Après un moment d'attente, les aventuriers finissent par s'interroger ; quand arrive le capitaine ? Ils sont désappointés d'apprendre que le capitaine dort chez lui et qu'ils doivent maintenant attendre en cellule jusqu'au lendemain le retour du capitaine. Et il n'y a qu'une couchette et un pot de chambre !
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| En prison |
Le lendemain, le capitaine arrive en compagnie d'un homme tout de noir vêtu, aux longs cheveux blancs, au visage en lame de couteau, qui les salue avec politesse et les invites, un par un, à bien vouloir le suivre pour une discussion sur les raisons de leurs présence dans les geôles de la garde. Il les interroge bien entendu sur leurs activités le fameux soir du meurtre d'un gentilhomme mais s'attarde ensuite bien d'avantage sur les évènements de Bōgenhafen, relevant les contradictions entre les témoignages des uns et des autres, réinterrogeant ensuite les aventuriers déjà entendu pour pointer les divergences entre leurs récits et celui de leurs compagnons. Lorsqu'il est interrogé, Albi commence par feindre l'innocence la plus pure, jouant de son physique potelé qui lui donne un air enfantin et de son talent pour faire trembler sa lippe comme s'il allait fondre en larmes... Cela ne prends guère, l'interrogateur soupire qu'il connait les halfelins et ne se laisse pas prendre au jeu, et Albi a une illumination : cet homme est un confrère ! (...officiel, reconnu et ayant du succès, certes. Question de temps) et il laisse tomber le masque pour parler de tout ce qu'il a traversé à Bögenhafen, leur enquête, Teugen, Etelka Herzen... Ce nom fait tressaillir l'enquêteur, il le connait. Après encore quelques heures d'interrogatoire (qui ont fait grandir une légère aversion pour Sariel qui s'est révélée peu disposée à coopérer voir dissimulatrice - mais les elfes ont la mémoire qui va et vient, c'est connu!) l'enquêteur revient pour annoncer qu'ils sont libres. L'assassinat du jeune nobliaux était déjà résolu et le coupable arrêté, ils sont lavés de tout soupçons à ce sujet. Et si d'aventure ils passaient à Grissenwald et que leur route croisaient celle de Etelka Herzen, qu'ils se montrent prudent ! ...Et qu'ils lui fassent parvenir tout ce qu'ils ont appris sur cette dame.
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Mystérieux enquêteur |
A la sortie du poste de garde, on remet leurs armes et autres possessions aux aventuriers et chacun constate qu'il lui manque désormais quelques couronnes : pour les frais de bouches, d'hébergement et l'administratif ! Sur le chemin des docks, Sariel surprend une conversation entre deux badeaux à propos d'une vente aux enchères de pendules et horloges. Elle sait qu'il s'agit d'une marotte de son mentor humain qu'elle souhaite revoir et pense y faire un tour afin de trouver une curiosité qui pourrait l'intéresser. Et Vox décide de la suivre car la belle ingéniérie, ça le fascine et il est curieux de voir ce que les humains seraient capables de produire en ce domaine. Elle et Vox s'y rendent directement, Albi, Wilfried et Gerolf rentrent au bateau, Gerolf comptant prélever une partie du trésor du Meudefleuh pour pouvoir renchérir à la vente.
La garde des docks a bien tenu parole et cinq soldats se grattent le nez quand Gerolf, Albi et Reubke arrivent. Immédiatement, ils tendent la main pour recevoir leur dû et s'esquiver. Comme le bateau n'a effectivement pas brûlé, Gerolf les paye. Une fois parti, Renata sort de la cuisine où elle s'était retranchée.
- Ils sont enfin parti ? Quelle bande de pique-assiette ! ...De rapaces !"
- Comment cela de rapace ?"
- Ils exigés d'être payé d'avance sinon ils restaient pas sur le bateau"
- Vous les avez payé ?"
- Ben oui, qu'est-ce que je pouvais faire d'autre ? ...Vous aussi ?"
Gerolf évalue la quantité d'or qui pourrait être nécéssaire pour remporter une enchère. Il n'a aucune idée de la valeur des montres qui seront proposée ni de la fantaisie des éventuels acheteurs, alors, dans le doute, il prend tout l'or du Meudefleuh avec lui. Toujours vêtu de ses habits (très) élégants achetés à Bögenhafen et portant devant lui une petite cassette, il attire rapidement l'attention. Trois dépouilleurs le suivent d'assez prêts, une personne avec une toque fantaisie suit à une plus grande distance. Chic, une bagarre !
Gerolf se met soudain à courir, zigzagant dans la foule pour tenter de semer ou décourager ses suiveurs (on ne sait jamais, des fois qu'ils aient de l'asthme), mais ceux-ci se mettent en chasse également. Si l'effet de surprise a donné à Gerolf un peu d'avance, elle est rapidement comblée. Les arsineurs le rattrape en dépit du conseil extradiégétique (la voix off) d'Albi : Cours ! Cours comme un halfelin dont la mère a fait des gaufres !" Donc Gerolf change de tactique et se dirige vers une contre-allée moins fréquentée ou il fait soudain face. Lorsque les quémandeurs insistants se rapprochent, Gerolf n'attend pas qu'ils agissent et balance d'un bloc la cassette dans le visage du premier. PAR CHANCE, il ne lâche pas la cassette et celle-ci reste bien fermée. Ensuite il se carre la cassette sur la hanche tout en tirant son épée tandis que le premier des tire-goussets, plié en deux, tient ses mains plaquées sur le bas de son visage en pestant de façon inintelligible. Les deux autres sont armés de surins classique. Des armes rapides, longues et vicieuses mais avec une allonge bien moindre que la rapière de Messire. Une esquive, une parade, une attaque et il porte une botte touchant au coude l'un des deux agresseur, la lame pénètre dans l'articulation, tranche tendons et artères puis fend les chairs en se retirant et l'homme s'écroule, le bras inutilisable, crispant sa main sur la plaie pour tenter d'arrêter le flot de sang et Gerolf met à profit la crainte qu'il inspire désormais pour se retirer et reprendre sa route vers la halle aux enchères...
Vox et Sariel ont eu un peu de difficulté à se faire admettre à la vente étant donné qu'ils ont l'apparence que l'on a lorsqu'on sort d'une nuit en cellule et que la vente est supposée accueillir des personnes de la bonne société, mais ils ont franchis les domestiques et circulent maintenant dans une salle d'exposition d'horloges tiquetantes avec une petite douzaine d'autres personnes qui, comme eux, se penchent sur les rouages et observent les marqueteries d'un air connaisseur ou intéressé. Vox en tout cas est intéressé, connaisseur mais pas impressionné outre mesure.
- Sariel ?"
Hieronymys Blitzen, les cheveux éternellement en bataille, se tient derrière l'elfe, avec un sourire étonné. Le jeune homme qui l'accompagne semble un peu moins heureux de la rencontre et toise Sariel d'un air boudeur. Le sorcier de Delbrez est de passage à Altdorf et évidemment n'a pas manqué la vente aux enchères d'horloges. Évidemment, il demande à Sariel un compte-rendu de ses activités depuis la dernière fois qu'ils se sont vus, tout en continuant de déambuler entre les présentoirs. Lorsque Sariel évoque le culte de Bögenhafen invoquant des démons, Blitzen se désintéresse complètement des montres et entraine Sariel dans un coin un peu plus isolé de la pièce pour discuter sans être dérangé. Le jeune homme - un apprenti humain de Blitzen - suit en trainant les pieds. Hieronymus écoute Sariel avec beaucoup d'attention et la met en garde contre Etelka Herzen : cette femme est dangereuse, elle pratique la magie et sans doute une magie sombre, que Sariel se méfie d'elle ! Il transmet à Sariel une bague, qui protégerait contre les morts sans repos, et deux manuscrits. Si elle restait un peu plus longtemps il aurait pu l'entrainer d'avantage mais vu les circonstances, c'est tout ce qu'il peut faire pour elle !
Vox laisse l'elfe et le magicien discuter entre eux et prend des notes des engrenages. Il est rapidement abordé par deux naingénieurs qui, comme lui, observent d'un air un peu suffisant les réalisations humaines et se présentent rapidement comme engagé au Services des Tours de Signalisation, un système révolutionnaire de transmission de messages par les airs qui reliera bientôt les différentes villes de l'Empire !
Sur ces entrefaites, Gerolf arrive, cassette d'or sous le bras
...À Suivre !
Dans le prochain épisode :
- Le dilemne de Sariel : rester auprès de son maitre pour suivre sa formation en magie ou reprendre le fleuve de suite ?
- Le dilemne de tous le monde : reprendre directement le voyage pour aller chercher les pauvres petits chevaux à Grissenwald ou bien prendre un peu de temps pour se préparer au voyage (synonyme de : dépenser des thunes et des XP)
- Une encombrante passagère : que faire de Siegfrida la Dueliste malchanceuse qui se prélasse dans la cabine de Gerolf ?


