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dimanche 22 février 2026

Et maintenant, on fait quoi ? - quelques jours avant et après Sonnstille 2512


Reposons-nous dans les bois

Une fois le campement enfin atteint, nos aventuriers se sont effondré sur une paillasse pour dormir d'une traite jusqu'au lendemain matin. Pas trop habitué aux rudes conditions des combats et de la vie extérieur, le groupe se réveille tard pour découvrir que les hors-la-loi, dirigés par Ingrid, sont retournés au village sans les avertir, laissant derrière eux les plus faibles. 

Pas trop emballé à l'idée d'affronter les bois, les pièges et ce qui peut bien se trouver dans les ruines du village, les quatre compères se réveillent en douceur, examinent le peu qu'ils ont réussi à grappiller au château et lèchent leurs blessures. 

Lothard va offrir le sac de grain à Mama Goussedaille, la vieille prêtresse de Rhya, qui accompli ses dévotions devant les petits autels de paille. 

Reubke se demande que faire et comment sécuriser la bouteille de poudre de malepierre volée dans le laboratoire du Dr Rousseau et Sariel propose d'utiliser le coffret pillé dans la chambre de la vieille baronne. Celui-ci semble précieux, ainsi que la plus part de son contenu (à l'exception des deux mains momifiées qui servent de présentoir à bagues) malheureusement le spécialiste de l'évaluation sirote désormais des bières épaisses à Gissenwald et Lothard qui a un peu d'expérience en ce domaine n'est pas trop habitué à manipuler pierres fines et objets luxueux mais en écoutant l'estimation qu'il fait de la boite à bijoux et de son contenu, tous décident de préserver celle-ci.  

Les grimoires raflés dans la bibliothèque devront être étudiés longuement avant de délivrer leurs secrets tandis que les ex-libris des ouvrages et certaines lettres révèlent que la baronne Magrit entretenait tout un réseau d'achat de livres mais également qu'il reste un dernier rejeton Wittgentein, Gotthard, qui est parti s'amuser à Middenheim où il relationne à fond lors de bacchanales slaaneshites où ses prouesses lui ont valu de recevoir un poste relativement important dans quelque administration (quoique la lettre la plus récente indique que sa "bienfaitrice" dénommée Nikki soit décédée de façon subite entre Erntezeit 2511 et Jahrdrung 2512). 

Tandis que Reubke et Sariel se plongent dans la lecture, Lothard part inspecter les pièges autour du camp. Dans l'un, il trouve un curieux petit humanoïde au cou brisé entièrement nu à l'exception d'un os qui lui traverse le lobe d'une oreille qu'il a fort grande et pointue, ainsi que son nez, et à la peau verdâtre. Il n'est pas familier avec ces créatures mais il reconnaît sans difficulté une "Peau-Verte" et là où y en a un, il y en a probablement d'autre. 

Sur ce, Ingrid et ses soldats reviennent au camp, le visage grave et le pas lourd. Certains marchent avec l'aide de leur camarades, d'autres doivent être portés, certains pleurent en silence. La journée n'a pas été bonne. La nouvelle qu'il y a des peau-vertes dans les bois rajoute une couche. Un moment les propriétaires du MeudeFleuh envisagent d'évacuer tous le monde vers la tour à signaux où ils pourraient établir un petit village... Mais Albi rejette l'idée sans appel lorsqu'il se rappelle que certain des hors-la-loi ont des mutations.  Ils se sépareront ici dans les bois et chacun s'en ira de son coté. 

A pied le long du Reik 

Le lendemain, les quatre compères traversent les bois pour rejoindre le rivage qu'ils comptent longer jusqu'à retrouver le Meudefleuh que Renata a été amarrer quelque par en aval. Pour cela, ils doivent repasser par le village et voir de leur propre yeux le résultat des exactions menées par les soldats du château. 

Nerveux à l'idée que Renata ait pu filer en douce avec le bateau ou soit amarrée Grand-Père Reik sait où, Albi et Reubke échangent les suppositions les plus sombres sur ce qu'il est advenu de leur bateau, jusqu'à ce que Sariel décide de tester un sort décrit dans un grimoire récupéré à Wittgenstein permettant de localiser la direction générale du bateau. Enhardie par le résultat très satisfaisant, elle tente ensuite de prédire le temps qu'il fera mais les vents lui échappent et se déchaînent dans les entrailles de chaque membre du quatuor... Un jour comme un autre quoi. Bref.

...Après quatre jour de pérégrination le long du rivage - pendant lesquels Reubke et Albi n'en mènent vraiment pas long - le Meudefleu apparait au détour d'une petite île plantée de roseau. Derrière, entre les branches des saules, apparaissent les toits d'un petit village de huttes bien dissimulée dans le méandre de bras morts. . 

Wörlin 

Renata les accueille avec un grand sourire, salue joyeusement Lothar puis s'enquiert de l'absence de Gerolf von Kerkher. Son sourire ne disparaît que lorsqu'on lui explique clairement que s'il reste à Wittgendorf, c'est parce qu'il est MORT à Wittgendorf, et Renata fond en larme... Cela tranche sur l'air entraînant qui provient du village - dont les huttes sont décorées de façon fort festives. Après avoir pleuré tout son saoul, Renata sèche ses joues et explique que c'est la veillée de Sonnstille et le village est en fête. On l'avait invité mais elle ne sait plus trop... Albi et Sariel déclinent l'invitation, Lothar et Reubke décident d'accompagner Renata pour se changer les idées mais Reubke a un SPT quand on lui offre un verre gratis et fait demi-tour sans boire la coupe qu'on lui a versé. Lothar et Renata investissent la piste de dance (assez maladroitement vu que ni l'un ni l'autre ne connaissent les pas de danse et Renata dément la réputation d'excellent danseur des Striganys en heurtant de plein fouet Lothar lorsqu'elle se trompe de sens pour virer avant de lui piétiner les orteils). Lothar fini par remarquer que Renata tient à peine sur ses jambes et décide de la ramener au bateau, en s'interposant vigoureusement lorsqu'une villageoise propose de la faire dormir sur place... 

Le lendemain matin, Renata se réveille avec une affreuse gueule de bois. Lothar - qui a désormais peu de sympathie pour les villageois - va se servir lui-même dans leurs provisions : bois pour le poêle, étoupe en cas de réparation, assez de carreau pour remplumer tous les carquois et deux trois petites choses...   Albi de son coté va chercher les chevaux qui se trouvent au prés communal avant d'acheter du foin pour les nourrir. 

Les moines sigmarites

En revenant au bateau, Albi avise trois moines qui font les cent pas, l'air d'attendre quelqu'un. Comme leur robe est décorée du marteau de Sigmar, le halfelin se précipite vers eux et, fier comme Artaban, il fait le récit complet de ses exploits au château Wittgenstein. Il s'attendait à des chaleureuses félicitations pour avoir purgé le Reik d'une lignée dégénérée de nobles nécromants, mutés ou démonistes. Au lieu de cela, il se voit rappeler quelques grands concepts sur la justice impériale : les nobles ne peuvent être jugés que par leurs suzerain, pas par des cours de justice roturière - même pour des questions religieuses, même par des chasseurs de sorcières. Albi se voit à deux doigts de finir lui-même répurgué lorsqu'il lui revient en mémoire que les Wittgenstein avaient montre leur mépris de l'Empire en massacrant régulièrement des collecteurs d’impôts et autres envoyés impériaux - et ils ont le reste d'un édit impérial ayant servi de papier toilette pour le prouver ! Albi n'est plus si disposer à pavaner devant les moines et est très désireux de retourner viteuf au bateau lorsqu'il remarque l'air préoccupé des trois religieux et leur en demande la raison. 

La raison est que le Père Marcus est l'abbé de son monastère et une sorte de sommité en théologie. Il a été appelé à Altdorf et doit s'y rendre sans attendre or le pilote du bateau qui l'y conduit s'est volatilisé pendant la veillée de Sonnstille. Les deux jeunes moines lui servent d'escorte, de pages et de garde du corps. Quel heureux hasard, Albi a justement un bateau et propose illico aux trois religieux de voyager à son bord ! (Le reste du groupe qui n'a pas été consulté sera nettement moins enthousiaste à cette idée).

Heureusement le Père Marcus est très discret et passe le plus clair de son temps à lire ou à discuter avec Albi de Sigmar. L'abbé se rend à Altdorf pour discuter de la résurgence de l'hérésie sigmarienne dans l'Empire : pour ses partisans, la divinité de Sigmar est grandement exagérée. Il s'agit tout au plus d'un héros semi-divin, un champion d'Ulric que le fondateur légendaire de l'Empire vénérait lui-même. Tout ce qu'il a accompli aurait pu être fait par un chef de guerre béni de son dieu. Toujours d'après ces hérétiques, quand Saint Helstrum annonça qu'il avait assisté à l'apothéose de Sigmar, élevé au rang de dieu par Ulric lui-même pour protéger son successeur, son peuple et l'empire, ce fut uniquement l'intérêt politique qui motiva la piété du nouvel empereur. et ils émettent des jugements pernicieux sur les habitudes d'ascétismes et de mortification du moine qui auraient entraîné des hallucinations causées soit par la faim soit par la consommation de pain moisi. Et là est bien tout le problème : ces hérétiques qui remettent en question la divinité de Sigmar ne le font pas par amour du débat d'idée mais par chauvinisme et calcul politique car mettre en doute l'existence même de Sigmar, c'est mettre en doute la légitimité de l'Empereur comme du Grand Theogone, replace Ulric au sommet du panthéon et donc son culte et ses ministres comme les plus important de l'Empire. Cette hérésie, c'est le carburant alimentant une opposition entre les provinces du Nord et celles du Sud et... 

Et on annonce trois oiseaux de très grande taille qui survolent le Reik en direction du Meudefleuh.  

jeudi 18 décembre 2025

Au sein d'un campement de rebelles.

Reikland - forêt de Wittgendorf 

Le dernier voyage de Gerolf 

Au coeur de la forêt noire de Wittgendorf, il y a une petite poche de verdure au milieu des ronces et des troncs moussus. Dans cette poche verdoyante bénie de Rhya, quelques dizaines de paysans rebelles tentent de survivre tant bien que mal et d'échapper à la fois aux bêtes du chaos et aux gardes du chateau. Et dans cette petite communauté, un groupe de nouveau venus a trouvé refuge. 

Ce matin, ils sont rassemblés autour d'un bucher. Reubke contemple pensivement les flammes, Sariel sanglote dans sa manche tandis que se consumment les restes mortels de Gerolf von Kerker. Grièvement blessé en chargeant seul quatre gardes du chateau dans le petit port privé du chateau, il n'a du son salut qu'à un coup de chance incroyable. Ramené au village, il a repris suffisament de force pour partir à pied à la recherchere du campement de rebelles dont Hilda la meunière leur a signalé l'existence. La marche éprouvante a pris son dû sur le chevalier, mais ce qui l'a finalement terrassé fut un excès de confiance en sa mémoire : il s'est servi d'autorité dans les provisions médicale de Reubke pour remédier à sa condition. Mauvaise pioche. Au matin, l'apothicaire n'a pu que constater le décès de son patron.  

Dans ce lieu où les morts ne restent jamais longtemps dans le sol, la coutume veut désormais que l'on incinère les défunts. Les rebelles n'ont pas le temps de faire connaissance avec Gerolf mais certains matinaux sont venus assister au dernier voyage du noble d'Ubbersreik. 

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Les villageois réfugiés dans les bois se dispersent après quelques instant, laissant derrière eux les trois companions du Meudefleuh et Lothar, qui traine autour du groupe avec curiosité. 

Lothar est lui aussi arrivé dans les bois de Wittgenstein après une désagréable mésaventure à Wittgendorf et cela fait une semaine qu'il se remet de ses blessures tant physiques que morales en se demandant comment il pourra bien faire pour retrouver ses pénates.  

L'histoire de Lothar

Alors qu'il péchait du fretin dans les roselières, l'attention de Lothar a été attirée par les cris de deux hommes en barques échoués dans les racines. Il les a aidé à reprendre le large et en voyant leur incurie à manier les rames, il est monté à bord pour les guider vers une guide nautique qui a établi ses bureaux et son domicile dans l'épave d'un bateau échoué sur un banc de sable. Lothar n'est pas indiscret de nature mais Barke et Hure lui ont paru rapidement assez louche. Il a fini par découvrir que le soi-disant matériel médical contenu dans la caisse était en réalité un cadavre destiné à être revendu au premier médecin désireux d'approfondir ses connaissances en anatomie mais ne voyant pas de prétexte à s'emparer du corps pour lui offrir une sépulture, il les a finalement laissé poursuivre leur route. 

Le jour suivant, une escouade de patrouilleurs fluviaux apostrophe Lothar pour lui poser des questions sur les hommes qu'il a secouru. Lothar passe très près de l'arrestation pour association de malfaiteurs et ne doit qu'à son bagout et peut-être un pot de vin discrèt de ne pas se faire arrêter pour un méfait dont il ignore encore tout : le corps transporté par Hure et Barke n'a pas été récolté sur un gibet ou obtenus de façon consensuelle. C'est le cadavre de l'épouse Grüber, fraichement inhummée, et son époux Hans ainsi que ses beaux-frères, Hans, Hansel et Jan, fulminent.  

Incapable de trouver quelqu'un désireux de s'occuper des deux profanateurs de sépulture dans les tavernes du Reik, Lothar s'est finalement tourné vers la famille en deuil, qui étaient, eux, très disposés à retrouver le corps de leur morte et les deux salopards qui l'ont volés. Et ils loué une barque et recruté Lothar pour les guider sur le fleuve. Fleuve qui les a conduit jusqu'à Wittgendorf. 

Le village était tout sauf engageant et Lothar serait bien reparti sur le champ si les mendiants goitreux n'avaient pas laissé échappé que deux hommes s'étaient arrêté quelques jours avant pour rencontrer le médecin... Médecin qui a effectivement acheté le cadavre pour étude. Bousculé par les Grüber, le médecin a fuit sans demander son reste alors que les trois moissonneurs retrouvaient leur morte dans la cave du cabinet, dénudé et découpé en part comme une carcasse à l'abatoir. Alors qu'ils revenaient vers leur barque en transportant les pauvres restes dans des sac de fortune, ils ont été chargé par un cavalier lourdement armuré qui a piétiné sans merci l'un des frères, embroché un autre d'un carreau d'arbalète tandis que le troisième disparaissait entre les maisons en ruines et que Lothar sautait à l'eau... Il se serait probablement vidé de son sang dans la vase de Wittgendorf si des mains secourables ne l'avaient sorti de l'eau croupie et ne l'avaient conduit auprès des rebelles où la vieille Mamie Goussedail l'a entouré de soins jusqu'à ce qu'il retrouve assez de forces. 

Présentation des rebelles

Sigrid est la chef du camp. Femme d'une petite quarantaine d'année, elle puise dans sa colère contre le chateau l'énergie suffisante pour organiser la vie quotidienne des familles qui se partagent quelques huttes ainsi que les patrouilles qui sécurisent la zone. 

Mamie Goussedail est une vieille femme épuisée qui fait office de cantinière, de rebouteuse et de sage. Elle entoure de soins les poupées de paille dressés sur de petits autels et marmonne en permanence des prières à Rhya - protégeant ainsi le camp des influences corruptrices de la forêt. 

Les Patrouilleurs sont des hommes et femmes d'allure farouche, semblant habitués aux bois et aux armes. Ils vadrouillent armés d'arbalètes et veillent à l'entretient des pièges qui sécurisent le périmètre mais ne ramènent que de rares prises. 

Gabriel a une trentaine d'année. Blond roux, les sourcil fournis, il présente un air de famille avec les Wittgenstein. Et pour cause, c'est un demi-frère issus des amours ancillaires d'un homme de la famille avec une servante du chateau qui s'est réfugié au sein des hors-la-loi après le meurtre de sa mère par son demi-frère. 

Les Familles restent dans le périmètre protégé par la bénédiction de Rhya et des chevaux de frise de ronce et de pieux. On y compte des artisans, des mères s'occupant des enfants trop jeunes pour être laissés sans surveillance, de l'entretient des huttes et de la cuisine et ceux trop affaiblis pour courrir les bois.  

La Vanière est une femme discrète, perpétuellement souriante, qui tresse en permanence des joncs entre ses longs doigts sans repos pour en faire des cordes, des panniers, des cloisons.  Et ses doigts sont vraiment, vraiment longs. 

le Moineau est un gamin anonyme aux grands yeux rond (vraiment rond) qui trotine pied nus, trop innocent pour songer à tenter de dissimuler les plumes qui poussent au-dessus de ses pieds d'oiseau. 

La Glu est une gamine joyeuse et indiscrète fascinée de dépasser Albi d'une demi-main. Le halfelin répurgateur l'a trouvé subitement moins sympathique quand elle a comparé ses propres pieds écailleux aux pieds velus du semi-homme qui s'en débarrasse en l'envoyant tourner autour de Reubke.

En dépit de la bénédiction de la Mère des Moissons, les rebelles ne sont pas totalement préservé des influences corruptrices. 

Tous les enfants ne sont pas pareillement diformes. L'Angelot par exemple est un enfant exquis, aux cheveux blond comme l'or, à la peau de lait, aux joues de roses et si gracieux qu'on le dirait descendu des fresques de la grande cathédrale de Sigmar à Altdorf. Ses parents l'entoure d'une surveillance jalouse.   

Représailles sur Rousseau

Comme la présence de mutants dans les rebelles met les nerfs d'Albi à rude épreuve, que les remarques condescendantes de Reubke vexent Mamie Goussedail et ses aides et que Lothar s'est trouvé une animosité commune avec Reubke, Albi et Sariel contre Rousseau, les quatre compagnons d'infortune décident de s'éloigner du camp et de retourner au village faire une petite visite au bon docteur. Sigrid accepte de les guider, avec deux patrouilleurs. 

En route, ils surprennent une patrouille de gardes de Wittgenstein, accompagné d'une creature mi-homme mi-bouc qui fait office de chien de guerre et renifle le vent, mais l'effet de surprise joue en faveur des hors-la-loi qui exterminent les soldats, l'homme-bête et leur officier. L'idée de revetir les armures des gardes pour passer inaperçu est vite abandonnée après avoir retiré son casque à l'un des soldats et découvert les chairs tuméfiées en putréfaction de l'homme. Seul un des patrouilleurs préfère le blindage d'un plastron à l'hygiène élémentaire et endosse l'armure. Les aventuriers le surveillent d'un oeil inquiet.  

Arrivé à la lisière des bois en fin de journée, le groupe trouve refuge dans le temple de Sigmar pour attendre la nuit noire. Ils se faufillent dans les ruines en évitant les rodeurs, forcent le portail du jardin puis la porte arrière, récupèrent leurs affaires et pillent le cabinet (élixir et vin de Bretonnie, correspondance avec la baronne) puis la cave où ils mettent la main sur la réserve de poudre de malepierre, conservée dans un flacon de verre que personne n'ose ouvrir. Rousseau est proprement égorgé et Albi assouvi enfin ses pulsions purificatrices en mettant le feu à la demeure du médecin. Que la vieille et le jardinier se débrouillent ou périssent dans les flammes ! 

Retour au temple pour passer ce qui reste de la nuit avant de rejoindre le camp au petit matin. 

 

 

lundi 9 juin 2025

T'as voulu voir Wittgenstein et on a vu Wittgendorf

Demi-tour, on retourne vers l'amont et un certain temps plus tard, le promontoire de Wittgenstein est en vue. Le seul mouillage semble être le village situé un peu plus loin que le château, village qui ne paie absolument pas de mine. Petit conseil de guerre pour faire accepter à Renata l'idée d'un passage à Wittgendorf car elle avait fait savoir de façon très claire qu'elle refusait catégoriquement de s'en approcher lors d'un précédent passage à proximité. Elle fini par accepter à contrecœur d'accompagner les aventuriers mais quand on constate que le fond est trop envasé pour faire accoster le Meudefleuh, elle saute sur l'occasion et propose de rester à bord pour piloter la péniche dans un mouillage plus sympathique après que le groupe ait débarqué.

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Wittgendorf -  Jour 1 

Prise de contact

Les aventuriers descendent la caisse de tableaux de famille et leurs affaires indispensables dans la chaloupe, laissant derrière eux Renata et les deux montures. Quand ils accostent au ponton à moitié effondré, une foule de mendiants s'est constituée et ils jouent des coudes pour attirer l'attention. Beaucoup sont estropiés. Quand Albi distribue une poignée de biscuit, c'est tout juste s'il ne déclenche pas une émeute. Finalement, on ne regrette plus que les chevaux soient restés sur le bateaux.

Excepté les mendiants, il n'y a pas grand monde. Le groupe remonte la rue vers le centre du bourg, en poussant une brouette réquisitionnée pour transporter leurs affaire et les tableaux, suivi par les mendiants plein d'espoir, à la recherche d'une personne capable de les renseigner. 

Ils tombent sur un rassemblement. D'abord, ils entendent des cris, les protestations d'un hommes et les cris de douleurs d'un autre. Ensuite ils aperçoivent une femme à cheval, caracolant avec fierté en donnant des ordres. Il faut s'avancer plus et se frayer un passage entre les villageois pour apercevoir le jeune homme qui se débat entre deux hommes d'armes, le soldat qui secoue son épée pour en faire dégouter le sang avant de l'essuyer à la chemise d'un paysan, le vieillard au sol qui hurle en étreignant son avant-bras tranché vif. La main tranchée, elle, n'est visible nulle part. 

La folle ambiance. 

Les aventuriers serrent les dents et les rangs. Avant que la dame ne tourne bride, Gerolf s'avance, se présente et annonce avoir fait la découverte de tableaux de famille appartenant jadis à Dagmar von Wittgenstein, qu'il désire rendre à ses descendants. Il ne fait pas le moindre commentaire sur la scène qui vient de se produire, ni quand le jeune homme se fait assommer d'un coup de poing. La dame se présente à son tour : Dame Margrit von Wittgenstein, elle a à faire au chateau, Rousseau se chargera d'organiser une rencontre. Rousseau, qu'elle appelle d'un claquement de doigt, est un être dont la carrure replète tranche sur les silhouettes émaciées des paysans. Il acquiesce avec empressement et guide Gerolf vers sa demeure sans prêter attention à l'amputé et à Reubke qui, une fois les hommes d'armes parti, s'est agenouillé pour stopper l’hémorragie et suturer avec succès le moignon. 

Jacques Rousseau est d'origine bretonnienne et le médecin de la ville, comme en atteste son diplôme,  encadré derrière son bureau. C'est aussi un grand admirateur de Dame Magrit, il aime se vanter et n'hésite pas à mentir pour se mettre en valeur comme on le comprend quand il offre un verre d'un excellent cognac de sa propre cave, une des dernières bouteilles qu'il a emporté avec lui de son pays natal alors que la bouteille est millésimée de 2510 et qu'il vient d'affirmé s'être installé à Wittgendorf il y a dix ans. Confronté à cette impossibilité temporelle, Rousseau bégaie un peu et avoue qu'il s'agit d'un cadeau de Madame la Baronne qui est de ses très bon amis et qu'il ne voulait pas avoir l'air de se vanter de la faveur de la noble dame !

Auberge de l'Étoile Filante

Rousseau a renseigné aux aventuriers l'auberge tenue par Herbert Marcuse, sur la grand route. L'aubergiste est un homme morose, aux gestes mécaniques, deux paysans sirote une pinte (pour deux). Toute les chambres sont libres. Après concertation, le groupe réserve la salle commune pour ne pas être séparés. Tandis que l'aubergiste disparait pour chercher les draps et préparer la literie, ils tentent de discuter un peu avec les deux habitués. Chose rendue plus facile par l'offre d'une pinte - une bière éventée peu plaisante. Les gens du village vivent manifestement dans la crainte du château et n'osent pas parler ouvertement de leurs suzerain. Pour changer de sujet, on les questionne sur l'humeur sombre de l'aubergiste : il est comme cela depuis qu'il a perdu sa femme et son bébé, emportés tout deux par la fièvre il y a deux ans. En pleine nuit, un orage terrible a éclaté au-dessus du château, puis une pluie noire est tombée sans discontinuer pendant toute une semaine et les gens ont commencés à tomber malades. Ils énumèrent les morts, chaque maison semble avoir été frappée par le deuil. Le médecin a bien vendu des potions à gauche et à droite, il dit que sans son aide, le tribut de Morr aurait été encore plus élevé, mais... Après cela, les plantes ont plus poussé pareil, les gens ont développés de vilaines tumeurs et les naissances se sont faites bien rares... Alerté par cette nouvelle, le groupe demande à voir le potager et le poulailler de l'auberge avant de se décider à commander un repas. Devant l'allure exotique des poules, ils se décident pour une potée de légume, prétextant avoir fait un vœu d’abstinence pour éviter la poule au pot que propose Herbert. 

Le sanctuaire de Siegfried 

La ferveur religieuse d'Albi fouettée par cette narration sinistre, il décide de faire un tour au temple de Sigmar. Celui-ci est abandonné depuis la mort du prête, il y a six mois de cela, écrasé par la chute d'une pique du toit. Gerolf l'accompagne jusqu'au sanctuaire qui se dresse au milieu d'un cimeterre envahi de ronces et de mauvaises herbes. 

L'intérieur du temple est saccagé, le tronc a été forcé, les bancs renversés, certains ont même été débités en petit bois. Cependant l'autel est intact, comme la statue de Sigmar, une main serrant Gal Maraz, l'autre levée en salut, ainsi que les deux lampes qui éclairent le sanctuaire. 

et les deux lampes sacrées qui la flanquent illuminent la pièce. En dépit de la désolation de l'endroit, Albi et Gerolf se sentent étonnamment ragaillardi et ils s'approchent audacieusement de l'autel, feuillettent le livre sacré qu'aucune main n'a osé profané. Dessous, Albi découvre une feuille de parchemin. Il entreprend de la lire en ânonnant, avant de la tendre à Gerolf qui a lit pour lui : 

Et tous ceux-là qui vénèrent le Chaos trembleront et désespèreront. 
Car quand les Nains retourneront à Zayon et une comète à deux queues traversera le ciel,
Bien que les portails du Chaos soient ouverts, les hordes de mutants périront
Au milieu d’une foule de frères en guerre, un étendard est déployé.
Ralliant Hommes et Nains derrière lui dans la bataille de la fin du Monde

 Lorsqu'il fini la lecture à voix haute, Gerolf entendu une voix intérieure qui l'interroge impérieusement

L'HEURE EST PROCHE. ÊTES VOUS PRÊT ?

 Albi l'entend réfléchir à haute voix et répondre : oui, absolument !

 JE VOUS ENVERRAI UN SIGNE. ALLEZ MAINTENANT ET 
TROUVEZ LA SOURCE DU CHAOS QUI GÂTE MES TERRES 

Aussitôt, Gerolf se sent reposé et la douleur sourde qui lui vrillait les lombaires disparait. Albi le voit faire jouer ses muscles et s'étonner de sa forme retrouvée, et il se saisi du papier pour le lire à haute voix, en trébuchant sur les mots compliqués. La même question lui est posé et Albi y répond avec la ferveur du zélote, entrainant le même effet. Gerolf et Albi décident d'aller chercher Reubke et Sariel. En plus, l'un des deux sera peut-être capable de déchiffrer les légendes du cycle de fresque qui s'étale sur les voûtes et qui montrent un chevalier auréolé de lumière affrontant des bêtes déformées, un temple et une cérémonie imposante. Gerolf fait jurer à Albi de ne rien tenter en son absence et trotte jusqu'à l'auberge. Bien entendu, Gerolf revient avec Reubke et Sariel, il retrouve Albi furetant dans le scriptorium, seule pièce qui était toujours verrouillée et donc seule pièce qui n'a pas été saccagée. 

Maintenant que le scriptorium est ouvert, le groupe épluche les archives du village afin de vérifier si celles-ci corroborent les histoires des deux villageois. Les archives ont été tenues avec régularité jusqu'à l'automne précédent. Les morts sont bien plus nombreuses que les naissances, les cérémonies sont tristounettes et les évènements notables rapportés ne sont jamais joyeux : récoltes décevantes, vendanges ratées, une brebis agnèle un agneau à cinq pattes, des gens disparaissent, ce genre de choses. En remontant le temps, Reubke parvient à la nuit de la fameuse tempête. Le prêtre note que l'orage a éclaté au milieu d'une nuit sans nuage, que les éclairs semblaient s'élever plutôt que frapper le château Wittgenstein, si fort qu'on y voyait comme en plein jour. La pluie qui s'est abattue ensuite était noire et puante, chargée d'une poussière empoisonnée et pour le prêtre il ne fait nul doute que celle-ci est la cause de la fièvre qui a ravagé le village. Un tiers de la population de Wittgendorf a succombé durant les semaines suivantes. Reubke continue a éplucher les archives, remontant les années puis les décennies. L'écriture change plusieurs fois et devient plus compliquée à lire au fur de ses recherches. Un siècle plus tôt, Wittgendorf semblait une petite bourgade plutôt prospère aux vignobles relativement reconnus. Il trouve une mention du départ d'un groupe de villageois avec Messire von Wittgenstein et plus quelques semaines plus tard il est fait mention d'un service à la mémoire de disparu. A l'automne suivant, les vendanges sont décevantes. Pendant l'hiver, le vin tourne. L'année suivante, la vigne ne donne pas mieux. Les négociants délaissent le village dont la production n'est plus à la hauteur de leurs espérances. C'est le début du déclin de Wittgendorf.

Après cette peu réjouissante lecture, ils délaissent le scriptorium pour revenir à l'autel. Reubke et Sariel lisent à leur tour le parchemin, répondent affirmativement à la question mentale et se sentent également tout ragaillardi. Sariel entreprend de déchiffrer les légendes des fresques du plafond. Elles relatent la construction du temple sous le règne de Boris 1er pour commémorer le lieu d'une bataille mémorable de Sigmar et des armées naines contre des monstres, puis comment le preux chevalier Siegfried von Kesselring a défendu à lui seul le temple d'un assaut de bêtes des forêts jusqu'à l'arrivée des renforts. La victoire remportée, le chevalier a rendu l'âme dans les bras de ses compagnons et il a été inhumé dans ce sanctuaire, dans son armure et avec sa vaillante épée à ses cotés. La mention de la sépulture du saint chevalier pique l'intérêt de Gerolf et Albi qui examine les bas-cotés du temple. Pas de sarcophage en vue. Reubke, désœuvré, saute pour claquer un high-five à Sigmar, A sa surprise, la main bouge doucement. Il se pend au bras, qui pivote sur son axe tandis qu'une dalle se dérobe devant l'autel pour dévoiler un escalier qui s'enfonce sous terre. 

Gerolf, Sariel et Albi s'aventure dans la crypte pour découvrir un spectacle désolant. Toutes les tombes ont été éventrées et le sol est jonché de débris d'os, beaucoup ont été brisés. Toutes sauf une, qui demeure inviolée. L'épitaphe qui brille doucement les renseigne sur l'identité du défunt : le preux Siegfried. Le plomb qui scelle la lame funéraire est doucement gratté jusqu'à ce que la dalle puisse être retirée. Le chevalier repose sur un lit de plantes qui dégagent encore une douce odeur d'aromates, habillé de son armure, les mains reposant sur la garde d'une épée longue. Gerolf tend l'épée à Albi et tente de retirer des pièces de l'armure, sans grand succès. Albi fait glisser la lame du fourreau pour admirer la lame, ornée de runes naines que ni lui ni Sariel n'arrivent à lire. Quand Gerolf se désintéresse des restes du chevalier, sa proposition de briser les os du saint n'ayant pas rencontré d'écho favorable, et teste l'épée, il est surpris du poids de celle-ci, qui lui semble immaniable, alors que ni Albi ni Sariel n'ont la moindre difficulté à la brandir. Cela le vexe un peu. 

La crypte se termine par un autre escalier qui débouche dans un sépulcre, dans le cimetière du sanctuaire et le trio revient au temple en zigzagant entre les tombes, les fosses, les ronces. Des fragments d'os apparaissent ci et là. Ils ont été brisé délibérément et l'expérience de cuisinier d'Albi lui souffle que ce sont les os à moelle qui ont fait l'objet de ce traitement. 

Ensuite, le groupe revient à l'auberge avec son butin. Sur le chemin, ils voient un mendiant au prise avec un chien. Albi se précipite au secours de l'indigent mais alors qu'il s'attend à le voir fuir le chien, le mendiant se rue sur la bête pour le poignarder à mort avant de le trainer dans une ruine avec la ferme intention de le boulotter. Ça coupe un peu l'appétit du halfelin.

Balade digestive en soirée - nécrophages et cannibales.

Après le repas dans l'auberge désormais vide, et alors que les habitants sont tous rentré chez eux, les aventuriers décident de sortir pour une promenade digestive. L'aubergiste avait déjà barré la porte et il s'oppose à ce que le groupe sorte de nuit jusqu'à ce qu'à force d'insister, il laisse le groupe sortir, leur demandant de frapper et de s'annoncer pour qu'il déverrouille la porte. La promenade vespérale dans le village est sinistre, toute les maisons qui ne sont pas en ruine sont claquemurées. Aussi le groupe retourne vers le temple, le seul endroit qui leur a paru un peu chaleureux. Le cimetière est envahi de brume qui dissimule les irrégularités du terrain et ils trébuchent plus souvent qu'à leur tour. Rapidement, il leur semble que l'abandon n'explique pas à lui seul l'état des lieux. D'autant qu'ils comprennent rapidement qu'ils ne sont pas tout seul : quelques personnes dans un état de crasse repoussant sont assemblés autour d'une fosse ouvertes. Ils se dispersent face au nombre et les aventuriers, un peu inquiets de ce dont ils ont été témoins, continuent jusqu'au temple. Là, ils découvrent un petit groupe de va-nu-pieds occupés à saccager le scriptorium qu'ils avaient laissés ouvert derrière eux. Furieux, Reubke se rue en avant pour tancer les vandales, le reste se ruant à sa suite pour le seconder face à des créatures qui ne s'avèrent pas très ouvert à la réflexion. Ceux-ci sont finalement mis en déroute et s'enfuient par la crypte béante, les aventuriers sur les talons. Sortant par le sépulcre, les aventuriers s’aperçoivent rapidement que c'est maintenant eux qui sont en sous-nombre et ils décident de revenir vers le village sans tenter plus la chance. De retour à l'auberge, ils montent dans la salle commune et décident de veiller chacun à leur tour. Vers la moitié de la nuit, un grattement se fait entendre contre la façade. Reubke, qui est de garde, aperçoit deux mendiants qui tentent de forcer la porte lourdement barrée. Il leur balance le contenu du pot de chambre à la gueule et grimace de dégout en voyant l'un des deux s'emparer d'un étron tout frais pondu pour l'avaler goulument avant que l'autre n'ait le temps de lui voler sa prise. 

Folle ambiance ! 

Wittgendorf -  Jour 2

Après les émotions de la nuit, les aventuriers questionnent prudemment Herbert Marcuse sur les activités du cimetière. L'aubergiste se crispe à la mention de violation de sépulture. Il est évident qu'il n'en ignore rien et que le sujet lui est pénible. Reubke fait le lien entre les violations de sépulture, les actes de nécrophagie nocturnes dont il pense avoir été témoin et le deuil qui a frappé l'aubergiste et il change de sujet. Quand un des habitués rentre en raclant ses semelles et en ralant sur la merde étalée devant l'auberge, Reubke avoue qu'il est responsable et raconte la tentative d'effraction de l'auberge dont il a été témoin. Herbert est en alerte et offre la tournée de bière pour le remercier de sa vigilance. Au petit déjeuner, ça pique un peu.  

Le moulin du village. 

Albi et Gerolf partent faire un tour. Découverte du moulin banal, tenu par Hilda, jeune femme méfiante, et Hans son grand-père. Ils deviennent presque hostile lorsque Gerolf mentionne l'invitation à diner avec la baronne et Rousseau. 

On demande un pédiatre (ou un vétérinaire)

Reubke et Sariel, pas motivés par une balade, restent à l'auberge. Une jeune femme se présente pour voir Reubke - la rumeur qu'il est un soigneur s'est répandue après sa prise en charge de l'amputé. Son bébé - un paquet de lange qu'elle serre contre son sein - ne s'alimente plus depuis une semaine. Reubke s'attend à découvrir un petit cadavre sous les langes et l'entraine à l'étage dans la chambre pour plus d'intimité. A son soulagement, lorsqu'il prend le petit corps des bras de sa mère, il le sent remuer vaguement. A sa consternation, quand il défait les langes, il découvre une créature qui n'a rien d'humain: le bébé n'a ni bras ni jambe ni cou ni visage. C'est une grosse saucisse de chair doté d'un sphincter qui tête machinalement le vide. La mère ne commente pas son apparence, comme si elle était parfaitement normale et Reubke ne sait que faire, sinon qu'il ne faut pas qu'Albi, revenu de sa balade, ne pose les yeux sur le nourrisson sinon il va vouloir le faire brûler. Il diagnostique une infection des seins chez la mère, qui ne parvient plus à allaiter, mais ne sait que faire pour l'enfant. En désespoir de cause, il pense au miracle du temple de Sigmar et convainc la mère de venir prier pour son rétablissement. Reubke espère que la lecture du parchemin aura les mêmes effets sur l'enfant que sur eux ; Hélas, non. Il parle alors de saignée et de bain de sel, ce qui effraye la mère qui bat retraite avec son nouveau-né. 

Soirée VIP chez Rousseau

C'est définitif, les aventuriers ne bougent plus de l'auberge avant la soirée, et ne l'attendent pas avec grande impatience. L'arrivée d'un carrosse descendant la route du château et qui tourne pour se diriger vers la maison du médecin signale que l'heure du rendez-vous est arrivée. En plus du cocher, il y a un soldat assis à coté de lui, deux autre accroché à l'arrière de la caisse et six soldats qui marchent au pas cadencé derrière. Tous sont lourdement arnaché, avec cuirasse, casque complet et bras d'armure. 

Les aventuriers se mettent d'accord sur une version expurgée de l'acquisition des tableaux: pas question de parler du laboratoire de Dagmar, ils les ont trouvé dans une ancienne tour abandonnée, pas dans une cave aux finalités suspectes. Et ils se mettent en route, Gerolf a abandonné l'idée de mettre ses plus beaux habits pour se parer de sa cuirasse, son casque et sa rapière tandis que les autres prennent avec eux le minimum de dague ou couteau. 

Chez Rousseau, les préparatifs du repas battent encore leur plein. Un garde du château joue les sorteurs et retient Gerolf le temps que Rousseau n'arrive. Celui-ci invite les aventuriers à se débarrasser de leurs manteau avant de les introduire dans son cabinet où la baronne attend déjà. Il insiste lourdement sur le fait de se débarrasser, jusqu'à ce que Gerolf dépose également sa rapière et les autres les armes qu'ils n'ont pas dissimulé. Dés qu'elle passe la porte, Sariel se sent mal à l'aise : un arrière-gout métallique dans la bouche, un inconfort comme une sensation de migraine derrière les yeux. 

Dans le cabinet, la baronne est assise sur le canapé, un verre de cognac à la main, Rousseau s'affaire, sert un verre à chacun, va et vient entre le cabinet et la cuisine pour surveiller les préparatifs, apporte des amuse-bouches... Gerolf entretient la conversation avec la baronne sans pouvoir toutefois empêcher quelques silences très lourds et pesants. Il est question de la paresse des villageois, du laxisme des lois contre les mauvais traitement des serfs inspirés par ce "nouveau" culte de Shallya, de la description de la tour à signaux et de la quête des aventuriers - hormis le lieu où ils ont trouvés les tableaux, Gerolf raconte tout à la baronne : les attaques de la secte de la Main Pourpre, la malédiction dont il a été affligé, les quatre jours de canoé dans les Collines Stériles, la Cuvette du Diable et l'attaque des hommes-rats... - et  la comparaison des mérites physiques des hommes et des nains et des particularités pilleuse des halfelins Les façons désinvoltes et le choix de mots employés par la baronne laisse entendre qu'elle ne fait pas une grande différence entre un cheval de trait et un paysan - et Albi, qui s'est fait tirer la jambe de pantalon pour exhiber ses chevilles velues - espère que cela s'arrête là, que cela ne va pas jusqu'à confondre paysans et gibier. 

Finalement on passe à table - le repas est offert par la baronne qui a fait livrer une volaille tirée de sa propre volière. La pièce de viande tient plus de l'autruche que de la caille et elle est rôtie à point, juteuse et croustillante à la fois, accompagnées de tubercules venant du potager du château et arrosé de vins de la cave de Rousseau, qui vante le millésime exceptionnel de son vin - mais on sait déjà que Rousseau peut mentir sans ciller sur l'origine de ses boissons. Reubke repère une odeur suspecte dans la boisson mais n'ose pas faire de commentaire à voix haute.  

Quand Gerolf mentionne son espoir d'être invité au château afin de présenter ses hommages à Monsieur son père le Baron, la baronne hausse un sourcil surpris et répond d'un large sourire que cela pourrait bien s'organiser et très bientôt encore. Et Sariel pique du nez dans son assiette. Gerolf se lève pour la secouer et la tête lui tourne, ses jambes se dérobent. Albi et Reubke le voient tituber, voient le sourire satisfait de la baronne et comprennent qu'ils ont été drogués. Ils sont cependant incapable d'opposer une résistance autre que symbolique et insultent Rousseau et la faloble de degérénée, qui rit et se moque d'eux. 

Réveil au château 

Gerolf est le premier à reprendre conscience, assis, secoué au rythme du trot d'un cheval. Il ouvre les yeux en posant une question réflexe et un coup de poing sur la tempe le replonge dans l'inconscience. Il se réveille à nouveau, étendu sur des dalles humides, un rat détalle de son épaule pour se réfugier dans de la paille moisie, puis Reubke reprend conscience, Albi et enfin après tous les autre Sariel. Ils ont été jeté dans ce qui est de toute évidence un cachot étroit, fermé par une grille qui donne sur un couloir très faiblement éclairé. 

Gerolf a déjà fait connaissance avec les occupants des cellules voisines : Anselm von Kerkeburg, un collecteur d'import et un ancien ami d'enfance (au sens le plus large ; il s'agissait d'un petit geignard qui faisait office de souffre-douleur. Il n'est pas spécialement ravi de reconnaitre Gerolf et reprend rapidement son rôle de souffre-douleur, Reubke et Albi n'ayant pas de sympathie pour la bureaucratie impériale). Anselm est manifestement enchainé, à en juger par les tintements métalliques. Cela fait six mois qu'il croupit dans cette cellule et son escorte a progressivement été décimée. Entre sa cellule et ceux des aventuriers, au moins deux paysans de Wittgendorf intervienne pour supplier de baisser le ton pour ne pas attirer l'attention du geôlier et tortionnaire.

Une fois repris ses esprits, Sariel lance une incantation pour déverrouiller la grille de la cellule. Comme ils ont été désarmés - et que Gerolf a été dépouillé de sa cuirasse et de son casque - les aventuriers optent pour la prudence ; la cruche d'eau ébréchée constitue une piètre arme improvisée à se partager entre quatre personnes. Albi va jeter un oeil sous la porte du couloir des geôles.

Le geôlier. 

Soudain une porte s'ouvre au loin et un pas lourd résonne dans un couloir. Les autre prisonniers gémissent de peur et se recroquevillent dans leur cellules. 
Albi revient rapidement se pelotonner au fond de la cellule. 
Reubke et Gerolf font le chemin inverse pour s'embusquer à coté de la porte - qui s'ouvre pour les dissimuler à la vue du monstre qui entre dans le couloir en se dandinant. Ils ont déjà entendu parler de nobles qui louent les services d'ogres, nul doute qu'un de ceux-ci a du laisser un petit bâtard derrière lui. La créature frôle le plafond du couloir de la tête. Gerolf et Reubke l'attaquent par surprise et l'égratigne à peine. En revanche le monstre est surpris de voir les prisonniers hors de leur cellule.
Sariel profite que le géant se soit retourné vers ses assaillants pour jaillir de la cellule et asséner un grand coup dans le creux du genou du monstre qui le fait tomber sur les rotules. 
Albi saute à la tête du geolier pour lui tirer les oreilles, lui griffer les joues et l'étourdir de ses hurlements. 

Désarmé, Gerolf se rue dans le couloir pour voir s'il ne peut pas trouver quelque chose faisant office d'arme : il met la main sur un tisonnier qui chauffe sur un brasero et une grande paire de tenaille, les attrape et fait demi-tour aussitôt. 
Reubke attrape la torche qui grésillait au mur et l'écrase dans la face du mastodonte. 
Sariel incante rapidement un sort pour ouvrir la porte de la cellule des paysans. Deux restent pelotonnés contre le mur, tétanisé de terreur, un autre se rue droit devant lui dans le couloir et se cogne au mur en voulant éviter Gerolf pour finir par rouler au sol. Il n'entend pas Gerolf qui lui ordonne de rester là, et rampe pour se remettre d'aplomb. 
Albi, toujours agrippé au dos du monstre, tente de lui crever les yeux de ses ongles. 
Le goliath lance une main par-dessus son épaule, attrape Albi et lance ce projectile de fortune sur Reubke. Reubke esquive, Albi s'écrase douloureusement au sol. 

Gerolf lance la paire de tenaille plus ou moins en direction de Sariel et assène un grand coup de tisonnier en pleine face du monstre et maintient la barre rougie. 
Reubke refrappe à nouveau de sa torche. 
Albi rampe au sol pour s'éloigner comme il peut et ne pas servir à nouveau de massue improvisée. 
Sariel ramasse les tenailles, plonge sur la gorge du monstre, pince, serre et tire, arrachant peau, chair et vaisseaux. 
Le monstre s'écroule et se vide de son sang. 

Évasion ou invasion

Sariel ouvre les autres cellules et les chaines du prisonnier grâce à sa magie. Les deux paysans valides et le collecteur d'impot se glissent hors de leur cellule et suivent les aventuriers qui ouvrent la marche.

La salle où Gerolf a troucé les pinces et le tisonnier est manifestement une salle de torture, le mobilier couvert de sang coagulé ne laisse aucun doute. Et il a un spectateur a demeure : dans une cage trop petite pour qu'on y tienne autrement qu'en position fœtale, un homme contemple sans rien dire les aventuriers. Quand on lui propose de l'aider à sortir, il refuse, il est très bien ici, Peter n'aimerait pas le voir sortir et il n'a plus l'habitude. On n'insiste pas et on le laisse croupir dans sa cage ; Sariel a ouvert la porte, il sortira ou non quand il le voudra. 

Ils poursuivent dans un autre couloir, qui débouche à un croisement : un embranchement mène à un escalier en colimaçon, un autre à un escalier droit et repèrent trois portes. L'une donne sur une vaste pièce divisée par des grillages corrodé. Une grande ouverture grillagée au plafond permet même aux humains d’apercevoir un magma organique qui tapisse le fond de la pièce. Quand un frisson secoue la surface, Gerolf fait un pas en arrière et referme la porte. Rien à voir par ici. 

L'autre porte servait de chambre au monstre. Gerolf y retrouve sa cuirasse et son casque, mais pas sa rapière ni les manteaux, sac et couteaux des autres. Ils commencent à se dire que ceux-ci son rester chez Rousseau et qu'il y a de l'incendie vengeur qui se prépare. 

La porte la plus proche de l'escalier droit donne dans une cave à vin. Albi ouvre les robinets des tonneaux et tout le monde quitte la pièce avant d'avoir les pieds trempant dans deux doigts de vin. 

Ils montent l'escalier, les deux paysans et le collecteur d'impôts toujours sur leurs talons et arrivent dans une vaste salle de réception. Vaste en longueur, largeur et en hauteur sous plafond. Une longue table de banquet occupe le centre de celle-ci. De longs poils de moisissure se développent dans les plats et les assiettes qui n'ont pas été débarrassées. Des armures, trophées d'armes et trophées de chasses décorent les murs. 

...Et dans une coussiège dans l'embrasure d'une fenêtre, un vieillard ridé comme un pruneau ronfle doucement. Sariel s'approche à pas de loup, lui flanque une serviette entre les dents pour étouffer d'éventuel cris puis lance le sort mineur de sommeil sur lui et une fois qu'il a replongé dans l'inconscience, Sariel et Gerolf le soulèvent doucement par ses vêtements pour le tirer jusqu'au geôles du sous-sol afin de l'interroger discrètement. L'interrogatoire est décevant, le vieillard est à moitié sourd et absolument sénile. La seule information qu'on peut en tirer est que Monsieur le Baron réside dans la Tour avec ses enfants et ses animaux (s'agit-il d'enfants qu'il traite comme des animaux, d'animaux qu'il traite comme des enfants ou d'animaux qui sont aussi ses enfants ? Toutes les possibilités restent ouvertes). 

Retour à la salle de banquet. Le groupe jette un oeil par les fenêtres : la pièce donne sur une cour intérieur. Une aile forme un angle droit sur la gauche, une sorte de serre s'élève sur la droite et au-delà de la grille qui donne sur le charnier dans les geôle, on voit la façade d'un temple et une haute tour circulaire puis un fouilli végétal qui dépasse du mur d'un jardin clôt. 

Ils n'osent pas traverser l'espace découvert de peur d'être vu par des gardes et grimpent l'escalier menant au demi-étage en mezzanine, les prisonniers libérés toujours sur les talons, mais commençant à se demander s'ils font bien de suivre le groupe de têtes brûlées qui investiguent les pièces ouvrant sur la mezzanines une par une.  

La première est l'atelier d'un taxidermiste manifestement très doué et à l'esprit très dérangé : parmi les spécimens on peut relever un sanglier, un ours, un homme-bête, une servante plus vraie que nature assise dans un fauteuil, un jeune homme au sourire figé... Réflexion faite, celui-ci n'est pas empaillé car il fonce sur Sariel qui l'évite et est arrêté d'un coup d'estoc de tisonnier en pleine face par Gerolf. Il a un air de famille manifeste avec Margrit von Wittgenstein. Dans le matériel de taxidermie, on déniche assez de couteaux et scalpel pour équiper tout le groupe. 

La pièce suivante est une salle de musique. Les instruments sont désaccordés, vermoulus, hors d'usage. 

La troisième pièce est un cabinet d'aisance. Malheureusement Reubke ne peut pas se réapprovisionner avec son projectile favori, le pot de chambre, car la chaise percée donne directement sur l'a-pic au-dessus du Reik. 

Hormis quatre armures d'apparat, il n'y a rien d'intéressant sur la mezzanine. Après inspection, les armures sont trop mal entretenues pour qu'on envisage de leur emprunter des pièces. Les mannequins ultra réalistes sur lesquelles elles sont exposées sont en réalité des cadavre empaillés ou momifiés. Çà coupe l'envie d'y toucher. 

Donc on continue à grimper et alors que Reubke pose le pied sur la dernière marche de l'escalier menant de la mezzanine au premier étage, il entend très distinctement "Attention ils arrivent". Puis "Ils sont presque là - que faites-vous ici, pauvres fous ? - Vous allez crever - Ils hésitent ? Ils ont peur ?"

Reubke franchi l'espace libre entre l'escalier et la première porte qui lui fait face pour quitter cet espace si exposé, mais avant qu'il n'ouvre la porte, Sariel lui ordonne de s'arrêter. La magicienne qui a le don de seconde vue a senti la présence d'un mort sans repos dans la pièce !

(cliffhanger !)