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mercredi 1 mars 2023

Backertag 3 Pflugzeit 2512 - Un pour tous et tous sur sa gueule !

La foire s’est achevée la veille et la ville se vide doucement de ses visiteurs annuels. Dès qu’il est levé, Messire Gerolf va chercher son mouton au Schaffenfest. Là aussi, les forains et les marchands replient leurs tentes et leurs étals et remballent la marchandise non vendue. Du terrain de foire, Gerolf remonte fièrement la Nulnweg et la Haffestrasse pour conduire le petit bélier au Bérébeli et le confier aux bons soins de Josef. Celui-ci, qui n’avait pas été prévenu, est légèrement contrarié. En chemin, Gerolf est interpelé par une bande de gros bras en habit de travailleurs manuels mais ne se laisse nullement désarçonner

Le reste des aventuriers se prépare en hâte et se demande où trouver de l’aide :

  • à Richter ? Il est tiré d’affaire désormais, mais il est toujours très vaseux et suggère de demander de l’aide au capitaine de la garde, sans réaliser que c’est au retour de sa visite à ce même capitaine qu’il est tombé gravement malade.
  • ...auprès des différents temples de la ville ? Il est bien trop tard pour nouer des relations avec le clergé local et Greta Harboka, aussi aimable qu’elle soit, n’a pas tout à fait la carrure d’un templier…
  • Chez Magirius ? Justement, celui-ci leur fait savoir par un domestique qu’il souhaite les voir immédiatement.

La demeure de Magirius est une belle maison s’élevant dans le quartier huppé de Addel Ring. Quand ils se présentent à la porte, un jeune domestique leur ouvre et, tout sourire, les conduit au bureau de Frederich Magirius où il les laisse devant la porte entrouverte. Curieusement (…non) le sourire enjoué du jeune garçon a brusquement crispé les aventuriers, qui ont hésité un moment entre le suivre dans la maison ou prendre leurs jambes à leur cou… Quand ils pénètrent dans le bureau de Magirius pour le découvrir effondré derrière sa table de travail, le visage baignant dans une marre de sang, la gorge tranchée et un poignard ensanglanté près de son visage, ils sont très sérieusement regretté de ne pas avoir suivi leur première impulsion. C’est à peine si Reubke prend le temps de relever le pouls – il n’y en a plus – avant que tous le monde ne batte en retraite vers la porte. Mais alors qu’il est agenouillé auprès du cadavre du marchand, il remarque que celui-ci sert dans une main quelques papiers froissés et que, de son autre main aux doigts trempés de sang, il a tracé des lettres : 

ENTRP 1* (*13? 17?) 

Alors qu’ils atteignent la porte du bureau, le jeune domestique surgit devant eux, toujours tout sourire :

- Vous auriez dû partir de la ville quand vous en aviez l’occasion !" dit-il d’une voix grave tout à fait inédite dans la gorge d’un garçon prépubère. Puis, d’une voix suraiguë qui correspond mieux à son apparence "A L’AIDE ! A L’ASSASSIN ! ON A TUÉ MON MAITRE !" et éclate d’un rire profond en se mettant à léviter et à se dématérialiser.

Portrait d'un Ecolier - Jan Van Scorel - 1531. Petit garçon blond aux yeux très sombre qui nous regarde, un léger sourire sur les lèvres.
Un inquiétant petit garçon

Personne ne reste pour admirer le phénomène et le groupe fuit à toute jambe. Une fois sorti de la propriété, ils ont l’idée de se séparer, se donner rendez-vous au bateau de Joseph et de partir chacun par une voie différente en espérant qu’un elfe, un nain, un hobbit et deux humains seuls attirent moins l’attention que leur groupe hétérodoxe.

Alors qu’ils courent, ils entendent des appels à l’aide venant du quartier artisan, et une fumée noire s’élève au-dessus des toits. Gerolf, qui se dépêche, a la surprise de croiser son bon Reubke, son apothicaire attitré, qui vient vers lui en courant ventre à terre, avec aux lèvres ce grand sourire narquois que les aventuriers ont désormais l’habitude de surprendre chez des gens de Bögenhafen. Derrière lui, une foule de gens en colère qui le suit… Et Gerolf leur cède le passage en désignant la direction prise par son domestique de la main. …Est-ce bien Wilfried ? Sans doute que non mais Gerolf va encore se poser la question quelques temps.

Bien qu’ils soient tous arrivés au port et au bateau de Joseph sains et saufs, ils ne sont pas tiré d’affaire pour autant. La milice fouille la ville et les bateaux à la recherche d’un groupe d’assassin et d’incendiaire et Joseph, cette fois, est bien prêt de les dénoncer à la garde. S’il n’obtient pas TOUT DE SUITE une EXCELLENTE explication, il n’y a plus d’amitié qui tienne, cela suffit ! Depuis qu’il les connait, il a été accusé de meurtre à Altdorf, il a été agressé à Weissbruck, il apprend qu’il doit maintenant conduire une apothicaire à Weissbruck, on lui livre un mouton et de nouveau, la garde veut fouiller son bateau à la recherche d’assassins ? Cela suffit !

Vox l’apaise et se décide à lui confier tout ce qu’ils ont vécu jusqu’à présent. Absolument tout. Et chacun de sortir les documents accumulés jusqu’à présent pour les faire examiner à Joseph, qui les croit. Quand la garde se présente à son bateau, il affirme avec conviction qu’il connait effectivement les personnes décrites mais ne les a plus revus depuis la veille et s’ils devaient se présenter, il ne manquera pas de prévenir les autorités…

Une longue journée d’attente s’ensuit.
La lecture des papiers trouvés chez Magirus est instructive : 

Etelka Herzen écrit des Crêtes Noires - Grissenwald / Nuln : 

Mon cher ami, 

Voici le parchemin dont vous avez besoin pour le rituel que vous avez mentionné dans votre dernière lettre. N'oubliez pas que le Temple pour une telle entreprise doit être correctement sanctifié avec du sang frais.

 Comme toujours, je suis remplie d'une admiration sincère devant les hauteurs , ou devrais-je plutôt dire les profondeurs, auxquelles votre savoir vous a permis d'accéder.

Il me semble que c'était hier encore que, dilettantes inexpérimentés que nous étions alors, nous implorions le Grand Maitre de nous accorder sa tutelle. Et maintenant… (blablabla) Peut-être un jour pourrais-je moi aussi suivre vos traces illustres ?- Etelka Herzen

La seconde lettre provient de la résidence Teugen et a été subtilisée visiblement après avoir été cachetée mais avant d'avoir été envoyée. 

Chère Etelka

J’ai bien reçu le parchemin et la lettre des mains de votre courrier. Je vous prie d’accepter les témoignages de ma plus sincère gratitude pour votre assistance.

Mes préparatifs sont maintenant presque achevés. J’ai persuadé les sept têtes des familles marchandes de premier ordre de la ville de prendre part au Rituel.

Ils sont de bien entendu complètement ignorants de sa véritable nature. Je les ai persuadés qu’il devait garantir le succès de nos entreprises commerciales.

Leur vénalité causera leur perte. 

Lorsque tout sera achevé, mon triomphe sera grandiose. Non seulement leurs âmes auront payé pour ma dette à Gideon mais j’aurai aussi vu la fortune de tous mes concurrents s’effondrer avec eux.

L’heure approche et je contiens à grand peine mon excitation. Je vous écrirais encore pour vous faire part du résultat du rituel

Johannes Teugen 

Le mal qui ronge Bögenhafen a des ramifications ailleurs ! Teugen a une complice, avec laquelle il a appris à à quoi ? (…invoquer des démons ? d'autres arts sombres?) et elle se trouve hors de la ville, du coté de Nuln !

Quant aux desseins de l'Ordo Septenarius, ils sont bien loin de l'œuvre de bienfaisance à laquelle croyait le défunt Magirius mais également bien loin du rituel pervers garantissant fortune et succès aux membres de l'ordre impliqué !

Le soir, la garde continue de patrouiller bien que de façon moins intensive mais des portefaix et des dockers s’assemblent autour d’un entrepôt précis. L’entrepôt n°13. Après quelques instant encore, voila qu'arrivent neuf personnes et quelques gardes privés, Johannes et Gidéon Teugen à leur tête.

Le groupe quitte le bateau en tapinois, après avoir négocié avec Joseph qui voulais les accompagner pour qu’il reste à bord du navire mais prêt à lever l’ancre immédiatement s’ils reviennent en catastrophe.

Ils s’approchent de l’entrepôt n°9 où une échelle permet de grimper jusqu’au toit et puis de là saute sur de toits en toits jusqu’à l’entrepôt n°13. Le bruit attire l’attention d’un garde, mais un lancer de bardeau (une tuile de bois) arraché au toit de l’entrepôt et jeté dans une allée latérale mène les gardes sur une fausse piste. Le plan est très simple : tout cramer. Ils se sont munis d’une lanterne sourde et de suffisamment de bouteilles d’huile ou d’alcool à cette fin.

Les aventuriers continuent d’agrandir le trou amorcé pour écouter les échanges entre les personnes présentes dans l’entrepôt. Ainsi, ils aperçoivent un grand cercle tracé à terre, avec une grande étoile en son centre, des chandeliers disposés autour, les membres de l’ordre en toge sombre formant un cercle et Teugen, impatient, tenant d’une main un poignard et de l’autre un rouleau de parchemin. Une charrette arrive en grinçant jusqu’à la porte et deux dockers en descendent un sac qui se débat faiblement et contient de toute évidence une personne peu consentante

Plus question d’attendre de voir ce qui va se produire ni de quelle façon le malheureux prisonnier de son sac va être écœuré par Teugen. Alors que les deux dockers trainent le sac vers l’entrepôt, Gerolf tire son épée et saute d’un bond du toit sur eux, initiant la grande Séquence de Combat Final !*

Des bouteilles enflammées sont lancées sur le cercle d’invocation (elles visaient Teugen en réalité) puis Albi entreprend de bombarder de balles de fronde Johannes et Gidéon. Sariel tente d’incanter un sort, quant à Wilfried, il apporte essentiellement un support moral – ou démoralisant – en hurlant aux cultistes qu’ils se sont fait berner, qu’ils vont tous périr, que Teugen veut invoquer des démons, qu’il n’y a pas de richesses et de prospérité… Et Vox saute du toit à son tour, marteau au poing, sur les dockers à l’extérieur. Celui qui le reçoit sur le coin du crâne ne s’en relèvera pas. Le sac se tortille vaguement et le prisonnier dedans tente de ramper pour se mettre à l'abris d'un combat qu'il ne voit pas mais entend.

Johannes Teugen ordonne à ses hommes qu’ils lui amènent la victime - qui n'a pas attendu patiemment qu'on se souvienne de son existence, Vox voit le sac se tortiller tandis que le prisonnier tente de ramper loin du combat qui fait rage autour de lui - et qu'on s'empare des aventuriers qui vont tout gâcher, mais ses ordres ne sont pas suivis avec beaucoup d'enthousiasme, encore moins d'efficacité. 

Gidéon incante des traits enflammés qu’il lance vers les assaillants sur le toit ou sur la rue… Albi a les poils de pieds sérieusement roussi et les poutres commencent à brûler, les autres esquivent les traits, par contre Sariel est déconcentrée dans son incantation et perd son sort et Gidéon a réussi à enflammer un de ses propres gros-bras, qui fuit en hurlant se jeter dans la Bögen. Albi, fatigué de rater ses lancers de fronde, décide de sauter à son tour du toit, par-dessus la troisième poutres, pieds en avant, sur Johannes Teugen pour lui éclater la face au sol et si possible dans les flammes ! Il parvient à lui arracher le parchemin et à le plonger dans le feu, brisant définitivement les espoirs de Teugen d’invoquer quoi que ce soit.

Les autres cultistes ne font pas grand-chose pour aider Teugen ou Gidéon. Se réunir la nuit en toge brodée de signes cabalistiques et sacrifier des crève-la-faim qu’on leur amène pieds et poings liés, c'est une chose ; devoir se battre contre des adversaires coriaces et déterminés en est une autre. Ils sont pas venu ici pour souffrir, que ce soit bien clair ! Et puis c’est quoi ces histoires de trahison et d’âme damnée ?

Dessin de la scène de combat décrite : des gens qui fuient, Gidéon Teugen lance des flammes, Albi écrase Johanness Teugen au sol dans les flammes qui avagent le pentacle, Sariel esquive le jet de flamme qui embrase un homme de main, Gerold et Vox entourés des autres hommes de mains distribuent de grands coups de rapière ou de marteau.
Une soirée qui tourne mal à Bögenhafen
Johannes Teugen ne répond à aucune de leurs questions. La barbe brulée et le visage écarlate, il se redresse en bredouillant, bouscule Albi et un cultiste et se rue droit devant lui vers la porte de l’entrepôt pour fuir le plus loin possible… Et tandis qu’il passe en courant à coté de Messire Gerolf von Kerkher, celui-ci volte pour le frapper aux genoux d’un large coup de taille, ce qui lui fauche les jambes aussi nettement qu’un moissonneur fauche les blés et le maitre de la guide des marchands et premier conseiller de Bögenhafen hurle son agonie dans la boue des quais, le sang jaillissant de ses moignons.

C’est au tour de Gidéon Teugen de craquer nerveusement. L’élégant sorcier aux allures de jeune dandy se métamorphose en une créature monstrueuse, au torse en barrique, aux visage grimaçant et difforme et aux ailes membraneuses. ...Mais de petite taille. À ce spectacle, des sphincters ont souffert et les derniers cultistes présents sur les lieux ont tenté de prendre la fuite ou se sont roulé en boule au sol en sanglotant d’horreur. Après la surprise initiale, les aventuriers se sont rapidement repris et ont bondis sur Gidéon pour la curée finale lorsqu’il a tenté de s’envoler. Jeté au sol, une aile percée, il a été mis en pièce par une pluie de coup s’abattant sur lui, une certaine elfe n’hésitant pas à plonger les mains dans ses plaies pour en arracher trippes et boyaux et accélérer sa décomposition finale…

Il est minuit et le rituel n’a pas eu lieu.

Alors que la garde – attirée par l’incendie de l’entrepôt – arrive, décompte les dégâts et les cadavres et projette d’arrêter tout le monde, une voix désincarnée s’élève « Gidééééééooooon ? Où est mon portail, Gidéon ? Tu m’avais promis un portail, Gidéon. REVIEEEEENS-MOI ! » - et le cadavre en miette de Gidéon disparait, happé par une main gigantesque qui sort un bref instant du cercle d’incantation avant de disparaitre.


Ainsi se dissipe l’Ombre qui planait sur Bögenhafen


 

*…Grande séquence de combat dans un entrepot qui brûle ou TOUT LE MONDE faisait des jets de merde, avec les règles de la V1 où un jet raté = une tape dans le vide, il était 2h du matin, un soir de canicule, c’est le fun ! Faut que j'en fasse un dessin !