Derniers articles

dimanche 22 février 2026

Et maintenant, on fait quoi ? - quelques jours avant et après Sonnstille 2512


Reposons-nous dans les bois

Une fois le campement enfin atteint, nos aventuriers se sont effondré sur une paillasse pour dormir d'une traite jusqu'au lendemain matin. Pas trop habitué aux rudes conditions des combats et de la vie extérieur, le groupe se réveille tard pour découvrir que les hors-la-loi, dirigés par Ingrid, sont retournés au village sans les avertir, laissant derrière eux les plus faibles. 

Pas trop emballé à l'idée d'affronter les bois, les pièges et ce qui peut bien se trouver dans les ruines du village, les quatre compères se réveillent en douceur, examinent le peu qu'ils ont réussi à grappiller au château et lèchent leurs blessures. 

Lothard va offrir le sac de grain à Mama Goussedaille, la vieille prêtresse de Rhya, qui accompli ses dévotions devant les petits autels de paille. 

Reubke se demande que faire et comment sécuriser la bouteille de poudre de malepierre volée dans le laboratoire du Dr Rousseau et Sariel propose d'utiliser le coffret pillé dans la chambre de la vieille baronne. Celui-ci semble précieux, ainsi que la plus part de son contenu (à l'exception des deux mains momifiées qui servent de présentoir à bagues) malheureusement le spécialiste de l'évaluation sirote désormais des bières épaisses à Gissenwald et Lothard qui a un peu d'expérience en ce domaine n'est pas trop habitué à manipuler pierres fines et objets luxueux mais en écoutant l'estimation qu'il fait de la boite à bijoux et de son contenu, tous décident de préserver celle-ci.  

Les grimoires raflés dans la bibliothèque devront être étudiés longuement avant de délivrer leurs secrets tandis que les ex-libris des ouvrages et certaines lettres révèlent que la baronne Magrit entretenait tout un réseau d'achat de livres mais également qu'il reste un dernier rejeton Wittgentein, Gotthard, qui est parti s'amuser à Middenheim où il relationne à fond lors de bacchanales slaaneshites où ses prouesses lui ont valu de recevoir un poste relativement important dans quelque administration (quoique la lettre la plus récente indique que sa "bienfaitrice" dénommée Nikki soit décédée de façon subite entre Erntezeit 2511 et Jahrdrung 2512). 

Tandis que Reubke et Sariel se plongent dans la lecture, Lothard part inspecter les pièges autour du camp. Dans l'un, il trouve un curieux petit humanoïde au cou brisé entièrement nu à l'exception d'un os qui lui traverse le lobe d'une oreille qu'il a fort grande et pointue, ainsi que son nez, et à la peau verdâtre. Il n'est pas familier avec ces créatures mais il reconnaît sans difficulté une "Peau-Verte" et là où y en a un, il y en a probablement d'autre. 

Sur ce, Ingrid et ses soldats reviennent au camp, le visage grave et le pas lourd. Certains marchent avec l'aide de leur camarades, d'autres doivent être portés, certains pleurent en silence. La journée n'a pas été bonne. La nouvelle qu'il y a des peau-vertes dans les bois rajoute une couche. Un moment les propriétaires du MeudeFleuh envisagent d'évacuer tous le monde vers la tour à signaux où ils pourraient établir un petit village... Mais Albi rejette l'idée sans appel lorsqu'il se rappelle que certain des hors-la-loi ont des mutations.  Ils se sépareront ici dans les bois et chacun s'en ira de son coté. 

A pied le long du Reik 

Le lendemain, les quatre compères traversent les bois pour rejoindre le rivage qu'ils comptent longer jusqu'à retrouver le Meudefleuh que Renata a été amarrer quelque par en aval. Pour cela, ils doivent repasser par le village et voir de leur propre yeux le résultat des exactions menées par les soldats du château. 

Nerveux à l'idée que Renata ait pu filer en douce avec le bateau ou soit amarrée Grand-Père Reik sait où, Albi et Reubke échangent les suppositions les plus sombres sur ce qu'il est advenu de leur bateau, jusqu'à ce que Sariel décide de tester un sort décrit dans un grimoire récupéré à Wittgenstein permettant de localiser la direction générale du bateau. Enhardie par le résultat très satisfaisant, elle tente ensuite de prédire le temps qu'il fera mais les vents lui échappent et se déchaînent dans les entrailles de chaque membre du quatuor... Un jour comme un autre quoi. Bref.

...Après quatre jour de pérégrination le long du rivage - pendant lesquels Reubke et Albi n'en mènent vraiment pas long - le Meudefleu apparait au détour d'une petite île plantée de roseau. Derrière, entre les branches des saules, apparaissent les toits d'un petit village de huttes bien dissimulée dans le méandre de bras morts. . 

Wörlin 

Renata les accueille avec un grand sourire, salue joyeusement Lothar puis s'enquiert de l'absence de Gerolf von Kerkher. Son sourire ne disparaît que lorsqu'on lui explique clairement que s'il reste à Wittgendorf, c'est parce qu'il est MORT à Wittgendorf, et Renata fond en larme... Cela tranche sur l'air entraînant qui provient du village - dont les huttes sont décorées de façon fort festives. Après avoir pleuré tout son saoul, Renata sèche ses joues et explique que c'est la veillée de Sonnstille et le village est en fête. On l'avait invité mais elle ne sait plus trop... Albi et Sariel déclinent l'invitation, Lothar et Reubke décident d'accompagner Renata pour se changer les idées mais Reubke a un SPT quand on lui offre un verre gratis et fait demi-tour sans boire la coupe qu'on lui a versé. Lothar et Renata investissent la piste de dance (assez maladroitement vu que ni l'un ni l'autre ne connaissent les pas de danse et Renata dément la réputation d'excellent danseur des Striganys en heurtant de plein fouet Lothar lorsqu'elle se trompe de sens pour virer avant de lui piétiner les orteils). Lothar fini par remarquer que Renata tient à peine sur ses jambes et décide de la ramener au bateau, en s'interposant vigoureusement lorsqu'une villageoise propose de la faire dormir sur place... 

Le lendemain matin, Renata se réveille avec une affreuse gueule de bois. Lothar - qui a désormais peu de sympathie pour les villageois - va se servir lui-même dans leurs provisions : bois pour le poêle, étoupe en cas de réparation, assez de carreau pour remplumer tous les carquois et deux trois petites choses...   Albi de son coté va chercher les chevaux qui se trouvent au prés communal avant d'acheter du foin pour les nourrir. 

Les moines sigmarites

En revenant au bateau, Albi avise trois moines qui font les cent pas, l'air d'attendre quelqu'un. Comme leur robe est décorée du marteau de Sigmar, le halfelin se précipite vers eux et, fier comme Artaban, il fait le récit complet de ses exploits au château Wittgenstein. Il s'attendait à des chaleureuses félicitations pour avoir purgé le Reik d'une lignée dégénérée de nobles nécromants, mutés ou démonistes. Au lieu de cela, il se voit rappeler quelques grands concepts sur la justice impériale : les nobles ne peuvent être jugés que par leurs suzerain, pas par des cours de justice roturière - même pour des questions religieuses, même par des chasseurs de sorcières. Albi se voit à deux doigts de finir lui-même répurgué lorsqu'il lui revient en mémoire que les Wittgenstein avaient montre leur mépris de l'Empire en massacrant régulièrement des collecteurs d’impôts et autres envoyés impériaux - et ils ont le reste d'un édit impérial ayant servi de papier toilette pour le prouver ! Albi n'est plus si disposer à pavaner devant les moines et est très désireux de retourner viteuf au bateau lorsqu'il remarque l'air préoccupé des trois religieux et leur en demande la raison. 

La raison est que le Père Marcus est l'abbé de son monastère et une sorte de sommité en théologie. Il a été appelé à Altdorf et doit s'y rendre sans attendre or le pilote du bateau qui l'y conduit s'est volatilisé pendant la veillée de Sonnstille. Les deux jeunes moines lui servent d'escorte, de pages et de garde du corps. Quel heureux hasard, Albi a justement un bateau et propose illico aux trois religieux de voyager à son bord ! (Le reste du groupe qui n'a pas été consulté sera nettement moins enthousiaste à cette idée).

Heureusement le Père Marcus est très discret et passe le plus clair de son temps à lire ou à discuter avec Albi de Sigmar. L'abbé se rend à Altdorf pour discuter de la résurgence de l'hérésie sigmarienne dans l'Empire : pour ses partisans, la divinité de Sigmar est grandement exagérée. Il s'agit tout au plus d'un héros semi-divin, un champion d'Ulric que le fondateur légendaire de l'Empire vénérait lui-même. Tout ce qu'il a accompli aurait pu être fait par un chef de guerre béni de son dieu. Toujours d'après ces hérétiques, quand Saint Helstrum annonça qu'il avait assisté à l'apothéose de Sigmar, élevé au rang de dieu par Ulric lui-même pour protéger son successeur, son peuple et l'empire, ce fut uniquement l'intérêt politique qui motiva la piété du nouvel empereur. et ils émettent des jugements pernicieux sur les habitudes d'ascétismes et de mortification du moine qui auraient entraîné des hallucinations causées soit par la faim soit par la consommation de pain moisi. Et là est bien tout le problème : ces hérétiques qui remettent en question la divinité de Sigmar ne le font pas par amour du débat d'idée mais par chauvinisme et calcul politique car mettre en doute l'existence même de Sigmar, c'est mettre en doute la légitimité de l'Empereur comme du Grand Theogone, replace Ulric au sommet du panthéon et donc son culte et ses ministres comme les plus important de l'Empire. Cette hérésie, c'est le carburant alimentant une opposition entre les provinces du Nord et celles du Sud et... 

Et on annonce trois oiseaux de très grande taille qui survolent le Reik en direction du Meudefleuh.  

mardi 20 janvier 2026

La ruine du chateau Wittgenstein

Le corps de logis 

La chose dans la fosse s'agite et lance un tentacule de chair à travers les barreaux, aussi les aventuriers longent bien les murs pour passer au large. Quand ils longent ce qui semble être une serre, une silhouette de la taille d'un halfelin heurte une fenêtre, à environ deux mètres de haut. 

Dans le bâtiment principal, les aventuriers savent qu'une chambre était occupé par Kurt, le petit frère de la baronne, taxidermiste amateur aussi doué que dérangé qu'ils ont occis après s'être évadé des geôles mais également par dame Igrid, une vieille dame amatrice de chats plus répugnants les uns que les autres. Ils la retrouvent dans son salon privé qui empeste l’ammoniaque, caressant un matou pelé et Sariel lui fracasse le crâne d'un coup de bâton avant de l'égorger. Si jamais quelqu'un pouvait ressentir un brin de pitié devant le corps ratatiné de la vieillarde, un coup d’œil aux trophées de chasses exposés aux mur le dissipe rapidement : des faces humaines alternent avec des trophées animaux. 

Et de deux. 

La pièce est fouillée, quelques bijoux raflés et un lourd sac de grain qui doit valoir plus que tout les bijoux du château. On le traîne vers l'escalier pour l'emporter plus tard. 
En ressortant dans le couloir, ils tombent sur un domestique aussi surpris qu'eux.

- Fous traffaillez z'iffi ?
- Mais oui, et vous ?
- Vous afez les clés ? 
- Les clés ? ...Fous... Mais vous êtes qui, enfin ?
- Pas des domeftiques.  

Reubke a remarqué le geste instinctif du domestique vers sa ceinture à la mention des clés et décharge son arbalète à bout portant dans le visage asymétrique du domestique. Il ramasse le trousseau de clé. 

Au fond du couloirs où les voix désincarnées gloussent en sourdine, il reste deux pièces et l'une est hantée. C'est vers celle-ci qu'ils se dirigent. Reubke ouvre la porte et entre en premier. Il est donc le premier a voir le lustre se détacher du plafond et tournoyer vers lui avant de s'écraser au sol. La pièce est pourtant parfaitement vide et il est impossible de deviner d'où viendra la prochaine attaque... Enfin pas sûr : Sariel pointe un point de la pièce et crie : là, il est là ! Elle, la magicienne, elle voit une silhouette blanchâtre et translucide là où il n'y a rien que de la poussière qui danse dans la pénombre pour tous les autres. 

Lothar se rue vers la fenêtre obscurcie pour arracher les rideaux tandis que le bombardement continue. Sariel frappe la silhouette de son bâton et Reubke brasse l'air avec un bocal pour tenter d'y emprisonner l'esprit. Sariel "touche" le fantôme mais le coup traverse la silhouette sans qu'elle ne semble le remarquer. Reubke en revanche laisse le bocal lui échapper des mains et le couvercle roule sous un meuble. Lothar fait claquer les tentures dans le vide devant lui, en frappant dans la direction générale que Sariel indique. Celle-ci voit le tissus frapper le fantôme, passer à travers lui et s'étaler au sol. Sariel l'a vu traverser l'esprit. 

- La magie ! Seule la magie peut l'atteindre ! 

Malgré cet avertissement, les aventuriers perdent encore du temps à tenter de frapper l'esprit invisible avant de renoncer et de sauter sur ce qui pourrait servir de projectile à leur adversaire insaisissable pour s'en emparer avant lui. Albi s'agenouille pour prier Sigmar tandis que Sariel attaque avec Barrakul, l'épée bâtarde qui servait de zweihander à Albi. Là, les coups atteignent l'esprit frappeur et elle voit le tourbillon se dissiper en lambeau... 

Il n'y a plus rien de notable dans cette pièce, sinon de la poussière qui danse dans la lumière... Par la fenêtre, on peut voir les flammes s'échapper de la fenêtre de la tour sombre et de la fumée commence à sourde à travers les ardoises du toit. 

Margrit von Wittgenstein 

Il ne reste plus qu'une pièce à cet étage. Celle-ci est spacieuse, meublée avec goût et il y flotte une odeur sucrée écœurante évoquant un bouquet de roses qui se décomposent dans leur vase. Sur une coiffeuse, des produits de maquillage signale une occupante féminine. Dans un fauteuil, un corps avachi attend les visiteurs. Les questions sont accueillis avec indifférence et le coup de taille de Sariel tranche un bras sans que la femme ne réagisse : elle est déjà morte depuis près d'une semaine. Sariel plisse le nez et tente de détecter si le corps a été enchanté. Elle ne repère rien sinon une présence un peu plus insistante du vent violet de la mort autour du corps mais aussi sous le lit et dans un meuble.  

Celui-ci est ce qu'on appelle techniquement une garde-robe, c'est à dire un meuble en bois destiné à isoler la chaise percée. Tout autre que Sariel hume avant tout une odeur d'excrément. Il y a un long manteau qui pend à un cintre, et de ce manteau des pieds qui ne touchent pas le fond de l'armoire et des mains parcheminées pendent au bout des manches. Les habits du cadavres s'ornent d'un large blason. Personne n'est très versé en héraldique mais Reubke se souvient de Gerolf l'identifiant comme "aux couleurs des abeilles... Une baronnie d'apiculteurs" et Lothar pense l'avoir déjà vu sur des pavillons de bateaux... Des apiculteurs du Reikland, probablement. 
Le cadavre est ancien, desséché et présente des traces de mauvais traitements. Dans son dos pend un rouleau de parchemin dont le bas manque. On peut encore lire "Par la présente, nous, prince électeur du Reikland, sommons et ordonnons à notre lige l'honoré et estimé seigneur de Wittgendorf de rendre séant et sans férir..." suivent plusieurs lignes du même jargon pour intimer l'ordre aux seigneurs de Wittgenstein de rendre des comptes ou de payer ses impôts. La baronne s'en torche. 

La lumière qui entre par les fenêtre a soudain diminué d'un coup. Reubke jette un œil dans la cour. Des nuages d'orage se sont assemblés et de grosses gouttes s'écrasent sur les pavés. Les flammes crèvent la toiture de la Tour sombre. Du coté de la porte, tout semble calme. Et au-dessus de la tour voisine, flotte une petite forme de tissus au bout d'une ficelle...

On fonce, on s'interrogera plus tard. La tour appliquée est accessible depuis la chambre. Dans la première pièce, des vêtements sont exposés sur des mannequins qui trahissent une fois de plus les goûts sadiques de la baronne : des têtes humaines maquillées exposent des coiffures et des coiffes élaborées surplombent les corps de crins et tissus. Un vieux télescope aux lentilles voilées pointe vers un murs. De la fenêtre, Sariel voit l'orage se renforcer et les nuages tourbillonner au-dessus du château exactement.  

On monte à l'étage qui sert de bibliothèque : d'innombrables livres dans des rayonnages, un pupitre, un chandelier, des parchemins mais surtout un garde qui leur tourne le dos. Surpris, il se retourne pour faire face à trois arbalètes pointées sur lui et il lâche sans difficulté le livre qu'il feuilletait et les lève au-dessus de sa tête. Au lieu du vantail habituel, son casque s'ouvre sur un gracieux masque de bronze qui suggère un élégant jeune homme... illusion rompue par les plaies de la chair nue du cou et des paupières. 

- Très bien, je me rends, ne tirez pas ! Je suis innocent, je n'ai fait que suivre les ordres de mes supérieurs, je n'avais pas le choix.  Je suis le sergent Doppler. Shift Doppler. Vous savez, je ne suis même pas l'officier supérieur... Que je... que je retire mon masque ? Vous êtes sûr ? Vous ne préférez pas que je garde les mains au-dessus de la tête ? Oh très bien, si vous insistez.. 

Doucement, il baisse les mains pour retirer son masque. Son visage est le pire de tout ceux que les aventuriers ont pu contempler jusqu'ici. Doppler glousse en voyant l'inconfort que provoque la vue de ses chairs grouillantes de vers et il nargue les aventuriers.  

- En haut de la tour ? Haha, mais nos forces d'élite vous attendent ! Vous vous avancez vers votre mort...

Son plaisir est de courte durée... Comme d'habitude, les arbalètes se déchargent presque à l'unisson. L'un le frôle à la jambe, protégée par des chausses de maille tandis que l'autre s'enfonce en plein visage. Sa tête tourne à 180° et il s'écroule face au sol, en continuant malgré tout à hurler, avant de se taire soudainement... Du moins tenter de se taire pour faire le mort mais il continue à geindre entre ses gencives gonflées et Albi écrase ses chairs en ruine à coup de talon. 

On se dépêche de grimper la dernière volée d'escalier. 

Au dernier étage, le groupe débouche dans un laboratoire éclairé par l'ouverture dans le toit. La pluie cingle le plancher et tinte sur les bocaux où mijotent organes et spécimens anatomiques, les éclairs font scintiller les cuivres d'un bric-à-brac de distillation mais c'est la plateforme en bois qui attire directement les regards. D'environ 3m sur 3, à environ 1m du sol, elle est hissée lentement vers le plafond par un jeu de poulies. Des éclairs d'électricité statiques crépitent entre les chaînes qui pendent du plafond vers la plateforme et la table qu'elle soutient, sur laquelle est allongée une forme inerte. Margritte Von Wittgenstein est là, de l'autre coté de la pièce, elle tient la corde qui active le jeu de poulie. Toute son attention est focalisée sur la plateforme. 

- ...bientôt, mon frère, tu sera de retour parmi nous et tu dirigera nos soldats pour écraser nos ennemis... 

Au moment où tout le monde s'élance en avant soit vers la baronne, soit vers l'expérience gisant sur la table, un éclair frappe la tour, grésille le long du ruban du cerf-volant, attaché au corps et ébloui tout le monde. 

 https://t4.ftcdn.net/jpg/09/92/28/99/360_F_992289950_b39sIFmEvoDWOVoK8XmMhz8kbcH7LTcs.jpg

Sariel tranche de l'épée une corde, l'électricité remonte le long de la lame et lui brûle les articulations tandis que la chose allongée tressaute dans ses attaches. 

Lève-toi, ma merveille, lève-toi et marche sur nos ennemis ! 

Le monstre se redresse et une fois débarrassé de la passoire en acier qui lui couvrait le visage, celui-ci évoque furieusement aux aventuriers qui l'ont rencontré le frère cinglé amateur de taxidermie qu'ils ont estourbi il y a une semaine de cela, lors de leur première investigation du château... Mais il a fait un régime protéiné accéléré, depuis car il plafonne désormais à 2m50, a un corps taillé comme une barrique, des mains comme des battoirs qui se terminent par des griffes osseuse, des coutures partout... 

https://awesomeliesblog.wordpress.com/wp-content/uploads/2020/08/unknown-wittgenstein-monster-2020-from-death-on-the-reik.jpg 

Margritte lâche la corde d'une main pour la dresser au-dessus de sa tête et amorcer un geste magique des doigts, se concentrant pour invoquer un sort... 

Albi, ragaillardi par les nombreuses prières qu'il a offert à Sigmar et Esméralda, pointe un index vengeur sur le monstre et lui hurle une imprécation, tentant d'intimider celui-ci par son aura de répurgateur... La rage qui l'anime est presque palpable. Même Margritte fait un pas de recul. ...Malheureusement, seul le monstre que cible Albi est insensible à son charisme. Il tourne vers lui des yeux voilés d'une taie grise vers lui, ouvre une gueule démesurée et hurle dessus en retour. Puis fonce sur lui, le balaie d'un coup de griffe qui le cueille en plein tronc et le fait voler à travers la pièce, pulvérisant étagères et bocaux au passage. Albi aurait pu mourir sur le coup mais le Destin en décide autrement : par miracle, ses vêtements amortissent le coup, l'amas de chair qu'il percute adouci sa chute et il fait une roulade pour retomber sur ses pieds. 

Reubke se tasse derrière une étagère et entame un contournement du monstre, sautant d'une cachette à l'autre, pour se rapprocher de la baronne. Il a remarqué que celle-ci se tient devant une fenêtre et s'il parvient à se rapprocher suffisamment, il espère pouvoir en tirer profit. 

Lothar estime que contre le monstre, son arbalète ne lui sera pas d'une grande utilité et il s'engouffre dans l'escalier qu'il descend quatre à quatre, trébuchant sur les marches inégales et rebondissant contre un mur pour se rétablir une fois au palier de la bibliothèque, qu'il fouille du regard désespérément, à la recherche d'une torche. La chandelle éteinte plantée sur l'écritoire ne le satisfait pas, alors il poursuit sa course jusqu'à la chambre de la baronne, en traversant le dressing room... Tout ce qu'il trouve, c'est un chandelier à quatre branches. Cela ne le satisfait pas entièrement mais c'est suffisamment contondant, cela pourra peut-être aussi mettre le feu au liquide de conservation des spécimens anatomiques. Une chance pour que ce soit de l'alcool (comme pour les cerises), une chance pour que ce soit du vinaigre (comme pour les pickles). 

Reubke bondit sur la baronne et la bouscule d'un coup de crosse vers la fenêtre. Les vitres se brisent mais elle se retient au chambranle, surprise.  

Pendant ce temps à l'étage, le monstre cherche une nouvelle cible. Sariel étant la plus proche, il se dirige vers elle. L'assaut est bref, Sariel s'écroule, le genoux disloqué et elle perds connaissance, les épreuves précédentes ayant prélevé leur dû sur son endurance. Heureusement pour elle, le Destin refuse de la laisser périr sous les coups du monstre...

...Le monstre se retourne en hurlant quand Albi se relève. La différence de taille n'est pas à l'avantage du halfelin et il perd tout courage quand le monstre fait un pas en sa direction. Son corps agit presque de sa propre initiative : ses spincters se relâchent tandis que ses jambes le propulsent dans l'escalier. Albi descend, Lothar remonte, une brassée de livres attrapé dans la bibliothèque pour servir de combustible, les deux se percutent et roulent en bas des marches. 

...La baronne déconcentrée tente d'incanter un sort pour frapper Reubke, elle échoue et un filet de sang lui coule du nez, inondant de carmin son visage blafard... Reubke réplique d'un coup de crosse en plein visage. Pendant un bref instant, le temps semble s'arrêter alors que le point d'équilibre de la femme passe lentement de la pièce au vide et qu'elle bascule en hurlant. La chute dure quatre étage et le hurlement est brutalement interrompu quand la baronne s'écrase dans la cour. Son corps disloqué ne bouge plus. 

...Pendant ce temps, sur le palier d'en dessous, Lothar tente de retenir et de raisonner Albi, qui se débat comme un beau diable. Peine perdue. Comme Albi le martèle de coup de pieds et de poings, il relâche sa prise pour le laisser filer et remonte voir ce qui se passe à l'étage... Albi poursuit sa course jusqu'à la chambre et plonge le nez le premier dans un coussin.

...à l'étage justement, le monstre n'a plus personne à écrabouiller sinon Reubke, qui, penché à la fenêtre, fait le constat du décès de la baronne. Le médecin se retourne juste à temps pour être percuté de face par le monstre et, emporté par l'élan, les deux basculent à leur tour par la fenêtre, en emportant avec eux les restes du chambranle. 

Coup de chance extraordinaire, Reubke parvient à se rattraper d'une main à l'appui de fenêtre et c'est ainsi que Lothar le retrouve quand il débouche dans le laboratoire dévasté: les épaules en feu, tentant d'insérer ses orteils dans les joints des pierres, les doigts cramponnés à la pierre... 

Lothar plonge pour lui saisir les poignets et l’empêcher de dévisser. Au bas de la tour, il note que la créature remue toujours et se redresse péniblement, mais il doit se concentrer sur l'homme qu'il retient des deux mains. Il tente de le hisser à la force des bras mais sans y parvenir, faute d'un bon point d'appui. 
C'est dans cette position arc-boutée qu'Albi le trouve lorsque, enfin calmé, il revient au laboratoire. Lothar le sent approcher, l'agripper par la ceinture de son pantalon pour faire contrepoids et le tirer en arrière. C'est ainsi que les deux parviennent à tracter Reubke, qui se tortille pour éviter de se briser les dents mais ne peut empêcher l'angle de l'appui de lui rapper les coudes, les côtes, les cuisses et les genoux. Enfin, il bascule sur Lothar, assis sur Albi, lui-même assis dans ses culottes pleines. 

Pas le temps de souffler cependant : à peine sur pieds, Reubke se précipite vers Sariel. Elle est inconsciente mais ne saigne pas - en tout cas pas trop gravement - ni de fait de bruits bizarre en respirant, et ses articulations semblent toutes se plier dans le bon sens... Un flacon de sel, ou bien la proximité d'Albi, font reprendre ses esprits à l'elfe commotionnée.  On l'aide à se relever car il ne faut pas s'attarder dans la pièce : beaucoup de flacons ont été brisés pendant les échanges de coup, le plancher baigne dans le liquide à l'odeur particulièrement bizarre et celui-ci est définitivement inflammable et probablement électrisé. Mieux vaut être ailleurs quand les flacons restant commencerons à exploser dans les flammes. 

L'étage de la bibliothèque est le même, quoique certains rayonnages aient été un peu déplumés par les prélèvements de Lothar. Personne ne veut s'y arrêter pour chiner mais Sariel laisse trainer son regard sur les planches. Il s'arrête sur le titre d'un ouvrage de magie d'Aethyr, qu'elle empoche. Puisqu'elle ralenti un instant pour s'intéresser aux ouvrages, Reubke en fait de même et l'imite en empochant un ouvrage qui parle de magie de feu rouge ou un truc du genre... Lothar ne fait pas le difficile, il balaie un rayon entier, descent jusqu'à la chambre et fait tomber sa moisson dans un baluchon improvisé avec les draps du lit, puis il hisse le sac de grain sur son épaule et le groupe sort à la hâte dans la cours.

A peine passé la porte, une pluie d'ardoise pleuvent de la Tous sombre suivies d'un madrier embrasé qui rebondi sur les dalles. Au pied de l'autre tour, le cadavre de la baronne gît dans son sang mais sa créature a pris le large. Vu les piaulements qui proviennent de la serre et le fait qu'une créature entre le gnome et le perroquet vient d'être propulsé à travers la fenêtre, le golem ravage la volière. 

Le temple profané  

Autre problème : une météore de malepierre se trouve quelque part dans le château et il ne reste pas grand monde qui pourrait révéler où elle est entreposée vu que chacun des descendants de Dagmar croisé à été mis à mort sans attendre qu'il réponde à des questions qui de toute façon n'ont pas été posées. 

Mais avant tout, mettre de la distance entre la serre où la créature se tape des pilons de poulet et eux.

Lothar fait un crochet pour voir où en sont les défenseurs de la porte et déposer le sac de grain qui l'encombre. Il se fait bombarder de questions sur ce qui se passe dans la haute-lice et apprend en retour que cela se bat dans la basse-lice, les soldats Wittgenstein contre quelque chose d'inconnu avant de rejoindre Reubke et les autres. Reubke qui entraîne tout le monde vers le bâtiment se dressant à coté de la tour sombre et qui semble être une chapelle... Une chapelle qui a connu de meilleurs jours, mais bon. 

A peine passé la porte, une musique discordante éclate sous la nef, venant de l'orgue au-dessus de l'entrée bien que le siège du musicien soit vide. Les tuyaux vibrent alors que les soufflets restent immobiles et les visages qui décorent les montres semble suivre du regard voir cligner des yeux en direction des spectateurs. En dépit du volume et de la mélodie étrange, le groupe reste soudé et concentré.

 

Le reste de la nef est moins animé mais tout aussi perturbant : la statue du dieu a été basculée de l'autel et s'est brisé en morceau sur les bancs. Les fresques ont été barbouillées de brun-rouge. Une nouvelle statue se dresse dans le chœur, absolument obscène. Pas simplement suggestive, pas basiquement érotique, d'une pornographie malsaine et mélangeant des attributs féminins et masculin dans un seul corps. Celui que l'on connaît comme le Prince des Excès.

De derrière l'autel désacralisé, jailli une forme humanoïde qui évoque les créatures qui pourraient peupler un rêve érotique fait après une indigestion de fruits de mer. Elle bat des jambes aux pieds étrange et geint plus qu'elle ne parle

 https://64.media.tumblr.com/fea7670ff1920439b363a1688c65bbd9/1bde654655807ae7-dd/s250x400/57ca29eb7b93d7427372afb1a6962d4ca526adea.jpg

- oooOOOOooooooh mooouiiiiii !!!! Ouiiii ! Oh des visiteurs, j'en MOURRRRAIS ! Oh oui, mes chériiiiiii, ssssssssssssssss-cela fait siiiii longTEMPS que personne ne venait me visiter, uwu ? Venez, mes petits chéri, venez donc... Allons, pourquoi êtes vous si sérieux, si RAIDES !!

Tout en parlant, elle s'avance en se déhanchant à chaque pas de façon exagérée. Avant qu'elle ne s'approche de trop... Paf pastèque, carreau, tout ça. Le monstre exulte et passe de la séduction à la position de combat, les pinces largement ouvertes 

- Oh vous voulez jouer ? Vous voulez danser ? Oh oui ! On va danser mes jolis ! 

Elle fonce dans la mêlée sans retenue mais seule face à Sariel qui brandit toujours l'épée bâtarde, épaulée par le tir de couverture d'Albi, Lothar et Reubke, elle se retrouve rapidement en mauvaise position.

"Sales petites pestes, que la pourriture vous ronge le gland !"

...et elle disparaît dans un nuage de fumée rose accompagné d'une odeur musquée. Pendant ce temps, l'orgue continue à jouer et commence insidieusement à hypnotiser les aventuriers. Lothar en tout cas baisse son arbalète et commence à se balancer au rythme des sons. On le ceinture pour l’empêcher de divaguer dans la nef ou de s'approcher des tuyaux et on lui balance quelques claques pour lui faire reprendre ses esprits. Reubke tente de saboter l'orgue mais s'il fait sauter quelques touches, il ne parvient pas à endommager suffisamment l'instrument pour que la musique s'interrompe. Il recule avant que les langues sortant des bouches d'enfer ne le saisisse. 

Sariel explore le chœur et trouve une trappe derrière l'autel. Elle appelle les aventuriers et descend, suivi d'Albi. Ils débouchent dans une pièce aux murs noircis dont le centre est occupé par un large coffre en pierre doublé de plomb. Pour elle, la pièce empeste le mal, acide et sucré. Le couvercle du sarcophage a été déplacé et son contenu retiré. Au fond de la pièce s'ouvre un tunnel percé dans la roche, juste assez grand pour qu'Albi puisse l'emprunter sans devoir se baisser. Il s'y avance malgré les appels à la prudence de Sariel et au bout d'une dizaine de mètre en descente, débouche dans une faille plus large. Il n'est pas seul car au fond de la fissure, il repère au moins trois silhouettes d'hommes bêtes. Elles sont en alerte et approchent dans un mouvement de tenaille, en échangeant des couinements articulés, bien qu'elles n'aient pas repéré le halfelin. Albi recule précipitamment et signale à tous qu'il faut fuir. 

https://bibliotheque-imperiale.com//images/0/0b/SkavenFouet.jpg

Un grondement sourd retentit et le sol tremble. Les aventuriers sortent dans la cour, où ils retrouvent les hors-la-loi qui ont aussi senti la secousse. Ils s'engouffrent dans la Tour sombre avant qu'elle ne s'écroule et galopent jusqu'aux quais souterrains, poussent les radeaux à l'eau alors que des pierres chutent dans l'eau. Lothar organise la manœuvre et les embarcations s'éloignent juste assez de l'éperon pour ne pas être enseveli sous l'effondrement des remparts. 

C'est épuisé tant physiquement que nerveusement qu'ils remettent pied à terre et décident de revenir au campement, sans passer par le village pour se rendre compte de l'étendue des massacres.  

lundi 12 janvier 2026

A l'assaut du chateau

Participation à la vie quotidienne

Le groupe tente de se fondre dans la population du camp en participant aux tâches dans la mesure de leur moyen et de leur bonne volonté. Les réfugiés semblent bien conscients que certains d'entre eux présentent des traits un peu particuliers, mais ils obéissent à Mamie Goussedail qui refuse de verser le sang d'innocents. Difficile de mettre à mort froidement les enfants que l'on a fait naitre, qui n'ont commis d'autre crime que de tenter de survivre et qui paient dans leur chair la folie de leur seigneur. Les réfugiés ignorent tout de l'édit impérial qui protège les mutants mais le découragement succède vite à la joie : partir mais comment et pour aller où ? 

Préparatif de l'attaque 

Quand ils sondent les esprits à propos du chateau, le groupe découvre que le pacifisme résigné de Mamie Goussedail n'est pas partagé de tous. Sigrid, bien que devant se conformer aux mêmes règles que l'aïeule dont elle est aussi en quelque sorte la novice, rêve de voir les Wittgenstein pendu par les pieds aux murs de leurs tours, mais elle est consciente qu'un assaut sur les tours équivaut à une suicide collectif. Elle rêve de faire de la baronnie une cité libre tandis que Gabriel s'imagine volontier en nouveau baron à la place de sa demi-soeur la baronne. 

Le fait que Reubke, Sariel et Albi se sont échappés des geoles, ont cambriolés le corps de logis et connaissent un moyen de pénétrer directement dans la haute-lice depuis les quais du chateau et que Lothar sache construire des embarcations pourvu qu'on lui donne des outils et des matériaux changent tout et Sigrid accepte de partir avec eux et la moitié de ses hommes à l'assaut du donjon. 

Lothar planifie la construction de trois radeaux en noisettier, bouleau et fagots de joncs liés ensemble par les cordes tressées par la Vannière, plus un pour les villageois si jamais ils devaient quitter le camp en catastrophe. Il aurait fallu quatre jours pour que les embarcations soient parachevées mais le temps presse : un patrouilleur apporte des nouvelles terribles du village, où les gardes procèdent à des représailles sur les villageois restant. L'aubergiste a été pendu, aucune nouvelle d'Hilda et d'Otto les meuniers. L'occasion est idéale d'attaquer le chateau pendant que la garnison est ailleurs. 

On passe à l'action 

Les radeaux sont portés jusqu'au petit cours d'eau qui passe à proximité du village avant de rejoindre le Reik. Les volontaires se ratatinent derrière les parre-flèches d'osier tressés (maladroitement camouflés  de fougères) quand ils passent à porté de flèche de Wittgendorf saccagé par les cavaliers du chateau. 

On pousse à la perche les radeaux durant un temps qui semble interminable. Ni l'escadron de la mort ni leurs victimes torturées ne remarquent les formes inhabituelles qui descendent au grès du courant vers l'éperon du chateau. Quand ils arrivent enfin à la porte fluviale, les nerfs sont tendus comme des cordes d'arbalètes et quand un garde pointe le casque hors de sa guérite, il est immédiatement percé de flèche et égorgé tandis que les autres gardes sont surpris dans leur partie de carte et suriné sans sommation. 

Le groupe, un des aventuriers évadés en tête, monte l'escalier en colimaçon qui abouti aux geoles. Le prisonnier dément est toujours recroquevillé dans sa cage de fer désormais ouverte. Les aventuriers le reconnaissent comme l'ancien médecin du village et parviennent à le convaincre de quiter les prisons. Il est conduit jusqu'aux radeaux et reste en companie d'un des hors-la-loi. Parmis toutes les sorties possibles, le reste des assaillants emprunte celle qui débouche dans la Tour Sombre. 

Dans la haute-lice 

Une odeur sucrée flotte au rez-de-chaussée et tout colle. De l'étage parvient le son assourdi d'un clavecin. Le plus important d'abord : isoler la haute-lice de la basse-lice en sécurisant le bastion de la porte. Les assaillants se ruent vers la porte en passant bien au loin de la fosse grillagée qui occupe le centre de la place. Au premier étage, un groupe de gardes est surpris par l'arrivée des assaillants et le combat s'engage immédiatement. Les gardes se battent sans un cris ni un mots, mécaniquement et semblent insensibles à la douleur. Deux tombent au sol tandis que le reste se retranche à l'étage. la raison de leur mutisme apparait quand on retire le casque d'un des morts : en fait, il était déjà mort depuis bien longtemps. Au lieu des habituelles chairs lépreuses, c'est de l'os lisse qui apparait sous le vantail. Certains redescendent les escaliers à toutes jambes pour prendre une goulée d'air frais, d'autres se mettent à tailler en pièce les corps pour être certains qu'ils ne se releveront plus et balancent les morceaux par les meurtrières avant d'enfoncer la porte et de marteler les gardes survivants jusqu'à ce qu'ils cessent définitivement de bouger. Un treuil est visible, les chaines en tension descendent dans des ouvertures. La calle est retirée et la herse s'abat, puis le treuil est fracassé à coup de hache pour empecher de remonter la grille. Bonne nouvelle. Reste à lever le pont-levis. Mauvaise nouvelle: les chaines du ponts s'élèvent vers le bastion entre la haute-lice et la basse-lice, désormais inateignable puisque la herse est retombée et le treuil saboté. Sariel tente de détruire le pont d'un sort, celui-ci fait voler quelques échardes sans plus. 

Après quelques instants, un groupe de soldats vient voir ce qui se passe à la porte intérieure. Ils s'avancent sans méfiance, ne suspectant pas la présence de forces hostiles et se reculent précipitament quand plusieurs d'entre eux s'abattent, percés de carraux d'arbalètes. Avisant un vieux chaudron sur un axe et des barils d'huile rances, Albi imagine de faire chauffer l'huile pour ébouillanter les gardes lorsqu'ils reviendront à l'assaut.  

On se sépare

Les hors-la-lois et Sigrid restent dans le bastion de la porte pour tenir à distance les assaillants. Les aventuriers partent à la recherche des chatelains. Ils pensent que Magueritte est sûrement descendue en personne au village pour diriger elle-même les opérations et cela leur donne du courage. 

La Tour Sombre 

Première arrêt : le musicien de la tour sombre. On monte le plus silencieusement possible à l'étage de la tour pour découvrir un appartement aux tentures tirées où flotte toujours la même odeur qu'Albi a fini par identifier comme étant celle du miel. Les meubles, le sol, les murs grouillent d'insectes qui se repaissent du liquide sucré. Certains tombent du plafond, d'autres s'aventurent sur les intrus, dans leurs vêtements. 

Au centre de la pièce, une silhouette voutée est penchée sur un clavecin et fredonne tout en jouant. Il remarque les nouveaux arrivant assez tard et les relève vers eux un masque noir luisant en guise de visage, les saluant avec amabilité. Ce qu'on a cru être une redingote était de longues élytres. 

 CDN media

Ah des invités ? Mais bienvenue, bienvenue ! Approchez ! Un verre de brandy ? Cela fait si longtemps que nous n'avons pas eu de visite, j'ose... 

Paf, le trait part. Si les mutants du camps sont protégés par Sigrid, ce sera tir au pigeon sur celui-là. Albi recharge déjà son arbalète sans répondre aux supplique du monstre effrayé de cette démonstration d'hostilité. 

Vous m'avez tiré dessus ! Mais pourquoi ? Je ne vous ai pas fait le moindre tort, que je sache... Au secours, à moi ! à l'assassin, au meurtre !

...et le cafard géant bondit aux rideaux et grimpe avec célérité jusqu'au plafond ou il court en tout sens pour tenter d'échapper aux tirs, jusqu'au moment où, percé de traits, il lache prise et tombe au sol avec un bruit écoeurant. 

Albi répand l'huile de sa lampe sur le corps du musicien et lance sa lampe à huile allumée sur lui. Les cafards s'envolent, certains innondés d'huile s'enflament et la chambre s'illumine soudain de points de lumière. C'est très joli mais c'est aussi très flippant et le groupe bat en retraite précipitament avant d'être pris au piège dans la chambre qui s'enflame. 

Et de un.