Le corps de logis
La chose dans la fosse s'agite et lance un tentacule de chair à travers les barreaux, aussi les aventuriers longent bien les murs pour passer au large. Quand ils longent ce qui semble être une serre, une silhouette de la taille d'un halfelin heurte une fenêtre, à environ deux mètres de haut.
Dans le bâtiment principal, les aventuriers savent qu'une chambre était occupé par Kurt, le petit frère de la baronne, taxidermiste amateur aussi doué que dérangé qu'ils ont occis après s'être évadé des geôles mais également par dame Igrid, une vieille dame amatrice de chats plus répugnants les uns que les autres. Ils la retrouvent dans son salon privé qui empeste l’ammoniaque, caressant un matou pelé et Sariel lui fracasse le crâne d'un coup de bâton avant de l'égorger. Si jamais quelqu'un pouvait ressentir un brin de pitié devant le corps ratatiné de la vieillarde, un coup d’œil aux trophées de chasses exposés aux mur le dissipe rapidement : des faces humaines alternent avec des trophées animaux.
Et de deux.
La pièce est fouillée, quelques bijoux raflés et un lourd sac de grain qui doit valoir plus que tout les bijoux du château. On le traîne vers l'escalier pour l'emporter plus tard.
En ressortant dans le couloir, ils tombent sur un domestique aussi surpris qu'eux.
- Fous traffaillez z'iffi ?
- Mais oui, et vous ?
- Vous afez les clés ?
- Les clés ? ...Fous... Mais vous êtes qui, enfin ?
- Pas des domeftiques.
Reubke a remarqué le geste instinctif du domestique vers sa ceinture à la mention des clés et décharge son arbalète à bout portant dans le visage asymétrique du domestique. Il ramasse le trousseau de clé.
Au fond du couloirs où les voix désincarnées gloussent en sourdine, il reste deux pièces et l'une est hantée. C'est vers celle-ci qu'ils se dirigent. Reubke ouvre la porte et entre en premier. Il est donc le premier a voir le lustre se détacher du plafond et tournoyer vers lui avant de s'écraser au sol. La pièce est pourtant parfaitement vide et il est impossible de deviner d'où viendra la prochaine attaque... Enfin pas sûr : Sariel pointe un point de la pièce et crie : là, il est là ! Elle, la magicienne, elle voit une silhouette blanchâtre et translucide là où il n'y a rien que de la poussière qui danse dans la pénombre pour tous les autres.
Lothar se rue vers la fenêtre obscurcie pour arracher les rideaux tandis que le bombardement continue. Sariel frappe la silhouette de son bâton et Reubke brasse l'air avec un bocal pour tenter d'y emprisonner l'esprit. Sariel "touche" le fantôme mais le coup traverse la silhouette sans qu'elle ne semble le remarquer. Reubke en revanche laisse le bocal lui échapper des mains et le couvercle roule sous un meuble. Lothar fait claquer les tentures dans le vide devant lui, en frappant dans la direction générale que Sariel indique. Celle-ci voit le tissus frapper le fantôme, passer à travers lui et s'étaler au sol. Sariel l'a vu traverser l'esprit.
- La magie ! Seule la magie peut l'atteindre !
Malgré cet avertissement, les aventuriers perdent encore du temps à tenter de frapper l'esprit invisible avant de renoncer et de sauter sur ce qui pourrait servir de projectile à leur adversaire insaisissable pour s'en emparer avant lui. Albi s'agenouille pour prier Sigmar tandis que Sariel attaque avec Barrakul, l'épée bâtarde qui servait de zweihander à Albi. Là, les coups atteignent l'esprit frappeur et elle voit le tourbillon se dissiper en lambeau...
Il n'y a plus rien de notable dans cette pièce, sinon de la poussière qui danse dans la lumière... Par la fenêtre, on peut voir les flammes s'échapper de la fenêtre de la tour sombre et de la fumée commence à sourde à travers les ardoises du toit.
Margrit von Wittgenstein
Il ne reste plus qu'une pièce à cet étage. Celle-ci est spacieuse, meublée avec goût et il y flotte une odeur sucrée écœurante évoquant un bouquet de roses qui se décomposent dans leur vase. Sur une coiffeuse, des produits de maquillage signale une occupante féminine. Dans un fauteuil, un corps avachi attend les visiteurs. Les questions sont accueillis avec indifférence et le coup de taille de Sariel tranche un bras sans que la femme ne réagisse : elle est déjà morte depuis près d'une semaine. Sariel plisse le nez et tente de détecter si le corps a été enchanté. Elle ne repère rien sinon une présence un peu plus insistante du vent violet de la mort autour du corps mais aussi sous le lit et dans un meuble.
Celui-ci
est ce qu'on appelle techniquement une garde-robe, c'est à dire un
meuble en bois destiné à isoler la chaise percée. Tout autre que Sariel
hume avant tout une odeur d'excrément. Il y a un long manteau qui pend à
un cintre, et de ce manteau des pieds qui ne touchent pas le fond de l'armoire et des mains parcheminées pendent au bout des manches. Les habits du cadavres s'ornent d'un large blason. Personne n'est très versé en héraldique mais Reubke se souvient de Gerolf l'identifiant comme "aux couleurs des abeilles... Une baronnie d'apiculteurs" et Lothar pense l'avoir déjà vu sur des pavillons de bateaux... Des apiculteurs du Reikland, probablement.
Le cadavre est ancien, desséché et présente des traces de mauvais traitements. Dans son dos pend un rouleau de parchemin dont le bas manque. On peut encore lire "Par
la présente, nous, prince électeur du Reikland, sommons et ordonnons à
notre lige l'honoré et estimé seigneur de Wittgendorf de rendre séant et sans férir..." suivent
plusieurs lignes du même jargon pour intimer l'ordre aux seigneurs de Wittgenstein de rendre des comptes ou de payer ses impôts. La baronne s'en torche.
La lumière qui entre par les fenêtre a soudain diminué d'un coup. Reubke jette un œil dans la cour. Des nuages d'orage se sont assemblés et de grosses gouttes s'écrasent sur les pavés. Les flammes crèvent la toiture de la Tour sombre. Du coté de la porte, tout semble calme. Et au-dessus de la tour voisine, flotte une petite forme de tissus au bout d'une ficelle...
On fonce, on s'interrogera plus tard. La tour appliquée est accessible depuis la chambre. Dans la première pièce, des vêtements sont exposés sur des mannequins qui trahissent une fois de plus les goûts sadiques de la baronne : des têtes humaines maquillées exposent des coiffures et des coiffes élaborées surplombent les corps de crins et tissus. Un vieux télescope aux lentilles voilées pointe vers un murs. De la fenêtre, Sariel voit l'orage se renforcer et les nuages tourbillonner au-dessus du château exactement.
On monte à l'étage qui sert de bibliothèque : d'innombrables livres dans des rayonnages, un pupitre, un chandelier, des parchemins mais surtout un garde qui leur tourne le dos. Surpris, il se retourne pour faire face à trois arbalètes pointées sur lui et il lâche sans difficulté le livre qu'il feuilletait et les lève au-dessus de sa tête. Au lieu du vantail habituel, son casque s'ouvre sur un gracieux masque de bronze qui suggère un élégant jeune homme... illusion rompue par les plaies de la chair nue du cou et des paupières.
- Très bien, je me rends, ne tirez pas ! Je suis innocent, je n'ai fait que suivre les ordres de mes supérieurs, je n'avais pas le choix. Je suis le sergent Doppler. Shift Doppler. Vous savez, je ne suis même pas l'officier supérieur... Que je... que je retire mon masque ? Vous êtes sûr ? Vous ne préférez pas que je garde les mains au-dessus de la tête ? Oh très bien, si vous insistez..
Doucement, il baisse les mains pour retirer son masque. Son visage est le pire de tout ceux que les aventuriers ont pu contempler jusqu'ici. Doppler glousse en voyant l'inconfort que provoque la vue de ses chairs grouillantes de vers et il nargue les aventuriers.
- En haut de la tour ? Haha, mais nos forces d'élite vous attendent ! Vous vous avancez vers votre mort...
Son plaisir est de courte durée... Comme d'habitude, les arbalètes se déchargent presque à l'unisson. L'un le frôle à la jambe, protégée par des chausses de maille tandis que l'autre s'enfonce en plein visage. Sa tête tourne à 180° et il s'écroule face au sol, en continuant malgré tout à hurler, avant de se taire soudainement... Du moins tenter de se taire pour faire le mort mais il continue à geindre entre ses gencives gonflées et Albi écrase ses chairs en ruine à coup de talon.
On se dépêche de grimper la dernière volée d'escalier.
Au dernier étage, le groupe débouche dans un laboratoire éclairé par l'ouverture dans le toit. La pluie cingle le plancher et tinte sur les bocaux où mijotent organes et spécimens anatomiques, les éclairs font scintiller les cuivres d'un bric-à-brac de distillation mais c'est la plateforme en bois qui attire directement les regards. D'environ 3m sur 3, à environ 1m du sol, elle est hissée lentement vers le plafond par un jeu de poulies. Des éclairs d'électricité statiques crépitent entre les chaînes qui pendent du plafond vers la plateforme et la table qu'elle soutient, sur laquelle est allongée une forme inerte. Margritte Von Wittgenstein est là, de l'autre coté de la pièce, elle tient la corde qui active le jeu de poulie. Toute son attention est focalisée sur la plateforme.
- ...bientôt, mon frère, tu sera de retour parmi nous et tu dirigera nos soldats pour écraser nos ennemis...
Au moment où tout le monde s'élance en avant soit vers la baronne, soit vers l'expérience gisant sur la table, un éclair frappe la tour, grésille le long du ruban du cerf-volant, attaché au corps et ébloui tout le monde.

Sariel tranche de l'épée une corde, l'électricité remonte le long de la lame et lui brûle les articulations tandis que la chose allongée tressaute dans ses attaches.
Lève-toi, ma merveille, lève-toi et marche sur nos ennemis !
Le monstre se redresse et une fois débarrassé de la passoire en acier qui lui couvrait le visage, celui-ci évoque furieusement aux aventuriers qui l'ont rencontré le frère cinglé amateur de taxidermie qu'ils ont estourbi il y a une semaine de cela, lors de leur première investigation du château... Mais il a fait un régime protéiné accéléré, depuis car il plafonne désormais à 2m50, a un corps taillé comme une barrique, des mains comme des battoirs qui se terminent par des griffes osseuse, des coutures partout...
Margritte lâche la corde d'une main pour la dresser au-dessus de sa tête et amorcer un geste magique des doigts, se concentrant pour invoquer un sort...
Albi, ragaillardi par les nombreuses prières qu'il a offert à Sigmar et Esméralda, pointe un index vengeur sur le monstre et lui hurle une imprécation, tentant d'intimider celui-ci par son aura de répurgateur... La rage qui l'anime est presque palpable. Même Margritte fait un pas de recul. ...Malheureusement, seul le monstre que cible Albi est insensible à son charisme. Il tourne vers lui des yeux voilés d'une taie grise vers lui, ouvre une gueule démesurée et hurle dessus en retour. Puis fonce sur lui, le balaie d'un coup de griffe qui le cueille en plein tronc et le fait voler à travers la pièce, pulvérisant étagères et bocaux au passage. Albi aurait pu mourir sur le coup mais le Destin en décide autrement : par miracle, ses vêtements amortissent le coup, l'amas de chair qu'il percute adouci sa chute et il fait une roulade pour retomber sur ses pieds.
Reubke se tasse derrière une étagère et entame un contournement du monstre, sautant d'une cachette à l'autre, pour se rapprocher de la baronne. Il a remarqué que celle-ci se tient devant une fenêtre et s'il parvient à se rapprocher suffisamment, il espère pouvoir en tirer profit.
Lothar estime que contre le monstre, son arbalète ne lui sera pas d'une grande utilité et il s'engouffre dans l'escalier qu'il descend quatre à quatre, trébuchant sur les marches inégales et rebondissant contre un mur pour se rétablir une fois au palier de la bibliothèque, qu'il fouille du regard désespérément, à la recherche d'une torche. La chandelle éteinte plantée sur l'écritoire ne le satisfait pas, alors il poursuit sa course jusqu'à la chambre de la baronne, en traversant le dressing room... Tout ce qu'il trouve, c'est un chandelier à quatre branches. Cela ne le satisfait pas entièrement mais c'est suffisamment contondant, cela pourra peut-être aussi mettre le feu au liquide de conservation des spécimens anatomiques. Une chance pour que ce soit de l'alcool (comme pour les cerises), une chance pour que ce soit du vinaigre (comme pour les pickles).
Reubke bondit sur la baronne et la bouscule d'un coup de crosse vers la fenêtre. Les vitres se brisent mais elle se retient au chambranle, surprise.
Pendant ce temps à l'étage, le monstre cherche une nouvelle cible. Sariel étant la plus proche, il se dirige vers elle. L'assaut est bref, Sariel s'écroule, le genoux disloqué et elle perds connaissance, les épreuves précédentes ayant prélevé leur dû sur son endurance. Heureusement pour elle, le Destin refuse de la laisser périr sous les coups du monstre...
...Le monstre se retourne en hurlant quand Albi se relève. La différence de taille n'est pas à l'avantage du halfelin et il perd tout courage quand le monstre fait un pas en sa direction. Son corps agit presque de sa propre initiative : ses spincters se relâchent tandis que ses jambes le propulsent dans l'escalier. Albi descend, Lothar remonte, une brassée de livres attrapé dans la bibliothèque pour servir de combustible, les deux se percutent et roulent en bas des marches.
...La baronne déconcentrée tente d'incanter un sort pour frapper Reubke, elle échoue et un filet de sang lui coule du nez, inondant de carmin son visage blafard... Reubke réplique d'un coup de crosse en plein visage. Pendant un bref instant, le temps semble s'arrêter alors que le point d'équilibre de la femme passe lentement de la pièce au vide et qu'elle bascule en hurlant. La chute dure quatre étage et le hurlement est brutalement interrompu quand la baronne s'écrase dans la cour. Son corps disloqué ne bouge plus.
...Pendant ce temps, sur le palier d'en dessous, Lothar tente de retenir et de raisonner Albi, qui se débat comme un beau diable. Peine perdue. Comme Albi le martèle de coup de pieds et de poings, il relâche sa prise pour le laisser filer et remonte voir ce qui se passe à l'étage... Albi poursuit sa course jusqu'à la chambre et plonge le nez le premier dans un coussin.
...à l'étage justement, le monstre n'a plus personne à écrabouiller sinon Reubke, qui, penché à la fenêtre, fait le constat du décès de la baronne. Le médecin se retourne juste à temps pour être percuté de face par le monstre et, emporté par l'élan, les deux basculent à leur tour par la fenêtre, en emportant avec eux les restes du chambranle.
Coup de chance extraordinaire, Reubke parvient à se rattraper d'une main à l'appui de fenêtre et c'est ainsi que Lothar le retrouve quand il débouche dans le laboratoire dévasté: les épaules en feu, tentant d'insérer ses orteils dans les joints des pierres, les doigts cramponnés à la pierre...
Lothar plonge pour lui saisir les poignets et l’empêcher de dévisser. Au bas de la tour, il note que la créature remue toujours et se redresse péniblement, mais il doit se concentrer sur l'homme qu'il retient des deux mains. Il tente de le hisser à la force des bras mais sans y parvenir, faute d'un bon point d'appui.
C'est dans cette position arc-boutée qu'Albi le trouve lorsque, enfin calmé, il revient au laboratoire. Lothar le sent approcher, l'agripper par la ceinture de son pantalon pour faire contrepoids et le tirer en arrière. C'est ainsi que les deux parviennent à tracter Reubke, qui se tortille pour éviter de se briser les dents mais ne peut empêcher l'angle de l'appui de lui rapper les coudes, les côtes, les cuisses et les genoux. Enfin, il bascule sur Lothar, assis sur Albi, lui-même assis dans ses culottes pleines.
Pas le temps de souffler cependant : à peine sur pieds, Reubke se précipite vers Sariel. Elle est inconsciente mais ne saigne pas - en tout cas pas trop gravement - ni de fait de bruits bizarre en respirant, et ses articulations semblent toutes se plier dans le bon sens... Un flacon de sel, ou bien la proximité d'Albi, font reprendre ses esprits à l'elfe commotionnée. On l'aide à se relever car il ne faut pas s'attarder dans la pièce : beaucoup de flacons ont été brisés pendant les échanges de coup, le plancher baigne dans le liquide à l'odeur particulièrement bizarre et celui-ci est définitivement inflammable et probablement électrisé. Mieux vaut être ailleurs quand les flacons restant commencerons à exploser dans les flammes.
L'étage de la bibliothèque est le même, quoique certains rayonnages aient été un peu déplumés par les prélèvements de Lothar. Personne ne veut s'y arrêter pour chiner mais Sariel laisse trainer son regard sur les planches. Il s'arrête sur le titre d'un ouvrage de magie d'Aethyr, qu'elle empoche. Puisqu'elle ralenti un instant pour s'intéresser aux ouvrages, Reubke en fait de même et l'imite en empochant un ouvrage qui parle de magie de feu rouge ou un truc du genre... Lothar ne fait pas le difficile, il balaie un rayon entier, descent jusqu'à la chambre et fait tomber sa moisson dans un baluchon improvisé avec les draps du lit, puis il hisse le sac de grain sur son épaule et le groupe sort à la hâte dans la cours.
A peine passé la porte, une pluie d'ardoise pleuvent de la Tous sombre suivies d'un madrier embrasé qui rebondi sur les dalles. Au pied de l'autre tour, le cadavre de la baronne gît dans son sang mais sa créature a pris le large. Vu les piaulements qui proviennent de la serre et le fait qu'une créature entre le gnome et le perroquet vient d'être propulsé à travers la fenêtre, le golem ravage la volière.
Le temple profané
Autre problème : une météore de malepierre se trouve quelque part dans le château et il ne reste pas grand monde qui pourrait révéler où elle est entreposée vu que chacun des descendants de Dagmar croisé à été mis à mort sans attendre qu'il réponde à des questions qui de toute façon n'ont pas été posées.
Mais avant tout, mettre de la distance entre la serre où la créature se tape des pilons de poulet et eux.
Lothar fait un crochet pour voir où en sont les défenseurs de la porte et déposer le sac de grain qui l'encombre. Il se fait bombarder de questions sur ce qui se passe dans la haute-lice et apprend en retour que cela se bat dans la basse-lice, les soldats Wittgenstein contre quelque chose d'inconnu avant de rejoindre Reubke et les autres. Reubke qui entraîne tout le monde vers le bâtiment se dressant à coté de la tour sombre et qui semble être une chapelle... Une chapelle qui a connu de meilleurs jours, mais bon.
A peine passé la porte, une musique discordante éclate sous la nef, venant de l'orgue au-dessus de l'entrée bien que le siège du musicien soit vide. Les tuyaux vibrent alors que les soufflets restent immobiles et les visages qui décorent les montres semble suivre du regard voir cligner des yeux en direction des spectateurs. En dépit du volume et de la mélodie étrange, le groupe reste soudé et concentré.
Le reste de la nef est moins animé mais tout aussi perturbant : la statue du dieu a été basculée de l'autel et s'est brisé en morceau sur les bancs. Les fresques ont été barbouillées de brun-rouge. Une nouvelle statue se dresse dans le chœur, absolument obscène. Pas simplement suggestive, pas basiquement érotique, d'une pornographie malsaine et mélangeant des attributs féminins et masculin dans un seul corps. Celui que l'on connaît comme le Prince des Excès.
De derrière l'autel désacralisé, jailli une forme humanoïde qui évoque les créatures qui pourraient peupler un rêve érotique fait après une indigestion de fruits de mer. Elle bat des jambes aux pieds étrange et geint plus qu'elle ne parle

- oooOOOOooooooh mooouiiiiii !!!! Ouiiii ! Oh des visiteurs, j'en MOURRRRAIS ! Oh oui, mes chériiiiiii, ssssssssssssssss-cela fait siiiii longTEMPS que personne ne venait me visiter, uwu ? Venez, mes petits chéri, venez donc... Allons, pourquoi êtes vous si sérieux, si RAIDES !!
Tout en parlant, elle s'avance en se déhanchant à chaque pas de façon exagérée. Avant qu'elle ne s'approche de trop... Paf pastèque, carreau, tout ça. Le monstre exulte et passe de la séduction à la position de combat, les pinces largement ouvertes
- Oh vous voulez jouer ? Vous voulez danser ? Oh oui ! On va danser mes jolis !
Elle fonce dans la mêlée sans retenue mais seule face à Sariel qui brandit toujours l'épée bâtarde, épaulée par le tir de couverture d'Albi, Lothar et Reubke, elle se retrouve rapidement en mauvaise position.
"Sales petites pestes, que la pourriture vous ronge le gland !"
...et elle disparaît dans un nuage de fumée rose accompagné d'une odeur musquée. Pendant ce temps, l'orgue continue à jouer et commence insidieusement à hypnotiser les aventuriers. Lothar en tout cas baisse son arbalète et commence à se balancer au rythme des sons. On le ceinture pour l’empêcher de divaguer dans la nef ou de s'approcher des tuyaux et on lui balance quelques claques pour lui faire reprendre ses esprits. Reubke tente de saboter l'orgue mais s'il fait sauter quelques touches, il ne parvient pas à endommager suffisamment l'instrument pour que la musique s'interrompe. Il recule avant que les langues sortant des bouches d'enfer ne le saisisse.
Sariel explore le chœur et trouve une trappe derrière l'autel. Elle appelle les aventuriers et descend, suivi d'Albi. Ils débouchent dans une pièce aux murs noircis dont le centre est occupé par un large coffre en pierre doublé de plomb. Pour elle, la pièce empeste le mal, acide et sucré. Le couvercle du sarcophage a été déplacé et son contenu retiré. Au fond de la pièce s'ouvre un tunnel percé dans la roche, juste assez grand pour qu'Albi puisse l'emprunter sans devoir se baisser. Il s'y avance malgré les appels à la prudence de Sariel et au bout d'une dizaine de mètre en descente, débouche dans une faille plus large. Il n'est pas seul car au fond de la fissure, il repère au moins trois silhouettes d'hommes bêtes. Elles sont en alerte et approchent dans un mouvement de tenaille, en échangeant des couinements articulés, bien qu'elles n'aient pas repéré le halfelin. Albi recule précipitamment et signale à tous qu'il faut fuir.

Un grondement sourd retentit et le sol tremble. Les aventuriers sortent dans la cour, où ils retrouvent les hors-la-loi qui ont aussi senti la secousse. Ils s'engouffrent dans la Tour sombre avant qu'elle ne s'écroule et galopent jusqu'aux quais souterrains, poussent les radeaux à l'eau alors que des pierres chutent dans l'eau. Lothar organise la manœuvre et les embarcations s'éloignent juste assez de l'éperon pour ne pas être enseveli sous l'effondrement des remparts.
C'est épuisé tant physiquement que nerveusement qu'ils remettent pied à terre et décident de revenir au campement, sans passer par le village pour se rendre compte de l'étendue des massacres.
nous, des branquignoles?
RépondreSupprimerPas du tout...