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lundi 14 octobre 2024

De Grissenwald aux Colines Stériles

De Grissenwald à Kemperbad :

...Rien à signaler. Le groupe a mis les voiles rapidement en laissant Boulette Piéfoin derrière eux.
Porté par le courant, le Meudefleuh ne met que quelques jours à atteindre Kemperbad. 

A Kemperbad, Vox Pholk et messire von Kerkher descendent à terre, Vox souhaitant se rendre chez un armurier pour remplacer son tromblon explosé. La vision d'une demi-douzaine de cadavres pendant mollement au gibet érigé au-dessus de la falaise n'émeut absolument pas le nain, qui poursuit sa route. Gerolf n'en est pas très sûr mais il lui semble que certains pendus portent le même genre de livrée de serviteur que le personnel de l'auberge où le plénipotentiaire impérial a manqué se faire enssouper. 

Il attend à la porte que Vox fasse ses emplettes et remarque un quidam qui le dévore du regard. Il l'invite à s'approcher d'un grand sourire engageant. Aux questions que pose l'inconnu, Gerolf comprend que celui-ci fait partie des grimaceurs en violet. 

- Qu'est-ce que tu fiche, Kastor ! T'as pas oublié que tu dois remettre l'argent au maitre ?
- L'argent...
- Fait pas l'innocent, l'argent ! L'argent de l'héritage de Boggenhaffen ! T'étais sensé le récupérer et le rapporter, tu nous ignore... T'essayerais pas de te débiner avec le magot ?
- Bien sur que non, mais il y a eu des développements... J'ai une piste pour récupérer plus d'argent ! Deux fois plus d'argent !
- ...Deux fois plus d'argent ? 40.000 couronnes ?
- Absolument ! Alors voila ce qu'on va faire, tu appelles tous le groupe et on se retrouve après l'écluse, au bateau... 

La sortie de Vox avec une nouvelle arquebuse flambant neuve mets fin à la discussion, l'inconnu s'esquive dans la foule. Une fois sur le bateau, Gerolf informe ses compagnons du plan qu'il a brillamment improvisé. Le groupe n'est pas aussi enthousiaste que lui. 

De Kemperbad aux Doubles Chutes

A l'écluse, un homme seul insiste pour monter sur le bateau et s'approche de Gerolf en tapinois pour poser des questions sur le groupe et proposer de leur faire un sort en assaisonnant la soupe de poison... Il est rapidement poussé à fond de cale pour un interrogatoire musclé : Kastor Lieberung était chargé de récupérer un héritage pour le compte d'un groupe de conjurés, désormais persuadés que Kastor tente de prendre le large avec l'argent. L'idée que Kastor puisse ne pas être Kastor parait tout à fait invraisemblable à l'homme et une fois qu'il a livré tout ce qu'il savait - c'est à dire pas grand chose de plus, les aventuriers décident de s'en débarrasser en le jetant au Stir avant de lever l'ancre...

Le Stir est profondément encaissé entre des falaises, son débit est rapide et la navigation beaucoup plus difficile que sur le Reik. Il y a également moins de trafic que sur le Reik. Le voyage prendra quatre jours, principalement occupés à garder le cap. 

- Avez-vous vu ma cousine ? Une femme blonde, bien faite de sa personne..." 
Gerolf pose la même question à tout ceux qu'il croise, sans succès.

Première nuit : arrêt dans un tout petit hameaux. Les patrouilleurs fluviaux sont assez désinvoltes et dépenaillés et les habitants invisibles. Le lendemain, les patrouilleurs sont plus hargneux, les habitants toujours invisibles, les maisons semblent même désertes. Le Meudefleuh repart sans que ce mystère n'ait été éclairci. 

Deuxième journée : le Meudefleuh croise des pécheurs de brochet du Stir. Gerolf est enthousiasmé par le spectacle des harponneurs qui ferrent une bête de presque trois mètres de long et veut leur acheter un harpon. Devant leur refus, il décide de se bricoler un harpon de fortune pour tenter sa chance. Après tout, les œufs de brochets valent une fortune en crème de beauté. 

Dans l'après-midi, le Meudefleuh passe entre deux falaises se faisant face, gravées de pictogrammes anciens. Sariel recopie les pictogrammes pour tenter d'en comprendre le sens. 

Troisième journée : Gerolf harponne un poisson. ...Poisson qui s'avère être la carcasse gonflée d'un cheval, qui pourrait être - ou ne pas être - sa Shana. Dans les fontes, on trouve quelques vêtements et une carte de la région où sont notés deux points. L'un pourrait correspondre à la tour des nains et l'autre une région au nord de la Narn qui pourrait être les Colinnes Stériles. 

Doubles Chutes - l'auberge des cascades grondantes

On les entend bien avant de les voir et elles emplissent l'air d'une brume de gouttelettes glacées. Deux cascades impressionnantes se font face, de part et d'autre d'une large étendue d'eau. D'un coté, les remous ont creusés un large porche qui abrite un petit débarcadère. Deux jeunes femmes s'affairent sur une petite barque de peau tendue sur une ossature légère. Elles sont vêtues de façon simple, avec des vêtements ornés de broderies paysannes, troussés haut pour ne pas mouiller le bas de leur robe ou salir leur manche avec la résine bouillante qu'elles appliquent sur les coutures. Astrid explique en riant que le bateau est celui de son amie Birgit qui s'est faite surprendre par la force du courant et a été poussé du haut de la chute. Le bateau, pas Birgit, bien sûr. Elle a eu le temps de nager jusqu'à la rive. Personne survit à une chute pareille.

Elles non plus n'ont pas vu la "cousine" de Gerolf mais elles ne sont pas du coin. Elles conseillent de s'adresser à l'auberge, au-dessus de l'écluse. Le bateau est laissé à l'amarre au pied du chenal, les voyageurs vont d'abord tater le terrain avant de payer l'écot pour emprunter les quatre écluses successives.

Bien que l'auberge soit très accueillante, elle est également déserte. Aucun bateau n'y est accosté, aucun voyageurs attablé dans la grande salle. La patronne fait grise mine quand on l'interroge. Y a comme qui dirait une petite tension depuis que ça a pété à la dernière diète. Ya eu des mots d'échangés, ça s'regarde en chien d'fusil d’faïence, espérons que ça va se détendre parce que ça s'ra mauvais pour les affaires, trop d'calme. Une cousine ? Désolé, ça m'dit rien. 

Après plusieurs jours dans la promiscuité du bateau, le groupe profite du confort de l'auberge : Albi et Gerolf prennent chacun un bain, commandent des chambres et un copieux repas. Pendant qu'Albi vide sa troisième assiette d’œuf et de saucisses, Sariel et Gérolf décident de se dégourdir les jambes pour admirer le panorama sur les chutes. Et de tenter la traversé à gué de la Narn, pour aller admirer le beau et grand chêne qui se dresse sur l'autre rive. 

La troisième chute

- Dis-moi que je suis à la fenêtre et que j'entends ça, s'il te plait !

 La Narn - surtout à proximité de la cascade, n'est pas très profonde mais elle est glacée et le courant est très vif. Rien qui ne gène Sariel mais Gérolf a encore une fois surestimé ses capacités et oublié le lumbago qui l'afflige depuis Grissenwald. Il trébuche et s'étale dans l'eau, est entrainé vers les chutes, loin des bras tendus de Sariel, tente sans succès de s'agripper aux larges pierres qui forment le bec de la cascade et bascule pour heurter le lac, 20 mètres plus bas, et disparaitre sous la surface de l'eau. 

Sariel continue sa traversée du gué pour se diriger vers le chêne où est attaché un petit attelage - s'il y a un attelage, il y a des gens. Elle trouve un escalier usé qui descend au fond du grand abris sous roche et descend aussi vite que possible en appelant à l'aide. Elle rejoint Birgit et Astrid, qui ont entendu le plat mais pas compris la gravité de la situation. Les trois femmes sont de l'autre coté du lac, et Gerolf reste invisible.

Dans l'auberge, Reubke et Albi entendent les appels à l'aide et reconnaissent un prénom. Ils se ruent au bac pour retraverser le Stir. Le temps semble long avant qu'ils ne mettent pieds à terre et ne puisse descendre au galop le petit chemin le long des écluses successives. Mais ils sont à l'opposé de la chute, et Gerolf reste invisible. 

Sur le Meudefleuh, Renata profitait d'un peu de solitude pour faire l'inventaire de sa balle, au son du marteau de Vox, affairé à sa forge. L'arrivée au déboulé de Reubke et Albi les tirent de leurs occupations.

et soudain Gerolf fait surface.

Sariel commence à chanter pour rassembler les vents de magie et lance un sort. Ses orteils ne touchent plus le sol, elle vole au-dessus de l'eau vers Gerolf, mais si lentement, et Gerolf est inconscient. 

Birgit et Astrid se saisissent. Elles regardent bouche bée et pieds dans l'eau l'elfe qui plane. 

Reubke et Renata mettent à l'eau le canot du Meudefleuh et sautent dans celui-ci. Ils tirent sur les rames de toutes leurs forces.

Sariel atteind Gérolf la première. Elle l'attrape mais au lieu de le tirer de l'eau, c'est elle qui tombe. Renata et Reubke arrivent et les hissent dans la barque. Messire est toujours inconscient et il a bu la tasse, alors on mène la barque vers l'abri sous roche pour l'étendre près du feu où Reubke lui donne les premiers soins, jusqu'à ce qu'il reprenne conscience et titube de lui-même à la barque. 

Il faudra trois jours de lits et de boissons chaudes pour que Gerolf von Kerkher se remette.

mardi 1 octobre 2024

Fouille de la Tour - Retour à Grissenwald

Une fois le calme retombé, les aventuriers fouillent méthodiquement la tour.

La plus part des pièces ont été saccagées et le mobilier réduit en pièces, mais dans ce qui était un bureau, ils trouvent les restes d'une correspondance entre Etelka et Teugen, entre Etelka et un mystérieux grand-maitre, des morceaux du journal personnel de Etelka où celle-ci mentionne une expédition aux Colines Stériles. Sariel empoche un grimoire afin d'étudier les formules magiques qu'il contient plus tard au calme. L'argenterie est pillée et le dernier homme-bête déniché de la tour, interrogé et finalement exécuté. 

La porte de la cuisine est forcée et la cuisinière extirpée de sous son lit : Boulette Piéfoin, une halfeline terrorisée qui se répand en bénédictions à ses sauveurs et les pries de la faire sortir de ce cloaque, avec sa batterie de casseroles personnelle, s'il vous plait !

Une fois qu'ils ont pillés tout ce qui avait encore un peu de valeurs, les aventuriers entreprennent de mettre le feu au reste et de quitter les lieux pour rejoindre la ferme. 

Les fermiers les attendaient avec impatience. Le nain laissé à leur soin a survécu et retrouve même un peu de ses couleurs. Aucun patrouilleurs n'a pointé le bout de son nez. 

Une fois aux portes de la ville, la raison de l'absence de toute patrouille s'explique rapidement ; la tension entre humains et nains de Khazid Slumbold est à son paroxisme, on est au bord de la guerre civile. L'arrivée des aventuriers, flanqués des nains et des fermiers, désamorce la situation. 

Les aventuriers décident de partir sur la piste de Etelka, pour purger l'Empire d'une menace et surtout pour récupérer Marguerite et Shana. Mais d'abord, on attend quelques jours que la barque commandée au chantier naval soit terminée. 

dimanche 2 juin 2024

On monte à la tour des bois de Grissenwald

Après conciliabule, l'équipe décide unanimement de monter à la tour. 

Un solide déjeuner est avalé, Reubke vérifie la santé de Durak, dont la fièvre est retombée, donne une pièce d'or à la fermière et deux sous aux gamins en leur disant que s'ils mettent des linges humides sur le front de Durak, ils en recevront une nouvelle... (devant la lueur cupide s'allumant dans le regard des mouflets, il revient vite sur cette consigne et leur ordonne de ne pas toucher au blessé). Grompf et Kiza, les mâchoires serrées et la détermination d'airain, accompagnent tous deux les aventuriers pour venger la mort de Martok.

Arrivé en vue de la tour, le groupe tient conseil. Sariel s'avance en éclaireur et grimpe la pente, en restant à l’abri du couvert végétal pour ne pas être vue tout en observant les alentour. Bien qu'elle n'ait pas le meilleur point de vue sur l'entrée de la mine, il lui parait évident que durant la nuit l'on s'est activé autour du portail désormais effondré : les rails sont tordu, le wagonnet git maintenant plus loin. Elle ne s'y attarde pas et continue à grimper jusqu'à arriver en vue de l'entrée de la tour, qu'elle contourne prudemment pour avoir la meilleur vue sur l'entrée du bâtiment de deux étages. Aucun signe d'activité, la porte est fermée, des barbouillages maculent les murs, un totem de bois, plumes et os est planté de guingois à coté de l'entrée et l'elfe ne parvient pas à en comprendre la signification. Les murs du premier étages sont percés de quelques fenêtres et Sariel remarque quelques vitraux brisés. 

Gerolf tue le temps en déracinant un arbuste pour lui servir de camouflage. Après un quart d'heure environ, le noble, Vox, Reubke, Kiza et Grompf emboitent le pas à Sariel, en se faisant beaucoup plus remarquer - les nains et le halflin s'exhortant mutuellement bruyamment au silence. Personne ne réagit à leur approche peu discrète et ils s'enhardissent jusqu'à la porte. Elle n'est pas verrouillée et la sentinelle qui dort dans l'entrée ne s'éveille pas. Sariel lui lance un sort de Sommeil pour s'assurer que cet état continue et s'avance, Grompf arrive à hauteur de l'homme-bête endormi, se crache dans les mains, empoigne son marteau et lui fend le crane d'un large coup. 

Deux portes ouvrent dans ce couloir. Celle de gauche ouvre sur une petite pièce sombre et malodorante. Sariel lance un sort de lumière pour y voir plus clair et distingue des manteaux pendant le long des murs, deux personnes ficelées au sol et des traces suspectes indiquant que le placard sert désormais de latrines. Les deux prisonniers sont vivants, tuméfiés et terrorisés. Le couple de fermier a été capturé dans la ferme récemment attaquée, ils font le récit de leur calvaire la voix entrecoupée de sanglots et s'enfuient une fois libérés. Celle de droite semble verrouillée. 

Le couloir débouche sur un large vestibule dallé, éclairé par une verrière ouverte dans le toit. Trois portes s'ouvrent dans les murs de gauche et celui face a la porte de la tour, un escalier monte en colimaçon le long du mur de droite. Enhardit par le silence qui pèse sur les lieux, Gerolf tente de forcer la porte en frappant le bois à coup d'épée et comme il ne parvient qu'à faire sauter des échardes, enjoint à Grompf de la défoncer à coup de marteau. Le hall résonne sous les coups du nain qui défonce la serrure sans parvenir à défoncer la porte, et attire inévitablement l'attention des occupants de la tour.

les deux portes de droite s'ouvrent à la volée et huit hommes bêtes ensommeillés en surgissent. Albi et Sariel étant les plus proches, ce sont naturellement sur ceux-ci que les premiers monstres se ruent, leur infligeant de sévères blessures avant même qu'ils aient le temps de réagir. Un combat épique s'ensuit, huit humanoïdes bestiaux contre trois nains, une elfe, un halflin et deux humains. Malgré leur sous-effectif, ceux-ci finissent par l'emporter sans perte mais tout juste : Grompf, le nain de Khazid Slumbold, s'est effondré sous les coups de son opposant et Reubke se rue à son chevet pour lui faire avaler une potion et éponger le sang qui gicle de ses plaies. Puis il s'intéresse à Sariel et Albi qui ne sont pas non plus en très grande forme tandis que leurs compagnons achèvent les monstres agonisants. 

C'est alors que la porte en haut de l'escalier s'ouvre, une voix rauque pousse un aboiement interrogatif et un museau pointe par-dessus la rambarde. Grompf, remis sur pied, saute dans une des pièces inexplorées pour se cacher, Kiza et Albi se plaquent au mur sous l'escalier et Reubke se fige, terrorisé. Bien qu'il soit en ligne de mire, sa présence ne semble pas avoir été remarquée. Cet avantage vole immédiatement en éclat quand Messire Gerolf hurle son défi et se rue vers l'escalier, rapière au poing. Sorti de sa stupeur, Reubke lache le cran de son arbalète et carreau va se planter dans le mur sans toucher qui que ce soit. Alors que le noble grimpe les marches quatre à quatre, les monstres les descendent quatre à quatre et un second combat s'engage, dans un escalier trop étroit pour permettre à deux assaillants de combattre côte à côte. Dans les moments remarquables, citons le halflin qui parvient à immobiliser d'un tir de bolas l'homme-bête de tête, qui décide alors de plonger sur Gerolf pour l'immobiliser sous sa masse mais ne parvient qu'à s'empaler sur la lame du duelliste, les deux hommes-bêtes qui décident de sauter par-dessus la balustrade dans la mêlée, l'un des deux réussissant à retomber sur ses pattes, l'autre se cassant la figure et s'écroulant au sol et Sariel s'empressant de lui lancer un sort de sommeil pour qu'il y reste. Vox continue à décharger son pistolet à répétition en comptant sur les dégâts ravageurs de son arme et la terreur infligée par le fracas de la détonation jusqu'à l'accident tragique et l'explosion de cet instrument mortel dans sa main, alors qu'il ne s'est pas encore remis de la précédente explosion de son tromblon dans la tour à signaux. Albi qui immobilise au lasso le dernier homme-bête de la file pour l’empêcher de sauter à son tour, Vox, Sariel et Kiza qui le rejoignent pour tirer sur la corde et le faire basculer par dessus la balustrade et y parvenant finalement, ce qui malheureusement réveille l'endormi lorsque son compagnon d'arme s'écrase dessus. Heureusement à ce moment ils ne sont plus que deux, dont un solidement entravés et ils ne tardent pas à tomber pour ne plus se relever, non sans avoir à nouveau jeté le pauvre Grompf au sol. 

Quand les râles d'agonie des blessés s'interrompent, le silence ne semble plus devoir être brisé par quoi que ce soit.