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lundi 22 avril 2024

Enquête dans les Crètes Noires

J'ai pris du retard dans les comptes-rendu de partie - ici trois parties résumées en un article, en espérant ne pas avoir oublier trop d'éléments.

La Lorlei

Après avoir mis hors d'état de nuire un dangereux mort vivant, pris une bonne nuit de repos et soigné leurs blessures, les aventuriers ont repris le fleuve pour faire un arrêt rapide à la Lorlei. le rocher qui se dresse fièrement au milieu du fleuve est une destination touristique fort appréciée des classes aisées de l'Empire. Les façades de la petite ville de Stirgau reflètent l'aisance et les pêcheurs locaux ont vite ajouté une corde à leur ligne de pèche en proposant aux riches désœuvrés et aux jeunes mariés en voyage de noce des balades en bateau autour du fantastique rocher.
Le groupe en profite pour vendre sa cargaison de vin et d'alcool de contrebande acquis à Kemperbad avant de repartir en direction de Gissenwald dans l'après-midi. 

A l'approche de la soirée, ils décident de jeter l'ancre au bord du fleuve pour ne pas gaspiller de temps ni d'argent à la recherche d'un port et d'une auberge. Mal leur en prend car au matin, ils découvrent que la barge a dérivé et est partie s'échouer contre un haut-fond, sous les frondaisons de saules qui pendent sur le cordage. Lorsqu'ils secouent les branches pour les dégager, une pluie de grosses sangsues noires leur tombent sur les épaules et dans le cou, certaines ne perdant par de temps pour planter leurs ventouses dans les chairs à leur portée. Moult cris horrifiés sont poussés, les habits volent et commence une séance d'épouillage sur le pont du navire. Reubke parvient à débarrasser tous le monde des passagers clandestins indésirables et à récolter quelques spécimens, cela pourra toujours servir plus tard. 

Grissenwald

Une fois à Grissenwald, Gerolf - tétu comme une moule - ne perd pas de temps et s'en va faire le tour des maquignons à la recherche de sa monture, la fière Shana, confiée à une écurie indélicate de Altdorf qui l'a revendue avec Marguerite le poney de Albi pour retard de paiement. Les autres décident d'aller s'en jeter un derrière le godet, de se restaurer, de refaire le plein de provision, payer les taxes, amarrage et autres joyeusetés administratives. 

Par hasard, ils remarquent une trace violette sur la coque du Meudefleuh : une emprunte de main marque le bois délavés du bateau. Le lien est rapidement fait avec la bande de curieux personnages amateurs de pied-de-nez qui leur tombe régulièrement dessus et ils concluent à un signe de reconnaissance, que Vox s'empresse de poncer avec soin, malgré son handicap temporaire et sa main bandée suite à une explosion de tromblon dans la tour à signaux hantée. 

De retour vers le navire et toujours dépourvu de son destrier qui reste introuvable, Messire Gerolf von Kercher se retrouve au milieu d'une rixe entre plusieurs nains de mauvaise allure et un tenancier qui les jette de son établissement de façon musclée. Les nains plus qu’éméchés s'en prennent à lui, une bagarre éclate, le guet fini par intervenir, par rosser les ivrognes et les emmener au poste de garde. Lorsqu'on lui demande s'il souhaite déposer plainte contre les trublions, le fils du baron von Kercher accepte la suggestion et fait une relation détaillée de l'incident, sans se douter encore que l'enregistrement de sa plainte lui coutera 4 couronnes, soit le même prix que la petite barque que Vox commande à un chantier naval. 

En discutant avec la garde, après avoir déboursé la somme demandée, Gerolf apprend qu'une communauté de nains cause régulièrement du tapage en ville, qu'ils avaient une mine mais l'ont revendue à une noble nulnoise appelée Herzen pour venir s'installer dans un faubourg et qu'une animosité certaine est en train de naitre entre humains et nains. Lorsqu'il rapporte ces faits à ses compagnons, Vox grommelle quelque chose à propos du nainisme des humains (le racisme anti-nain) quelques plaisanteries fusent, quelques menaces de représaille aussi et finalement les aventuriers estiment qu'ils serait intéressant d'aller poser des questions sur Etelka Herzen à la communauté naine. Après tout, ils enquêtent également sur cette dame pour son implication dans les affaires troubles de Bogenhafen.

Khazid Slumbold

Ils pourront nous donner des informations, nous révéler s'il y a un moyeu faible

Vu les tensions en ville et l'accrochage entre Gerolf et trois nains, la décision est prise que laisser Vox Pholk et Albi Piefané (soit le nain et le halfelin) partir à deux à la rencontre les nains de Grissenwald. Les deux compères découvrent un faubourg qui tient plus du bidonville que de la cité ouvrière, aux allées labourées par les pluies ruisselantes et aux cabanes branlantes occupée par une population naine désœuvrée qui les toise avec défiance. Après s'être présentés, ils sont conduit à la demeure du chef du clan, Gorim Grandmarteau, une masure plus large que les autres mais pas en meilleur état. Là, le conseil du clan les reçoit et les invite à prendre place autour d'un foyer qui crache plus de fumée qu'il ne répand de chaleur, sur des sièges dépareillés et branlants. Une choppe de bière maison, acre et noire, passe à la cantonade, les présentations sont faites et les politesses échangées et Vox s'enquiert prudemment de la situation de ses congénères en ville. Les nains ne font pas mystère de leur malheur : descendus des montagnes pour ouvrir de nouvelles mines, ils cherchaient de l'or mais n'ont trouvés que du charbon avant de se résoudre à vendre à une sorcière qui les a dupé et leur a proposé un prix ridicule pour leurs terres. Sans autre ressource, ils ont bien été obligés de prendre son or et même un peu plus pour lui construire une résidence avant de s'installer définitivement à Grissenwald dans l'espoir que la sorcière fasse un jour un faux-pas et que sa duplicité éclate au grand jour. Les humains ne veulent pas écouter leurs plaintes et maintenant répandent des rumeurs scandaleuses sur leur compte, les accusant de s'attaquer aux fermiers des environs comme de vulgaires bandits. L'idée même d'un tel déshonneur scandalise Vox qui propose au clans de les aider à faire éclater la lumière sur cette histoire. Cette proposition est accueillie avec surprise et joie par tous et Gorim Grandmarteau leur promet une garde rapprochée de nains pour les accompagner à leur ancienne propriété. 

Matinée - campagne de Grissenwald

Le lendemain matin, Gerolf, Albi, Reubke, Vox et Sariel se préparent à une expédition à pied dans la campagne de Grissenwald. Pour ne pas porter leur barda eux-même, ils font l'achat d'une mule (cela reviendra moins cher que de la louer) qui s'appelle Revient. Lorsqu'ils arrivent enfin aux portes de la ville, ils doivent se frayer un chemin dans une foule en émois. Albi joue des coudes et de sa patente de Répurgateur pour parvenir au premier rang et se faire expliquer la situation : une nouvelle attaque a eu lieu durant la nuit, les nains de Khazid Slumbold sont désignés coupables et les esprits sont fort échauffés. Il est lynchage moins quart. Gerolf et Albi jouent de leur autorité pour faire valoir qu'ils ne croient pas les nains responsables et qu'ils vont enquêter sur ces crimes eux-même. Lorsque le groupe arrive à Khazid Slumbold, ils découvrent la communauté naine également sur le pied de guerre, prête à faire face à une foule d'émeutiers. Les nains sont désagréablement surpris de voir revenir leurs deux nouveaux amis nain et halflins en compagnie d'humains et même d'une elfe, mais une parole est une parole et Gorim Grandmarteau désigne deux nains et une naine - Grompf, Ranulf et Kiza - pour les escorter. Ceux-ci se collent aux basques de Vox et le pressent de questions sur ses étranges compagnons de voyage, en particulier sur la présence d'une elfe à ses cotés. Vox improvise des explications : elle lui a sauvé la vie et il lui en est redevable - ou bien c'est lui qui lui a sauvé la vie et elle qui lui est redevable. Enfin, ils se sauvent mutuellement la vie quoi. 

Fermes fortifiées et ruines fumantes

La ferme la plus proche est tout de même à quelques heures de marches de la ville. Ses bâtiments sont ramassés autour d'une court intérieure et constituent une petite fortification de fortune. Les paysans refusent d'ouvrir le portail et une flèche malhabile vient même se planter devant les pieds du groupe accusé d'être des éclaireurs des brigands nains. Devant une telle mauvaise volonté, les aventuriers décident de tourner les talons et de ne pas s'attarder. 

La ferme suivante qu'ils croisent est celle qui vient d'être attaquée. Les ruines fument encore, les traces du massacre sont visible partout et un corps d'enfant est trouvé accidentellement dans le tas de fumier qui occupe le centre de la cour suite à un coup de fourche hasardeux donné par Messire. Le petit corps est enterré par Albi, Gerolf se remet de son émotion, les autres investiguent les lieux et découvrent une épée tordue qui est tout sauf de facture naine. Ils doivent ensuite convaincre Grompf et Ranulf de laisser sur place les sacs de provisions qu'ils ont pu sauver des restes, argumentant que réapparaitre en ville avec des biens pillés dans une ferme que leurs congénères sont accusés d'avoir brûlé fera du tord à leur réputation. Cela vexe les nains qui répliquent qu'il est idiot de laisser ces biens se perdre et qu'ils savent bien, eux, qu'ils n'ont tués personne et que prétendre le contraire est très insultant. Il faut négocier avec doigté pour ne pas envenimer la situation. 

Une seconde ferme pillée est découverte, l'attaque remonte à plus longtemps. On ne fera plus de détour vers les autres fermes qui sont soit également pillées soit probablement barricadées par des paysans hostiles aux nains, qui en retour se vexent rapidement de la moindre marque de défiance et ne font rien pour apaiser les sentiments des humains - pourquoi devraient-ils faire quoi que ce soit alors que c'est à leur réputation que l'on fait du tord ? Vox est loin d'être la pire tête de lard du tas, c'est dire le niveau.
Le groupe prend le chemin de l'ancienne mine. 

Un blessé 

T'es hypothécaire, non ? Tu peux pas le soigner ?
Bien sûr ! Et puis lui vendre des potions à crédit aussi...

Alors qu'ils avancent dans les bois, les aventuriers découvrent un nain très grièvement blessé qui agonise dans le fossé. Reubke lui administre les soins d'urgence et évalue ses blessures comme étant plus que sérieuses et nécessitant une intervention médicale urgente faute de quoi le nain ne verra pas le jour se coucher. Kiza le reconnait comme étant un éclaireur et chasseur de Khazid Slumbold et Albi et Grompf partent illico à la première ferme saccagée pour chercher une charrette. En attendant leur retour, Sariel et Gerolf font une reconnaissance dans les bois. Sariel découvre un petit charme fait d'os et de plume pendant à un arbre et ressent une aura désagréable qui en émane. Prévenu de ne pas y toucher, Gerolf le brise d'un coup d'épée. Plus loin, Sariel repère de grandes marques de griffades sur le tronc d'un arbre. Gerolf vient voir de quoi elle parle en soulevant de grandes brassées de feuilles mortes à chacun de ses pas. Lorsque Sariel le presse d'être plus discret, il repousse la réprimande d'un haussement d'épaule et rétorque "je suis là pour qu'on me remarque !". Sariel estime plus prudent de ramener Gerolf près du nain blessé et de Reubke et d'attendre le retour de la charrette.

Face à l'urgence, le groupe décide conjointement de se diriger vers la ferme la plus proche pour demander le gite, l'eau chaude, les linges propres et tout ce qu'il faut pour sauver la vie d'un nain !
Les quatre nains restent en retrait dans les bois, invisibles de la ferme et Reubke négocie d'arrache-pied avec les paysans pour se faire admettre à l'intérieur. C'est une famille élargie qui vit là, composée d'un couple de vieillard, un couple d'age mur et leurs enfants d'une dizaine d'année et ils se sont armés d'outils agricoles variés : faux, faucille, fourche, battoir... Armes improvisées peut-être mais capables d'infliger de méchantes blessures néanmoins. Afin d'éviter toute explosion d'hostilité face à la nature naine du blessé, il balance des ordres plus vite qu'il ne respire, réclame de l'eau chaude, de la lumière, des linges propres... Il sait déjà de par son examens des blessures que celles-ci sont très sérieuses et nécessitent l'intervention d'un chirurgien - ce qu'il n'est pas - mais il sait aussi qu'il n'y a que lui de disponible aussi avale-t-il cul sec une bonne rasade de cordial et il entreprend de retirer les carreaux d'arbalète pour cautériser aussitôt les plaies avec une lame chauffée sur le foyer tandis que Gerolf et Willelm - un paysan d'age mur - pèsent sur les épaules du blessés pour l’empêcher de se débattre. Sa tension nerveuse est à son comble et il transmet son énervement à la paysanne qui l'assiste. Lorsqu'il extrait la dernière pointe et recoud les griffures du torse, son soulagement est intense et par effet miroir celui du couple de paysan également. Tous se congratulent de leur réussite - mais reste à voir si le blessé survivra à la nuit malgré tout - et la famille propose au groupe de passer la nuit dans l'enceinte de la ferme. 

Suite à un léger malentendu, la tension remonte illico lorsque les non-humains qui attendaient dehors se présentent au portail : les paysans s'attendent à accueillir une elfe, ils la voient s'avancer accompagner de quatre nains supplémentaires, qui patientaient en tapant la carte et ronchonnent un peu lorsqu'on leur demande de montrer patte blanche et de lever les bras en signe de paix. Il faut encore négocier et rassurer les paysans pour qu'ils acceptent de laisser rentrer les nains et concèdent que ceux-ci ne sont finalement peut-être pas responsables des attaques lorsque les aventuriers exhibent les armes trouvées dans les ruines des fermes attaquées. Albi propose de cuisiner pour tous le monde, le plantureux festin qu'il concocte fini d'apaiser les esprits et c'est l'occasion de poser des questions sur la vieille mine, la noble qui l'a rachetée (une dame très bien, très correcte, très honorable, toujours très polie, on ne la voit jamais) et sa maisonnée (une intendante halfelin appelée Patée qui vient toutes les semaines acheter des légumes et provisions, mais elle n'est pas passée cette semaine-ci) . Après cela, le ventre tendu et l'esprit en paix, tous vont se coucher. 

...Tous sauf Gerolf qui monte la garde en compagnie de Willelm le paysan. Pour tuer le temps, les deux hommes fraternisent en fantasmant sur le gibier qu'ils pourraient abattre. Lorsqu'un sanglier passe à portée de vue, Gerolf va s’emparer de l'arbalète d'Albi, laissée dans la charrette, pour lui décocher un carreau dans l'arrière-train. La bête blessée s'enfui dans la forêt, les deux hommes abandonnent leur poste de garde en réveillant au passage les nains qui imaginent partir à la traque du monstre qui a blessé leur ami. Vox se réveille à son tour, puis les autres aventuriers. Albi découvre que son arbalète a disparu. 

- Non, c'est quand même pas Messire qui l'a piqué ! Il ne pique pas des trucs, Messire ?
- Non, il prend
soupire Reubke. 

Le sanglier blessé charge Gerolf, le manque et touche Vox, que la mésaventure meurtrit dans sa dignité plus que dans ses chairs, tout est bien qui fini bien et plus de peur que de mal au final - la fermière et Albi accueillent respectivement l'époux et le noble avec une réprimande bien sentie pour leur inconséquence. 

La mine abandonnée

Le lendemain matin, après une nuit mouvementée mais sans attaque, les aventuriers repartent de bonne heure vers la mine. Ils ont laissé Revient la mule têtue à la ferme, ainsi que des consignes aux paysans pour prendre soin du blessé. 

La mine n'était pas très loin de l'endroit où ils se sont arrêté la veille. L'endroit est envahi d'orties et de fourrés, les herbes folles qui poussent sur le terril révèlent qu'elle n'est plus exploitée depuis longtemps, le charriot qui attend devant l'entrée rouille sur ses essieux et la grille qui sécurise l'entrée également. Les nains de Khazid Slumbold confirment que ce sont eux qui ont posé cette grille pour empêcher les accidents. Lorsqu'ils s'avancent pour en tester la solidité et tenter de la crocheter, Vox et Albi découvrent qu'elle n'est pas fermée. Et la terre semble piétinée, signe que l'on y passe encore régulièrement. Grompf, Kiza et Ranulf grommellent devant l'état de délabrement manifeste du couloir et Vox remarque très vite que les étais qui soutiennent murs et plafonds sont rongés de pourriture et qu'il suffirait d'un rien pour que tous s'effondre. Le groupe s'avance malgré tout sous terre, à deux de front, et se fait guider par les nains dans la direction approximative de la tour d'Etelka afin de pénétrer dans celle-ci par les sous-sols. 

- Mais il n'y a pas de communication entre la mine et la tour !" révèle un nain.
- Non, bien sûr que non !" renchéri l'autre. 

Un peu décontenancé par cette révélation, les aventuriers décident de poursuivre leur exploration de la mine. A l'odeur de terre humide et de fer rouillé s'ajoute un relent acide de chenil : ammoniaque et chien mouillé. Le couloir fini par déboucher dans une salle plus vaste et dans cette salle où l'odeur de fauve est plus présente que jamais, des paillasses de fortune sont occupées par des dormeurs. 

Malheureusement le peu de discrétion du groupe réveille l'une d'entre elle qui pousse un cri d'alarme...

Un combat débute. 

Heureusement bloqués par le goulet d'étranglement de l'entrée de la salle, les hommes-bêtes ne peuvent pleinement exploiter leur avantage numérique, Grompf, Kiza, Gerolf et Martok les maintiennent en respect. de là où il est, Reubke avise une traverse et, ayant retenu l'observation de Vox sur l'état de délabrement de la mine, tire un carreau d'arbalete dedans, ce qui fait voler un nuage de poussière de bois pourri. Une pluie de gravillon s'effondre sur les assaillants affrontés dessous. Le combat tourne doucement à l'avantage des aventuriers quand des invectives dans leur dos leur font réaliser qu'un autre groupe se rue pour les prendre à revers. 

Sans demander leur reste, les aventuriers rompent l'engagement pour se ruer vers la sortie tandis que la poutre de soutainement fini par céder et qu'une pluie de rocher s'abat sur les hommes bêtes, ceux qui ne sont pas mort dans l'avalanche étant très probablement pris au piège dans ce qui reste de la salle. 

Ils sont parvenus au couloir d'entrée alors que le second groupe d'hommes-bêtes jailli de l'autre couloir. Martok et Gerolf se ruent au corps à corps pour donner le temps à leurs compagnons de fuir à l'air libre et ensuite reculer pas à pas. Sariel, tenant son grimoire ouvert, incante d'une voix puissante un sort qu'elle teste pour la première fois et échoue à le lancer. Sans se démonter, elle recommence son incantation alors que Martok s'effondre sous la pression de ses opposants, que Gerolf jailli de la mine et que Vox et Albi se ruent sur le wagonnet abandonné pour le lancer vers la grille et coincer celle-ci sous le poids du véhicule. Les deux groupes font un assaut de force brutes, la tension est à son comble lorsque Sariel lance enfin le sort qui jailli de ses doigts, va frapper la poutre de soutènement du couloir qui éclate en échardes et que le plafond s'effondre, piégeant sous les rochers les hommes-bêtes et le malheureux Martok, dont le sort est désormais scellé. 

C'est en trainant la patte et un Grompf éperdu de chagrin que les aventuriers battent en retraite dans les bois pour rejoindre la ferme fortifiée dont ils sont partis le matin même, plus nombreux et plus vaillants. Sariel reste légèrement en retrait pour surveiller l'arrivée d'éventuels renforts. Deux monstres descendent du raidillon conduisant à la tour et se ruent à sa poursuite lorsqu'elle s'enfuit dans les bois pour les entrainer dans une autre direction que celle prise par ses compagnons, avant de leur lancer un sort terrifiant. Les monstres sont littéralement pris de panique, tournent les talons et fuient dans les bois sans demander leur reste.

Un retour en piteux état

Les fermiers guettaient avec espoir l'arrivée des aventuriers, espoir balayé au récit fait de l'escarmouche. Grompf et Kiza pleurent amèrement la perte de leur compagnon, les fermiers hésitent à fuir scéance tenante vers la ville, de peur d'être les prochaines victimes d'un nouveau raid de monstres. Ils y renoncent à l'idée de devoir traverser les bois et de rencontrer les créatures sauvages qui les hantent. Reubke fait le tour des blessés, dispensant cataplasme de fumier et conseils zozottant afin de retaper tant bien que mal ceux qui le peuvent, puis vérifiant l'état de santé de Durak, veillé avec un soin attentif par les deux enfants du couple de fermier et malgré tout bouillant de fièvre. 

Heureusement, la nuit se passe sans assaut sur les portes et murs à la solidité relative de la ferme...

mardi 12 décembre 2023

carnet personnel

 


En espérant que le carnet n'ait pas été perdu lors d'un transbordement 

dimanche 10 décembre 2023

L'ombre des Wittgenstein - le Graf Orlock

Alliance entre bateliers

Le Meudefleuh quitte Kemperbad précipitamment après en avoir reçu l'autorisation de la garde impériale, sans attendre une seconde inspection, le nain et le halfelin sont nettoyés à grandes eaux et le bateau remonte à la voile en direction du nord, vers Grissenwald. Sans avoir aucune idée de la distance qui les sépare de la ville où demeure la mystérieuse Etelka, Shana et Marguerite, les montures de Gerolf et Albi vendues à un maquignon de passage parce que les frais d'écurie n'avaient pas été honorés. Dans l'immédiat, le plus urgent est de mettre une bonne distance entre la cité franche et le navire. Il faut beau, le vent souffle dans la bonne direction, Reubke et Elvyra à la manœuvre maitrisent de mieux en mieux les caprices du fleuve, le bateau avance donc à allure raisonnable contre le courant. A midi, pour se remettre de leurs émotions, ils ouvrent une bouteille du brandy de contrebande acquis à Kemperbad pour vérifier s'ils ont été roulés sur la marchandise ou non ; la boisson s'avère excellente et cela ragaillardi l'équipage qui envisage déjà les profits futurs de cette vente. Ils décident également de ne pas ouvrir d'autres bouteilles que celles de la caisse abimée lors du transport, pour ne pas boire leurs gains potentiels. Reubke abandonne la barre à Elvyra pour concocter des potions, Sariel étudie les grimoires récupérés à la tour à signaux et...

- Ohé ! Ohé du bateau ! Banc de sable droit devant !" 

Un homme les hèle depuis une barge à quelques brasses, Reubke et Gerolf (respectivement capitaine faisant fonction et capitaine officiel) viennent se pencher au bastingage pour observer l'équipage qui vient de les interpeler ainsi. Un autre bateau commerçant remonte le Reik, son équipage est formé de quatres hommes en tout, dont celui qui leur désigne un remous étrange dans l'eau droit devant la proue du Meudefleuh. Une manœuvre d’évitement rapproche le Meudefleuh du second navire et les deux équipages s'observent avec un peu de défiances : après tout, qu'est-ce qui garanti qu'il ne s'agit pas de pirates tentant de tromper leur vigilance respective ?

- Vous venez d'où comme cela ? De Altdorf ? Nous de Wurtbad sur le Stir et on va jusqu'à Pfeildorf après Nuln ! Vous travaillez pour quelle compagnie ? Ah des indépendants ? Tout comme nous alors ! Cap'taine Berhard Dampfer, et voici mes fils Karl et Hans ! Et puis Reiner Vollrat mon matelot ! On vient d'acheter de la laine à Stockhausen, on ira la vendre à Grissenwald ! Vous comptez vendre votre liqueur à Grissenwald ? Oh de la fine de Kempberbad ! Vous avez déjà un acheteur qui vous attend ? Mais vendez-là à Stirgau plutôt ! La Lorlei, c'est l'endroit où vendre ce genre de délicatesse, vous trouverez toujours acheteur là-bas ! ...Mais parce que c'est la ville de villégiature des nantis et des jeunes mariés, pardi ! Ils viennent tous pour la vue sur le rocher, et tout !

Rassuré par leurs échanges patelins, les équipages se dégèlent et le matelot de l'Oiselle Dansante qui tenait ostensiblement une arbalète chargée le long de sa jambe se détourne pour retourner à la manœuvre. 

- Dites, ça vous dirait pas qu'on fasse route ensemble ? A deux bateau, on aura l'air un peu plus impressionnant et ça dissuadera d'éventuels audacieux, si vous voyez ce que j'veux dire ?" demande Bernardt

- Mais oui, pourquoi pas ?" répond Reubke

- Et si on se fait attaquer, on trace et on les laisse se débrouiller !" enchaine Vox, trop bas pour être entendu depuis l'Oiselle. 

Les deux bateaux avancent à même allure, l'Oiselle ouvrant la route au Meudefleuh, jusqu'à la tombée de la nuit où ils font escale dans un modeste village de pêcheurs du nom de Naffdorf. Celui-ci n'a absolument rien pour marquer les mémoires, sinon l'architecture inhabituelle du temple de Sigmar, construit en bordure du fleuve. De plan centré et en forme de tau surplombé d'une coupole comme c'est la tradition, une de ses ailes est percée de deux larges fenêtre et pourvue d'une cheminée comme s'il s'agissait d'une demeure cossue. Les fenêtres sont également pourvue de carreaux, luxe inhabituels, mais aussi d'épais barreaux métalliques, bizarrerie inexplicable. 

Les deux équipages se retrouvent à bord du Meudefleuh où Albi se décarcasse pour donner au souper un lustre de repas de fête : tourbillon de chantilly de saindoux, aspic de lard, tarte aux abats, etc. Tout le savoir-faire du représentant du Moot y passe ! Rien n'est trop beau pour amadouer l'équipage de l'Oiselle Dansante et lui faire accepter l'idée de prendre à leur bord la jeune baronne Sigfrida Junker, que les aventuriers ne peuvent tout simplement plus voir en peinture ! 

Prophétie

Alors que le repas s'achève par la dégustation d'une nouvelle bouteille de fine de Kemperbad - au diable la promesse de ne pas toucher aux gains futurs - les cloches du temple sonnent à la volée, appelant les fidèles à l'autel. Albi répond aussitôt à l'appel, donnant le signal à Reubke, Gerolf et Vox, imités par Bernhard et ses deux fils. Sariel restant à bord du Meudefleuh, le capitaine de l'Oiselle Dansante hésite un peu avant de demander à son matelot d'en faire de même : la prudence reste de mise après tout. 

Les pêcheurs du village se sont également pressés vers le bâtiment et alors qu'ils entrent dans le temple, correspondant en tout point à ce qu'on peut s'attendre à trouver dans un petit village (murs chaulés, peintures sommaires et maladroites, statues en bois des saints, exvotos...) à l'exception de l'aile-maison complètement murée sinon une porte en bois, grande ouverte, donnant sur une grille de fer, totalement fermée. Le prêtre va et vient devant la grille, dissimulant à demi la silhouette prostrée qui s'agrippe au métal.

Là, vit la Recluse. Une Sainte Femme qui a dédié sa vie à Sigmar et subit exaltations et visions prophétiques et vit désormais en anachorète dans le temple, l'expression de sa foi ne lui permettant pas de suivre les hordes de flagellants demi-nus qui parcourent les routes de l'Empire, bien qu'au court de ses crises mystiques, elle arrache régulièrement ses vêtements elle aussi. D'où le fait qu'il vaut mieux pour sa sécurité qu'elle soit contenue derrière des murs épais et de lourds barreaux probablement. 

L'intérêt lubrique de Gerolf von Kerkheur s'en trouve éveillé et aussitôt douché lorsqu'il aperçoit la silhouette de la Recluse : sale, maigre, ses cheveux gris lui tombent en paquet de noeuds sur les épaules et ses mains noueuses comme des sarments de vignes trahissent son âge : la soixantaine sans doute, mais la soixantaine très mal conservée. 

La foule murmure, les gens se poussent de l'épaule en échangeant quelques mots, dans l’expectative tandis que le prêtre ouvre les mains et sourit pour accueillir ses ouailles de quelques paroles apaisantes

- Mes biens chers frères, mes biens chers soeurs, louons le tout-puissant Sigmar qui nous fait la sainte grâce de se manifester à nous au travers notre très sainte et très vénérée sainte Griselda qui... 

A ses cotés, un enfant de chœur s'est avancé, armé d'une paire de petit ciseaux et d'une coupelle et entreprend de couper les griffes noires de crasses de la vieillarde, qui n'y prête aucune attention, en prenant soin de n'égarer aucune rognure d'ongle. 

La Recluse redresse la tête, soulevée d'un hoquet et sa voix chevrotante se fait entendre, stoppant net l'homélie du prêtre

- Malheur à nous ! Malheur à nous ! La bien-aimée de Morr à la robe verte et brillante chevauche le fleuve de Sigmar ! Oui, entendez bien : la Mort est sur le Reik ! 

Lorsque la Recluse commence à parler, l'enfant de chœur dépose immédiatement coupelle et ciseaux pour s'emparer d'un petit carnet de notes. Il hoche la tête d'un air entendu en regardant le prêtre, comme un amateur de bingo qui constate que oui, oui, il a déjà ce numéro dans sa grille, et attends patiemment la suite.

Les Ténèbres s'assemblent et la Dernière Maison de la Joie va sombrer !

Après trois jours de fêtes, de moutons et de vaches, le Grand Mutateur a dirigé son Ombre sur l'orgueilleuse cité marchande et maintenant la Main souillée guide les actes du Seigneur jadis puissant...

Malheur, je dis, Malheur ! Ce pouvoir derrière le trône nous condamne tous ! Le Roi cornu remplacera le roi brisé sur son Trône de Mensonge et les murs blancs alors trembleront et s’abattront sur les ruines de l'Empire et ce sera la Fin des Temps ! Et les dieux ne nous sauveront...

Ces dernières paroles sont étouffées par le prêtre qui referme précipitamment la porte de bois sur la recluse et se tourne vers l'assemblée avec un sourire un peu crispé. 

- Ah prions pour le salut de notre Empereur, mes frères et mes sœurs, et remercions Sigmar qui nous fait la grâce de sa sagesse ! Et n'oubliez-pas, les reliques de Sainte Griselda sont en vente à prix modique, pour la protection contre la foudre, la fièvre, les convulsions du nouveau-né... 

Légèrement ébranlés, les aventuriers délaissent les rognures d'ongles vendues par l'enfant de choeur pour lui acheter une copie des prophéties de la sibylle de village, avant de revenir d'un pas lent au navire. Bernhard et ses fils sont également pensifs, d'autant qu'ils ont entendu quelques rumeurs sinistres sur les tensions croissantes entre Talabecland et Ostland, liées à à la mort du prince héritier d'Ostland dans les Montagnes Grises, suite à sa fameuse expédition... Ah oui, cette fameuse expédition à laquelle les aventuriers avaient envisagés se joindre, il y a quelques mois de cela, et dont ils ont malheureusement raté le départ d'Altdorf... 

L'ombre du donjon

Le lendemain, les deux bateaux repartent ensemble.
Rien de bien notable à signaler, sinon la noire silhouette d'un donjon menaçant perché sur un éperon rocheux détaché de la falaise qui domine le Reik, et autour duquel des nuées de corneilles tournent en criaillant. Alors les bateaux s'en rapproche, l'Oiselle Dansante lance un appel au Meudefleuh :  

- danger à tribord, passez au large !"

Une forme grisâtre flotte entre deux eaux, bercée par les vaguelettes, et Sariel se saisi d'une gaffe. Voyant cela, les marins de l'Oiselle hurlent des mises en garde  

- N'y touchez pas !" 

 Sariel donne un coup de perche bien placé à la forme pour l'écarter de la coque du bateau et sous le choc celle-ci tournoie sur elle même, dévoilant sa face inférieur et sa nature de cadavre humanoïde boursouflé, au visage arraché par les poissons et au ventre couvert de petites tentacules lui poussant comme une rangée de mamelons le long du torse et de sous les aisselles. ...Albi décide de relever prudemment ses filets, peu confiant dans la salubrité des poisons qui pourraient être tiré de ces eaux saumâtres. 

- Par les dieux, c'est un mutant ! ...un brigand !
Il faut en avertir de ce pas le château ! 

Gerolf se redresse et bombe héroïquement le torse, imprégné de sa noble dignité.
Et Albi opine du chef, un zèle de fanatique brulant dans ses prunelles.
Et Vox opine du chef. Sariel est peu convaincue mais Reubke se plie à la volonté de son maitre.

- OHÉ L'OISELLE ! On met le cap à terre..."

- QUOI !?! VOUS ETES FOUS !! C'EST WITTGENSTDORF !! C'EST CHEZ LES WITTGENSTEIN ! C'EST DES NOBLES, ILS ONT TOUS POUVOIR, PERSONNE PEUT RIEN LEUR DIRE ET C'EST MAUDIT ! ALLEZ PAS LÀ, C'EST MAUDIT !!!! ON VOUS ATTEND PAS !!!"

Gerolf estime qu'il faut d'autant plus y aller et prévenir la noble famille Wittgenstein que sa terre est maudite, il faut qu'ils soient avertit, ce sont des choses qui se font entre nobles. Que les gueux s'affolent, point fils de noble lignée, blablabla. 

- NON ! NON J'IRAI PAS LÀ-BAS !" Elvyra, la colporteuse et pilote qui jusqu'alors leur a si docilement offert son concours, se rebelle brusquement. Le visage pincé, les poings serrés sur la barre, elle refuse catégoriquement de tourner celle-ci vers la rive. Et les remontrances de Gerolf n'y font rien du tout. Quand il ordonne impérieusement à Elvyra de les conduire à terre, la jeune femme lache la barre, les yeux emplis de larmes de rage. 

- Mais espèce de résidu de consanguins, vous avez pas entendu ! Vous voulez allez y crever ? Très bien, allez-y, mais moi je viens pas, je veux que vous me déposiez sur l'autre bateau et bon vent à vous !"

Gerolf ne relève pas l'insulte mais Reubke et Sariel bien et ils échangent un regard surpris devant la rébellion manifeste de leur aimable pilote, qui est aussi la seule à savoir manœuvrer la barge avec Reubke. Comme Gerolf ne fait pas mine de vouloir rejoindre l'Oiselle Dansante, elle va s'enfermer dans sa cabine et y rager tout son saoul, et les deux bateaux se séparent. 

Le Meudefleuh passe maintenant sous l'éperon rocheux et dans l'ombre du château. Un froid glacial leur tombe dessus, la berge est hérissées d'épineux hostile et la vase du rivage de bois flottés blafard. Albi saute à l'eau dès que possible pour s'avancer vers la berge. Reubke réalise brusquement que les cailloux ronds qu'il observe sont en réalité des cranes décharnés au moment où Albi pose le pied dans une racine qui emprisonne sa cheville nue. En équilibre sur un pied, il secoue la jambe tout en évitant de regarder ce qui enserre son pied nu de halfelin, craignant qu'un coup d’œil ne vienne à bout de sa résolution martiale. Vox saute à sa suite pour l'épauler et l'aider à se débarrasser de la ...racine ? Non. C'est une cage thoracique défoncée qui emprisonne la cheville du halfelin. 

- REVENEZ DE SUITE A BORD ! TOUT-DE-SUITE. 

Sariel a bondi au bastingage. Dans les vents qui soufflent dans les branches décharnées, la magicienne a identifié un souffle méphitique, le terrible Dhar, le vent noir de la magie sombre du Chaos. 

- REVENEZ SI VOUS VOULEZ PAS CREVER ! C'EST DANGEREUX ! ON LÈVE L'ANCRE. 

Gerolf ne fait plus le fier non plus depuis qu'ils sont passé sous le donjon et l'explosion de Sariel est tout ce qu'il lui fallait pour abandonner sa posture bravache tout en conservant la face. Vox et Albi sautillent jusqu'au bateau et se hissent à bord sans demander leur reste, et bien vite ils s'éloignent du château. 

Plus loin, ils passent devant le village de Wittgendorf, un misérable amas de cahutes en ruine hantés par des silhouettes décharnées qui se pressent, tendant plus de bras et moins de mains que ne devraient en faire des gens normaux.

Warhammer Narratives: Castle Wittgenstein: a multiplayer scenario for 'The  Enemy Within' Mordheim Campaign

Le Graff

L'Oiselle Dansante est bientôt rattrapée, mais le bateau préfère désormais garder une distante prudente avec le Meudefleuh. Ce soir, à l'ancre au milieu du fleuve, il n'est plus question de repas joyeux partagés entre les équipages, chacun reste à son bord et l'ambiance est bien plus morose. A nouveau, les aventuriers se partagent la nuit en quart de garde et surveillent avec anxiété le fleuve, par paire. Une ombre sur l'eau, une forme dans la brume, ils voient tous quelque chose d'angoissant qu'ils ne peuvent pas expliquer.  Au milieu de la nuit, une lumière apparait a travers les fenêtres de la cambuse de l'Oiselle Dansante. Bientôt la porte s'ouvre et une silhouette apparait sur le pont.

- Hé ! Vous avez pas vu la baronne ? L'est pas chez vous ?"

Toute hostilité à disparu de la voix de Bernhard, remplacé par de l'inquiétude. 

- La baronne ? Non, pas depuis qu'elle est monté à votre bord. Vous avez perdu la baronne...?

- Quoi ? Non ! Heu... Oui, en quelque sorte ! M'suis lever pour pisser, j'ai vu sa porte ouverte, la cabine vide et elle nul part ! 

Un de ses deux fils le rejoint et lui glisse quelques mots à l'oreille, et Bernhard lance

- Dites, vous vous connaissez un peu pour ce qui est de soigner les gens, non ? Parce que mon fils, l'est un peu patraque. ...On vous envoie la chaloupe !"

Reubke, Gerolf, Vox et Albi montent à bord.
Sariel et Elvyra restent sur le Meudefleuh, en support.
Bernhard et Karl halent la corde et ramène le canot vers eux, puis aident les aventuriers à se hisser à bord. Reubke se dirige vers la cabine commune pour ausculter le malade. Sur le matelas d'un des lits superposés, Hans est allongé, sans réaction. Sa peau est moite et froide, ses yeux font des mouvements rapides sous ses paupières et son poul est très rapide. 

- Il a mangé quelque chose de spécial ? La même chose que vous ? Et la baronne, aussi ?"
Après avoir évacué la possibilité d'une intoxication alimentaire, Reubke est un peu perplexe, il ne voit pas ce qui pourrait avoir provoqué cet état léthargique... Jusqu'à ce qu'il remarque deux petits plaie derrière l'oreille du fils du batelier. La chair est à vif, un peu sanglante en son centre, comme une petite morsure ou deux piqures d'insecte. Étrange... 

Personne ne remarque un petit médaillon tombé au sol, sur lequel Gerolf vient de poser la semelle.

Quand à la cabine de la baronne, elle est totalement vide, à l'exception des maigres possessions de la jeune noble : quelques vêtements, dont ceux qu'elle portait la journée, son épée, son étui à pistolet de duels, mais il manque l'une des deux armes. 

- Elle s'est armée !"

...Ils ignorent que lorsqu'elle a aidé à transborder les affaires de Sigfrieda, Sariel a subrepticement ouvert l'étui pour subtiliser l'une des deux armes et la donner à Vox !

Albi, se sentant inutile, est parti fouiller le pont. Des rouleau de cordes, la cale fermée, la voile ramenée... Oh, et dans le nid de pie, se pourrait-il..? Il grimpe lestement en haut du mat jusqu'à la vigie, dans laquelle malheureusement ne se trouve pas la jeune noble. Par contre la lune accroche un reflet brillant sur un petit pendentif de marteau, le symbole sacré de Sigmar et un petit bijou ouvragé qu'il se souvient avoir vu pendre sur la poitrine de Sigfrieda. Quand il veut le passer à son cou, il se rend compte que le fermoir est brisé, comme s'il avait été arraché violement du cou de sa propriétaire. Et se pourrait-il que... Qu'est-ce donc que cette bosse étrange dans la voile ? Albi saute dans les replis, avance à tatons dans les plis souples jusqu'à rencontrer une paire de pieds puis des mollets rond et glabes, puis une hanche et le fin tissus d'une chemise de nuit. 

Gerolf et Vox sont sorti et observent la voile qui gigotent bizarrement. A la demande d'Albi, ils la déploient doucement pour éviter de projeter les deux sur le pont, mais ils finissent cependant par chuter sur le bois dur, la femme écrasant lourdement le petit halfelin. Gerolf se précipite pour dégager son ami de petite taille mais préfère ne pas poser la main sur la femme inconsciente qui est peut-être contagieuse donc il attrape le pan de sa chemise de nuit, tire un grand coup... Et bascule, une chemise de nuit déchirée en main ! On en entendra encore parler, assurément ! Il rassemble le vêtement ruiné, ramasse la femme et la porte à l'intérieur dans sa cabine où Reubke l'examine avec une fébrilité d'adolescent. Elle aussi est très pale, fébrile et a le cou qui s'orne d'une double plaie rose. Est-ce qu'une potion pourrait rétablir la santé des malades ? Ou une saignée ? Une saignée ! Voila ce que lui évoque l'état des deux malades ; celui des personnes à qui un médecin maladroit a prélevé trop de sang ! 

- Hum, je crois qu'il n'y a rien à faire sinon attendre qu'ils se réveille et veiller à bien les nourrir ensuite de laitage, bouillon, lard, viande rouge... Mais c'est la première fois que vous constatez ce genre de phénomène ?"

Bernhard se tord la barbe, angoissé.

- Holala, c'est vraiment pas d'chance ! On peut pas ralentir la cadence, faut qu'on soit à Pfeildorf pour la livraison... Non, pas la laine ! Ca on la vendra quand on la vendra, mais on a un noble qui nous a demandé de livrer ses meubles avant le solstice..."

Tous se redressent. Une livraison ? De quoi, pour qui, où cela ? 

Albi se cambre de toute sa taille et, sortant de sa poche une patente d'inquisiteur tout ce qu'il y a de plus officiel bien qu'assez inhabituelle, il exige - au nom de Sigmar - de pouvoir inspecter ces fameux meubles. A contrecœur, Bernhard les guide jusqu'à une cale séparée du stock de laine, où repose une énorme caisse de 2,5m sur 2,5m et 1m de haut. Il s'agit d'une simple caisse de planche, pas un coffre, mais il est soigneusement scellé et les scellés sont ornés de cachet de cire ornés d'une cote d'arme qui n'évoque absolument rien aux érudits du groupes. Enfin, l'érudit est Messire von Kerkher qui a bien suivi des leçons d'héraldique mais sans grand enthousiasme. Il est catégorique, ces armes lui sont inconnues, c'est sûrement un blason d'une famille étrangère à l'Empire ! Ces considérations historiques n'intéressent que peu Vox, qui s'empare d'un pied de biche et commence à faire sauter les clous des planches un à un. Une fois la caisse ouverte, ce sont deux cercueils vernissés qui apparaissent, tous deux ornés du même blason que celui qui ornait les sceaux. Déterminés mais prudents, ils ouvrent un cercueil après l'autre, mais ceux-ci sont vides, si l'on fait abstraction d'une fine couche de terre recouvrant le capitonnage de satin. 

...Pendant ce temps, à bord du Meudefleuh, Sariel et Elvyra scrutent l'Oiselle Dansante à s'en faire mal aux yeux, attendant que réapparaissent l'ombre dans la brume qu'ils ont entraperçu plus tôt. Un subtil mouvement attire son attention, une présence maléfique se manifeste derrière elle et Sariel se retourne d'un bloc pour faire face à une silhouette émaciée, au visage pointu, aux cheveux blanc de neige, vêtu d'une longue robe elfique antique et aux mains s'achevant en griffes immenses ! Il ronronne avec un sourire gourmand.

- Hmmmm ! Prrrometeurr ! C'est vous que j'aurrais dû choisirr comme prrromise ! Perrrmetez-moi de me prresentez : Grraf von Orrlock, pourrr vous serrvirr !

Et il se jette en avant, toute griffes dehors. 

Elvyra hurle de terreur lorsqu'il bondit pour lacérer Sariel. Gerolf, Entendant le cri perçant, Vox, Albi et Reubke se précipitent hors de la cale et bondissent dans la barque pour revenir au Meudefleuh, tirant sur les rames à s'en faire mal aux bras ou tirant depuis l'embarcation sur l'assaillant inconnu alors que le monstre inflige de terribles dégâts à Sariel, la laissant rapidement pour presque morte, Vox lui lance une poignée de monnaie, dont des pièces d'argent, en criant "Tiens, pour payer le passeur !", ce qui irrite le non-mort d'avantage que cela ne le blesse et il siffle de rage avant de se tourner vers Elvyra qui tente de le poignarder à l'aide d'un couteau de cuisine, couteau qu'il esquive sans peine avant de la lacérer à son tour puis de lui planter ses crocs dans la gorge pour boire goulument son sang et régénérer des blessures infligée par l'argent brulant comme s'il avait été chauffé et par le carreau d'Albi. 

Le combat est atrocement difficile, le monstre frappe de ses mains griffues non seulement pour attaquer mais aussi lorsqu'il se défend des attaques des héros, Albi s'est emberlificoté dans son propre lasso, Vox a toujours le bras en écharpe et ne peut se hisser à bord du Meudefleuh, Reubke n'a rien d'un combattant et préfère rester en retrait, portant cependant secours à son maitre qui a manqué tomber entre la barge et la barque... C'est un carnage, mais finalement Gerolf, qui a pris pied sur le pont, parvient à planter sa rapière à plusieurs reprises en plein torse du grand échalas, sans que le buveur de sang ne parvienne à planter ses crocs dans la gorge de quiconque et donc ne puisse à nouveau régénérer sa santé impie...
Il s'affale sur la garde de l'épée qui le transperce de part en part, le sang détrempant son habit tandis que Gerolf tourne sa lame dans la plaie pour déchirer os, muscle et quoi qui puisse faire office d'organes internes. Puis, reculant d'un pas, il dégage sa lame, se rue vers Sariel, à la suite de l'apothicaire, et la porte à l'intérieur en lui murmurant des prières et des encouragements. Reubke se tourne vers Elvyra, bande ses plaies et glisse entre ses lèvres le goulot d'une potion. Quand elle reprend ses esprits, la colporteuse jette ses bras autour de la taille du jeune homme et fond en larme dans son giron.

Puisque plus personne ne s'occupe du mort-vivant, c'est Albi qui se charge de lui et il s'avance, lasso en main, pour entraver le vampire et le lier à au bastingage. Le non-mort respire encore faiblement, et plante son regard de braise dans les yeux du halfelin 

- Viens, petite crrréaturre... Viens à moi... Viens ici et tend moi ta gorrrge..."

Albi cligne des yeux, le vampire sourit de toute ses dents, confiant dans son pouvoir hypnotique et ouvre déjà la bouche avec gourmandise quand il voit sa proie s'approcher. Albi lui sourit avec ravissement, un vrai sourire de chérubin, et plaque brutalement le médaillon de Sigmar sur le front du vampire. 

- Par Sigmar, demeure !!" s'écrit-il, citant un des illustrés qu'il dévore depuis qu'il a appris à lire. Après avoir affronté des démons et même le héraut de Tzentch lui-même à Bögenhafen, ce n'est pas cette engeance damnée qui parviendra à s’immiscer dans l'esprit de métal de l'ex-voleur de poule (quel métal ? Cela reste encore à voir, parfois il est d'acier trempé, parfois de fer blanc). Il fait basculer l'arbalète de son épaule à ses bras, vise, et décoche à bout portant un carreau en pleine tête du monstre.

Le Graff expire tandis que l'aube teint de rose le ciel.

La présence d'un second cercueil fait craindre aux aventuriers qu'une secondes stryge soit sur le point d'attaquer et il scrutent avec nervosité la brume qui se teinte d'argent sur le fleuve. Sariel, qui a repris des couleurs, leur répète les paroles échangées avec le comte. 

- ...Oh, donc il cherchait l'âme sœur ? Pire rencard au monde."